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L’Alcoran (Traduction de Du Ryer)/81

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Traduction par André Du Ryer.
Antoine de Sommaville (p. 622-623).



LE CHAPITRE DE LA RONDEUR,
contenant vingt-neuf verſets,
eſcrit à la Meque.


AU Nom de Dieu clement & miſericordieux. Lors que la rondeur du Soleil paroiſtra, que les eſtoiles tomberont, que les montagnes marcheront, que les chameaux ſeront ſans charge & ſans paſteur, que les animaux ſeront aſſemblez, que la mer ſera couverte de feu, que les ames retourneront dans les corps, que la fille demandera pourquoy on la fait mourir[1] que le livre du bien & du mal s’ouvrira, que le Ciel ſe deſpoüillera, que le feu d’Enfer paroiſtra, que le Paradis s’ouvrira. Alors les ames ſçauront le bien & le mal qu’elles auront fait. Je jure par les planetes, par l’obſcurité de la nuit & par la clarté du jour, que les paroles de l’Alcoran ſont les paroles du Prophete aymé de Dieu, puiſſant auprés de ſa divine Majeſté ; vous luy devez obeyr, il eſt tres-fidelle obſervateur de ce qui luy eſt commandé, il n’eſt pas demoniacle comme vous avez eſtimé, il a veu l’Ange clairement & ſans enigme, & n’eſt pas en peine du futur, les paroles de l’Alcoran ne ſont pas les paroles du Diable, de quel coſté que vous vous tourniez, il n’eſt que pour inſtruire le peuple, & ceux d’entre vous qui voudront ſuivre le droict chemin, mais vous n’aurez pas la volonté de le ſuivre s’il ne plaiſt à Dieu Seigneur de l’Univers.

  1. Les Arabes enſeveliſſaient leurs filles toutes vivantes, lors qu’elles avoient fait mal.