L’Église chrétienne (Renan)/XVIII. Exagération des idées de saint Paul

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Calmann Lévy (p. 350-363).


CHAPITRE XVIII.


EXAGÉRATION DES IDÉES DE SAINT PAUL.
MARCION.


La grande singularisé du christianisme, ce fait d’une religion nouvelle sortant d’une autre religion et devenant peu à peu la négation de celle qui l’a précédée, ne pouvait manquer de donner lieu, jusqu’à la complète séparation des deux cultes, aux phénomènes les plus opposés. Deux genres de réaction devaient se produire chez ceux qui ne se tenaient pas strictement en équilibre sur le tranchant étroit de l’orthodoxie. Les uns, dépassant les principes de Paul, s’imaginaient que la religion de Jésus n’avait aucun lien avec le mosaïsme. D’autres, les judéo-chrétiens, ne regardaient le christianisme que comme une simple continuation de la religion juive. En général, c’étaient les gnostiques qui inclinaient dans le premier sens ; mais ces rêveurs semblaient atteints d’une sorte d’incapacité pratique. Un homme ardent, intelligent, se rencontra pour donner aux éléments dissidents la cohésion qui leur manquait, et pour former une Église durable à côté de celle qui s’appelait déjà « l’Église universelle, la grande Église » de Jésus[1].

Marcion[2] était de Sinope, ville pleine d’activité, qui avait déjà donné aux luttes religieuses du temps les deux Aquila, et qui allait donner Théodotion[3]. Il était fils de l’évêque de cette ville, et paraît avoir exercé la profession d’homme de mer[4]. Quoique né chrétien, il avait sérieusement examiné sa foi et s’était livré à l’étude de la philosophie grecque, surtout du stoïcisme. Il y joignait un extérieur ascétique et une grande austérité[5]. Son père, à ce que l’on prétend, fut obligé de le chasser de son église, à cause des dangers qu’il faisait courir à l’orthodoxie de ses fidèles.

Nous avons déjà remarqué plusieurs fois l’espèce d’attraction qui fit venir à Rome, sous le pontificat d’Hygin et dans les premières années de Pius, tous ceux que séduisaient les lueurs phosphorescentes du gnosticisme naissant. Marcion arriva dans la ville éternelle au moment où Cerdon ébranlait les croyants les plus sincères par sa brillante métaphysique[6]. Marcion, comme tous les sectaires, se montra d’abord zélé catholique. L’Église de Rome avait une telle importance que tous ceux qui se sentaient de l’ambition ecclésiastique aspiraient à la gouverner. Le riche Sinopéen, à ce qu’il paraît[7], fit don à la communauté d’une grosse somme d’argent ; mais ses espérances furent déçues. Il n’avait pas l’esprit que l’Église de Rome a toujours voulu dans ses clercs. La supériorité intellectuelle était ici peu prisée. Sa curiosité ardente, sa vivacité de pensée et son instruction parurent des dangers. Il était facile de voir qu’elles ne lui permettraient pas de rester tranquillement dans les limites étroites de l’orthodoxie. Cerdon expiait comme lui dans l’isolement ses prétentions à l’originalité dogmatique. Marcion devint son disciple[8]. Les théories transcendantes du gnosticisme, enseignées par ce maître, durent paraître à un esprit imbu de doctrines philosophiques la forme la plus élevée du christianisme. Le dogme chrétien, d’ailleurs, était encore si peu arrêté, que chaque individualité forte aspirait à y imprimer son cachet. Cela suffit pour expliquer les voies détournées où s’engagea ce grand homme, sans qu’il soit besoin d’ajouter foi aux calomnies banales par lesquelles les écrivains ecclésiastiques essayent de montrer que tout chef de secte a obéi, en se séparant de la majorité des fidèles, aux motifs les plus bas[9].

La théologie de Marcion ne différait de celle des gnostiques d’Égypte et de Syrie que par sa simplicité. La distinction du Dieu bon et du Dieu juste, du Dieu invisible et du démiurge, du Dieu des juifs et du Dieu des chrétiens formait la base du système[10]. La matière était le mal éternel. L’ancienne loi, œuvre de Jéhovah, œuvre essentiellement matérielle, intéressée, sévère, cruelle, manquant d’amour, n’avait qu’un but : c’était d’assujettir les autres peuples, Égyptiens, Chananéens, etc., au peuple de Jéhovah ; or elle ne réussit pas même à faire le bonheur de ce peuple, puisque Jéhovah était obligé de le consoler sans cesse par la promesse de lui envoyer son fils. On eût vainement attendu ce salut par Jéhovah, si le Dieu suprême, bon et invisible, étranger jusque-là au monde[11], n’eût envoyé son fils Jésus, c’est-à-dire la douceur même, sous la forme apparente d’un homme[12], pour combattre l’influence du démiurge et introduire la loi de charité. Les juifs auront leur Messie, fils de leur Dieu, c’est-à-dire du Dieu démiurge. Jésus n’est nullement ce Messie ; sa mission a été, au contraire, d’abolir la Loi, les prophètes et généralement toutes les œuvres du démiurge ; mais ses disciples l’ont mal compris ; Paul seul a été un vrai apôtre[13], Marcion se donnait pour tâche de retrouver la pensée de Jésus, oblitérée et maladroitement ramenée au judaïsme par ceux qui étaient venus après lui.

C’était déjà le manichéisme, avec ses dangereuses antithèses, qui faisait son apparition dans le champ des croyances chrétiennes. Marcion suppose deux dieux, l’un bon et doux, l’autre sévère et cruel. La condamnation absolue de la chair l’amenait à envisager la continuation de l’espèce humaine comme ne servant qu’à prolonger le règne du mauvais démiurge ; il blâmait le mariage et n’admettait pas au baptême les gens mariés. Nulle secte ne poussait davantage au martyre, et ne compta, proportion gardée, plus de confesseurs de la foi[14]. Le martyre était, selon les marcionites, la libération suprême du chrétien, la plus belle forme de la délivrance de la vie, de cette vie qui est un mal. Les corps ne ressuscitent pas ; seules les âmes des vrais chrétiens sont ramenées à l’existence. Les âmes, du reste, ne sont point égales, et n’arrivent à la perfection que par une série de transmigrations.

La doctrine des épîtres aux Colossiens et aux Éphésiens, celle du quatrième Évangile étaient, on le voit, bien dépassées. Tout ce qu’il y avait de juif dans l’Église devenait une scorie qu’il fallait éliminer. Marcion considérait le christianisme comme une religion entièrement nouvelle et sans précédents. En cela, il était disciple de Paul, et disciple exagéré. Paul croyait que Jésus avait aboli le judaïsme ; mais il ne méconnaissait pas le caractère divin de l’ancienne loi. Marcion, au contraire, prétendait que la première apparition de Dieu dans l’histoire ne s’était faite que par Jésus. La loi de Moïse était l’œuvre d’un démiurge particulier (Jéhovah), que les juifs adoraient, et qui, pour les retenir dans les chaînes de la théocratie, leur donna des prêtres, chercha à les retenir par des promesses et des menaces. Cette

loi, sans caractère supérieur, fut impuissante contre le mal. Elle représentait la justice, mais non la bonté. L’apparition du Christ fut la manifestation du Dieu complet, bon et juste à la fois. L’Ancien Testament n’était pas seulement différent du christianisme ; il y était contraire. Marcion composa un ouvrage intitulé Antithésis, où les deux Testaments étaient mis en flagrante contradiction. Apelle, son disciple, écrivit un livre pour montrer que Moïse n’avait rien écrit de Dieu qui ne fût faux et messéant[15].

Une objection capitale contre cette théorie venait des Évangiles divers alors en circulation, et plus ou moins conformes à ce que nous appelons le type synoptique. Le quatrième Évangile était encore peu répandu, et Marcion ne le connaissait pas ; sans quoi, assurément, il l’eut préféré aux autres[16]. Dans les récits généralement admis sur Jésus, l’empreinte juive se remarque à chaque page ; Jésus parle en Juif, agit en Juif. Marcion s’imposa la rude tâche de changer tout cela[17]. Il se fit un Évangile où Jésus n’était plus un Juif, ou, pour mieux dire, n’était plus un homme ; il voulut une vie de Jésus qui fût la vie d’un pur éon. Prenant pour base l’Évangile de Luc[18], celui qu’on peut appeler jusqu’à un certain point l’Évangile de Paul, il le retravailla selon ses idées, et ne fut satisfait que quand Jésus n’eut plus ni ancêtres, ni parents, ni précurseurs, ni maîtres. Si Jésus ne nous avait été connu que par des textes de ce genre, on aurait pu douter s’il avait vraiment existé, ou s’il n’était pas une fiction a priori, dégagée de tout lien avec la réalité. Dans un pareil système, le Christ ne naissait pas (la naissance, pour Marcion, était une souillure), ne souffrait pas, ne mourait pas. Tous les passages évangéliques où Jésus reconnaît le Créateur pour son père étaient supprimés. Lors de sa descente aux enfers, il emmenait au ciel les personnages maudits de l’Ancien Testament, Caïn, les Sodomites, etc. Ces pauvres égarés, intéressants comme tous les révoltés d’un ancien régime déchu, viennent au-devant de lui, et ils sont sauvés. Jésus laissait, au contraire, dans les lieux sombres de l’oubli, Abel, Noé, Abraham, serviteurs du démiurge, c’est-à-dire du dieu de l’Ancien Testament, qui avaient pour tout mérite d’avoir obéi aux lois d’un tyran. C’était ce dieu de l’Ancien Testament qui fit mettre Jésus à mort, et couronna ainsi dignement une ère qui avait été le règne du mal.

On ne pouvait se placer plus nettement à l’opposé des idées de Pierre, de Jacques, de Marc. Les dernières conséquences des principes de Paul étaient tirées. Marcion ne donnait pas à son Évangile de nom d’auteur ; mais, dans sa pensée, c’était bien là « l’Évangile selon Paul ». Jésus n’est plus du tout un homme, c’est la première apparition idéale du Dieu bon, à peu près comme Schleiermacher put l’entendre seize siècles plus tard. Une très-belle morale, se résumant en l’effort vers le bien, sortait de ce christianisme spiritualiste et rationaliste. Après l’auteur des écrits pseudo-johanniques, Marcion fut le plus original des maîtres chrétiens du iie siècle. Mais le dithéisme, qui faisait la base de son système, et la colossale erreur historique qu’il y avait à présenter comme le contraire du judaïsme une religion qui sortait du judaïsme, étaient des vices profonds qui ne pouvaient permettre à une telle doctrine de devenir celle de la catholicité.

Le succès en fut d’abord extraordinaire ; les doctrines de Marcion se répandirent très vite dans tout le monde chrétien[19] ; mais l’opposition fut énergique. Justin, alors à Rome, combattit le novateur dans des écrits que nous n’avons plus[20]. Polycarpe accueillit les idées nouvelles avec sa plus vive indignation[21]. Méliton, à ce qu’il semble, écrivit contre elles[22]. Plusieurs prêtres anonymes d’Asie les attaquèrent et fournirent à Irénée les armes dont il devait se servir plus tard[23]. La position de Marcion dans l’Église était des plus fausses. Comme Valentin et Cerdon, il voulait faire partie de l’Église et sans doute y prêcher ; or l’Église de Rome aimait bien mieux la docilité et la médiocrité que l’originalité et la rigoureuse logique. Comme Valentin, Marcion fit des concessions, des pas en arrière, des demi-rétractations ; tout fut inutile : l’incompatibilité était trop forte. Après deux condamnations, une excommunication définitive l’exila de l’Église. On lui rendit la somme qu’il avait donnée dans la première chaleur de sa foi[24], et il repartit pour l’Asie-Mineure, où il continua de déployer pour la propagation de l’erreur une immense activité. Il paraît que, dans ses dernières années, il entama de nouveau des négociations pour se rattacher à l’Église catholique, mais que la mort en empêcha le succès[25]. Souvent une certaine timidité de caractère s’associe bien aux grandes hardiesses spéculatives, et Marcion paraît s’être fréquemment contredit. D’un autre côté, une telle fin répondait si parfaitement aux besoins de la polémique des orthodoxes, qu’on doit les suspecter de l’avoir inventée. C’est Apelle qui ramènera l’école marcionite à un déisme presque orthodoxe.

Marcion reste, en tout cas, le plus audacieux novateur que le christianisme ait connu, saint Paul même y compris. Saint Paul n’avait jamais nié la relation des deux Testaments ; Marcion les opposait l’un à l’autre comme deux antithèses. Il alla jusqu’à s’attribuer le droit de refaire la vie de Jésus à sa guise et de changer les Évangiles systématiquement. Même les Épîtres de saint Paul, qu’il adoptait, furent par lui arrangées et mutilées, en vue d’effacer les citations de l’Ancien Testament et le nom d’Abraham, qu’il abhorrait[26].

C’était la troisième tentative qui se produisait pour faire de la vie de Jésus la vie d’un être abstrait, au lieu d’une réalité galiléenne. Fruits de diverses tendances, toutes également nécessaires, — du besoin d’idéaliser une vie qui devenait celle d’un dieu, — du désir de nier que ce dieu eût eu sur la terre une famille, une race, un pays, — de l’impossibilité où était le chrétien grec d’admettre que le christianisme eût rien de commun avec le judaïsme, qu’il méprisait, ces trois tentatives eurent des succès fort divers. L’auteur des écrits pseudo-johanniques y procéda d’une façon inconséquente, incohérente, mais qui avait l’avantage de laisser subsister, à côté de la théologie du Logos, une biographie de Jésus d’un caractère historique. Sa tentative fut la seule qui réussit ; car, tout en tenant le judaïsme moderne pour un ennemi et en s’imaginant que la vérité est descendue du ciel tout entière avec le Logos, il admet que le vrai Israël a eu sa mission, et que le monde, loin d’être l’œuvre d’un démiurge hostile à Dieu, a été créé par le Logos. Les gnostiques noyèrent l’Évangile dans la métaphysique, éliminèrent tout élément juif, mécontentèrent jusqu’aux déistes, et par là se coupèrent tout avenir. Marcion fut plus sobre de spéculation ; mais le christianisme était déjà trop formé, ses textes étaient trop arrêtés, ses Évangiles trop comptés, pour que l’opinion catholique pût être ébranlée. Marcion ne fut donc qu’un simple chef de secte. Sa secte, il est vrai, fut de beaucoup la plus nombreuse avant celle d’Arius. La rage avec laquelle l’orthodoxie le poursuivit est la meilleure preuve de l’impression profonde qu’il fit sur l’esprit de ses contemporains.

  1. Οἱ ἀπὸ μεγάλης ἐκκλησίας. Celse, dans Orig., V, 59.
  2. Justin, Apol. I, 26, 58 ; Dial., 35 (Otto ; Lipsius, Quellen Ketz., 29 et suiv. ; Zeitschr. für Kirch., II, p. 213-214) ; Hégésippe, dans Eusèbe, H. E., IV, xxii, 5 ; Celse, dans Origène, Contre Celse, V, 62 ; Irénée, I, xxvii, 2 ; xxviii, 1 ; II, i, 4 ; iii, 1 ; xxviii, 6 ; III, iii, 4 ; iv, 3 ; xii, 5, 12 ; IV, xxxiii, 2 (cf. Gebh. et Harn., Patres apost., I, ii, p. 106-111) ; Canon de Muratori, lignes 63 et suiv., 81 et suiv. (douteux) ; Rhodon, dans Eus., H. E., V, 13 ; Clém. d’Alex., III, 3, 17 ; IV, 4 ; VII, 17 ; Tertullien, les cinq livres Contre Marcion ; Præscr., 30, 38, [51] ; De idol., 5 ; De anima, c. 17 ; De carne Christi, 1-8 ; Denys de Rome, dans Athanase, De nicænis decr., p. 275 ; Philosophum., VII, 29, 31 (Zeitschrift für Kirchengesch., I, p. 536-538), 37 ; X, 19 ; Origène, In Jer., hom., x, 5 ; In Rom., ii, etc. (v. indices) ; Cyprien, Epist. 74 ; Eusèbe, Chron., ann. 140 et 153 ; H. E., IV, 21, 23, 24, 25, 30 ; V, 13, 16 ; anonyme du ive siècle, Dial. in Marc, édit. Welzstein, Bâle, 1674 ; Épiphane, hær. xlii, xliii, xliv ; Théodoret, I, 24, 25 ; les cinq livres en vers contre Marcion ; Pseudo-August., c. 22 ; Pseudo-Tert., c. 17 et suiv. ; Philastre, c. 45 ; Eznig, Réfut. des sectes, l. IV ; Mohammed ibn Ishak, Fihrist, dans Fluegel, Mani, p. 51, 85, 150-152, 159-160, 167-168 ; Cyrille, Catéch. xvi ; Isidore de Péluse, I, epist. 37 ; saint Jérôme, In Osee, ix ; De viris ill., 17, 32, 37 ; chronique d’Edesse, à l’an 449 (137) ; chron. d’Alex., à l’an 158.
  3. Épiphane, De mensuris, 17.
  4. Rhodon, dans Eus., H. E., V, xiii, 3 ; Tert., Præscr., 30.
  5. Epiphane, xlii, 1. Sanctissimus magister de Tertullien (l. c.) est ironique.
  6. Sur la date, v. Lipsius, Die Quellen der ælt. Ketzergesch., p. 225 et suiv. Notez surtout Clém. d’Alex., Strom., VII, 17, avec les discussions auxquelles ce passage a donné lieu. Orose, VII, 14 ; Tertullien, Adv. Marc., I, 2.
  7. Tertullien, In Marc., IV, 4 ; Præscr., 30.
  8. Irénée I, xxvii, 2 ; III, iv, 3 ; Philosoph., VII, 10, 39 ; X, 19 ; Tert., Præscr., c. 51 ; saint Cyprien, Epist. 74 ; Eusèbe, H. E., IV, 11 ; Epiph., hær. xli, 1 ; Philastre, c. 45 ; Pseudo-Aug., hær. 22 ; Théodoret, I, 24.
  9. Mêmes fables sur Apelle. Tertullien, Præscr., 30.
  10. Comp. Dial. de recta in Deum fide, dans Origène, Opp. Delarue, I, p. 817 et suiv.
  11. Saint Ephrem, Hymnes xli, xlviii, xlix ; Hahn, Bardesanes, p. 65-66 ; Hilgenfeld, Bard., p. 49-50.
  12. Nicéphore, Antirr., dans Pitra, Spic. Sol., I, p. 406.
  13. L’habitude d’appeler Paul « l’Apôtre » par excellence se remarque pour la première fois chez Marcion. La partie de son canon qui renfermait les épîtres s’appelait ὁ Ἀπόστολος.
  14. Anonyme contre les cataphryges, dans Eus., H. E., V, xvi, 21 ; Clém. d’Alex., Strom., IV, 4 ; Tertullien, Contre Marcion, I, 14 ; Eusèbe, H. E., IV, xv, 47 ; VII, xii ; De martyribus Palastinæ, 10.
  15. Tert., (ut fertur), Præscr., 51 ; Origène, In Cels., V, 54 ; In Gen., hom. ii, 2 ; Eusèbe, H. E., V, 13.
  16. Notez la dureté du quatrième Évangile pour la famille de Jésus, pour les Juifs, meurtriers de Jésus, enfants du diable.
  17. Selon l’auteur de l’opuscule qui fait suite aux Prescriptions de Tertullien, De præscr., 51, Cerdon aurait déjà fait les retranchements qui caractérisaient le canon de Marcion.
  18. Voir les tableaux dressés par Hahn, dans Thilo, Cod. ap. N. T., I, p. 401-486 ; De Wette, Lehrbuch in N. T., §§ 70-72, et les tentatives de restitution de l’Évangile de Marcion par Hilgenfeld (Halle, 1850) et par Volkmar (Leipzig, 1852). L’hypothèse d’après laquelle Marcion aurait eu entre les mains un prétendu Luc primitif, non encore interpolé, est insoutenable.
  19. Justin, Apol. I, 26.
  20. Apol. I, 26 ; Irénée, IV, vi, 2 ; saint Jérôme, De viris ill., 23 ; Photius, Cod. cxxv.
  21. Irénée III, iii, 4.
  22. Anastase le Sinaïte, Hodeg., xiii, dans Routh, Rel. sacræ, I, p. 121-122.
  23. Patres apost. de Gebh. et Harn., I, ii, p. 106 et suiv., 111.
  24. Tert., In Marc., IV, 4.
  25. Tert., Præscr., 30.
  26. De Wette, Lehrbuch in N. T., § 34 b ; Bleck, Einl. in N. T., § 54.