Joseph Balsamo/Chapitre CVI

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Michel Lévy frères (4p. 154-164).

Chacun regardait le patient avec étonnement, le médecin avec admiration.

Il en fut qui dirent que tous deux étaient fous.

Marat traduisit cette opinion à l’oreille de Balsamo.

— La terreur a fait perdre l’esprit au pauvre diable, dit-il ; voilà pourquoi il ne souffre plus.

— Je ne crois pas, dit Balsamo, et, bien loin qu’il ait perdu l’esprit, je suis sûr, si je l’interrogeais, qu’il nous dirait, s’il doit mourir, le jour de sa mort ; s’il doit vivre, le temps que durera sa convalescence.

Marat fut prêt de partager l’opinion générale, c’est-à-dire de croire Balsamo aussi fou que le patient.

Cependant le chirurgien liait activement les artères d’où s’échappaient des flots de sang.

Balsamo tira de sa poche un flacon, versa sur un tampon de charpie quelques gouttes de l’eau que ce flacon renfermait, et pria le chirurgien en chef d’appliquer cette charpie sur les artères.

Celui-ci obéit avec une certaine curiosité.

C’était un des plus célèbres praticiens de cette époque, un homme vraiment amoureux de la science, qui ne répudiait aucun de ses mystères, et pour qui le hasard n’était que le pis-aller du doute.

Il appliqua le petit tampon sur l’artère, qui frémit, bouillonna, et ne laissa plus passer le sang que goutte à goutte.

Dès lors, il put lier l’artère avec la plus grande facilité.

Pour le coup, Balsamo obtint un véritable triomphe, et chacun lui demanda où il avait étudié et de quelle école il était.

— Je suis un médecin allemand de l’école de Gœttingue, dit-il, et j’ai fait la découverte que vous voyez. Je désire cependant, messieurs et chers confrères, que cette découverte demeure encore un secret, car j’ai grand-peur du fagot, et le parlement de Paris se déciderait peut-être à juger encore une fois pour le plaisir de condamner un sorcier au feu.

Le chirurgien en chef demeurait rêveur.

Marat rêvait et réfléchissait.

Cependant il reprit le premier la parole.

— Vous prétendiez, dit-il, tout à l’heure que, si vous interrogiez cet homme sur le résultat de cette opération, il répondrait sûrement, quoique ce résultat soit encore caché dans l’avenir ?

— Je le prétends encore, dit Balsamo.

— Eh bien, voyons.

— Comment s’appelle ce pauvre diable ?

— Il s’appelle Havard, répondit Marat.

Balsamo se retourna vers le patient, dont la bouche fredonnait encore les dernières notes du plaintif refrain.

— Eh bien, mon ami, lui demanda-t-il, qu’augurez-vous de l’état de ce pauvre Havard ?

— Ce que j’augure de son état ? répondit le malade ; attendez, il faut que je revienne de la Bretagne, où j’étais, à l’Hôtel-Dieu, où il est.

— C’est cela ; entrez-y, regardez-le et dites-moi la vérité sur lui.

— Oh ! il est malade, bien malade : on lui a coupé la jambe.

— En vérité ? dit Balsamo.

— Oui.

— Et l’opération a-t-elle bien réussi ?

— À merveille ; mais…

La figure du malade s’assombrit.

— Mais… ? reprit Balsamo.

— Mais, continua le malade, il a une terrible épreuve à passer : la fièvre.

— Et quand viendra-t-elle ?

— Ce soir, à sept heures.

Tous les assistants se regardèrent :

— Et cette fièvre ? demanda Balsamo.

— Oh ! elle le rendra bien malade ; il surmontera cependant ce premier accès.

— Vous en êtes sûr ?

— Oh ! oui.

— Mais, après ce premier accès, sera-t-il sauvé ?

— Hélas ! non, dit le blessé en soupirant.

— La fièvre reviendra donc ?

— Oh ! oui, et plus terrible que jamais ; pauvre Havard, continua-t-il, pauvre Havard, il a une femme et des enfants.

Et ses yeux se remplirent de larmes.

— Sa femme doit-elle donc être veuve, et ses enfants doivent-ils donc être orphelins ? demanda Balsamo.

— Attendez ! attendez !

Il joignit les mains.

— Non, non, dit-il.

Son visage s’éclaira d’une foi sublime.

— Non, sa femme et ses enfants ont tant prié qu’ils ont obtenu grâce pour lui devant Dieu.

— Alors, il guérira.

— Oui.

— Vous entendez, messieurs, dit Balsamo, il guérira.

— Demandez-lui en combien de jours, dit Marat.

— En combien de jours ?

— Oui, vous avez dit qu’il indiquerait lui-même les phases et le terme de sa convalescence.

— Je ne demande pas mieux que de l’interroger là-dessus.

— Interrogez-le donc, alors.

— Et, quand croyez-vous qu’Havard soit guéri ? demanda Balsamo.

— Oh ! la convalescence sera longue ; attendez ; un mois, six semaines, deux mois : il est entré ici il y a cinq jours, il en sortira deux mois et quinze jours après y être entré.

— Et il en sortira guéri ?

— Oui.

— Mais, dit Marat, incapable de travailler, et par conséquent de nourrir sa femme et ses enfants.

Havard joignit de nouveau les mains.

— Oh ! Dieu est bon, et Dieu y pourvoira.

— Et comment Dieu y pourvoira-t-il ? demanda Marat. Pendant que je suis en train d’apprendre aujourd’hui, je voudrais bien apprendre cela.

— Dieu a envoyé près de son lit un homme charitable qui l’a pris en pitié, et qui a dit tout bas : « Je veux que le pauvre Havard ne manque de rien. »

Tous les assistants se regardèrent ; Balsamo sourit.

— En vérité, nous assistons à un étrange spectacle, dit le chirurgien en chef, en même temps qu’il saisissait la main du malade, auscultait sa poitrine et palpait son front ; cet homme rêve.

— Vous croyez ? dit Balsamo.

Et lançant au blessé un regard plein d’autorité et d’énergie :

— Éveillez-vous, Havard ! lui dit-il

Le jeune homme ouvrit les yeux avec effort et regarda avec une profonde surprise tous les assistants, devenus pour lui inoffensifs de menaçants qu’ils étaient.

— Eh bien ! dit-il douloureusement, on ne m’a donc pas encore opéré ? On va donc encore me faire souffrir ?

Balsamo prit vivement la parole. Il craignit l’émotion du malade. Il n’était pas besoin qu’il se hâtât.

Nul ne l’eût devancé ; la surprise des assistants était trop grande.

— Mon ami, lui dit-il, tranquillisez-vous ; M. le chirurgien en chef a pratiqué sur votre jambe une opération qui satisfait à toutes les exigences de votre position. Il paraît, mon pauvre garçon, que vous êtes un peu faible d’esprit, car vous vous êtes évanoui devant la première attaque.

— Oh ! tant mieux, dit gaiement le Breton, je n’ai rien senti ; mon sommeil a même été doux et réparateur. Quel bonheur ! on ne me coupera pas la jambe.

Mais en ce moment le malheureux porta ses regards sur lui-même : il vit le lit plein de sang, il vit sa jambe mutilée.

Il jeta un cri, et cette fois s’évanouit véritablement.

— Interrogez-le maintenant, dit froidement Balsamo à Marat, et vous verrez s’il répond.

Puis, entraînant le chirurgien en chef dans un coin de la chambre, tandis que les infirmiers reportaient le malheureux jeune homme dans son lit :

— Monsieur, lui dit Balsamo, vous avez entendu ce qu’a dit votre pauvre malade ?

— Oui, monsieur, qu’il guérirait.

— Il a dit encore autre chose ; il a dit que Dieu le prendrait en pitié, et lui enverrait de quoi nourrir sa femme et ses enfants.

— Eh bien ?

— Eh bien, monsieur, il a dit la vérité, sur ce point comme sur l’autre ; seulement, chargez-vous d’être un intermédiaire de charité entre votre malade et Dieu : voici un diamant qui vaut vingt mille livres à peu près ; quand vous verrez votre malade guéri, vous le vendrez et vous lui en remettrez l’argent ; en attendant, comme l’âme, ainsi que me le disait fort judicieusement votre élève, monsieur Marat, comme l’âme a une grande influence sur le corps, dites bien à Havard, aussitôt que la connaissance sera revenue, dites-lui bien que son avenir et celui de ses enfants est assuré.

— Mais, monsieur, dit le chirurgien hésitant à prendre la bague que lui offrait Balsamo, s’il ne guérit point ?

— Il guérira !

— Encore faut-il que je vous en donne un reçu.

— Monsieur !…

— Ce n’est qu’à cette condition que je prendrai un bijou d’une pareille valeur.

— Faites comme il vous plaira, monsieur.

— Votre nom, s’il vous plaît ?

— Le comte de Fœnix.

Le chirurgien passa dans la chambre voisine, tandis que Marat, anéanti, confondu, mais luttant encore contre l’évidence, se rapprochait de Balsamo.

Au bout de cinq minutes le chirurgien rentra, tenant à la main un papier qu’il remit à Balsamo.

C’était un reçu conçu en ces termes :

« J’ai reçu de M. le comte de Fœnix un diamant qu’il a déclaré lui-même être d’une valeur de vingt mille livres, pour le prix en être remis au nommé Havard, le jour où il sortira de l’Hôtel-Dieu.

GUILLOTIN, D. M. »

« Ce 15 septembre 1771. »

Balsamo salua le docteur, prit le reçu et sortit suivi de Marat.

— Vous oubliez votre tête, dit Balsamo, pour lequel la distraction du jeune élève en chirurgie était un triomphe.

— Ah ! c’est vrai, dit celui-ci.

Et il ramassa son funèbre fardeau.

Une fois dans la rue, tous deux marchèrent fort vite et sans se dire un seul mot ; puis, arrivés à la rue des Cordeliers, ils remontèrent ensemble le rude escalier qui conduisait à la mansarde.

Devant la loge de la portière, si toutefois le trou qu’elle habitait mérite le nom de loge, Marat, qui n’avait pas oublié la disparition de sa montre, s’était arrêté et avait demandé dame Grivette.

Un enfant de sept à huit ans, maigre, chétif et étiolé, lui avait répondu de sa voix criarde :

— Maman, elle est sortie ; elle a dit que si monsieur rentrait, on lui donnât cette lettre.

— Non, mon petit ami, dit Marat, tu lui diras qu’elle me l’apporte elle-même.

— Bien, monsieur.

Marat et Balsamo avaient continué leur chemin.

— Ah ! dit Marat en indiquant une chaise à Balsamo, et en tombant lui-même sur un escabeau, je vois que le maître a de beaux secrets.

— C’est que je suis entré plus avant qu’un autre, peut-être, dans la confidence de la nature et de Dieu, répondit Balsamo.

— Oh ! s’écria Marat, comme la science prouve l’omnipotence de l’homme, et qu’on doit être fier d’être homme.

— C’est vrai, et médecin, devriez-vous ajouter.

— Aussi, je suis fier de vous, maître, dit Marat.

— Et, cependant, répliqua en souriant Balsamo, je ne suis qu’un pauvre médecin des âmes.

— Oh ! ne parlons pas de cela, monsieur, vous qui avez arrêté le sang du blessé par des moyens matériels.

— Je croyais que ma plus belle cure était de l’avoir empêché de souffrir ; il est vrai que vous m’avez assuré qu’il était fou.

— Il l’a été un moment, certes.

— Qu’appelez-vous folie ? N’est-ce point une abstraction de l’âme ?

— Ou de l’esprit, dit Marat.

— Nous ne discuterons pas là-dessus ; l’âme me sert à nommer le mot que je cherche. Du moment où la chose est trouvée, peu m’importe comment vous l’appelez.

— Ah ! voilà où nous différons d’opinion, monsieur ; vous prétendez avoir trouvé la chose et ne plus chercher que le mot ; moi, je soutiens que vous cherchez tout ensemble le mot et la chose.

— Nous reviendrons là-dessus tout à l’heure. Vous disiez donc que la folie était une abstraction momentanée de l’esprit ?

— Assurément.

— Involontaire, n’est-il pas vrai ?

— Oui… J’ai vu un fou à Bicêtre, qui mordait ses barreaux de fer en criant : « Cuisinier, tes faisans sont tendres, mais ils sont mal accommodés. »

— Mais, enfin, admettez-vous que cette folie passe comme un nuage sur l’esprit, et que, le nuage passé, l’esprit reprenne sa limpidité première ?

— Cela n’arrive presque jamais.

— Vous avez vu cependant notre amputé en parfaite raison après son sommeil de fou.

— Je l’ai vu, mais je n’ai point compris ce que je voyais ; c’est un cas exceptionnel, une de ces étrangetés que les Hébreux appelaient des miracles.

— Non, monsieur, dit Balsamo ; c’est uniquement l’abstraction de l’âme, le double isolement de la matière et de l’esprit : de la matière, chose inerte, poussière qui retournera poussière ; de l’âme, étincelle divine enfermée un instant dans cette lanterne sourde qu’on appelle le corps, et qui, fille du ciel, après la chute du corps, retournera au ciel.

— Alors, vous avez tiré momentanément l’âme du corps ?

— Oui, monsieur, je lui ai ordonné de quitter l’endroit misérable où elle était ; je l’ai extraite du gouffre de souffrance où la douleur la retenait, pour la faire voyager dans des régions libres et pures. Qu’est-il alors resté au chirurgien ? ce qui restait à votre scalpel quand vous enlevâtes à la femme morte cette tête que vous tenez, rien que de la chair inerte, de la matière, de l’argile.

— Et au nom de qui avez-vous disposé ainsi de cette âme ?

— Au nom de celui qui a créé toutes les âmes d’un souffle : âmes des mondes, âmes des hommes ; au nom de Dieu.

— Alors, dit Marat, vous niez le libre arbitre ?

— Moi, dit Balsamo ; mais que fais-je donc en ce moment, au contraire ? Je vous montre, d’un côté, le libre arbitre ; de l’autre, l’abstraction. Je vous expose un mourant laissé à toutes les souffrances ; cet homme a une âme stoïque, il va au-devant de l’opération, il la provoque, il la supporte, mais il souffre : voilà pour le libre arbitre. Mais si je passe près de ce mourant, moi l’envoyé de Dieu, moi le prophète, moi l’apôtre, et si, prenant en pitié cet homme, mon semblable, j’enlève par le pouvoir que le Seigneur m’a donné l’âme de son corps qui souffre, ce corps aveugle, inerte, insensible, devient pour l’âme un spectacle qu’elle contemple pieusement et miséricordieusement du haut de sa sphère limpide. Havard, ne l’avez-vous point entendu ? — Havard, quand il parlait de lui-même, disait : « Ce pauvre Havard ! » Il ne disait plus moi. C’est qu’en effet cette âme n’avait plus affaire à ce corps, elle qui était à moitié chemin du ciel.

— Mais, à ce compte, l’homme n’est plus rien, dit Marat, et je ne puis plus dire aux tyrans : « Vous avez puissance sur mon corps, mais vous ne pouvez rien sur mon âme. »

— Ah ! voilà que vous passez de la vérité au sophisme ; monsieur, je vous l’ai déjà dit, c’est votre défaut. Dieu prête l’âme au corps, il est vrai, mais il n’en est pas moins vrai que, tout le temps que l’âme possède ce corps, il y a union entre eux, influence de l’un sur l’autre, suprématie de la matière sur l’idée, selon que, dans des vues qui nous sont inconnues, Dieu a permis que le corps fût roi ou que l’âme fût reine ; mais il n’en est pas moins vrai que le souffle qui anime le mendiant est aussi pur que celui qui fait mourir le roi. Voilà le dogme que vous devez prêcher, vous, apôtre de l’égalité. Prouvez l’égalité des deux essences spirituelles, puisque cette égalité, vous pouvez l’établir à l’aide de tout ce qu’il y a de sacré au monde : les livres saints et les traditions, la science et la foi. Que vous importe l’égalité de deux matières, avec l’égalité des corps, vous ne volez pas devant Dieu. Tout à l’heure, ce pauvre blessé, cet ignorant enfant du peuple vous a dit, touchant son mal, des choses que nul parmi les médecins n’eût osé dire. Pourquoi cela ? C’est que son âme, dégagée momentanément des liens du corps, a plané au-dessus de la terre, et qu’elle a vu d’en haut un mystère que nous dérobe notre opacité.

Marat tournait et retournait sur la table sa tête de mort, cherchant une réponse qu’il ne trouvait pas.

— Oui, murmura-t-il enfin, oui, il y a quelque chose de surnaturel là-dessous.

— De naturel, au contraire, monsieur ; cessez d’appeler surnaturel tout ce qui ressort des fonctions de la destinée de l’âme. Naturelles sont ces fonctions ; connues, c’est autre chose.

— Inconnues à nous, maître, ces fonctions ne doivent pas être des mystères pour vous. Le cheval, inconnu aux Péruviens, était familier aux Espagnols, qui l’avaient dompté.

— Ce serait orgueilleux à moi de dire : « Je sais. » Je suis plus humble, monsieur, je dis : « Je crois. »

— Eh bien, que croyez-vous ?

— Je crois que la loi du monde, la première, la plus puissante de toutes, est celle du progrès. Je crois que Dieu n’a rien créé que dans un but de bien-être ou de moralité. Seulement, comme la vie de ce monde est incalculée et incalculable, le progrès est lent. Notre planète, au dire des Écritures, comptait soixante siècles, quand l’imprimerie est venue comme un vaste phare réfléchir le passé et éclairer l’avenir ; avec l’imprimerie, plus d’obscurité, plus d’oubli ; l’imprimerie, c’est la mémoire du monde. Eh bien, Gutenberg à inventé l’imprimerie, et moi j’ai retrouvé la confiance.

— Ah ! dit ironiquement Marat, vous en arriverez peut-être à lire dans les cœurs ?

— Pourquoi pas ?

— Alors, vous ferez pratiquer à la poitrine de l’homme cette petite fenêtre que désiraient tant y voir les anciens ?

— Il n’est pas besoin de cela, monsieur ; j’isolerai l’âme du corps ; et l’âme, fille pure, fille immaculée de Dieu, me dira toutes les turpitudes de cette enveloppe mortelle qu’elle est condamnée à animer.

— Vous révélerez des secrets matériels ?

— Pourquoi pas ?

— Vous me direz, par exemple, qui m’a volé ma montre ?

— Vous abaissez la science à un triste niveau, monsieur. Mais, n’importe ! la grandeur de Dieu est aussi bien prouvée par le grain de sable que par la montagne, par le ciron que par l’éléphant. Oui, je vous dirai qui vous a volé votre montre.

En ce moment on frappa timidement à la porte. C’était la femme de ménage de Marat qui était rentrée, et qui, selon l’ordre donné par le jeune chirurgien, apportait la lettre.