L’Encyclopédie/1re édition/POINT

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POINT, s. m. (Gramm.) ce mot vient du verbe poindre, qui signifie piquer ; & il conserve quelque chose de cette signification primitive dans tous les sens qu’on y a attachés. On dit le point ou la pointe du jour pour en marquer le premier commencement, parce que le commencement frappe les yeux comme une pointe, ou qu’il est à l’égard du jour entier, ce que le point est à l’égard de la ligne. L’extrémité d’une ligne s’appelle point, parce que si la ligne étoit d’une matiere inflexible, son extrémité pourroit servir à poindre. Un point de côté cause une douleur semblable à celle d’une piquure violente & continue, &c.

En Grammaire, c’est une petite marque qui se fait avec la pointe de la plume posée sur le papier comme pour le piquer. On se sert de cette marque à bien des usages.

1°. On termine par un point toute la proposition dont le sens est entierement absolu & indépendant de la proposition suivante ; & il y a pour cela trois sortes de points : le point simple, qui termine une proposition purement expositive ; le point interrogatif, ou d’interrogation, qui termine une proposition interrogative, & qui se marque ainsi ? ; enfin le point admiratif, ou d’admiration, que l’on nomme encore exclamatif ou d’exclamation, & que j’aimerois mieux nommer point pathétique, parce qu’il se met à la fin de toutes les propositions pathétiques ou qui énoncent avec le mouvement de quelque passion ; il se figure ainsi !.

2°. On se sert de deux points posés verticalement, ou d’un point sur une virgule, à la fin d’une proposition expositive, dont le sens grammatical est complet & fini ; mais qui a avec la proposition suivante une liaison logique & nécessaire. Pour ce qui regarde le choix de ces deux ponctuations & l’usage des deux points dont on vient de parler. Voyez Ponctuation.

3°. On met deux points horisontalement au-dessus d’une voyelle, pour indiquer qu’il faut la prononcer séparément d’une autre voyelle qui la précede, avec laquelle on pourroit croire qu’elle seroit une diphtongue, si l’on n’en étoit averti par cette marque qui s’appelle diérèse, comme dans Saül, qui sans la diérëse, pourroit se prononcer Saul, comme nous prononçons Paul. J’ai exposé en parlant de la Lettre I, l’usage de la diérese, & j’y ai dit qu’un second usage de ce signe est d’indiquer que la voyelle précédente n’est point muette comme elle a coutume de l’être en pareille position, & qu’elle doit se faire entendre avant celle où l’on met les deux points ; qu’ainsi il faut écrire aiguïlle, contiguïté, afin que l’on prononce ces mots autrement que les mots anguille, guidé, où l’u est muet. Mais c’est de ma part une correction abusive à l’orthographe ordinaire : si l’on écrit aiguïlle comme contiguïté, on prononcera l’un comme l’autre, ou en divisant la diphtongue ui du premier de ces mots, ou en l’introduisant mal-à-propos dans le second. Il faut donc écrire contiguïté, ambiguë, à la bonne heure ; l’u n’y est point muet, & cependant il n’y a pas diphtongue : mais je crois maintenant qu’il vaut mieux écrire aigüille, Güise (ville) ; en mettant la diérèse sur l’u, elle servira à marquer sans équivoque que l’u n’est point muet comme dans anguille, guise (fantaisie), & n’empêchera point qu’on ne prononce la diphtongue, parce qu’elle ne sera pas sur la seconde voyelle. Cujusvis hominis est errare, nullius nisi insipientis in errore perseverare. Cic. Philipp. XII. 2.

4°. On dispose quelquefois quatre points horisontalement dans le corps de la ligne, pour indiquer la suppression, soit du reste d’un discours commencé, & qu’on n’acheve pas par pudeur, par modération, ou par quelqu’autre motif, soit d’une partie d’un texte que l’on cite, ou d’un discours que l’on rapporte. Quos ego.... sed motos præstat componere fluctus. Virg. Æn. I. 139.

5°. Enfin la crainte qu’on ne confondît l’i écrit avec un jambage d’u, a introduit l’usage de mettre un point au-dessus : c’est une inutilité qu’on ne doit pourtant pas abandonner, puisqu’elle est consacrée par l’usage.

Les Hébraïsans connoissent une autre espece de point qu’ils appellent points-voyelles, parce que ce sont en effet des points ou de très-petits traits de plume qui tiennent lieu de voyelles dans les livres hébraïques. On connoît l’ancienne maniere d’écrire des Hébreux, des Chaldéens, des Syriens, des Samaritains, qui ne peignoient guere que les consonnes, parce que l’usage très-connu de leur langue fixoit chez eux les principes de la lecture de maniere à ne s’y pas méprendre. Depuis que ces langues ont cessé d’être vivantes, on a cherché à en fixer ou à en revivifier la prononciation, & l’on a imaginé les points-voyelles pour indiquer les sons dont les consonnes écrites marquoient l’explosion. Ainsi le mot דבר, dbr, se prononce de différentes manieres & à des sens différens, selon la différence des points que l’on ajoute aux consonnes dont il est composé : דָבָר, dābār signifie chose & parole ; דֶבֶר, dĕbĕr, signifie peste, ruine ; דֹבֵר, dōbĕr, veut dire bercail, &c. Avant l’invention des points-voyelles, l’usage, la construction, le sens total de la phrase, la suite de tout le discours, servoient à fixer le sens & la prononciation des mots écrits.

Il y a trois classes différentes de points-voyelles, cinq longs, cinq brefs, & quatre très-biefs. Les cinq longs sont appellés :

Kamets, ou â long, comme בָ,  ;
Tseré, ou ê long, comme בֵ,  ;
Chirik long, ou î long, comme בִי,  ;
Kholem, ou ô long, comme בֹו,  ;
Schourek, qui est ou, comme בוּ, bou.
Les cinq brefs sont appellés :
Phatach, ou á bref, comme בַ, bá ;
Segol, ou é bref, comme בֶ, bé ;
Chirik bref, ou í bref, comme בִ, bí ;
Kamets-kateph, ou ó bref, comme בֹ, bó ;
Kibbust, ou ú bref, comme בֻ, bú.
Les quatre très-brefs sont appellés :
Schéva, ou e brévissime, comme בְ, be ;
Kateph phatach, ou a très-bref, comme בֲ, ba ;
Kateph-segol, ou é très-bref, comme בֱ, bé ;
Kateph-kamets, ou ó très-bref, comme בֳ, .

Outre qu’il est très-aisé dans un si grand nombre de lignes si peu sensibles, de confondre ceux qui sont les plus différenciés, il y en a qui different très-peu, & le kamets ou â long est précisément le même que le kamets-kateph, ou o bref. D’ailleurs l’emploi de tous ces signes entraîne des détails innombrables & des exceptions sans fin, qu’on ne saisit & qu’on ne retient qu’avec peine, & qui retardent prodigieusement les progrès de ceux qui veulent étudier la langue sainte.

Après avoir examiné en détail toutes les difficultés & les variations de la lecture de l’hébreu par les points-voyelles, Louis Cappel (Crit. sacr. l. Vl. c. ij.), remarque que les points étant une invention des Massorèthes, dont l’autorité ne doit point nous subjuguer, les regles de la grammaire hébraïque doivent être d’après les mots écrits sans points, & qu’il faut conséquemment retrancher toutes celles qui tiennent à ce système factice. Il ajoûte que dans la lecture il ne faudroit avoir égard qu’aux lettres matrices, matres lectionis, אהךי ; mais que comme elles manquent très-fréquemment dans le texte, cette maniere de lire lui paroît difficile à établir. Voici sa conclusion : Age sanè punctationi massorethicæ eatenùs adhæreamus, quatenùs neque certior, neque commodior vocales ad vocum enuntiationem necessarias designandi ratio usque hodiè inventa est ; atque ex consequenti eam tradendæ & docendæ grammaticæ rationem sequantur quæ illi punctationi innititur, neque tomerè eam convellamus aut sollicitemus, nisi fortè aliquis aliam rationem certiorem & commodiorem inveniret punctandi.

Au lieu d’imaginer un système plus simple de points-voyelles, M. Masclef, chanoine de la cathédrale d’Amiens, inventa une maniere de lire l’hébreu sans points. Cette méthode consiste à supposer après chaque consonne la voyelle qu’on y met dans l’épellation alphabétique. Ainsi comme le ב se nomme beth, on suppose un é après cette consonne ; comme le ד s’appelle daleth, on y suppose un a, &c. דבר, ou dbr doit donc se lire daber. Ce système révolta d’abord les savans, & cela devoit être ainsi : 1°. C’étoit une nouveauté, & toute nouveauté allarme toujours les esprits jaloux, & ceux qui contractent fortement & aveuglément les habitudes : 2°. ce système réduisit à rien toutes les peines qu’il en avoit couté aux érudits pour être initiés dans cette langue, & il leur sembloit ridicule de vouloir y introduire de plain-pié & sans embarras, ceux qui viendroient après eux. On fit pourtant des objections que l’on crut foudroyantes ; mais dans l’édition de la grammaire hébraïque de Masclef, faite en 1731 par les soins de M. de la Bletterie, on trouve dans le second tome, sous le titre de novæ grammaticæ argumenta ac vindiciæ, tout ce qui peut servir à établir ce système & à détruire toutes les objections contraires. Aussi le Masclefisme fait-il aujourd’hui en France, & même en Angleterre, une secte considérable parmi les hébraïsans : & il me semble qu’il est à souhaiter d’en voir hâter les progrès

Les Massorethes avoient encore imaginé d’autres signes pour la distinction des sens & des pauses, lesquels sont appellés dans les grammaires hébraïques écrites en latin, accentus pausantes & distinguentes, & gardent en françois le nom de points. Ils ont encore, pour la plûpart, tant de ressemblance avec les points-voyelles, qu’ils ne servent qu’à augmenter les embarras de la lecture ; & Masclef, en souhaitant qu’on introduisît notre ponctuation dans l’hébreu, en a donné l’exemple. Puisque nos signes de ponctuation n’ont aucun équivoque, & sont d’un usage facile : iis non uti, dit Masclef (Gramm. heb. cap. j. n°. 5.) nihil aliud est quàm, invento pane, glande vesci. (B. E. R. M.)

Point, en Géométrie, c’est, selon Euclide, une quantité qui n’a point de parties, ou qui est indivisible. Voyez Quantité & Indivisible, &c.

Wolf définit le point ce qui se termine soi-même de tous côtés, ou ce qui n’a d’autres limites que soi-même. C’est ce que l’on appelle autrement le point mathématique : quelques-uns prétendent qu’on ne le conçoit que par imagination, c’est-à-dire, qu’il n’existe pas réellement hors de l’esprit ; mais qu’y a t-il de plus réel dans la matiere ou dans les dimensions des corps que leurs limites ou leurs extrémités ? Une ligne n’a-t-elle pas deux bouts ou deux termes ; or ce sont ces termes que l’on appelle points ? Voyez là-dessus le premier tome des institutions de Géométrie, imprimées en 1746, pag. 260. (E)

On peut dire cependant dans un autre sens, & avec beaucoup de vérité, que le point, la ligne, la surface n’existent que par une abstraction de l’esprit, puisqu’il n’existe point réellement dans la nature de surface sans profondeur, de ligne sans largeur, & de point sans étendue. Tout ce qui existe a nécessairement les trois dimensions. Voyez Dimension. Ce n’est qu par abstraction de l’esprit qu’on regarde une ou deux de ces dimensions comme non-existante. Sur quoi voyez l’article Géométrie. (O)

Si l’on se représente qu’un point coule, il tracera une ligne ; & une ligne qui couleroit engendreroit une surface, &c. Cette maniere de considérer la génération des dimensions ou des propriétés des corps, paroît être le premier fondement de la Géométrie moderne, c’est-à-dire, de la Géométrie analytique qui fait usage du calcul différentiel & intégral ; il semble aussi que la méthode des indivisibles soit dans le même cas : cependant, malgré les especes de miracle que produisent ces deux méthodes, il subsiste contre leurs principes des difficultés si fortes, que les génies les plus fins ou les plus sublimes n’ont pû jusqu’à-présent les résoudre directement ; aussi beaucoup de personnes s’en servent-elles comme de ces machines qui nous montrent la durée du tems, & dont il est si commun d’ignorer les ressorts : on ne sauroit croire combien ces sortes de nuages ralentissent le progrès des Sciences, & par conséquent combien ils sont contraires à l’utilité publique ; il est impossible d’inventer dans les choses que l’on ne comprend pas. Si Descartes avoit manifesté tout le secret de sa géométrie en la mettant au jour, on n’auroit pas eu le désagrément de la voir, pendant près de cent ans, être l’objet des commentaires de très-bons esprits, lesquels, après avoir épuisé la vigueur de leur génie à expliquer des découvertes avec une juste étendue, sont devenus incapables d’en faire. combien d’autres, qui avoient très-bien compris les élémens de Géométrie, ont renoncé à cette belle science, ou, pour ainsi dire, à cette unique science de la raison, parce qu’ils ont senti que de vouloir pénétrer dans ses profondeurs, c’est s’enfoncer dans des obscurités.

Si l’on veut donc que les Sciences marchent à grands pas vers leur perfection, il faut en rendre la route la plus unie qu’il est possible, & être intimement convaincu que de perfectionner une découverte, c’est en faire une nouvelle : il seroit donc de la très-grande utilité publique que nos sublimes géometres voulussent bien se rabattre vers les premiers principes des nouvelles méthodes ; qu’ils les éclaircissent avec tout le soin imaginable, & qu’ils y missent toute la sagacité & la pénétration dont ils sont capables ; il nous semble qu’il est bien aussi glorieux d’être utile au public qu’à un petit nombre de particuliers, dont on ne doit guere attendre que de la jalousie ; par-là le mérite de ces bienfaiteurs du genre humain étant plus connu, seroit aussi mieux récompensé. Revenons à notre point.

Une ligne n’en peut couper une autre qu’en un point. Trois points quelconques étant donnés, pourvû qu’ils ne soient pas en ligne droite, on pourra toujours y faire passer un cercle ou une partie de cercle. Voyez Cercle.

Ce sont des problèmes fort communs que de tirer une parallele, une perpendiculaire, une tangente, &c. d’un point donné. Voyez Parallele, Perpendiculaire, Tangente, &c. (E)

On appelle, dans la haute Géométrie, point d’inflexion, celui où une courbe se plie ou se fléchit dans un sens contraire à celui où elle étoit auparavant ; quand elle tourne, par exemple, sa convexité vers son axe ou quelqu’autre point fixe du côté duquel elle tournoit sa concavité. Voyez Courbe & Inflexion.

Quand la courbe revient vers le côté d’où elle est partie, le point où elle commence ce retour est appellé point de rebroussement. Voyez Rebroussement & Courbe.

En Physique, on appelle point, punctum, le plus petit objet sensible à la vûe : on le marque avec une plume, la pointe d’un compas, &c.

C’est ce que l’on appelle vulgairement un point physique, qui a réellement des parties ; quoique l’on n’y ait pas d’égard, toutes les grandeurs physiques sont composées de ces points. Voyez Grandeur.

Ce point physique est ce que M. Locke appelle le point sensible, & ce qu’il définit la moindre particule de la matiere ou de l’espace, que nous puissions discerner. Voyez Vision. Chambers.

Point simple d’une courbe, est un point tel que, quelque direction qu’on donne à l’ordonnée, elle n’aura jamais en ce point qu’une seule valeur à-moins qu’elle ne soit tangente, auquel cas elle aura deux valeurs seulement. Voyez Tangente.

Point singulier, est un point où l’ordonnée étant supposée touchante, peut avoir plus de deux valeurs. Tels sont les points d’inflexion, de serpentement, de rebroussement, &c. Voyez ces mots.

Point double, triple, quadruple, &c. ou en général point multiple, se dit du point commun, où deux, trois, quatre, &c. & en général plusieurs branches d’une courbe se coupent. Il est d’abord évident que sans un pareil point l’ordonnée a plusieurs valeurs égales, savoir deux si le point est double, trois s’il est triple, &c. cependant il n’en faut pas toujours conclure que si l’ordonnée a plusieurs valeurs égales, le point est un point multiple ; car si l’ordonnée touche la courbe en un point simple, elle y aura deux valeurs égales ; si elle touche la courbe en un point d’inflexion, elle aura trois valeurs égales, &c.

Le caractere du point multiple est qu’en ce point ait différentes valeurs représentées par une équation de cette forme, &c… car alors donne par les différentes valeurs la direction des différentes branches de la courbe. C’est là-dessus qu’est fondée toute la théorie des points multiples. La nature de cet ouvrage ne nous permet pas de nous étendre davantage sur ce sujet. Il nous suffit d’avoir donné le principe ; on trouvera tout ce qu’on peut desirer sur ce sujet dans l’introduction à l’analyse des lignes courbes, par M. Cramer, chap. x. & xiij.

Dans le cas où le point est multiple, si on différencie l’équation de la courbe à la maniere ordinaire, on trouvera , ce qui ne fait rien connoître ; mais alors au lieu de différencier à l’ordinaire, il faudra substituer au lieu de y, y+dy, & les puissances sans rien négliger, & de même au lieu de x, x+dx, & les puissances sans rien négliger ; & si le point est double, on aura une équation du second degré dont sera le premier terme ; (en négligeant les plus hautes puissances de , comme ), si le point est triple, l’équation sera du troisieme degré, & sera son premier terme, les puissances plus basses se détruisant, & ainsi de suite.

Veut-on savoir à présent si une courbe a des points multiples, il n’y a qu’à substituer dans son équation y+dy & ses puissances à y, x+dx & ses puissances à x ; & voir s’il y a des valeurs correspondantes de x & de y qui donnent le coefficient de dx & celui de dy, chacun =0. Si cela est, il y a au moins un point d’oubli ; si le coefficient de dy2, celui de dx2 & celui de dxdy sont aussi =0 ; le point est au moins triple, & ainsi du reste, mais encore une fois, il seroit trop long d’entrer dans le détail de cette théorie, nous renvoyons à l’ouvrage cité qui contient là-dessus tout ce qu’on peut desirer. (O)

Point, en terme de Navigation & de Géographie, Points de l’horison ou du compas, ce sont certains points formés par les intersections de l’horison avec les cercles verticaux. Voyez Horison.

Le nombre de ces points est réellement le même que celui des points que l’on conçoit dans l’horison, c’est-à-dire qu’il est infini, quoique dans la pratique on n’en distingue que trente-deux. Voyez Compas de mer.

Ces points sont marqués ou vus par des lignes droites, tirées d’un point pris dans un plan horisontal.

Un point du compas de mer est pris vulgairement pour la trente-deuxieme partie de tout le compas, ou pour un arc de 11 degrés 15 minutes, dont la moitié, c’est-à-dire 5 degrés 37 minutes & s’appelle un demi-point, & la moitié de ce dernier ou 2 degrés 48 minutes & est appellé un quart-de-point. Voyez Compas de mer.

Ces points du compas se divisent en points cardinaux & points collatéraux.

Les points cardinaux sont les intersections de l’horison & du méridien, appellés points du nord & de sud, & les intersections de l’horison avec le premier vertical que l’on appelle l’est & l’ouest. Voyez Nord, Sud, &c.

Ce sont ces points que les latins appellent cardines mundi, ils sont éloignés les uns des autres d’un quart-de-cercle ou de 90 degrés.

Les points collatéraux ou intermédiaires sont ceux qui sont entre les points cardinaux, les premiers points collatéraux ou de la premiere espece, sont également distans de deux points cardinaux, tels sont le nord-est & le sud-ouest ; les points secondaires ou de la seconde espece sont ou du premier ordre, comme ceux qui sont à égale distance d’un point cardinal & d’un point de la premiere division, tel que le nord-nord-est, ou du second ordre, c’est-à-dire à égale distance d’un point cardinal ou d’un point de la premiere division, & d’un secondaire du premier ordre, tel que le nord-est quart-de-nord.

Les premiers points collatéraux sont donc à 45 degrés des points cardinaux ; les points secondaires du premier ordre sont à 22 degrés 30 minutes d’un cardinal & d’un premier collatéral qui suit immédiatement, & les points secondaires du second ordre sont à 11 degrés 15 minutes d’un cardinal ou d’un premier collatéral, & d’un second collatéral.

Point d’un pilote, (Marine.) c’est le lieu marqué sur la carte de l’endroit où le pilote croit être à la mer.

Points du bas de la voile. C’est le coin ou l’angle du bas de la voile ; les points du grand & petit pacfi portent des écoutes, des couets & des cargues-points. Point du haut de la voile.

Points de station, dans l’Astronomie, sont les degrés du zodiaque, dans lesquels une planete paroît être absolument stationnaire & ne se mouvoir point du tout. Voyez Station. Chambers.

Point d’été, (Cosmogr.) point de l’écliptique, dans lequel le soleil s’approche le plus du zénith au midi : ce qui arrive dans la partie septentrionale de la terre, lorsque le soleil entre dans l’écrevisse ; & dans la partie méridionale, quand il est dans le Capricorne.

Point d’hiver, (Cosmogr.) point de l’écliptique auquel le soleil est le plus éloigné du zénith, ou dans lequel la hauteur méridienne du soleil est la moindre : cela arrive quand le soleil est dans le capricorne pour les peuples de la partie septentrionale de la terre, & quand il est dans l’écrevisse pour les autres.

Points cardinaux, (Cosmogr.) les Cosmographes entendent par points cardinaux quatre points de l’horison, qui le divisent en quatre parties égales. Un de ces points est celui où le soleil se leve au vrai orient. Le second est au vrai occident où le soleil se couche. Les deux autres points sont éloignés de ceux-ci de 90 lieues, & se trouvent au vrai midi & au vrai nord.

Points horisontaux, (Cosmogr.) ce sont des points également éloignés du centre de la terre ; par exemple, lorsqu’on doit continuer une ligne horisontale sur le bord d’une riviere, & que cette ligne s’y trouve interrompue par plusieurs inégalités, alors les points horisontaux sont les points de la ligne horisontale, où il faut la rompre & la diviser en plusieurs autres.

Points solstitiaux, (Cosmogr.) points de l’écliptique les plus éloignés de l’équateur ; ce sont les points d’été & les points d’hiver ; voyez ces deux mots. (D. J.)

Point, dans la Perspective, est un mot dont on fait usage pour marquer les différentes parties ou les différens endroits qui ont rapport au plan du tableau. Voyez Plan du tableau.

Le point de vûe est un point F ou plan H, tab. perspect. fig. 12, est coupé par une ligne droite OF, tirée de l’œil perpendiculairement au plan.

Ce point est dans l’intersection du plan horisontal avec le plan vertical. Voyez Plan.

Quelques auteurs appellent ce point le point principal, & ils donnent le nom de point de vûe ou de vision au point où l’œil est actuellement placé, & où tous les rayons se terminent tel que O.

Point accidentel, (Opt.) voyez Accidentel.

Point, dans la Catoptrique & la Dioptrique, le point de concours est celui où les rayons convergens se rencontrent, appellé plus ordinairement le foyer. Voyez Foyer.

Point d’incidence, (Opt.) est un point sur la surface d’un miroir ou d’un autre corps ou tombe un rayon. Voyez Incidence.

Point de dispersion est celui d’où les rayons commencent à être divergens, on l’appelle ordinairement le foyer virtuel. Voyez Foyer virtuel.

Point de distance, c’est un point comme P Q, fig. 2. perspect. dans la ligne horisontale PF, qui est éloigné du point F autant que l’œil O est éloigné de ce même point.

Point objectif, c’est un point sur le plan géométral dont on demande la représentation sur le plan du tableau.

Point rayonnant ou radieux est le point qui envoie ou duquel partent des rayons.

Point de réfraction, est le Point où un rayon se rompt sur la surface d’un verre, ou sur toute autre surface restringente. Voyez Réfraction.

Point de réflexion, est le point d’où un rayon est réfléchi sur la surface d’un miroir ou de tout autre corps.

Point lacrymal, en terme d’Anatomie, signifie un petit trou qui est dans chaque paupiere, & qui s’ouvre dans un sac appellé sac lacrymal. Voyez Lacrymal.

Point, ou Poinct, s. m. (Musique.) Le point signifie plusieurs choses différentes.

Dans nos musiques anciennes il y a point de perfection, point d’imperfection, point de division, point d’alternation, point de translation, &c. Il faut donner une idée de ces différens points.

1. Dans la mesure appellée tems parfait, voyez Tems, une breve ou quarrée, suivie d’une autre note égale ou de plus grande valeur, vaut ordinairement trois semi-breves ou une mesure entiere ; mais suivie de quelque note de moindre valeur, elle ne vaut plus que deux tems ; de sorte que pour qu’elle vaille alors la mesure entiere, il faut lui ajouter un point qu’on appelle par cette raison point de perfection.

2. Le point d’imperfection est celui qui placé à la gauche de la longue, diminue sa valeur quelque fois d’une ronde, quelque fois de deux. Dans le premier cas, on met une ronde entre la longue & le point ; dans le second, on met deux rondes à la droite de la longue.

3. Le point de division a à-peu près un sens semblable ; à la gauche d’une ronde suivie d’une breve ou quarrée dans le tems parfait, il ôte un tems à cette breve, & fait qu’elle ne vaut plus que deux rondes.

4. Un point entre deux rondes situées elles-mêmes entre deux breves ou quarrées, ôte un tems à chacune de ces deux breves ; de sorte que chaque breve n’en vaut plus que deux. C’est le point d’altération.

Ce même point devant une ronde, laquelle est suivie de deux autres rondes enfermées entre deux breves ou quarrées, double la valeur de la derniere de ces rondes.

5. Si une ronde entre deux points se trouve suivie de deux ou plusieurs breves, le second point transfere sa signification à la derniere de ces breves, & la fait valoir trois tems : c’est le point de translation.

Comme tout cela n’a lieu que dans le tems parfait, qui forme des divisions triples, & que ces divisions ne sont plus d’usage dans la Musique moderne, toutes ces significations du point, qui, à dire le vrai, sont fort embrouillées, se sont abolies depuis longtems.

Aujourd’hui le point pris comme valeur de note, vaut toujours la moitié de celle qui le précede ; ainsi après la ronde, le point vaut une blanche ; après la blanche, une noire, après la noire, une croche, &c. Mais cette maniere de fixer la valeur du point, n’est certainement pas la meilleure qu’on eût pu imaginer, & cause souvent bien des embarras inutiles.

Point d’orgue, ou point de repos, est une autre espece de point dont j’ai parlé au mot Couronne. C’est relativement à ce point, qu’on appelle généralement point d’orgue, ces sortes de chants & de successions harmoniques qu’on fait passer sur une seule note de basse, toujours prolongée.

Enfin, il y a encore une autre espece de point qui se place immédiatement au-dessus ou au-dessous du corps des notes, on en met toujours plusieurs de suite, & cela montre que les notes ainsi ponctuées, doivent être marquées par des coups de langue ou d’archet égaux, secs & détachés. (S)

Point d’honneur, (Morale du monde.) c’est proprement le caractere de chaque profession ; mais il est plus marqué chez les gens de guerre, & c’est le point d’honneur par excellence. Il seroit difficile de le peindre, car les regles & les maximes qui le constituent sont variables. Autrefois la noblesse suivoit en ce genre d’autres lois qu’aujourd’hui, & ces lois étoient si séveres qu’on ne pouvoit sans une peine plus cruelle que la mort, je ne dis pas les enfreindre, mais en éluder la plus petite disposition. Lettres persanes. (D. J.)

Point, (Blason.) Il se dit de la division de l’écu en plusieurs quarrés, tantôt au nombre de neuf, tantôt de quinze, dont les uns sont d’un émail, & les autres de l’autre, qu’on appelle aussi points équipollés. On nomme pareillement points les divisions de la componure. Il y a aussi une autre division de l’écu en plusieurs points, ou se trouvent le point d’honneur, le nombril, &c.

Le point d’honneur se dit de la place qui est dans un écu, répondant au milieu du chef & au dessous.

On appelle le nombril de l’écu, un point qui est au milieu du dessous de la face, & qui la sépare de la pointe. Ainsi on dit N. porte d’or à un écusson de gueules mis au nombril. (D. J.)

Point d’appui, (Architect.) voyez Orgueil.

Point d’aspect C’est l’endroit ou l’on s’arrête à une distance fixée, pour jouir de l’aspect le plus avantageux d’un bâtiment. Ce point se prend ordinairement à une distance pareille à la hauteur du bâtiment. Exemple. On veut juger de l’ensemble de l’église des Invalides. Comme sa hauteur est de trente-cinq toises, on doit d’abord s’en éloigner de cette distance. On vient ensuite à l’ordonnance de sa façade, & à la régularité de ses ordres, & on s’en éloigne autant que le portail a de hauteur, qui est de seize toises ou environ. Enfin, pour examiner les corrections des profils & le gout de la sculpture, on ne doit en être éloigné que selon l’élévation de l’ordre dorique, laquelle est de sept toises & demie, parce que si on en étoit plus près, les parties racourcies ne paroîtroient plus de proportion.

Le point d’aspect est opposé au point vague, d’où regardant un bâtiment d’une distance indéterminée, on ne peut que se former une idée de la grandeur de sa masse, par rapport aux autres édifices qui lui sont contigus.

Point de vûe. C’est un point, dans la ligne horisontale d’un bâtiment, ou le termine le principal rayon visuel, & auquel tous les autres qui lui sont paralleles vont aboutir.

Points perdus. Ce sont trois points qui n’étant pas donnés sur une même ligne, peuvent être compris dans une portion de cercle, dont le centre se trouve par une opération géométrique : ce qui sert pour les cherches ralongées.

On appelle aussi points perdus des centres de cercle qui, étant recroisés, forment des losanges curvilignes, qu’on rend différens par les couleurs des marbres & par la variété des ornemens. Le pavé qui est sous la coupole, & dans les chapelles du Val-de-Grace, & celui de l’Assomption, rue saint Honoré, à Paris, sont faits de cette maniere. Daviler. (D. J.)

Point de partage, (Hyar.) est le bassin où l’eau s’étant rendue, se distribue par plusieurs conduites en différens endroits, tels que sont les châteaux-d’eau ou bassins de distribution. (K)

Point de sujétion, (Hydr.) est le point déterminé d’où part un nivellement, & celui où il doit finir dans un nivellement en pente douce. Dans un autre nivellement, le point de sujétion est la hauteur déterminée d’où l’on part, ou la hauteur du lieu où doit se rendre l’eau. (K)

Point, en terme de Brodeuse, c’est un composé de plusieurs coups d’aiguille, lesquels diversement combinés & arrangés représentent sur un morceau de mousseline la figure qu’on veut. Tous ces différens tours & passages d’aiguilles forment un point qui prend le nom ou de l’objet naturel avec lequel il a quelque ressemblance, ou du point de dentelle sur lequel il a été fait. On dit point de tartelette, point de croix de chevalier, point de Saxe & d’Hongrie. Il est d’autant plus difficile de donner un dénombrement de tous les points de broderie, qu’ils changent comme la mode ; ainsi des recherches à cet égard seroient sans utilité comme sans succès. Nous nous contenterons d’en donner un certain nombre qui servent de base à ceux qu’on a inventés & qu’on inventera. Que peut-on faire de mieux dans une matiere sujette à tant de révolutions ?

Point alongé, en terme de Broderie au métier, se fait avec de la soie plate sur du satin, à-peu-près comme le point fendu, mais en y mettant la moitié moins de nuances. Ce point n’est guere d’usage que pour les meubles.

Point d’amande, en terme de Brodeuse, trois rayures en-haut & en-bas, huit fils entr’elles. On prend le premier de ces fils sur l’aiguille, on continue d’un fil à l’autre jusqu’à huit. On recommence une autre amande à côté, à huit fils de la premiere. On remplit les intervalles du haut & du bas par d’autres amandes qui se font de même.

Point d’Angleterre broché, en terme de Brodeuse, est composé d’une rangée d’Angleterre uni, & une autre rangée qui n’en est différente que parce que l’on passe l’aiguille dans l’un des points latéraux de la premiere rangée, & que ce fil ainsi amené vers le milieu du trou forme une croix. Voyez Angleterre uni.

Point d’Angleterre uni, en terme de Brodeuse, se fait en-travers, en prenant cinq fils de long & cinq de travers, en passant l’aiguille deux fois sur les cinq de travers & une seulement sur ceux de long ; ainsi de même, dans la seconde rangée, en observant de passer dans les trous latéraux de la premiere. Quand on a fait quatre rangs de cette sorte, & qu’on en fait deux autres de point turc, cela s’appelle de l’Angleterre rayé. Voyez Point turc.

Point d’annelet, en terme de Brodeuse, c’est un point monté sur six d’œillet de hauteur, en quarré. On passe l’aiguille au milieu du carreau ; on tourne tout-autour dans les trous d’œillet, excepté vers les angles haut & bas où l’on ne plante l’aiguille qu’à quatre fils loin d’eux.

Point d’arrête doublé, en terme de Brodeuse, se fait en comptant trois fils de travers & en prenant six sur l’aiguille, en portant d’abord l’aiguille en long & coupant cette portée précisément au milieu. Ce point est monté sur cinq de haut & rempli de trois mouches, deux à quatre fils en-travers, & de six tours d’aiguille ; & la troisieme au milieu sur douze fils de travers, & de seize tours d’aiguille.

Point à carreaux, se monte sur quatre de long & quatre de travers, ensuite on croise ce point en passant par le même trou & sur la même rayure. On fait une seconde rayure à quatre fils de la premiere ; puis une troisieme en-travers sur les premieres, qui représente en effet un carreau.

Point de croix de chevalier, est monté sur quatre de tous côtés, deux points de hauteur, ou point riche. Voyez Point riche. Vous descendez de côté & plus bas à droite, en faisant encore un point riche ; de-là vous passez l’aiguille dans le trou du point de l’autre angle, vous la ramenez dans celui de l’angle vis-à-vis, vous la portez dessus, vous la repassez dessous par le trou qu’a laissé le point riche sait sous la croix.

Point d’esprit, se monte sur cinq fils de long & cinq de travers, en laissant à chaque fois deux fils qui font une croix. Les cinq fils, en tous sens, sont embrassés d’un point noué.

Point à gerbe, en terme de Brodeuse, se monte sur quatre faces. On passe l’aiguille à fil double pour les remplir de trous en trous par en-haut, & toujours dans le même en-bas, ce qui forme la gerbe.

Point d’Hongrie, en terme de Brodeuse, sont trois rayures sans intervalles. On fait au-dessous de la troisieme une espece de piqué qui commence par quatre fils sur l’aiguille en descendant, puis cinq, puis six, ainsi des autres en remontant, ensorte qu’il y ait toujours un fil de long entr’eux par en-haut, ce qui forme le triangle. On recommence sur la même ligne ; & la place qui reste entre deux triangles en-haut en-bas, se remplit par d’autres de la même façon.

Point de lentille, en terme de Brodeuse, se fait sur quatre fils embrassés en long, à quatre fils l’un de l’autre, & autant entre les deux rayures. De façon qu’au premier tour il y a quatre fils embrassés & quatre qui ne le sont pas. Les uns & les autres vis-à-vis de ceux qui sont ou embrassés ou vuides. Ces derniers sont embrassés au second tour par une troisieme rangée en travers ; ceux qui se trouvent en ce sens le sont de même, ce qui forme une lentille assez semblable au légume de ce nom.

Point de marly, en terme de Brodeuse, se monte sur quatre fils de long & quatre de travers, en revenant une seconde fois sur les rayures pour croiser le point ; ces rayures sont près l’une de l’autre sans intervale.

Point de mignonette, en terme de Brodeuse en mousseline, représente un carreau parfait, & se forme en comptant trois fils de travers, & en en prenant huit après sur l’aiguille ; ensorte néanmoins qu’il y ait de gauche à droite toujours quatre fils de longueur entre les points, parce qu’on laisse tant à droite qu’à gauche deux fils de côté. La seconde rangée se fait de même, & se commence trois fils au-dessous de la premiere. Ensuite au milieu du carreau composé de huit fils on en met quatre sur l’aiguille en travers & quatre au long, & on en fait un point riche. Prenant de l’autre côté deux fils de derriere l’aiguille & deux devant, ce qui forme les quatre dont ce point est fait. Voyez Point riche ; ainsi des autres rangées. Ces rangées, dans quelque point que ce soit, se font toujours de bas en-haut.

Point mordu, en terme de Brodeur au métier, ce sont d’assez grands points dont le second mord sur le premier ; ainsi du reste.

Point de mousseline, en terme de Brodeuse, se fait en-travers. On prend cinq fils de longueur, à côté desquels en passant l’aiguille pour en aller prendre cinq autres de travers, on en laisse deux de même sens. La seconde rangée se fait comme la premiere, en passant l’aiguille sur une branche de celle-ci vis-à-vis des deux fils qu’on a laissés, ce qui répété dans cette seconde rangée forme un petit cercle à quatre rayons en croix.

Point de mousseline rayée, en terme de Brodeuse, s’appelle ainsi, parce qu’il est composé d’une rangée ou raie de points d’Angleterre unis, & d’une autre de points de mousseline unis. Voyez Point d’Angleterre uni & Point de mousseline. On laisse toujours entre chaque raie neuf fils de distance.

Point d’œillet, en terme de Brodeuse, se monte sur six points de hauteur en tout sens, quatre fils de long sur l’aiguille, & deux en travers ; le carreau formé, on passe l’aiguille du centre dans tous les trous de point de la circonférence, ce qui fait autant de rayons que de points.

Point plaqué, au terme de Brodeur au métier, ce sont trois couleurs mal nuées dont les passages mal ménagés produisent des fleurs baroques, ou qu’on suppose étrangeres.

Point de quadrille, en terme de Brodeuse : prenez quatre fils en long & autant en travers sur l’aiguille ; ce qui se répétant en descendant, forme un quarré oblong. Ce point se monte sur quatre points de hauteur qui achevent la figure.

Point riche, en terme de Brodeuse en mousseline, c’est un ouvrage qui se fait en poussant l’aiguille sous quatre fils en long & quatre fils en travers de droite à gauche, & de gauche à droite. Ce point représente une espece d’échelle. Il se fait de plusieurs rangées à côté l’une de l’autre. La seconde se forme en passant l’aiguille sous les quatre points de travers de la premiere, en prenant deux fils du premier chaînon & deux du second ; ensorte que le second rang descend de deux fils plus bas que le second, ainsi des autres rangs.

Point riche a croix, en terme de Brodeuse ; on prend huit fils à droite & huit fils à gauche, en laissant toujours un de ces fils pris derriere l’aiguille & un devant. La même chose répétée en montant ou descendant le long de la premiere rayure & vis-à-vis des points, & des deux fils laissés l’un derriere & l’autre devant l’aiguille, forme une croix dans le point riche. Voyez cet article.

Point de Saxe, en terme de Brodeuse, commence par un point de tartelette en travers. Voyez Point de tartelette ; trois de hauteur, deux rayures en zig-zag, distantes de seize fils l’une de l’autre. Ces seize fils sont partagés en trois parties une de six, enbas, une de quatre au milieu, & une de six en-haut. On prend celle de quatre sur l’aile, on continue en descendant d’un fil, & en montant de même, jusqu’à ce que les seize soient pris. On recommence en diminuant ce qui forme la pomme ; on fait ensuite quatre points sans hausser ni baisser, qui représentent la queue d’une pomme que l’on fait comme la premiere, ainsi du reste.

Point de grand Saxe, en terme de Brodeuse ; on fait des points d’œillet sur quatre fils en long & en travers. Voyez Point d’œillet. On met six de haut le carreau que ces points forment d’un trou de point d’œillet à un autre ; on jette un tour de fil à piquer, & commençant à l’angle de travers en finit par l’autre, & on remplit le carreau.

Point de tartelette petite, en terme de Brodeuse, se fait sur quatre fils, & de quatre en quatre à deux faces seulement ; les deux points de ces faces sont un peu inclinés, le troisieme s’applique près d’eux en arrondissant vers ses extrémités ; & le quatrieme en-dessous. Il se monte sur trois points en tous sens, & représente un carreau un peu alongé.

Point de tartelette rempli, monté sur huit points de hauteur formant un quarré rempli de points de petit tas : on part du point du milieu, par lequel on a fermé le carreau en point de tartelette, voyez ces articles. On fait deux points riches du même sens, puis trois, puis deux, voyez Point riche. Dans le second carreau on fait du point de mignonette, excepté qu’on ne prend que deux fils de travers. Le point de mignonnette se fait le long du tartelette. Voyez Point de mignonnette.

Point de petit tas, en terme de Brodeuse ; prenez vingt fils de longueur & quatre de travers en passant l’aiguille deux fois sur l’un & l’autre ; faites huit rangées, la premiere d’un point, la seconde de deux, la troisiéme de trois, la quatrieme & cinquieme de six, la sixieme de six, la septieme de deux, & la huitieme d’un. Il y a toujours quatre fils entre chaque quarré.

Point de travers, en terme de Brodeuse, se fait sur quatre fils de long & quatre de travers, en fichant l’aiguille de quatre fils en quatre fils, & en en prenant toujours quatre sur l’aiguille.

Point turc, se fait sur cinq fils de long & autant de travers, en faisant quatre faces couvertes toutes d’un point noué. La derniere faite, on rapporte l’aiguille sur la croix, & on la fiche sous un de ses brins ; de-là on prend cinq autre fils comme en commençant, & on fait son second point.

Point de zig-zag, en terme de Brodeuse ; trois rayures croisées, voyez Point de carreau ; au-dessous on laisse seize fils, puis trois autres rayures au milieu, on prend six fils sur son aiguille en zig-zag.

Point, terme de Cartier, c’est une marque qui est rouge ou noire sur les cartes, & qu’on appelle pique, trefle, cœur ou carreau, parce que ces points ont quelque rapport avec le cœur, le trefle, le carreau & les fers d’une pique. (D. J.)

Point, terme de Cordonnier, ce mot désigne différentes dimensions de la longueur des souliers.

Point, (Dentelle.) ce mot se dit de toutes sortes de dentelles & passemens de fil faits à l’aiguille, comme points de France, point de Paris, point de Venise, &c. quelquefois il s’entend aussi de celles qui sont faites au fuseau. comme point d’Angleterre, point de Malines, point du Havre ; mais ces dernieres especes s’appellent plus ordinairement dentelles.

Points courans, s. m. p. (Jard.) petites lignes en maniere de hachures, qui servent à marquer dans les plans, les sillons des terres labourées & les couches de jardin.

Point, (Maréchal.) on appelle ainsi des trous faits avec le poinçon aux étrivieres & aux courroies des sangles, pour y faire entrer les ardillons des boucles qui les tiennent. Ainsi allonger ou raccourcir les étrivieres d’un point, c’est mettre l’ardillon à un trou plus haut ou plus bas qu’il n’étoit auparavant. Mettre la gourmette à son point, c’est faire entrer suivant le cas, la premiere ou la seconde maille dans le crochet qui tient à l’œil de la bride. Voyez Gourmette. On dit que les étrivieres sont au point du cavalier, lorsqu’elles sont proportionnées à la longueur de ses jambes. Voyez Chapelet, Etriviere.

Point secret, terme de Monnoie, c’est un petit point qui se met ordinairement sous les lettres des légendes, pour marquer le lieu de la fabrication.

Points, (Art numismat.) marque qu’on voit sur quelques médailles, & par conséquent sur des monnoies romaines : elle est faite ainsi. On trouve sur les médailles romaines un certain nombre de points mis des deux côtés, mais qui ne passent pas quatre, pour marquer la troisieme partie de l’as qui se divisoit en douze parties : uncia, sextans, dodrans, quadrans, triens. Le sextans se marquoit .. le quadrans ... le triens .... &c. par O ou par L libra, qui en spécifie le poids.

On trouve des points marqués principalement sur les médailles consulaires, mais ce ne sont pas les seules sur lesquelles on en trouve ; on en voit aussi sur quelques médailles d’argent de Tribonien Galle, tantôt un, tantôt deux, tantôt trois, & jamais plus de quatre : toujours en nombre pareil, tant dans l’exergue du revers, que derriere le buste du prince, du côté de la tête. Ces points se trouvent avec différens revers, comme Æquitas Aug. Felicitas publica. Pax Aug. Victoria Aug. Sæcullum novum. Ubertas Aug. &c. Dans le cabinet de M. l’abbé de Rothelin, il y avoit quatre de ces médailles de Gallus, dont le revers représente un temple, avec la légende Sæcullum novum ; la premiere n’a qu’un point en bas, & un autre derriere le buste ; la seconde deux points ; la troisieme trois ; & la quatrieme quatre, & toujours autant derriere le buste, que dans l’exergue du revers. Cette remarque de M. le baron de la Bastie, n’est peut-être pas indigne de l’attention des curieux. Il ajoute que la médaille même de Gallus paroîtroit copiée ou à dessein, ou par méprise sur la médaille de Philippe, si elle n’étoit pas assez commune, & si sæcullum n’étoit pas toujours écrit par deux ll, pendant que le même mot est écrit avec une seule l sur les médailles de Philippe. (D. J.)

Points, s. m. pl. terme de faiseuse de points, ce sont plusieurs petits points qui sont faits à l’aiguille, rangés proprement les uns auprès des autres, & dont le différent arrangement fait autant de diverses figures. Il y a le point clair, le point ferme, le point riche, le point de deux, le point de losange, le point vitré, &c.

Point, en terme d’Orfevre en grosserie, c’est l’endroit où une piece dont on cherchoit le milieu sur le poinçon, est restée en équilibre. Voyez Poinçon.

Points, s. m. pl. terme de Sellier & de Bourrelier, petits trous que ces artisans font à des étrivieres, à des courroies, ou à des souspentes de carrosses, pour y passer l’ardillon. (D. J.)

Point, (Jeu.) ce mot a deux acceptions au jeu : par exemple au piquet, on dit combien avez-vous de point ? J’ai le point, & j’ai fait 30 points. Dans ce dernier cas, le nombre des points est celui de tout le coup joué ; & dans le premier, c’est la valeur d’un certain nombre de cartes d’une même couleur.