L’Église chrétienne (Renan)/III. Tolérance relative d’Adrien. - Premiers apologistes

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Calmann Lévy (p. 31-44).


CHAPITRE III.

TOLÉRANCE RELATIVE D’ADRIEN. — PREMIERS APOLOGISTES.


Les temps étaient à la tolérance[1]. Les collèges, les associations pieuses se multipliaient de toutes parts[2]. En l’an 124[3], l’empereur reçut une lettre de Quintus Licinius Silvanus Granianus, proconsul d’Asie, écrite dans un sentiment tout à fait analogue à celui qui avait dicté à Pline sa belle lettre d’honnête homme. Les fonctionnaires romains sérieux répugnaient tous à une procédure qui admettait des crimes implicites, qu’on était censé avoir commis par le fait seul du nom que l’on portait. Granianus montrait ce qu’il y avait d’injuste à condamner les chrétiens sur de vagues rumeurs, fruit de l’imagination populaire, sans qu’on pût les convaincre d’aucun crime qualifié, autre que celui de leur profession même. Le tirage au sort des provinces consulaires ayant eu lieu peu après, Granianus eut pour successeur Caïus Minicius Fundanus, philosophe et lettré de distinction, ami de Pline et de Plutarque[4], qui le fait interlocuteur d’un de ses dialogues philosophiques. Adrien répondit à Fundanus par le rescrit suivant[5] :

Adrien à Minicius Fundanus. J’ai reçu la lettre que m’a écrite Licinius[6] Granianus, homme illustre, à qui tu as succédé. L’affaire ne me paraît pas pouvoir être laissée sans enquête, de peur que des gens, paisibles d’ailleurs, ne soient inquiétés et qu’un champ libre ne soit ouvert aux calomniateurs. Si donc des personnes de ta province ont, comme ils le prétendent, des griefs solides à alléguer contre les chrétiens, et qu’ils puissent soutenir leur accusation devant le tribunal, je ne leur défends pas de suivre la voie légale ; mais je ne leur permets pas de s’en tenir à des pétitions et à des cris tumultuaires. En pareil cas, le mieux est que tu prennes toi-même connaissance de la plainte. Si quelqu’un donc se porte accusateur et démontre que les chrétiens commettent des infractions aux lois, ordonne même des supplices selon la gravité du délit. Mais aussi, par Hercule, si quelqu’un dénonce calomnieusement l’un d’entre eux, punis le dénonciateur de supplices plus sévères encore, proportionnés à sa méchanceté.

Il paraît qu’à d’autres consultations du même genre Adrien répondit de la même manière[7]. Les libelles contre les chrétiens se multipliaient de toutes parts[8] ; ces délations constituaient un métier lucratif, car le délateur avait une partie des biens du condamné. En Asie surtout, les réunions provinciales, accompagnées de jeux[9], aboutissaient presque toujours à des exécutions. Comme couronnement de la fête, la foule demandait le supplice de quelques malheureux. La redoutable acclamation « Les chrétiens aux lions ! » devenait ordinaire dans les théâtres ; or il était rare que l’autorité ne se prêtât pas à de telles acclamations du peuple assemblé[10]. L’empereur, on vient de le voir, s’opposait autant qu’il pouvait à ces méchancetés ; le vrai coupable, c’étaient les lois de l’empire, qui donnaient du corps à des accusations vagues que le caprice de la multitude interprétait à son gré.

Adrien passa l’hiver de 125-126 à Athènes[11]. C’est surtout dans ce rendez-vous de tous les hommes cultivés qu’il éprouva de vives jouissances. La Grèce était devenue comme un jouet dont s’amusaient les Romains lettrés. Bien rassurés sur les conséquences politiques, ils se donnaient le libéralisme facile de restaurer le Pnyx, les assemblées du peuple, l’Aréopage, d’élever des statues aux grands hommes du passé, de remettre à l’essai les vieilles constitutions, de refaire la panhellénie, la confédération de prétendues villes libres. Athènes était le centre de ces enfantillages. Des Mécènes éclairés y avaient élu domicile, en particulier Hérode Atticus, l’un des esprits les plus distingués du temps, et ces Philopappus, derniers descendants des rois de la Comagène et des Séleucides, qui élevaient vers ce temps sur la colline du Musée[12] un monument qui existe encore.

Ce monde de professeurs, de philosophes et de gens d’esprit était le véritable élément d’Adrien. Sa vanité, son talent, son goût pour la conversation brillante, se trouvaient à leur aise au milieu de confrères qu’il honorait en se faisant leur égal, sans rien abdiquer au fond de sa prérogative. Il était habile disputeur, et se figurait ne devoir l’avantage, qui lui restait toujours, qu’à son talent personnel[13]. Malheur à ceux qui le blessaient ou l’emportaient sur lui dans la discussion ! Le Néron, habilement dissimulé, qu’il y avait en lui, se réveillait alors. Ce qu’il fonda de chaires nouvelles, ce qu’il donna de pensions littéraires, ne se peut calculer. Il prenait au sérieux ses titres d’archonte et d’agonothète. Il fit lui-même une constitution pour Athènes, en combinant à doses égales les lois de Solon et celles de Dracon, et voulut voir si elle fonctionnerait. La ville fut toute renouvelée. Le temple de Jupiter Olympien, près de l’Ilissus, commencé par Pisistrate, l’une des merveilles du monde, fut achevé, et l’empereur en prit le titre d’Olympien[14]. Dans l’intérieur de la ville, un vaste ensemble carré de temples, de portiques, de gymnases, d’établissements d’instruction publique, data de lui[15]. Tout cela est loin assurément de la perfection de l’Acropole ; mais ces constructions surpassaient tout ce qu’on avait jamais vu par la rareté des marbres et la richesse des décorations. Un Panthéon central contenait le catalogue des temples que l’empereur avait bâtis, réparés ou ornés, et des dons qu’il avait faits aux villes tant grecques que barbares. Une bibliothèque, ouverte à tous les citoyens d’Athènes, occupait une aile spéciale. Sur un arc, qui est venu jusqu’à nous, Adrien fut égalé à Thésée ; un quartier d’Athènes reçut le nom d’Hadrianopolis[16].

L’activité intellectuelle d’Adrien était sincère ; mais il manquait d’esprit scientifique[17]. Dans ces réunions de sophistes, toutes les questions divines et humaines furent discutées ; aucune ne fut résolue. Il ne semble pas que l’on y soit allé jusqu’au rationalisme complet. L’empereur faisait en Grèce l’effet d’un homme très-religieux[18] et même superstitieux[19]. Il voulut être initié aux mystères d’Éleusis[20]. En somme, ce qui bénéficiait de tout cela, c’était le paganisme. La liberté de discussion, cependant, étant une bonne chose, il en résulte toujours du bien. Phlégon, secrétaire d’Adrien, peut avoir eu quelques connaissances de la légende de Jésus[21]. Cette large ouverture que prit l’esprit de controverse sous Adrien donna naissance à un genre de littérature chrétienne tout nouveau, à la littérature apologétique, qui va jeter un si grand éclat durant le siècle des Antonins.

Le christianisme, prêché à Athènes soixante-douze ans auparavant, y avait fructifié. L’Église d’Athènes n’eut jamais la suite et la fermeté de certaines autres[22] ; son caractère à part fut de produire des penseurs chrétiens individuels. L’apologétique naquit et devait naître dans son sein[23].

Plusieurs des individus qu’on appelait spécialement « philosophes » avaient adhéré à la doctrine de Jésus. Ce nom de philosophe impliquait des mœurs graves et un costume à part, sorte de manteau, qui désignait celui qui le portait, quelquefois aux quolibets, le plus souvent aux respects des passants[24]. En embrassant le christianisme, les philosophes se gardaient de répudier leur nom et leur costume[25]. De là une catégorie de chrétiens inconnue jusque-là. Écrivains et parleurs de profession, ces philosophes convertis devenaient tout d’abord les docteurs et les polémistes de la secte. Initiés à la culture grecque, ils avaient plus de dialectique et d’aptitude à la controverse que les prédicateurs purement apostoliques. Moment solennel, qui marque l’arrivée à la pleine conscience ! Le christianisme, à partir de cette heure, eut ses avocats. Ils discutaient, et on discutait avec eux. Aux yeux du gouvernement, ils étaient des gens plus susceptibles d’être pris au sérieux que les bons adeptes, sans éducation, d’une superstition orientale. Jamais, jusqu’à présent, le christianisme n’avait osé s’adresser directement à l’autorité romaine pour demander que la fausse position qui lui était faite fût rectifiée. Le caractère d’aucun des empereurs qui avaient précédé n’invitait à de telles explications. La pétition eût sans doute été rebutée et n’aurait été lue de personne. La curiosité d’Adrien, sa facilité d’esprit, la pensée qu’on lui faisait plaisir en lui présentant quelque fait ou quelque argument nouveau, encouragèrent au contraire des ouvertures qui, sous Trajan, eussent été sans objet. Il se mêlait à cela une pensée aristocratique, flatteuse pour le souverain et l’apologiste. Déjà le christianisme dévoile la politique qu’il suivra constamment à partir du ive siècle, et qui consistera surtout à traiter avec les souverains par-dessus la tête des peuples. « Avec vous, nous voulons bien discuter ; mais la foule ne vaut pas l’honneur qu’on lui donne des raisons[26]. »

Le premier essai en ce genre fut l’œuvre d’un certain Quadratus[27], personnage important de la troisième génération chrétienne, que l’on dit même avoir été disciple des apôtres. Quadratus remit à l’empereur une apologie du christianisme qui s’est perdue, mais qui fut fort estimée durant les premiers siècles. Il s’y plaignait des tracasseries que de « méchantes gens » suscitaient aux fidèles, et prouvait l’innocuité de la foi chrétienne. Il allait plus loin et cherchait à convertir Adrien par l’argument tiré des miracles de Jésus. Quadratus prétendait que l’on avait connu vivants encore de son temps[28] quelques-uns de ceux qui avaient été guéris ou ressuscités par le Sauveur. Adrien se fût certainement fort amusé de voir un de ces vénérables centenaires, et son affranchi Phlégon en eût enrichi son traité Sur les cas de longévité ; mais cela ne l’eût pas convaincu. Il avait été témoin de tant d’autres miracles ! et il n’en avait tiré qu’une conclusion, c’est que le nombre des choses incroyables dans ce monde est infini. Phlégon, dans ses recueils tératologiques, avait donné place à plusieurs miracles de Jésus, et certainement Adrien

avait plus d’une fois causé avec lui sur ce sujet[29].

Une autre apologie, ayant pour auteur un certain Aristide, philosophe athénien, converti au christianisme, fut aussi présentée à Adrien. Nous n’en savons rien, sinon qu’elle jouit parmi les chrétiens d’une estime égale à celle qu’obtint l’écrit de Quadratus. Ceux qui purent la lire admiraient l’éloquence, l’esprit de l’auteur et le bel usage qu’il avait su faire des passages des philosophes païens pour prouver la vérité de la doctrine de Jésus[30].

Ces écrits, frappants par leur nouveauté, purent n’être pas sans effet sur l’empereur. Des idées singulières en fait de religion lui traversaient l’esprit. Il semble que plus d’une fois il accorda au christianisme des marques d’un véritable respect[31]. Il fit bâtir un grand nombre de temples ou basiliques sans inscription ni destination bien connues. La plupart restèrent inachevés ou non dédiés ; on les appelait des hadrianées[32]. Ces temples vides, sans statues, firent croire que c’était exprès qu’Adrien les avait fait bâtir ainsi. Au IIIe siècle, après qu’Alexandre Sévère eut réellement voulu bâtir un temple à Christ, les chrétiens répandirent l’idée qu’Adrien avait résolu d’en faire autant, et que les hadrianées avaient dû servir à l’installation de ce culte nouveau. Adrien, assurait-on, avait été arrêté parce que, en consultant les oracles sacrés, on y trouva que, si un pareil temple était bâti, tout le monde se ferait chrétien, si bien que les autres temples seraient abandonnés[33]. Plusieurs de ces hadrianées, en particulier ceux de Tibériade et d’Alexandrie, devinrent en effet des églises au ive siècle[34].

Même les folies d’Adrien avec Antinoüs furent un élément de l’apologétique chrétienne. Une pareille monstruosité parut le point culminant du règne du démon. Ce dieu récent, que tout le monde connaissait, fut fort exploité pour battre en brèche les autres dieux, plus anciens et moins faciles à prendre corps à corps[35]. L’Église triompha. Le moment d’Adrien fut plus tard envisagé comme le sommet lumineux d’une époque de splendeur où la vérité chrétienne brilla sans obstacle à tous les yeux[36]. On en sut quelque gré au souverain dont les défauts et les qualités avaient eu des résultats si favorables. On n’oublia pas son immoralité, ses superstitions, ses initiations vaines à des mystères impurs ; mais, malgré tout, Adrien resta, au moins dans une partie de l’opinion chrétienne, un homme grave, doué de rares vertus, qui donna au monde ses derniers beaux jours[37].

  1. Cf. I Tim., ii, 2.
  2. Mommsen, De collegiis apud Romanos, ch. iv et v. « Sed religionis causa coïre non prohibentur. » Digeste, XLVII, xxii, De coll. et corp.
  3. Waddington, Fastes des prov. asiat., p. 197-199. Comp. Cavedoni, Cenni cronologici interno alla data precisa delle principali apologie, etc. Modène, 1835; Borghesi, Œuvres, VIII, p. 464 et suiv.
  4. Pline, Lettres, I, 9 ; IV, 15 ; V, 16 ; Plutarque, De cohib. ira, en tête ; De tranquill. animi, 1. Voir Waddington, l. c. ; Mommsen, index de Pline le jeune, édit. Keil, p. 419.
  5. Plusieurs critiques ont élevé des objections contre l’authenticité de cette lettre. Certes, le rescrit d’Adrien n’a pas les mêmes garanties d’authenticité que la lettre de Pline ; il ne nous a pas été conservé par les recueils païens. Il faudrait, pour que la parité fût exacte, que nous eussions le recueil officiel des lettres administratives d’Adrien, et que la lettre à Minicius Fundanus y figurât à sa place. Néanmoins la pièce nous est venue dans de bonnes conditions d’authenticité. L’original latin en fut, à ce qu’il semble, inséré par saint Justin dans sa première Apologie (ch. lxviii et lxix). Eusèbe la traduisit en grec (Hist. Eccl., IV, viii et ix ; cf. Chron., an 8 ou 10 d’Adrien) ; cette traduction, vu l’incapacité où étaient les copistes orientaux de transcrire le latin, prit dans les manuscrits de Justin la place de l’original ; peut-être Rufin nous a-t-il conservé cet original. Méliton (dans Eusèbe, H. E., IV, xxvi, 10) rappelle la lettre, il est vrai en compagnie de pièces apocryphes. Cf. Tertullien. Apol., 5. Ce qui a fait du tort au rescrit d’Adrien, c’est le prétendu rescrit d’Antonin (Eusèbe, H. E., IV, xiii), fabriqué vers l’an 165, et dont tous les critiques, à la suite de Tillemont, reconnaissent la fausseté. Le prétendu rescrit d’Antonin fait allusion au rescrit d’Adrien ; mais ce n’est pas la seule fois qu’on verrait une pièce apocryphe chercher à se donner créance en s’appuyant sur une pièce vraie. Les travaux de M. Waddington (l. c.) relatifs aux légats impériaux de la province d’Asie, en fixant la date des proconsulats de Granianus et de Minicius Fundanus, et en donnant les lignes essentielles de leur carrière politique, ont ajouté à l’opinion traditionnelle beaucoup de solidité.
  6. Justin et Eusèbe portent Serenius. Mais les inscriptions (Corp. inscr. lat., II, 4609 ; Mommsen, Inscr. regni Neap., 4496 ; Borghesi, Œuvres, VIII, p. 56) ont Licinius.
  7. Méliton, l. c. Cf. Tertullien, Apol., 5.
  8. Quadratus, v. ci-après, p. 41 ; Méliton, dans Eus., H. E., IV, 26 ; prétendu rescrit d’Antonin (ibid., IV, 13) ; Athénagore, Leg., c. 1.
  9. Ce qu’on appelait τὸ κοινὸν Ἀσίας.
  10. Tertullien, Apol., 40 ; S. Cyprien, Epist. 53, 56.
  11. Eusèbe, Chron., p. 166, 167, Schœne ; Corpus inscr. gr., 6280 (t. III, p. 925) ; Aurelius Victor, Epit., xiv, 2.
  12. Corpus inscr. gr., n° 362.
  13. Une épigramme de sa composition a été trouvée à Thespies. Comptes rendus de l’Acad. des inscr., 1870, p. 56-57.
  14. Spartien, 13 ; Dion Cassius, LXIX, 16 ; Corpus inscr. gr., nos  321 et suiv. ; Corp. inscr. lat., t. III, no 548 ; médailles de Nicomédie, de Cyzique, d’Éphèse, de Tarse, de Laodicée, etc.
  15. C’est le groupe de ruines avoisinant le marché actuel et la caserne.
  16. Pausanias, I, v, 5 ; xix, 9 ; Spartien, 20 ; Leake, p. 151 et suiv., 174 et suiv. (trad. franç.) ; Corpus inscr. gr., no 520. Les monuments de la reconnaissance ou de l’adulation athénienne envers Adrien sont innombrables. Corpus inscr. gr., nos  321 et suiv. ; notez no 346 ; Pausanias, I, xxiv, 7.
  17. On peut s’en faire une idée par les écrits de Phlégon, son érudit de prédilection, dont la crédulité est extrême.
  18. Pausanias, I, v, 5 ; saint Jér., De viris ill., c. 19 ; Epist., 83 (84) ; Spartien, Adr., 22 (contempsit n’exclut pas la curiosité).
  19. Dion, LXIX, 11, 22 ; Spartien, Adr., 16, 25, 26 ; Ælius Verus, 3, 4.
  20. Spartien, 13 ; Eusèbe, Chron., Schœne, p. 166, 167 ; saint Jér., De viris ill., 19 ; Dion Cassius, LXLX, 11 ; Carm. sib., VIII, 56 ; Anthol. Palat., épigr. 234 (Mém. de l’Acad. des inscr., ancienne série, XLVII, p. 331).
  21. Orig., Contre Celse, II, 14, 33, 59.
  22. Denys de Cor., dans Eus., H. E. , IV, 23.
  23. Aristide et Athénagore furent sûrement des philosophes Athéniens. Quadratus fut aussi probablement d’Athènes.
  24. Justin, Dial. cum Tryph., ; Orig., Contre Celse, III, 50 ; Martial, IV, 53 ; Juvénal, xiii, 121 ; Galien, Therap. meth., XIII, 15 ; roman de Secundus (grec), init. ; Ammien Marcellin, XIV, ix, 5.
  25. Ainsi Aristide (Eus., Chron., à l’an 127 ; saint Jér., De viris ill., 20) ; Méliton (titre du De veritate, en syriaque) ; Athénagore (titres de ses ouvrages) ; saint Justin (titres de ses ouvrages ; Dial. cum Tryph., init. ; Eus., H. E., IV, viii, 3).
  26. Σὲ μὲν καὶ λόγου ἠξίωσα· δεδιδάγμεθα γὰρ ἀρχαῖς… τιμὴν… ἀπονέμειν· ἐκείνους δὲ οὐχ ἡγοῦμαι ἀξίους τοῦ ἀπολογεῖσθαι αὐτοις Martyr. Polyc., 10.
  27. Eusèbe, Hist. eccl., IV, 3 ; Chron., Schœne, p. 166-167 ; saint Jér., De viris ill., 19 ; Epist., 83 (84) ; Photius, cod. clxii. Il est peu probable que Quadratus l’apologiste soit identique à l’évêque d’Athènes, Quadratus, successeur de Publius (Denys de Cor. dans Eus., H. E., IV, 23). Denys de Corinthe (vers 170) présente le martyre de Publius et la restauration de l’Église d’Athènes par l’évêque Quadratus comme des faits qui viennent de se passer. Les martyrologes n’ont ici rien de solide. Le prophète Quadratus (Eus., H. E., III, 37 ; V, 17) était aussi sans doute un personnage différent de ces deux-là. La diffusion du nom de Quadratus à Athènes put tenir à Statius Quadratus, qui remplit les fonctions honorifiques de prêtre des Augustes à Athènes vers 140 (Corpus inscr. gr., n° 337 ; Wadd., Fastes, p. 194, 220-221 ; cf. Arch. des miss., 2e série, t. IV, p. 538-539). Les Quadratus ayant de la notoriété sont du reste très-nombreux à cette époque.
  28. Εἰς τοὺς ἡμετέρους χρόνους τινὲς αὐτῶν ἀφίκοντο.
  29. Origène, Contre Celse, II, 33, etc. Voir ci-dessus, p. 38.
  30. Eusèbe, l. c. ; saint Jér., De viris ill., 20. Usuard et Adon (31 août, 3 oct.) sont ici sans valeur. Comp. Chron. Alex., à l’année 18 d’Adr., en remarquant les fautes.
  31. Ἐτίμησαν. Meliton, dans Eus., H. E., IV, xxvi, 7. Il est vrai que Xiphilin (LXX, 39) voit dans la lettre à Fundanus une τιμή
  32. Rapprochez ce que dit Spartien, Adr., 13, 19, 20 : «  Templa sui nominis consecravit… Nunquam ipse… nomen suum scripsit… quum titulos in operibus non amaret. » Cf. Epiph., hær. xxx, 12 ; lxix, 2;
  33. Lampride, Alex. Sév., 43.
  34. Epiph., loc. cit.
  35. Carm. Sib., VIII, 57-58 ; Justin, Apol. I, 29 ; Hégésippe, dans Eus., H. E., IV, viii, 2 ; Athénagore, Leg., 30 ; Tatien, Adv. Gr., 10 ; Théophile d’Antioche, III, 8 ; Tertullien, Apol., 13 ; Clém. d’Alex., Ad gentes, 4 ; Origène, Contre Celse, III, 36, 38 ; V, 63 ; VIII, 9 ; Jean Chrysostome, In II Cor., hom. xxvi, 4.
  36. Eusèbe, Præp. evang., IV, 17.
  37. Carm. sib., V, 46 et suiv. Dans VIII, 50 et suiv., qui est postérieur à la guerre juive, on sent plus de haine. Cf. XII, 164-175.