L’Antiquaire (Scott, trad. Ménard)/Chapitre VI

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Traduction par Albert Montémont.
Ménard (Œuvres de Walter Scott, volume 7p. 56-71).


CHAPITRE VI.

LE DÎNER.


Moth.
Par Woden, dieu des Saxons, quelle est l’origine du mot mercredi, c’est-à-dire le jour de Woden[1]. La vérité sera pour moi une chose sacrée jusqu’au jour où je descendrai au cercueil.
L’ordinaire de Cartwright.


Notre jeune ami Lovel, qui avait reçu une invitation semblable, exact à l’heure du rendez-vous, arriva à Monkbarns environ cinq minutes avant quatre heures, le 17 juillet. Toute la journée la chaleur avait été étouffante, et de larges gouttes d’eau étaient tombées à différentes reprises, quoique ces averses menaçantes se fussent éloignées.

M. Oldbuck le reçut à la porte dite du Pèlerin. Il était vêtu d’un habillement complet de drap brun, avec des bas de soie gris et une perruque poudrée avec tout l’art du perruquier vétéran Caxon, qui, ayant flairé le dîner, avait eu soin de ne finir son ouvrage qu’à l’instant même où l’on allait se mettre à table, espérant de la sorte en avoir sa part.

« Soyez le bien venu à mon symposium[2], et permettez-moi de vous présenter à mon Clogdogdo[3], comme Tam Otter appelle la malicieuse race de femelles, malœ bestiœ, monsieur Lovel.

— Je serais bien trompé, monsieur, si la dame méritait votre satire.

— Trêve à vos complimens, monsieur Lovel[4], ce ne sont que des échantillons de leur sexe. Mais les voici, et, pour aller par ordre, je vous présente d’abord ma très discrète sœur, Griselda, qui dédaigne la simplicité et la patience que rappelle le nom de sa pauvre patronne Grizzel[5] et ma très précieuse nièce Maria, dont la mère était appelée Marie, et quelquefois Molly[6]. »

Le frou frou ou froissement des taffetas et des satins avait annoncé la vieille demoiselle, qui portait sur sa tête un édifice ressemblant à la coiffure des dames du Journal des modes de 1770 ; superbe morceau d’architecture qu’on aurait pu comparer à un château gothique, dont les boucles représentaient les tours, les épingles noires les chevaux de frise, et les ornemens de gaze les bannières.

Cette figure qui, semblable à celle des anciennes statues de Vesta, était ainsi couronnée de tours, était longue, large, avait le nez et le menton bourgeonnes, et ressemblait sous d’autres rapports, d’une manière si plaidante à M. Jonathan Oldbuck, que s’ils n’avaient pas paru tous les deux ensemble, comme Sébastien et Viola, dans la dernière scène de la Nuit des Rois[7], Lovel aurait pu croire que le visage qu’il avait devant les yeux était celui de son vieil ami déguisé en femme. Une robe d’une antique étoffe de soie à fleurs parait la personne extraordinaire qui portait cette coiffure sans pareille, et qui, selon son frère, semblait plus faite pour servir de turban à un disciple de Mahomet que pour couvrir la tête d’une créature raisonnable et d’une chrétienne. Deux bras longs et décharnés, garnis au coude par des manchettes de blonde à triple rang, étaient ployés en croix devant elle, et, ornés de longs gants d’un rouge éclatant, ne ressemblaient pas mal à une paire d’énormes homards. Des souliers à talons, et un petit manteau de soie jeté négligemment sur ses épaules, complétaient la toilette de mademoiselle Griselda. Sa nièce, que M. Lovel avait aperçue à sa première visite à Monkbarns, était une jeune et jolie personne, élégamment vêtue à la mode du temps, et qui avait un petit air d’espièglerie qui lui seyait fort bien ; elle tenait peut-être de la causticité naturelle à sa famille maternelle, mais qui s’était fort adoucie en se transmettant jusqu’à elle. M. Lovel présenta ses hommages aux deux dames, et reçut en retour de la plus vieille une de ces profondes révérences de 1760 et imitée de cette mémorable époque,

 
Où le benedicite
Prenait la moitié d’une heure,
Où le vendredi fêté
N’avait dans chaque demeure,
Pour dîner, potage et beurre,
Qu’un seul plat, tout bien compté[8] ;


tandis que la plus jeune lui fit une petite révérence modeste qui, semblable au benedicite de nos ecclésiastiques actuels, fut d’une bien moindre durée.

Pendant cet échange de politesses, sir Arthur, ayant sous le bras sa charmante fille, après avoir renvoyé sa voiture, parut à la porte du jardin, et présenta ses complimens aux dames dans toutes les formes.

« Sir Arthur, dit l’Antiquaire, et vous, ma belle ennemie, permettez-moi de vous présenter mon jeune ami, M. Lovel, qui, malgré l’épidémie de fièvre écarlate[9] qui règne à présent dans notre île, a le bon sens et la décence de paraître vêtu d’un habit d’une couleur honnête. Vous voyez cependant que cette couleur à la mode, qu’il exclut de ses vêtemens, s’est réfugiée sur ses joues. Sir Arthur, souffrez que je vous mette en rapport avec un jeune homme que vous trouverez, après une ample connaissance, grave, sensé, poli, érudit, et versé dans la lecture et la science des belles-lettres, et profondément initié dans les mystères les plus cachés du théâtre et des coulisses, depuis le temps de Davie Lindsay[10] jusqu’aux jours de Dibdin : le voilà qui rougit encore, c’est bon signe.

— Mon frère, dit miss Griselda s’adressant à Lovel, a une manière de s’exprimer qui n’appartient qu’à lui ; personne ne fait attention à ce que dit Monkbarns, ainsi je vous prie de ne pas être si troublé de toutes ces sottises. Vous avez dû avoir bien chaud sur la route par ce soleil brûlant ; voulez-vous prendre quelque chose, un verre de vin de Baume ? »

Avant que Lovel eût pu répondre, l’Antiquaire s’écria : « Dieu nous garde de toi, sorcière ! voudrais-tu empoisonner mes hôtes par tes décoctions maudites ? as-tu donc oublié le sort de l’ecclésiastique auquel tu persuadas de goûter ton perfide breuvage ?

— Fi donc ! mon frère. Sir Arthur, avez-vous jamais rien entendu de pareil ? Il ne faut rien faire que d’après ses idées, autrement il vous invente de telles histoires. Mais voilà Jenny qui va sonner la vieille cloche pour nous annoncer que le dîner est servi. »

D’une économie rigide, M. Oldbuck n’avait pas de domestique mâle, et la déguisait sous le prétexte que le sexe masculin était trop noble pour être employé à ces actes de servitude personnelle, qui, dans les premiers temps de la société, étaient uniquement imposés aux femmes. « Pourquoi, disait-il, pourquoi Tom Rintherout, qu’à l’instigation de ma prudente sœur, et avec une prudence égale, j’avais consenti à prendre à l’essai, volait-il mes pommes, cassait-il mes verres, passait-il son temps à dénicher des oiseaux, et, en dernier lieu, avait-il volé mes lunettes, si ce n’est qu’il était possédé de cette haute ambition qui agite le cœur de ceux de notre sexe ? ambition qui l’a conduit en Flandre avec le fusil sur l’épaule, et qui, sans doute, lui fera gagner le glorieux ceinturon ou peut-être même la potence. Et pourquoi cette jeune fille, sa sœur légitime, Jenny Rintherout, poursuit-elle la même route d’un pas paisible et sûr, chaussée ou déchaussée, douce comme le pas d’un chat, et docile comme un épagneul ; pourquoi ? c’est qu’elle suit sa vocation. Que les femmes nous servent, sir Arthur, qu’elles nous servent, dis-je ; c’est la seule chose pour laquelle elles soient faites. Tous les anciens législateurs, depuis Lycurgue jusqu’à Mohammed, par corruption appelé Mahomet, sont d’accord pour les placer dans le rang subordonné qui leur convient, et ce sont les têtes folles de nos ancêtres chevaleresques qui érigèrent leurs Dulcinées en princesses tyranniques. »

Miss Wardour réclama hautement contre le peu de galanterie de cette doctrine ; mais la cloche sonna le dîner, et le vieux gentilhomme, lui offrant son bras, lui dit : « Qu’une si belle antagoniste me permette de remplir près d’elle tous les devoirs de la courtoisie. Je me rappelle, miss Wardour, que Mohammed, vulgairement appelé Mahomet, était embarrassé sur la manière d’appeler ses moslems ou musulmans à la prière. Il rejeta les cloches dont se servaient les chrétiens, et les trompettes qui étaient le signal des Guèbres ; il finit donc par adopter la voix humaine. J’ai éprouvé le même embarras pour faire annoncer mon dîner. Les gongs[11], maintenant en usage, me semblent une nouvelle invention toute païenne, et la voix de l’espèce femelle me déplaît également, comme aussi aigre que discordante ; c’est pourquoi, contrairement audit Mohammed ou Mahomet, j’ai repris le son de la cloche ; elle a une propriété locale, puisque c’était le signal du couvent pour annoncer le repas au réfectoire ; et elle a cet avantage sur la langue de Jenny, le premier ministre de ma sœur, que, quoiqu’un peu moins haute et perçante, elle cesse de résonner au moment où on abandonne le cordon, tandis que nous savons au contraire, par une triste expérience, que chercher à faire taire Jenny, c’est exciter miss Oldbuck et Marie Mac Intyre à élever la voix pour faire chorus en sa faveur. »

En finissant ce discours, il arriva à un parloir à manger que Lovel n’avait pas encore vu ; il était boisé, et contenait quelques peintures curieuses. La table était servie par Jenny ; mais une vieille surveillante, sorte de majordome femelle, se tenait auprès du buffet, et eut à endurer quelques réprimandes de M. Oldbuck, et quelques reproches moins directs, mais encore plus aigres de la part de sa sœur.

Le dîner était tel qu’on devait s’attendre à le trouver chez un antiquaire déclaré : on y trouvait plusieurs échantillons de mets écossais très savoureux, quoique bannis maintenant des tables où l’on se pique d’élégance. On y remarquait l’oie de Solan[12], au goût exquis, et dont l’odeur est si forte qu’on ne l’apprête jamais dans l’intérieur des maisons. Malheureusement elle était saignante ; ce qui fit qu’Oldbuck menaça presque de jeter l’oiseau aquatique à la tête de l’imprévoyante femme de charge qui, servant de prêtresse dans cette occasion, avait présenté l’offrande odoriférante. Mais, par bonheur, elle avait été plus heureuse dans le hotchpotch[13] qui fut à l’unanimité jugé incomparable. « Je pensais bien que nous réussirions là dedans, dit le vieil Oldbuck d’un air triomphant, car Davie Dibble, le jardinier, vieux garçon comme moi, a soin que ces diablesses de femmes ne déshonorent pas nos légumes. Voici du poisson à la sauce, et des têtes de merluches. Je conviens que nos femmes excellent dans ce plat ; il leur procure le plaisir de gronder pendant une demi-heure, au moins deux fois la semaine, la vieille Maggy Mucklebackit[14]. Je vous recommande, M. Lovel, le pâté de volaille fait d’après une recette que m’a laissée feu ma grand’mère d’heureuse mémoire ; et si vous voulez essayer un verre de ce vin, vous le trouverez digne de celui qui professe la maxime du roi Alphonse de Castille : Brûlez de vieux bois, lisez de vieux livres, buvez de vieux vin, et causez avec de vieux amis, sir Arthur ; et de jeunes aussi, monsieur Lovel.

— Et quelles nouvelles de votre voyage, Monkbarns ? dit sir Arthur. Comment va le monde dans la vieille enfumée[15] ?

— Le monde est fou, sir Arthur, fou sans ressources, et résisterait à tous les remèdes ordinaires, tels que bains de mer et doses d’ellébore[16]. La pire de toutes les folies, la folie militaire, s’est emparée des hommes, des femmes et des enfans.

— Et il est bien temps, je crois, dit miss Wardour, quand nous sommes menacés d’une invasion étrangère et d’une insurrection intérieure.

— Oh ! je me doutais bien que vous vous joindriez aux habits rouges[17] contre moi ; les femmes, comme les dindons, sont toujours éblouies par l’écarlate. Mais qu’en dit sir Arthur ?

— Je dis, monsieur Oldbuck, répliqua le chevalier, qu’autant que je suis capable d’en juger, nous devons résister cum toto corpore regni[18] (ainsi que va la phrase, si je n’ai pas tout-à-fait oublié mon latin) à un ennemi qui vient nous proposer une espèce de gouvernement whig, un système républicain, et qui est aidé et soutenu par la pire sorte de fanatiques que le pays ait dans son sein. J’ai pris quelques mesures, telles qu’il convenait à mon rang d’en adopter, et j’ai ordonné aux constables de saisir ce vieux coquin de mendiant, Édie Ochiltree, qui propage le mécontentement contre l’Église et l’État dans toute la paroisse. Il a dit clairement au vieux Caxon que le bonnet de Willie Howie cachait plus de sens que les trois perruques de la paroisse. Je pense qu’il est aisé de comprendre cela ; mais on apprendra à vivre à ce drôle.

— Oh ! non, mon cher monsieur, s’écria miss Wardour, non pas le vieil Édie que nous connaissons depuis si long-temps ; je vous assure que j’en voudrais beaucoup au constable qui exécuterait un pareil mandat.

— Voilà ce que c’est, dit l’Antiquaire. Vous, sir Arthur, qui êtes un si ferme tory, vous avez nourri dans votre sein un beau rejeton de whiggisme. Comment ! mais miss Wardour, à elle seule, suffirait pour contrôler tout une session. Une session ! que dis-je ! une assemblée générale encore. C’est une Boadicée, une Amazone, une Zénobie.

— Et cependant, avec tout mon courage, je suis bien aise d’apprendre que le pays se mette sous les armes.

— Sous les armes ! que le ciel ait pitié de vous ! Avez-vous jamais entendu raconter l’histoire de la sœur Marguerite, histoire conçue par une tête qui, bien que vieille et grise maintenant, renferme plus de sens et de saine politique que vous n’en trouverez de nos jours dans tout un synode ? Vous rappelez-vous le rêve de la nourrice, en cet excellent ouvrage, qu’elle raconte dans une si grande angoisse d’esprit à Hubble-Bubble ? lorsque dans sa vision elle voulait saisir un morceau de drap, il se faisait une détonation comme celle d’une pièce de canon ; et lorsqu’elle étendait la main pour saisir un fuseau, il devenait un pistolet braqué sur sa figure. Il m’est arrivé à peu près la même chose à Édimbourg. J’allai consulter mon avocat, il était en uniforme de dragons, avec le ceinturon et le casque, prêt à monter sur son cheval que son clerc, vêtu en tirailleur, promenait en long et en large devant la porte. Je passai chez mon agent d’affaires, pour le gronder de m’avoir envoyé consulter un tel fou ; mais il avait placé sur sa tête la plume que, dans les jours où il était le plus sage, il se contentait d’avoir à la main, et figurait comme officier d’artillerie. Mon mercier, tenant à la main des baguettes de tambour, s’en servait, au lieu de son aune, pour mesurer sa marchandise. Le commis du banquier, chargé de vérifier mes comptes de caisse, se trompa trois fois, ayant la tête troublée par le souvenir du commandement militaire de l’exercice du matin. Je fus malade, et l’on appela un chirurgien ;

 
« Il vint, mais son regard brillait d’un tel courage,
Et son glaive au côté frappait d’un tel éclat,
Qu’on eût dit qu’il venait pour un assassinat,
Et non pour me guérir en son docte message. »


J’eus recours à un médecin ; mais lui aussi exerçait un genre d’homicide plus général que celui auquel on est convenu de tout temps que sa profession l’autorisait ; et maintenant, depuis mon retour ici, je me suis aperçu que cette humeur belliqueuse avait gagné nos sages voisins de Fairport. Un canard sauvage blessé ne déteste pas plus que moi un fusil, un quaker ne hait pas plus le son du tambour ; et les voilà sur la place de la ville qui ne cessent de tambouriner, de tirer, si bien que chaque décharge et roulement de tambour vient ici me pénétrer jusqu’au fond de l’âme.

— Mon cher frère, ne parlez pas ainsi des gentilshommes volontaires ; ils ont le plus joli uniforme ! Hélas ! ils ont été deux fois mouillés jusqu’aux os la semaine dernière. Je les ai rencontrés marchant dans un triste équipage, et il y eut plus d’un rhume gagné ce jour-là. Je pense que la peine qu’ils se donnent mérite bien notre reconnaissance.

— Aussi mon oncle leur a-t-il envoyé vingt guinées pour les aider dans leurs frais d’équipement.

— C’était pour acheter du jus de réglisse et du sucre candi, dit le cynique, afin d’encourager le commerce de cette ville, et de rafraîchir le gosier des officiers qui s’étaient enroués au service de leur pays.

— Prenez garde, Monkbarns, nous finirons bientôt par vous compter parmi les Black-nebs ou becs noirs.

— Non, sir Arthur, je ne suis qu’un paisible frondeur, et ne réclame que le privilège de coasser ici, dans mon coin, sans joindre ma voix au grand chœur des grenouilles. Ni quito rey, ni pungo rey, je ne me mêle de faire ni de défaire les rois, comme dit Sancho Pança, mais je me contente de prier sincèrement pour notre propre souverain, de payer ma quote-part de l’impôt, et de maudire quelquefois le receveur des taxes. Mais voici le fromage de lait de brebis qui arrive fort à propos ; c’est un meilleur digestif que la politique. »

Quand le dîner fut fini, et que les carafons de vin eurent été mis sur la table, M. Oldbuck proposa une rasade à la santé du roi ; elle fut acceptée avec empressement par Lovel et le baronnet, dont le jacobitisme n’était plus qu’une sorte d’opinion imaginaire, l’ombre d’une ombre.

Après que les dames se furent retirées, le maître de la maison et sir Arthur s’enfoncèrent dans plusieurs discussions savantes, auxquelles le jeune homme, soit à cause de l’érudition abstraite où ils se plongeaient, soit par tout autre motif, ne participa que faiblement : jusqu’à ce qu’enfin il fut soudainement réveillé de la profonde rêverie où il s’était livré par un appel fait à son jugement.

« Je m’en rapporterai à M. Lovel, il est né dans le nord de l’Angleterre, et connaît peut-être cet endroit. »

Sir Arthur dit qu’il croyait peu probable qu’un aussi jeune homme eût fait beaucoup d’attention à une chose de ce genre.

« Je ne suis pas de cet avis, répondit Oldbuck ; qu’en dites-vous, M. Lovel ? Parlez pour votre honneur, jeune homme. »

Lovel fut alors obligé d’avouer qu’il était dans la situation ridicule de quelqu’un qui ignorait également le sujet de la conversation et celui de la dispute qui occupait la compagnie depuis une heure.

« Que le ciel ait pitié du pauvre garçon ! Sa tête a battu la campagne ; je me doutais qu’il en serait ainsi dès que les femmes seraient admises parmi nous, et qu’il n’y aurait pas moyen d’obtenir un mot de bon sens du jeune homme, même plus de six heures après. Écoutez-moi donc : Il y eut jadis un peuple qu’on nommait les Piks.

— Ou plutôt les Pictes, reprit le baronnet.

— Je dis les Piks, Pikars, Pihar, Piochtar, Piagther, ou Peughtar, s’écria Oldbuck ; ils parlaient le dialecte gothique.

— Le vrai celtique, reprit de nouveau le baronnet.

— Le gothique ; je veux mourir si ce n’était pas le gothique, rétorqua l’écuyer.

— Mais il me semble, messieurs, dit Lovel, que c’est un point qui peut être aisément éclairci par les philologues, s’il y a quelques restes de ces langues.

— Il n’y a qu’un seul mot, dit le baronnet ; mais, malgré toute la persistance de M. Oldbuck, il décide la question.

— Oui, en ma faveur, ajouta Oldbuck ; M. Lovel en jugera. Ici j’ai le savant Pinkerton de mon côté.

— Et moi, du mien, l’érudit et infatigable Chalmers.

— Gordon tient pour mon opinion.

— Sir Robert Sibbald est pour la mienne.

— Innes le croit avec moi, vociféra Oldbuck.

— Ritson n’en fait aucun doute, s’écria le baronnet,

— Vraiment, messieurs, dit Lovel, avant de rassembler vos forces et de m’accabler de toutes ces autorités, je serais bien aise de connaître le mot qui fait le sujet de la dispute.

Benval, dirent à la fois les deux antagonistes.

— Qui signifie caput valli, ajouta sir Arthur.

— La tête du mur, dit Oldbuck. »

Il y eut un moment de pause. « Voilà une base qui me paraît un peu faible pour y fonder une hypothèse, fit observer leur jeune arbitre.

— Nullement, nullement, dit Oldbuck. Les hommes ne combattent que mieux dans un cercle étroit. La grandeur du terrain ne fait rien à une lutte de ce genre.

— Il est décidément celtique, dit le baronnet ; il n’y a pas une montagne dans les hautes terres qui ne commence par Ben.

— Mais que dites-vous de val, sir Arthur, n’est-ce pas bien clairement le mot saxon wall ?

— C’est le mot romain vallum, dit sir Arthur ; les Pictes ont emprunté cette partie du mot.

— Non pas : s’ils avaient emprunté quelque chose, ce serait votre Ben qu’ils auraient pu prendre à leurs voisins les Bretons de Strath-Cluyd[19].

— Il fallait que les Piks, ou Pictes, dit Lovel, eussent un dialecte singulièrement pauvre, puisque dans le dernier mot qui reste de leur vocabulaire, mot qui n’est composé que de deux syllabes, ils ont été évidemment obligés d’en emprunter une à un autre idiome ; et il me semble, messieurs, avec tout le respect que je vous dois, que cette discussion n’est pas très différente du combat de ces deux chevaliers qui se battirent au sujet d’un bouclier dont un côté était noir et l’autre blanc. Chacun de vous réclame une moitié du mot, et semble abandonner l’autre. Mais ce qui me frappe le plus, c’est la pauvreté d’une langue qui n’a laissé après elle que d’aussi faibles traces.

— Vous êtes dans l’erreur, dit sir Arthur, c’était une langue riche, et c’était un peuple grand et puissant, qui bâtit deux églises, l’une à Brechin, l’autre à Abernethy[20]. Les filles du sang royal des Pictes étaient élevées dans le château d Édimbourg, appelé à cause de cela, Castrum puellarum[21].

— Tout ceci n’est qu’une puérile légende, dit Oldbuck, inventée pour donner de l’importance à de sottes femelles. On l’appela le château Vierge, quasi lucus a non lucendo[22], parce qu’il avait résisté à toutes les attaques, ce que les femmes ne font jamais.

— Il y a une liste des rois pictes, dit avec insistance sir Arthur, de laquelle on ne révoque pas en doute l’authenticité, à compter de Crentheminachryme, dont le règne est un peu incertain, jusqu’à Drusterstone, dont la mort a terminé la dynastie. La moitié de ces noms commence par le Mac celtique patronymique ; Mac, c’est-à-dire filius. Que dites-vous à cela, monsieur Oldbuck ? Il y a Drust Macmorachin, Trynel Maclachlin, le premier de cet ancien clan, suivant toute probabilité, et Gormach Macdonald, Alpin Macmetegus, Drust Mactallargam (ici il fut interrompu par une quinte de toux) : hem ! hem ! hem ! Golarge Macchan… hem ! hem ! Macchanam… hem ! Macchananail, Kenneth, hem ! Macferedith ; Eachan Macfungus, et vingt autres noms ; tous évidemment celtiques, que je vous citerais si cette maudite toux voulait me le permettre.

— Buvez un verre de vin, sir Arthur, pour faire couler ce catalogue de noms barbares qui étrangleraient le diable ; le dernier de ces noms est le seul qui soit intelligible ; ils sont tous de la tribu de Mac Fungus, race de monarques qui ont poussé comme des champignons, et qui n’est que le produit du cerveau fêlé de quelque barde écossais[23], née des vapeurs de la vanité et de la folie, non peut-être sans quelque mélange d’artifice.

— Je suis étonné de vous entendre parler ainsi, monsieur Oldbuck ; vous savez ou devez savoir que la liste de ces souverains a été copiée par Henri Maule de Melgum, d’après les chroniques de Lochleven et de Saint-André, et donnée par lui dans sa courte mais satisfaisante Histoire des Pictes, imprimée par Robert Freebairn, d’Édimbourg, et vendue par lui en sa boutique, dans l’enclos du parlement, l’an de grâce 1705 ou 1706 ; car je n’en suis pas positivement sûr : mais j’en ai un exemplaire chez moi, à côté de mon exemplaire in-12 des Actes écossais, et qui tient fort bien son rang sur mes tablettes, auprès de ce dernier. Qu’avez-vous à dire à cela, monsieur Oldbuck ?

— J’ai à dire que je me moque de Henri Maule et de son Histoire, répondit Oldbuck, et j’accède ainsi à votre demande en le traitant comme il le mérite.

— Ne vous moquez pas de ce qui vaut mieux que vous, dit sir Arthur un peu dédaigneusement.

— C’est ce que je ne crois pas faire, en me moquant de lui ou de son Histoire.

— Henri Maule de Melgum était un gentilhomme, monsieur Monkbarns.

— Je présume que ce n’est pas en cela qu’il avait l’avantage sur moi, répliqua l’Antiquaire un peu aigrement.

— Permettez-moi, monsieur Oldbuck, c’était un gentilhomme d’une haute famille, d’une ancienne origine, et c’est pourquoi…

— Le descendant d’un imprimeur de Westphalie ne doit parler de lui qu’avec égard : telle peut être votre opinion, sir Arthur, mais ce n’est pas la mienne. Je suis d’avis que l’origine que je tiens de ce laborieux et industrieux typographe Wolfbrand Oldenbuck, qui, au mois de décembre 1493, sous le patronage de Sebaldus Scheyter et de Sébastien Kammermaister, comme nous l’apprend l’index, acheva l’impression de la Chronique de Nuremberg ; je suis d’avis, dis-je, que cette origine est plus honorable pour moi, comme homme de lettres, que si je comptais dans ma généalogie tous les vieux barons gothiques, à grosses têtes et à poings ferrés, qui datent du temps de Crentheminachryme, et dont aucun, je gage, ne pouvait écrire son nom.

— Si cette observation est une raillerie relative à mes ancêtres, dit le baronnet en prenant un ton de supériorité et de noble mépris, je suis charmé de vous apprendre que le nom d’un de mes aïeux, Gamelyn de Guardover-Miles, est nettement écrit de sa propre main sur la plus ancienne copie de la déclaration de Ragman.

— Ce qui ne sert qu’à prouver qu’il fut un des premiers à donner l’exemple d’une basse soumission à Édouard Ier. Qu’avez-vous à dire en faveur de la loyauté sans tache de votre famille, sir Arthur, après une telle trahison ?

— C’est assez, monsieur ! dit sir Arthur en se levant fièrement et repoussant son siège ; il s’écoulera du temps avant que j’honore de ma compagnie quelqu’un qui répond si mal à mes condescendances.

— En cela vous ferez ce qui vous conviendra davantage, sir Arthur ; mais j’espère que, comme je ne sentais pas toute l’étendue de l’obligation que je vous avais en entrant dans mon humble maison, vous me trouverez excusable de n’avoir pas porté la reconnaissance jusqu’à la servilité.

— C’est bien, très bien, monsieur Oldbuck, je vous souhaite le bonsoir. — Monsieur Lovel, je vous souhaite le bonsoir.

Et sir Arthur, courroucé, s’élança hors du parloir, comme s’il eût été enflammé de l’esprit des chevaliers de la Table ronde, et il traversa à grands pas le dédale de passages qui conduisaient au salon.

— Avez-vous jamais vu une vieille tête aussi sotte[24] ? dit Oldbuck apostrophant brusquement Lovel ; mais il ne faut pas que je le laisse partir de cette folle manière. »

Ainsi disant, il courut après le baronnet, dont il suivit la trace, au bruit des portes qu’il ouvrait et refermait avec violence en cherchant celle qui devait le conduire au salon. « Vous vous ferez du mal, cria l’Antiquaire : Qui ambulat in tenebris nescit quo vadit[25] ; vous tomberez dans l’escalier. »

Sir Arthur était arrivé au milieu de ténèbres, dont l’effet calmant est bien connu des bonnes et des gouvernantes qui ont à surveiller des enfans mutins. Mais si l’obscurité ne calma pas la colère du baronnet, elle retarda du moins son pas, et M. Oldbuck, qui connaissait mieux que lui le local, le rattrapa comme il mettait la main sur le bouton de la porte du salon.

— Arrêtez une minute, sir Arthur, dit Oldbuck s’opposant à sa brusque entrée ; ne soyez pas si vif, mon vieil ami. J’avoue que j’ai manqué de civilité envers vous à propos de sir Gamelyn, et pourtant c’est une de mes vieilles connaissances, un de mes favoris même. Il fut le compagnon de Bruce et de Wallace ; et je jurerais, sur une bible gothique, qu’il n’a signé l’acte en question que dans la louable et légitime intention de circonvenir le traître anglais. C’était une véritable ruse écossaise, mon bon chevalier ; allons, allons, oubli et pardon. Convenez que nous avons donné à ce jeune homme le droit de nous regarder comme deux vieux fous.

— Parlez pour vous, monsieur Jonathan Oldbuck, dit sir Arthur avec majesté.

— Soit… il faut laisser faire les entêtés. »

La porte s’ouvrit, et l’imposant sir Arthur entra dans le salon avec une figure qui paraissait encore plus longue et plus maigre qu’à l’ordinaire. M. Oldbuck et Lovel le suivaient : tous trois avaient l’air un peu troublés.

« Je vous attendais. monsieur, dit miss Wardour, pour vous proposer d’aller, en nous promenant, au devant de la voiture ; la soirée est si belle ! »

Sir Arthur s’empressa de consentir à cette proposition, qui convenait si bien à l’irritation d’esprit où il était : et, suivant la coutume ordinaire dans les bouderies, ayant refusé le café et le thé qu’on lui offrait, il prit sa fille sous le bras, et après avoir salué les dames avec cérémonie, et fort sèchement Oldbruck, il partit.

« Il me semble que sir Arthur est encore dans son humeur noire[26], dit miss Oldbuck.

— Que le diable soit de son humeur noire ! il est plus absurde qu’une femme. Qu’en dites-vous, Lovel ? Comment diable ! le jeune homme est parti aussi.

— Il a pris congé, mon oncle, pendant que miss Wardour s’ajustait pour partir ; mais je ne crois pas que vous l’ayez remarqué.

— Diable soit des gens ! voilà tout ce qu’on retire des soins, de l’embarras et de la peine qu’on se donne pour les recevoir à dîner, sans compter encore la dépense. Ô Seged, empereur d’Éthiopie ! dit-il en tenant d’une main sa tasse de thé, et de l’autre un volume du Rôdeur (car c’était régulièrement son habitude de lire, quand il buvait et mangeait en présence de sa sœur, comme témoignant, par cette coutume, son mépris pour la société des femmes, et sa résolution de mettre tous ses momens à profit pour son instruction). Ô Seged, empereur d’Éthiopie ! tu parlais avec sagesse… Quel est celui de nous qui peut dire : Ce jour s’écoulera dans le bonheur ? »

Oldbuck continua ses études, pendant près d’une heure, sans être interrompu par les dames, qui, toutes deux dans un profond silence, s’occupaient de quelque ouvrage de leur sexe. À la fin, on entendit frapper à la porte du parloir un coup léger et modeste. « Est-ce vous, Caxon ? entrez, entrez, bon homme. »

Le vieillard ouvrit la porte, et ne montrant à travers que sa maigre figure, sur laquelle tombaient quelques cheveux gris, et une seule manche de son habit blanchâtre, il dit d’un ton bas et mystérieux : « J’aurais voulu vous parler, monsieur.

— Entre donc, vieil imbécile ! et dis ce que tu as à dire.

— Je ne voudrais pas effrayer ces dames, dit l’ex-friseur.

— Effrayer ! répondit l’Antiquaire ; que voulez-vous dire ? Ne vous inquiétez pas des dames, avez-vous vu encore un revenant à Humlock-Knowe ?

— Non, non, monsieur, ce n’est pas un revenant cette fois ; mais je n’ai pas l’esprit tranquille.

— As-tu jamais vu quelqu’un qui le fût ? répondit Oldbuck ; et de quel droit un vieux misérable faiseur de perruques comme toi aurait-il l’esprit plus tranquille que le reste du genre humain ?

— Ce n’est pas pour moi que je crains, monsieur ; mais la nuit menace d’être terrible ; et sir Arthur et miss Wardour, la pauvre enfant…

— Eh bien ! ils doivent avoir rencontré leur voiture au commencement de l’avenue, et sont sans doute chez eux depuis long-temps.

— Non, monsieur, ils n’ont pas pris la grande route pour aller au devant de la voiture. Ils sont allés par les sables. »

Ce mot fit sur Oldbuck l’effet de l’électricité. « Les sables ! s’écria-t-il, ce n’est pas possible ! »

— Hélas ! monsieur, c’est ce que je disais au jardinier ; mais il m’a assuré qu’il les avait vus tourner par le Mussel-Craig. Ma foi, lui ai-je dit, s’il en est ainsi, Davie, je crains que…

— Un almanach ! un almanach ! s’écria Oldbuck se levant fort alarmé : non, pas celui-ci, dit-il en repoussant un petit almanach de poche que sa nièce lui présentait. Grand Dieu ! pauvre chère miss Isabelle ! Cherchez-moi à l’instant l’almanach de Fairport. » Il fut apporté, consulté, et ajouta grandement à son agitation. « J’irai moi-même ; appelez le jardinier et le valet de ferme, qu’ils portent des cordages et des échelles ; dites-leur d’amener de l’aide avec eux ; qu’ils montent et suivent les rochers, et qu’ils les avertissent par leurs cris ; j’y cours moi-même.

— Mais que se passe-t-il donc ? s’écrièrent à la fois miss Oldbuck et miss Mac Intyre.

— La marée ! la marée ! répondit l’Antiquaire effrayé.

— Si nous envoyions Jenny chez Saunders Mucklebackit, lui dire de mettre son bateau en mer ; mais non, je vais y courir moi-même, dit vivement la jeune personne qui partageait tout l’effroi de son oncle.

— Très bien, ma chère, c’est la chose la plus raisonnable qui ait encore été dite ; hâtez-vous d’y courir. — Aller par les sables ! dit-il en prenant sa canne et son chapeau ; a-t-on jamais entendu parler d’une telle extravagance ? »


  1. Jeu de mots qui n’en est un qu’en anglais. Wodensday signifie de Voden, et wednesday, mercredi. a. m.
  2. Symposium, du grec σὺν, avec, et πόσις, boisson, veut dire proprement banquet. C’est le titre d’un livre de Xénophon. a. m.
  3. Clogdogdo, expression intraduisible en français. Clog veut dire embarras ; dog, un chien ou un rusé ; et do, faire. a. m.
  4. Tilley-Valley, Mr. Lovel, which by the way one commentator derives from Tittivillitium, and another from Valley ho, dit le texte ; ce qui signifie : « Tilley valley, monsieur Lovel ; mot que, pour le dire en passant, un commentateur dérive de tittivillitium, et un autre de valley ho. » Tilley-valley est une vieille exclamation britannique que nous rendrions par sornettes ! trêve à cela ! c’est peut-être une corruption de nos mots de chasse taïaut et vallecy. a. m.
  5. Old name of Grizzel, le vieux nom de Grizzel, dit le texte. Si c’était Grizzle, on aurait grison. a. m.
  6. Molly, mot écossais, équivalent affectueux de Marie. a. m.
  7. Twelfth Night, drame de Shakspeare. a. m.
  8. Ceci fait allusion à une défense de Charles II aux cabaretiers, restaurateurs et autres, de préparer à dîner le vendredi d’une manière splendide, et surtout avec de la viande ; défense qui avait déjà existé avant la réforme. a. m.
  9. Oldbuck joue ici sur le moi écarlate, que nous conservons au lieu de scarlatine, et fait allusion aux habits rouges, dont la mode devenait universelle dans la Grande-Bretagne, à l’instar des habits militaires. a. m.
  10. Davie Lindsay, autour de la plus ancienne pièce écossaise ; Dibdin, auteur contemporain d’Oldbuck. a. m.
  11. Les loos chinois, instrumens de cuivre sur lesquels on frappe avec une baguette qui leur fait rendre un son faible d’abord, mais de plus en plus considérable. a. m.
  12. Ce palmipède abonde sur les rives de la Forth, en Écosse, particulièrement vers son embouchure, et il devient une sorte de manne pour la classe indigente. a. m.
  13. Espèce de soupe écossaise, faite de côtelettes de mouton et d’une grande quantité de petits pois. a. m.
  14. Maggy diminutif de Marguerite. — Mucklebackit, grand seau ou cuve où l’on blanchit le linge. a. m.
  15. C’est la traduction d’Auld Reekie, nom écossais d’Édimbourg. a. m.
  16. Dipping in the sea, shaving the crown, drinking hellebore, ce qui veut dire : on aurait beau le plonger dans la mer, lui raser la tête, ou lui donner de l’ellébore, aucun remède ne pourrait le guérir. a. m.
  17. Couleur de l’uniforme des troupes anglaises. a. m.
  18. Avec tout le corps du royaume. a. m.
  19. Ben, mot celtique signifiant haut ; on l’applique en Écosse aux montagnes les plus élevées comme Ben-Nevis, Ben-Lhomond, etc. Strath veut dire vallée et Cluyd est le vieux nom de la rivière de la Clyde. a. m.
  20. Dans le comté d’Angus, en Écosse. a. m.
  21. Camp des filles, comme en France mons puellarum, mont des filles, ou Montpellier. a. m.
  22. Comme un bois était désigné par le mot lucus, parce qu’il n’y a pas de clarté ; lux, lucis. a. m.
  23. Seannachie, dit le texte ; mot écossais appliqué à un barde qui chantait la généalogie de telle ou telle famille. a. m.
  24. Old tup headed ass, dit le texte ; ce qu’on pourrait traduire littéralement par « un vieil âne à grosse tête de mouton ou de bélier. » a. m.
  25. Celui qui marche dans les ténèbres ne sait où il va. a. m.
  26. Has got the black dog on his back again, dit le texte ; proverbe écossais dont le mot à mot est il a encore le chien noir sur son dos, et qui a pour équivalent chez nous il boude. a. m.