L’Encyclopédie/1re édition/GUIRLANDE

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GUIRLANDE, s. f. ornement pour la tête, fait en forme de couronne. Voyez Couronne.

On fait des guirlandes de fleurs, de plumes, & même de pierreries. Janus passoit dans l’antiquité pour l’inventeur des guirlandes. Athenée, Dipnos. lib. XV.

On donne encore le nom de guirlande à un ornement composé de fleurs, de fruits, & de feuilles entre-mêlées ensemble, que l’on suspendoit anciennement aux portes des temples, où l’on célébroit quelque fête. On en mettoit aussi dans tous les endroits où l’on vouloit donner des marques de réjouissance publique, comme aux arcs-de-triomphe, &c. Voyez Feston. On en couronnoit la tête des victimes aux sacrifices des Payens. S. Paulin dans son poëme sur S. Felix, parle des guirlandes & des couronnes de fleurs dont on décoroit la porte de l’église & le tombeau de ce saint.

Les Italiens ont des décorateurs qu’ils appellent festaroli, qui font des festons, des guirlandes & autres ornemens pour les fêtes. Chambers.

Les guirlandes servent dans l’Architecture, & sont composées de petits festons, formés de bouquets d’une même grosseur, dont on fait des chûtes dans les ravalemens de pilastre, & dans les frises & panneaux de compartiment.

Guirlandes, dans la Marine, sont de grosses pieces de bois courbes, ou à fausse équerre, qu’on place à différentes hauteurs du vaisseau ; de façon qu’elles croisent à angle droit l’étrave & les alonges d’écubiers, étant solidement attachées à toutes ces pieces par des clous & des chevilles, qu’on frappe par le dehors du vaisseau ; de sorte qu’elles percent les bordages, les alonges d’écubiers, & toute l’épaisseur des guirlandes, & sont clavetées sur virole en-dedans. Voyez, Planche IV. de Marine, fig. 1. les guirlandes, cotées 36.

On en met ordinairement quatre ou cinq au fond de cale, depuis le bout de la carlingue jusqu’au premier pont, dont les bordages reposent dans une rablure pratiquée sur celle qui est la plus élevée. Entre le premier & le second pont on en met deux ; une immédiatement sous les écubiers, & l’autre sous le second pont, sur laquelle repose quelquefois le mât de beaupré, & aboutissent les bordages de ce pont. Voyez la figure citée ci-dessus.

La partie convexe des guirlandes se gabarie convenablement pour la place où on se propose de la mettre, c’est-à-dire qu’on lui fait prendre exactement la figure que le vaisseau a intérieurement en-avant, à la hauteur où doit être placée la guirlande ; ce qui fait que les branches des guirlandes font un angle d’autant plus ouvert, qu’elles sont plus élevées au-dessus de la quille, & que celles d’en-bas sont figurées presque comme les fourcats.

Il n’est pas nécessaire que la partie concave des guirlandes ait une forme réguliere ; les constructeurs laissent quelquefois à leur collet toute l’épaisseur que ces pieces peuvent porter. (Z)