L’Encyclopédie/1re édition/SUPERFÉTATION

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SUPERFÉTATION, s. f. (Physiologie.) en grec ἐπικύησις, comme qui diroit surconception, lorsque la mere concevroit en divers tems divers fœtus d’inégale grosseur, & qui naîtroient les uns après les autres.

Quoique les secrets des mysteres de la génération soient couverts d’un voile impénétrable, cependant l’expérience & la théorie se réunissent à faire regarder la superfétation comme impossible, ou du-moins si difficile à imaginer, que les meilleurs physiciens en nient généralement l’existence. Il paroit, ainsi que l’a dit Hippocrate, qu’après la conception le cou de la matrice se resserre, & que son orifice se ferme de maniere à ne pouvoir plus laisser rien entrer. Ensuite la semence ne peut plus aller de la matrice aux ovaires par les trompes, dont l’embouchure dans le fond de la matrice est alors fermée par le placenta du fœtus naissant ; ou, si l’on veut, un œuf fécondé ne peut plus entrer dans la matrice par une trompe ainsi bouchée ; car dans ces premiers tems la matrice étant encore fort petite & fort étroite, le fond en est aisément occupé par le placenta, toujours d’autant plus grand à proportion que le fœtus est plus petit : enfin le fœtus accru, abaisse par son poids le fond de la matrice, qui ne répond plus à l’orifice interne, & par conséquent la semence entreroit vainement dans la matrice, elle ne peut plus prendre la route des trompes qui se sont trop abaissées avec le fond auquel elles sont attachées. Mém. de l’acad. ann. 1705. (D. J.)