L’Encyclopédie/1re édition/ANTHOLOGIE (complément)

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ANTHOLOGIE, (Littérat.) l’Anthologie manuscrite de la bibliotheque du roi de France, dont on parle dans le Dictionnaire, est un morceau précieux. Saumaise en trouva l’original dans la bibliotheque de Heidelberg. On ne sait comment François Guyet, mort en 1655, âgé de 80 ans, en a eu copie : quoiqu’il en soit, il en laissa une qui tomba après sa mort entre les mains de M. Ménage. Celui-ci étant mort en 1682, laissa ses manuscrits à une personne qui demeuroit chez lui depuis long-tems ; cette personne chercha bien-tôt à s’en défaire. Feu M. Bignon, premier président du grand-conseil, en acheta la plus grande partie, & M. l’abbé de Louvois ayant entendu parler de l’Anthologie pour laquelle M. Rostgaard gentilhomme danois, avoit déjà offert de l’argent, il l’acheta, & en enrichit la bibliotheque du roi. C’est un in-folio en papier de soixante feuillets fort bien écrit, de la main même de Guyet, qui a joint au texte un grand nombre de corrections & de restitutions, avec d’autres notes pour l’intelligence du texte. Le recueil est de plus de sept cens épigrammes ; le tout fait environ trois mille vers : il est divisé en cinq parties.

M. Boivin nous a donné dans les Mémoires de l’académie des Inscriptions, tome II. une liste alphabétique des poëtes auxquels les épigrammes sont attribuées. Cette liste est d’environ six vingt auteurs, parmi lesquels il y en a pour le moins trente dont nous n’avons rien dans l’Anthologie imprimée ; & à ce sujet pour nous faire connoître par quelque échantillon ce manuscrit précieux, il en donne trois épigrammes choisies avec des traductions en latin & en françois, indépendamment de plusieurs remarques savantes sur ces trois épigrammes. (D. J.)