L’Encyclopédie/1re édition/PORTO

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
◄  PORTIQUE
PORTO-BELO  ►

PORTO, (Géog. mod.) ville de Portugal, dans la province d’entre Duero-e-Minho, à une lieue au-dessus de l’embouchure du Duero, à 12 au midi de Braga, & à 58 au nord de Lisbonne.

Il y a dans cette ville un conseil souverain qui est le second du royaume. L’évêque est suffragant de Braga, & jouit de quinze mille ducats de revenu. La riviere forme un bon havre dans lequel les vaisseaux ne peuvent entrer qu’en pleine mer, & sous la conduite d’un pilote portugais.

Quoiqu’on ne compte dans Porto qu’environ quatre mille bourgeois, il s’y fait cependant un grand commerce, sur-tout avec les Anglois qui en tirent beaucoup de vin.

Cette ville est bâtie sur la pente d’une montagne assez roide, dans un terrein très-fertile. Elle s’appelloit autrefois Portu-calo ; & lorsqu’elle eut donné son nom au royaume de Portugal, elle ne retint que celui de Porto. Quelques-uns l’appellent aujourd’hui Port-à-port. Long. 8. 55. lat. 41. 5.

Porto est la patrie d’Acosta (Gabriel ou Uriel), qui embrassa tour-à-tour le Catholicisme, le Judaisme, le Saducéisme, & finalement ayant été maltraité par les Juifs, il finit par se tuer à Amsterdam vers l’an 1640.

Lobeira (Vasquez), naquit aussi à Porto, vers la fin du xiij. siecle. Il passe en Espagne pour le premier auteur du roman d’Amadis de Gaule, dont Fontenelle dit :

Quand je lis d’Amadis les faits inimitables,
Tant de châteaux forcés, de géans pourfendus,
De chevaliers occis, d’enchanteurs confondus,
Je n’ai point de regret que ce soient-là des fables.

La traduction françoise de ce vain amusement a eu les plus grands & les plus prompts succès ; il en faut dire de même des traductions en italien & en d’autres langues : les hommes aiment le romanesque & le merveilleux.

Porto, (Géog. mod.) petite ville fortifiée d’Italie dans l’état de Venise, sur l’Adige au Véronois, à 8 lieues au-dessus de Vérone vers le sud-est. Long. 28. 31. lat. 45. 24.

Porto, (Géog. mod.) ville ruinée d’Italie dans l’état de l’Eglise, à la droite du Tibre, environ à deux milles d’Ostia, & à une distance à-peu-près égale de la mer. On prétend que l’empereur Claude fit le grand port de cette ville, & Trajan le petit port ; quoiqu’on ne trouve qu’une douzaine de cabanes dans cet endroit, il y a cependant un évêché attaché au sous-doyen des cardinaux depuis l’an 1120. Long. 30. 12. lat. 41. 41. (D. J.)