L’Espion/Notes

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Traduction par A. J. B. Defauconpret.
Furne (Œuvres, tome 2p. notes).
NOTES


DE L’ESPION.




Page 11, ligne 2.

… Des nombreuses petites vallées du West-Chester.

Chaque État de l’Union américaine ayant ses propres comtés, il arrive souvent que plusieurs portent le même nom. La scène de ce roman est placée dans la Nouvelle-York, et le comté de West-Chester qui en fait partie est le plus voisin de la capitale.

Page 12, ligne 3.

… Se furent emparés de l’île de New-York.

La ville de New-York est située sur une île appelée Manhattan, mais elle est, dans un point, séparée du comté de West-Chester par une petite baie qui n’a que quelques pieds de large. Le pont placé à cet endroit s’appelle Pont-du-Roi. Il fut, durant la guerre, le théâtre de plusieurs escarmouches dont il est question dans cet ouvrage.

Page 14, ligne 21.

… Pour qu’il pût remarquer les améliorations.

Ce mot, qui répond à celui d’improvements, est appliqué par les Américains à toutes les variations par lesquelles les terres passent de l’état inculte à celui de culture. Employé dans ce sens, abattre des arbres est une amélioration et on l’évalue justement par le montant total de la dépense.


Page 34, ligne 2.

… Qui avaient orné le salon de Queen-Street.

À la révolution, les Américains changèrent les noms de plusieurs villes et de plusieurs rues, ainsi qu’on l’a fait depuis en France à New-York, par exemple, Crown-Sreet (rue de la Couronne) est devenue de la Liberté ; King-Street, Pine-Sreet ; et Queen-Sreet, alors un des quartiers les plus à la mode de la ville, Pearl-Street. Pearl-Street, ou rue de la Perle, est maintenant principalement occupée par des marchands à l’encan, et par des négociants qui y ont leurs magasins et

leurs comptoirs.
Page 52, ligne 37.

… Faisait apercevoir la mer dans le lointain.

Ude, île qui a plus de quarante lieues de long, est placée en face des côtes de New-York et du Connecticut. Le bras de mer qui la sépare du Continent se nomme Sound, et dans ces comtés on dit par excellence The Sound. La largeur de cette nappe d’eau varie de 5 milles à 30.

Page 76, ligne 27.

… « Les troupes régulières sont à deux pas, cavalerie et infanterie. »

Il est mort, il y a peu d’années, à Bedford dans le West-Chester, un paysan aisé nommé Élisha H. Cet individu était un des espions les plus affidés de Washington. Par la teneur de leur traité, H. ne devait jamais être mis en rapport avec trois personnes. Les risques qu’il courait étant trop imminents, on lui permit aussi de s’attacher au service de sir Henry Clinton. Son amour pour le pays et sa discrétion inspiraient une telle confiance à Washington, qu’il était souvent instruit des mouvements militaires les moins importants ; depuis assez longtemps, lorsque le hasard l’amena dans la capitale, alors occupée par les Anglais, au moment qu’une expédition allait partir pour attaquer un poste assez faible établi à Bedford son village natal, où les Américains avaient un dépôt de provisions. H. s’assura facilement de la force et de la destination du détachement chargé de cette mission, mais il ne savait comment transmettre cet avis à l’officier qui commandait à Bedford, sans dévoiler son véritable caractère à une troisième personne. Le temps manquait pour prévenir Washington, et, pressé par la circonstance, il se décida à hasarder d’adresser une courte note au commandant américain, lui signalant le danger et précisant le moment où l’on devait s’attendre à être attaqué ; il s’aventura même à mettre au bas de cette note ses initiales E.’H., quoiqu’il eût déguisé son écriture, dans la pensée qu’étant suspect à ses concitoyens, cette précaution pourrait contribuer à donner plus de poids à l’avertissement. Sa famille demeurant à Bedford, la note fut aisément remise, et arriva en temps convenable. H. resta à New-York.

L’officier américain fit ce que tout autre aurait fait à sa place, il envoya un courrier avec la note à Washington, pour demander ses ordres, et en attendant prépara sa petite troupe à se défendre le mieux possible.

Le quartier-général de l’armée américaine était alors dans les hautes terres. L’exprès rencontra heureusement Washington faisant une tournée d’observation sur la frontière ; la note lui fut remise, il la lut sans descendre de cheval, ajouta au crayon « croyez tout ce que E. H. vous dira George Washington, » et rendit ce papier au courrier, en lui ordonnant de ne pas perdre une seule minute.

Lorsqu’il atteignit Bedford, l’attaque était commencée, l’officier prit le papier et le mit dans sa poche. Les Américains furent défaits, leur chef tué, et l’on trouva sur lui la note de H. avec la note écrite par Washington.

Le lendemain, H. fut mandé en présence de sir. Henry Ctinton, qui, après l’avoir questionné sur plusieurs objets, lui montra tout à coup le papier qu’il tenait, lui demandant s’il connaissait l’écriture, et s’il savait qui était ce E. H. « C’est Elijah Hadden, l’espion que vous avez fait pendre avant-hier, à Powles-Hook. La promptitude de cette réponse, le fait de l’exécution d’un espion portant les mêmes initiales, qui avait eu lieu la veille, et le sang-froid de H. le sauvèrent. Sir Henry Clinton le laissa sortir et ne le revit jamais.

Page 110, ligne 1.

… Depuis la mer jusqu’à l’Hudson.

C’est entre ces deux nappes d’eau, qui ne sont qu’à quelques milles de distance l’une de l’autre, que se passent les scènes de cet ouvrage.

Page 207, ligne 1.

… Pour nous protéger contre celle de Delancey.

Le corps de partisans, appelé dans la langue du pays cow-boys, était sous les ordres de Delancey. Ce gentleman, car il méritait ce nom par sa naissance et son éducation, devint odieux aux Américains par la cruauté qu’on lui supposait, sans qu’on ait jamais eu aucune preuve qu’il se soit rendu coupable d’actes inusités dans ce genre de guerre. Le colonel de Delancey appartenait à une famille de la plus haute importance dans les colonies américaines ; son oncle mourut l’un des administrateurs du gouvernement de New-York. Il ne doit pas être confondu avec d’autres gentlemen, de son nom et de sa famille, qui servaient aussi dans l’armée royale. Son cousin, le colonel Olivier de Delancey, était, à l’époque de notre récit, adjudant-général des armées anglaises en Amérique. Il avait succédé au malheureux André. On donnait quelquefois aux Cow-boys le nom de refugees, parce qu’ils s’étaient réfugiés sous la protection de la couronne.

Page 208, ligne 22.

… Ne croyez pas que les gens de Paulding…

L’auteur fait ici une allusion d’une nature trop locale pour être comprise par la genéralité des lecteurs. Il est bien connu qu’André fut arrêté par trois habitants de la campagne, qui étaient à l’affût pour piller des derrières de l’ennemi. Le principal d’entre eux se nommait Paulding. Le désintéressement avec lequel ils refusèrent les offres de leur captif est historique.

Page 264, ligne 4.

… Et l’on ne se réchauffe pas dans cette maudite vallée.

L’auteur ajoute : « Notre marche ressemble autant à un convoi que de vieux chiffons ressemblent à un Continental. » Pour expliquer le dicton de la vivandière, il met en note : Le papier-monnaie, créé par le Congrès, était appelé vulgairement continental. Ce terme continental était appliqué à l’armée, au congrès, aux vaisseaux de guerre ; enfin à presque tout ce qui avait rapport au nouveau gouvernement. Il semble qu’il avait été inventé en opposition à la situation insulaire de la mère-patrie.

Page 301, ligne 39.

… Ni ce qu’il fait ni ce qu’il pense.

La traduction littérale serait : S’il est d’en haut ou d’en bas. Le parti américain était appelé le parti d’en haut, et le parti anglais le parti d’en bas. Ces désignations étaient en rapport avec le cours de l’Hudson.

Page 316, ligne 22.

… Les officiers de l’armée royale n’ont donné à Hale qu’une seule heure.

On découvrit dans le camp anglais un officier américain de ce nom qui cherchait, à la faveur d’un déguisement, à se procurer quelques informations. Il fut jugé et exécuté, ainsi qu’on le rapporte dans le texte, dès qu’on eut fait les préparatifs nécessaires. On prétend que, placé sous le gibet, il s’entendit reprocher de déshonorer, par une telle fin, le rang qu’il occupait. « Quelle mort pour un officier ! s’écria un Anglais. — Toutes les morts sont honorables, gentleman, lorsqu’on meurt pour une cause semblable à celle de l’Amérique, fut sa réponse.

André périt au milieu des larmes de ses ennemis. Hale mourut sans rencontrer de pitié. Des paroles de blâme furent les dernières qui frappèrent son oreille, et cependant l’un tombait victime de l’ambition, et l’autre de son dévouement à son pays. La postérité les jugera.

Page 318, ligne 12.

… De produire aucun témoin.

Le texte porte : De produire aucun témoin en faveur du peuple et il ajoute en note : En Amérique, la justice est administrée au nom du bon peuple (good people), etc., et la souveraineté réside en lui.

Page 333, ligne 2.

… Des États de l’est de l’Amérique.

On entend par les États de l’est ceux de la Nouvelle-Angleterre, qui, étant dans l’origine fondés par les Puritains, conservent encore quelques traces de leur caractère distinctif.


fin des notes.