L’Encyclopédie/1re édition/BENEDICTINS

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Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 2p. 201-202).
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BENEDICTINS, s. m. pl. (Hist. ecclés.) moines ainsi nommés de S. Benoît, Benedictus, dont ils suivent la regle.

C’est aux Bénédictins proprement que convient le nom de moines, monachi ; & les plus éclairés d’entre eux, tels que les PP. Mabillon, Martenne, Ruinard, &c. s’en sont fait honneur à la tête de leurs ouvrages ; celui de religieux convenant plus particulierement aux autres ordres & congrégations. V. Moines & Religieux.

Dans le droit canon les Bénédictins sont appellés moines noirs à cause de la couleur de leur habit, par opposition à celle des ordres blancs. Ils n’étoient connus autrefois en Angleterre que sous ce nom. Cet habit est composé d’une robbe & d’un scapulaire noirs, avec un petit capuce de même couleur, qu’ils portent dans l’intérieur de leur maison & en voyage. Au chœur & lorsqu’ils vont en ville, ils mettent par-dessus une ample chappe de serge noire à grandes manches, avec un capuchon qui se termine en pointe.

L’ordre de Saint-Benoit a été florissant dès sa naissance. Il subsiste depuis plus de treize cens ans avec un éclat qui a été rarement obscurci ; également distingué par les sciences & par la piété, il a été l’asyle des lettres dans les siecles où il sembloit qu’elles n’en dussent avoir aucun, & a donné à l’Eglise un très grand nombre de saints, de souverains pontifes, de cardinaux, patriarches, archevêques, évêques, &c.

Les réformes qu’y ont introduit en divers tems plusieurs personnages éminens en sainteté, l’ont partagé en plusieurs branches ou congrégations. Saint Odon, abbé de Cluny, commença la réforme de cet ordre vers l’an 940, & de là est venu l’ordre ou la congrégation de Cluny. Celle de Sainte Justine de Padoue & du Mont-Cassin, s’est établie en Italie en 1408, & s’est renouvellée en 1504. Celle de Saint Maur en France a commencé en 1621, & s’est depuis soûtenue avec beaucoup de gloire : elle a produit ces hommes dont les noms ne périront jamais dans la république des lettres, qui nous ont donné d’excellentes éditions de presque tous les PP. de l’Eglise, & beaucoup d’autres qui se distinguent encore par leur vertu & leurs lumieres. La réforme de Saint Vanne & de Saint Hydulphe, établie en Lorraine en 1600, s’est aussi rendue célebre par les savans ouvrages qui en sont sortis ; tels que ceux de dom Calmet & de dom Remi Ceillier.

L’ordre de Saint-Benoît a été la tige de plusieurs autres, dont les plus considérables sont ceux de Camaldoli, de Valombreuse, des Chartreux, de Cîteaux, de Grammont, des Célestins, &c. qui ont rendu de grands services à la religion, ou par leur doctrine, ou par l’édification de leur vie, & qui suivent tous pour le fond la regle de S. Benoit. Voyez Camaldules, Chartreux, Cîteaux, &c.

Il y a aussi des religieuses appellées Bénédictines, dont on attribue l’institution à sainte Scholastique, sœur de S. Benoît : elles suivent la regle de ce patriarche des moines d’Occident. (G)