L’Encyclopédie/1re édition/SÉSAMOIDE

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SÉSAMOIDE, s. f. (Hist. nat. Bot.) sésamoides, genre de plante dont la fleur ressemble à celle du réseda. Voyez Réseda. Le fruit a différente forme, selon les diverses especes ; tantôt il est composé de plusieurs petites cornes qui sont remplies chacune par une semence qui a la figure d’un rein ; dans d’autres especes il ressemble par sa forme à une étoile, & il est divisé en plusieurs capsules. Tournefort, inst. rei herb. Voyez Plante.

Sésamoïde, adj. en Anatomie, nom de quelques petits os qui ressemblent à la semence d’une plante de ce nom.

Les vrais os sésamoïdes sont au nombre de deux, & on les observe dans le pouce tant de la main que du pié. C’est à ces os que les fléchisseurs du pouce sur le métacarpe sont attachés, & outre cela l’abducteur du pouce dans le pié. On remarque encore différens autres os sésamoïdes dans les autres articulations des doigts, mais ils ne se trouvent pas constamment.

Ces petits osselets se trouvent pour l’ordinaire dans les ligamens capsulaires de l’articulation des doigts à des orteils de plusieurs adultes ; leur figure & leur grosseur varient infiniment ; quelquefois ils sont gros comme des grains de moutarde, & quelquefois comme de gros pois. Les phalanges mêmes ne sont pas les seules parties où l’on trouve les os sésamoïdes : on en rencontre quelquefois sur les conduits du fémur, à la partie inférieure du péroné, sur l’os du talon, &c.

On comprendra sans peine la cause de ce jeu de la nature, quand on ne regardera pas ces osselets comme des pieces séparées, mais comme une portion de la capsule ligamenteuse qui s’est ossifiée.

Il est certain que ces petits os ne sont autre chose que les ligamens des articulations, ou de forts tendons de muscles, ou l’un & l’autre devenus osseux par la violente compression qu’ils éprouvent dans les endroits où ils sont placés. En voici la preuve.

1°. On ne rencontre pas les os sésamoïdes dans tous les sujets ; on les trouve ordinairement cartilagineux. Ils ne sont communément bien ossifiés que dans les sujets robustes & vieux.

2°. Ils sont placés sur la partie la plus élevée de la tête des os du métatarse & des phalanges qui soutiennent les tendons des fléchisseurs : ce qui justifie que la compression des ligamens est la cause de cette ossification.

3°. Les os sésamoïdes au commencement des muscles gastrocnémiens, ne sont évidemment composés que de fibres tendineuses.

4°. Les mêmes os à la premiere phalange du gros orteil, ne sont aussi visiblement que la continuation de la substance des ligamens & des tendons des muscles de cette partie ; & celui qui est quelquefois double à la seconde phalange du même orteil, est une partie du ligament circulaire.

5°. Enfin ces osselets doubles sous les tendons fendus du sublime, prouvent encore cette vérité.

Finissons par trois remarques de M. Winslow.

1°. Dans tous les sujets où les tendons & les ligamens ont beaucoup de fermeté, où l’action des muscles est forte, & la compression violente, il y a lieu de s’attendre à trouver de ces os.

3°. Toutes choses égales d’ailleurs, plus le sujet est âgé, plus on trouvera de ces os, & plus ils seront gros.

3°. Plus le sujet a fatigué ces extrémités inférieures ou supérieures, plus aussi, toutes choses égales d’ailleurs, ces os seront gros & nombreux.

Mais quand M. Winslow ne craint point d’ajouter que ces osselets augmentent la force des muscles, en facilitent le jeu, & font que les orteils, lorsqu’on marche, supportent mieux le poids de toute la masse du corps ; je ne reconnois plus le physicien qui venoit tout-à-l’heure de parler raison & méchanique ; je n’y vois qu’un homme qui découvre les prérogatives de la nature dans sa dégénération même, qui préfere pour la force & la flexibilité des organes, la vieillesse à la jeunesse, & qui compte apparemment le mérite des saisons par l’hiver. (D. J.)