L’Encyclopédie/1re édition/SLESWICK, ou SLESWICH

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SLESWICK, ou SLESWICH, (Géog. mod.) ville de Danemarck, capitale du duché de même nom, sur le golphe de Slie, à 6 milles d’Allemagne de Kiel, 11 de Gluckstad, 15 de Hambourg, 17 de Lubeck. Elle est grande, mais sans fortifications, & n’ayant d’autre église dans son enceinte que la cathédrale, où l’on voit les tombeaux des anciens ducs de Sleswick. Son évêché est suffragant de Lunden. Cette ville a perdu son état florissant, par les malheurs de toute espece qu’elle a éprouvés consécutivement & qu’elle n’a pu éviter à cause de sa situation, qui se trouve sur les frontieres des Danois, des Saxons & des Suédois, peuples qui se sont toujours fait la guerre, & qui tour à tour ont pris, pillé, brûlé cette malheureuse ville. Long. 45. 2. latit. 54. 33. (D. J.)

Sleswick, duché de, (Géog. mod.) pays de Danemarck, qui est proprement le Jutland méridional. Ce pays a le nord-Jutland pour bornes au septentrion, la mer Baltique à l’orient, le Holstein au midi, & l’Océan au couchant. Sa longueur est de quinze milles germaniques, & sa largeur à-peu-près de dix. Il est arrosé d’un grand nombre de rivieres, qui n’offrent dans sa partie occidentale que prairies & pâturages ; sa partie orientale consiste en de grandes plaines, qui abondent en toutes sortes de grains.

Ce duché est une ancienne dépendance du royaume de Danemarck. Il est partagé en plusieurs bailliages tous fort peuplés, & dans lesquels on compte quantité de villages, quelques forteresses, & quatorze villes ou bourgs. Sleswick en est la capitale. La noblesse de cette province est divisée en quatre cercles, dont le premier est celui d’Hadersleben : les trois autres sont ceux de Tondern, de Flensbourg & de Gottorp.

C’est dans un village de ce dernier cercle, qu’est né Kunckel (Jean), celebre chimiste du xvij. siecle, mort en Suede en 1702. Il se rendit fameux par ses nouvelles inventions, & particulierement par celle du phosphore d’urine, dont quelques-uns néanmoins lui ont disputé la découverte. Les principaux ouvrages qu’il a publiés sont, 1°. sur l’art de faire le verre ; 2°. observationes de salibus fixis, & volatilibus, auto & argento potabili ; nec non de colore metallorum mineralium, &c. Lond. 1678, in-8°. Ce dernier ouvrage avoit d’abord paru en allemand à Hambourg en 1676 ; 3°. plusieurs observations chimiques du même auteur ont été répandues dans les mémoires des curieux de la nature. (D. J.)