Isis Copia - Fleurs de rêve, 1911.pdf/Doute

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Boehme et Anderer (p. 118-119).
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DOUTE



Amie aux grands yeux doux mon âme vous appelle !
Le vent souffle ce soir, capricieux et lourd ;
Le vent souffle, et sa voix gémissante et rebelle
Réveille dans mon cœur l’écho plaintif et sourd…
Amis aux grands yeux doux, mon âme vous appelle !

Je rêve tristement, assise entre mes fleurs.
L’aile de l’ouragan fouette ma fenêtre,
Le ciel pleure… ah ! ces pleurs, ces lamentables pleurs
Qu’ils font mal aux pensers, aux profondeurs de l’être !
… Je rêve tristement, assise entre mes fleurs.


Vous souvient-il d’un jour, le premier de l’année,
Où le divin sourire illumina vos yeux,
Où mon âme en votre âme adora son aînée,
Où votre cœur m’aima, doux et silencieux… ?
Vous souvient-il d’un jour, le premier de l’année ?

Un mois s’est écoulé, nous touchons à sa fin…
Deux fois, pendant deux soirs, je vous revis encore ;
Maintenant que la joie est à son lendemain
J’entends encor l’écho de votre voix sonore.
… Un mois s’est écoulé, nous touchons à sa fin…

Et ce soir est un soir d’acier pluvieux et sombre,
ET mon âme est si triste, une angoisse m’étreint,
Mon cœur tout attendri d’un vilain doute s’ombre :
Si votre cœur n’était que menteur, fourbe et vain… ?
… Et ce soir est un soir d’acier pluvieux et sombre…