L’Encyclopédie/1re édition/QUINTAL

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QUINTAL, s. m. (Poids.) le quintal, quoique de cent livres, n’est pas égal par-tout ; il differe quelquefois de cinq, de dix ou de vingt pour cent, plus ou moins, suivant que la livre est composée de plus ou de moins d’onces, ou que les onces sont plus fortes ou plus foibles, dans les lieux où l’on achete & vend les marchandises. Par exemple, le quintal de Paris rend à Marseille cent vingt-trois livres ; & le quintal de poids de Marseille ne rend à Paris que quatre-vingt-une livres : cette différence provient de ce que la livre de Paris est composée de seize onces, & que celle de Marseille n’est composée que de treize onces, ce qui se doit entendre poids de marc, car la livre de Marseille est aussi de seize onces poids de table. Savary.

Quintal des Grecs, (Antiq. greq.) ce poids ne répond point à ce que nous nommons de ce nom. Le quintal, que les Grecs appelloient τάλαντον, étoit de plusieurs sortes ; le moindre pesoit cent vingt-cinq livres ; il y en avoit de cent soixante-cinq, de quatre cent, de mille & de douze cens livres.

Quintal géronin, le, (Poids d’Egypte.) ce qu’on nomme au Caire quintal géronin, est le poids le plus fort dont on se sert dans cette capitale & dans les autres villes de commerce d’Egypte, pour peser les marchandises les plus pesantes ou du plus grand volume, il est de deux cens dix-sept rotols du Caire, dont les cent dix font cent livres de Marseille. Dict. du commerce. (D. J.)

Quintal du Levant, (Poids.) le quintal de Constantinople est estimé le plus pesant de tous les quintaux dont on se sert au Levant. Il est de quarante-cinq ocques ; l’ocque pesant quatre cens dragmes, ou deux livres neuf seiziemes d’Amsterdam. Le quintal pese cent douze livres trois quarts d’Amsterdam, cent quatre-vingt-une livres de Venise, & cent soixante de Livourne. On peut aussi diviser le quintal en rottes à raison de cent rottes par quintal, la rotte est de cent quatre-vingt dragmes.

Quintal-mécho, (Comm. d’Amériq.) on appelle ainsi en Espagne, à Buenos-Aires, & dans le reste de l’Amérique espagnole, un quintal qui est de moitié plus fort que le quintal commun. Il est de six arobes, & en dernier seulement de quatre, c’est-à-dire l’un de cinquante & l’autre de cent à prendre l’arobe sur le pié de vingt livres ; ce qui rend poids de Paris quatre-vingt-treize livres pour le quintal commun, & cent trente-neuf livres & demi pour le quintal-mécho. Savary. (D. J.)