L’exposition scolaire de l’Angleterre et du Canada

ANGLETERRE ET CANADA[1]
C’est une chose bien singulière, mais comme le fait est vrai, il faut bien le constater tout d’abord : la Grande-Bretagne n’a point d’exposition pédagogique ; lacune fâcheuse, car il eût été intéressant d’étudier sur le vif l’état de l’instruction primaire chez nos voisins d’outre-Manche et de le comparer à celui de la France, autrement que dans les livres ou les rapports officiels. Quand j’ai demandé la raison de cette singulière lacune dans l’exposition anglaise, il m’a été fait une réponse tout aussi singulière. Premièrement, m’a-t-on dit, le gouvernement britannique, vous le savez, n’a pas, à proprement parler, d’écoles à lui, d’écoles officielles, comme vous les appelez en France ; son rôle est de venir en aide aux établissements scolaires et de stimuler leur zèle par les divers moyens que le parlement met entre ses mains, et ce système qui nous a valu d’importants progrès, depuis quelques années, a le mérite de respecter l’indépendance des Communes et la liberté des familles, deux choses fort précieuses à nos yeux.
En second lieu, continua mon interlocuteur, nos grands éditeurs scolaires ne se sont pas souciés d’envoyer leurs publications à l’Exposition de 1878 : ils se sont dit que cela n’avancerait en rien la vente de leurs livres et que, par conséquent, ils n’y avaient aucun intérêt : ils ont leur public à eux, répandu non-seulement en Angleterre, mais dans le monde entier, et cela leur suffit.
Cette explication, on le conçoit, me satisfit médiocrement, et, tout en maugréant, je dus me mettre à étudier les rares échantillons que j’avais sous les yeux.
L’Exposition pédagogique de l’Angleterre peut se classer ainsi qu’il suit : Livres religieux ou classiques de la Société des écoles du dimanche ; cartes géographiques pour les écoles primaires ; mobilier des écoles, modèles de dessin industriel. C’est tout, et ce tout même en proportions très-limitées.
Commençons par les livres. La collection envoyée par la Société des écoles du dimanche se compose en grande partie d’ouvrages de lecture courante ; d’histoires amusantes, de voyages, de traités religieux à l’adresse de l’enfance, plutôt que d’ouvrages classiques proprement dits. Toutes ces publications coquettement reliées quel qu’en soit le caractère, offrent de nombreuses illustrations, piquent la curiosité du petit lecteur, et sont généralement assez bien faites au point de vue de la distribution des matières ; mais nous avons tout aussi bien en France, et dès lors nous n’avons pas à nous en occuper d’une façon plus détaillée. Je remarque cependant un fait caractéristique chez les Anglais, c’est que partout et toujours, le nom de Dieu, de la Providence, les grands traits de la Rédemption divine, jouent un rôle important dans les livres scolaires, comme dans l’école elle-mème. Voici quelques sentences copiées sur des cartes, destinées à être appendues aux murs. Je suis le bon Pasteur. Paissez mes agneaux, paisses mes brebis. Espère en Dieu. Ô Dieu, tu me vois toujours ! S’agit-il de frapper la mémoire des enfants des événements qui s’accomplirent sur le mont Sinaï, on représente sur une pancarte murale une montagne fortement éclairée par un soleil tropical sur laquelle sont écrits en grosses lettres : Montagne de Dieu.
Aux yeux de bien des gens, ces enseignements paraîtront puérils et surannés ; nos voisins en Jugent autrement, et c’est pourquoi j’ai cru devoir le constater dans un moment où l’on fait tant d’efforts en France pour bannir de nos écoles jusqu’au nom de la Divinité.
Passons actuellement aux cartes géographiques et aux diagrammes, comme les appellent les Anglais. Ces derniers sont des pancartes, figurant en traits vigoureux et saisissants l’objet ou les objets dont s’occupera un conférencier devant le public auquel il a affaire. Ce sont de véritables illustrations destinées à faire comprendre le système scolaire, la météorologie ou d’autres branches des sciences naturelles et physiques ; nous ne trouvons donc pas ici de publications exclusivement propres à l’enseignement scolaire. Il en est autrement des cartes géographiques publiées par la maison Stanford de Londres, dont nous avons remarqué une carte en relief de la Grande-Bretagne où les élèves peuvent suivre en détail les nombreux petits bassins qui irradient toute la surface du pays. À notre avis, même, cette carte renferme trop de détails, et par là elle tend à produire la confusion plutôt que des idées nettes et exactes dans l’esprit des enfants. Du reste, c’est un défaut que nous avons souvent remarqué dans les publications cartographiques des Anglais et même des Allemands. Pour être juste, cependant, notons les cartes élémentaires de la maison Johnston d’Edimbourg, dont les atlas sont d’ailleurs très-populaires de l’autre côté du détroit, et celles de la maison Philip, de Londres. Notons enfin une belle carte publiée par le Board of Education, et qui représente sur une grande échelle toutes des écoles de Londres, écoles libres, aussi bien qu’écoles paroissiales. On y suit avec la plus grande facilité le progrès énorme que l’enseignement primaire a fait dans ces dernières années, au milieu de cette capitale dont la population équivaut à celle de plus d’un royaume. Grâce à une teinte différente, on peut même y reconnaître les nombreux établissements qui sont dus à l’initiative privée ou collective, et nous savons combien les Anglais pratiquent avec ardeur et intelligence le principe de l’association. Cette carte du Board of Education a son pendant chez nous dans celle que M. Gréard a fait dresser pour la ville de Paris et que nous retrouverons dans le pavillon de la Ville de Paris.
J’aurais à parler ici des beaux modèles de dessin industriel envoyés par le South Kensington Museum, mais je craindrais de répéter ce qui a déjà été dit tant de fois. Un mot seulement : ces modèles sont en tout dignes de la réputation de cet établissement.
Nous voilà devant le mobilier des Écoles. — En réalité nous sommes simplement en face de quelques bancs et de quelques tables : point de modèles de classe, ni d’installations intérieures, mais seulement des envois de la maison Hammer de Londres. Ce sont des bancs-tables pouvant servir successivement, par un mécanisme ingénieux, de pupitre pour écrire ou pour lire, ou de siéges dans un jardin. Chaque table n’offre de place qu’à deux élèves, système adopté généralement aujourd’hui en Angleterre ; la surveillance et l’hygiène s’en trouvent également bien et quant aux bancs-tables de la maison Hammer, il s’en est vendu, nous assure-t-on, plus de soixante-dix mille. Ce serait une raison pour notre administration scolaire d’étudier sérieusement ce système, s’il est vrai, comme on nous le dit encore, qu’il coûte beaucoup moins cher que les installations du même genre fournies aux écoles de Paris. Chaque table de 1 m. 20 c. de longueur revient à 24 ou 28 francs, suivant le bois qui entre dans sa composition. D’autres, d’un mécanisme un peu plus compliqué atteignent le chiffre de 30 ou de 37 fr. 50 c. environ, ce qui, paraîtrait-il, est inférieur aux prix ordinaires des tables dans nos écoles communales.
LE CANADA.
Puisque l’Angleterre nous fournit une si maigre exposition pédagogique, passons au Canada où nous trouverons amplement à satisfaire notre curiosité, et qui dans cette occasion donne un exemple honorable à sa métropole. Il y a de plus ici pour nous, un double intérêt : tant de souvenirs nous rattachent en effet à cette vieille colonie française qui nous resta si longtemps unie par tant de liens intimes et par un patriotisme ardent ! Le Canada, chacun le sait, a gardé de son passé notre religion, notre langue, une partie de nos institutions et jusqu’à nos mœurs caractéristiques. Quand on aborde ces Canadiens venus des bords du Saint-Laurent, pour étaler à nos yeux les nombreux et riches produits de leur patrie actuelle, on leur trouve je ne sais quelle saveur étrange ; leur langue est la nôtre, mais ils la parlent avec un accent qui ne ressemble en rien à aucun de nos accents provinciaux. Dans la bouche des Canadiens, le français a quelque chose d’âpre et de fruste qui tient peut-être aux montagnes et aux forêts qu’ils habitent. De plus ; il s’est glissé à la longue, dans leur idiome, des tournures et jusqu’à des expressions qui sentent le terroir britannique et font une singulière impression. au milieu d’une phrase française. Et cependant en causant avec les Canadiens, on saisit sur le vif des gestes, des habitudes d’esprit, des traits de caractère où se trahissent à chaque instant, les Français du xviie siècle, dont la plupart des habitants actuels sont descendus. Le lecteur comprendra donc facilement tout l’attrait que nous avons ressenti en visitant l’exposition dont nous allons parler.
Un mot d’abord sur l’instruction publique au Canada. Grâce à l’obligeance de M. Perrault, commissaire général de cette exposition, nous avons pu étudier en détail l’histoire de l’enseignement primaire dans la colonie britannique, depuis ses premiers débuts. Un ancien ministre de l’instruction publique, M. Chauveau, bien connu en Europe par ses voyages à la recherche des meilleurs méthodes pédagogiques, a publié récemment un ouvrage que nous avons parcouru avec le plus vif intérêt, car il renferme les plus curieux détails sur l’organisation de l’instruction publique dans les diverses provinces du Canada, et sur les luttes acharnées auxquelles a donné lieu cette organisation elle-même, depuis tantôt trois quarts de siècle. Luttes acharnées n’est pas une expression trop forte, puisque la seule question de l’éducation populaire a fait maître et mourir je ne sais combien de cabinets. C’était donc une question politique en même temps que sociale, où protestants et catholiques ont longtemps rivalisé d’influence, et où, j’ai hâte de l’ajouter, les catholiques, leur clergé en tête, se sont toujours montrés les plus larges, les plus libéraux et ont fini par établir le système actuel, un des plus intelligents et des mieux entendus que je connaisse. Nulle part la liberté de conscience et la liberté du père de famille ne sont plus respectées qu’au Canada et il est important de le constater tout d’abord, car l’exposition pédagogique que nous avons sous les yeux est un des premiers résultats de cet état de choses.
Les écoles communales occupent naturellement la place la plus importante et ce qui s’y distingue au premier coup d’œil, c’est la haute estime dans laquelle les Canadiens tiennent la calligraphie. C’est précisément pourquoi je commence par là ma revue. Comme j’avais ouvert un certain nombre de travaux d’élèves, je fus singulièrement frappé de la ressemblance générale de toutes ces écritures d’enfants de divers âges. C’était bien à l’écriture anglaise, si régulière, accusant si bien les pleins et les déliés qu’on retrouvait partout en Angleterre il y a une trentaine d’années. Nous l’appellerions volontiers une écriture cursive, si chez nous, nous n’appliquions cette épithète à un caractère un peu différent. Lorsque je demandai à M. Perrault la raison de cette ressemblance un peu monotone par sa régularité même, il me fit entendre que la génération précédente se distinguait au Canada par sa mauvaise écriture et il ajouta avec un geste de dédain « C’était une mauvaise écriture française, mais nous avons changé tous cela ! Tenez, monsieur, voilà de l’écriture de mon neveu, jeune garçon de dix-sept ans, c’est une écriture magnifique, comme vous voyez, et qui peut lui assurer un brillant avenir : aussi l’ai-je montrée aux Magasins du Louvre, où l’on m’a invité à le faire venir sur-le-champ, afin de lui donner une position avantageuse. » Il y avait là pour moi une révélation qui m’aidait à comprendre la haute importance que les Canadiens attachent à l’écriture. Trente mille au moins d’entre eux émigrent chaque année aux États-Unis, et dans les autres parties de l’Amérique, où ils trouvent facilement à se caser, grâce à ce moyen simple et facile. Pour des familles très-nombreuses, très-actives, très-entreprenantes c’est un point qu’on ne peut négliger.
Les devoirs d’élèves envoyés par des établissements protestants et catholiques sont généralement soignés, mais souvent empreints d’une naïveté qu’on ne retrouve guère dans les devoirs d’élèves américains publiés naguère par M. Buisson. Chez les jeunes filles, on v rencontre assez communément, je ne sais quel vague sentiment de rêverie ou de mélancolie qui étonne et qui parfois manque de simplicité. En revanche tous ces devoirs d’élèves, sans distinction, ont un grand cachet de vérité, d’honnêteté. Les devoirs soit anglais, soit français en nombre à peu près égal, sont scrupuleusement marqués à l’encre rouge lorsque l’écolier a fait des fautes, et à chaque page se révèle la preuve que le maître a laissé ses élèves suivre leur propre inspiration.
En passant aux autres devoirs, nous avons remarqué que l’histoire générale est assez sérieusement cultivée dans les écoles du Canada. Celle de la colonie y occupe naturellement la première place, mais il est facile de s’apercevoir que les directeurs et les directrices d’écoles, appartenant à la population d’origine française, tiennent beaucoup à ce que leurs élèves connaissent les grands hommes et le grands événements de la vieille mère-patrie. Il en est autrement, c’est tout simple, dans les provinces de formation récente, comme le Nouveau-Brunswick, où le fond de la population est britannique.
À côté des devoirs historiques, viennent s’en placer d’autres dont la plupart consistent en lettres de nature différente, mais se rapportant en général aux divers incidents de la vie réelle. Ces petites compositions ont un caractère pratique qui plaît d’autant plus, qu’il se fonde sur la vie de ceux qui les font.
La géographie élémentaire paraît être cultivée avec soin. À mon sens, les cartes murales destinées à l’enseignement, ont un grand avantage sur celles de l’Angleterre : elles sont moins remplies de détails et, par conséquent, permettent à l’enfant de savoir d’un coup d’œil ce que lui montre son maître. J’ai remarqué particulièrement ce qu’on pourrait appeler un pluvio-sphère, ou une carte représentant les régions du monde où les pluies sont ou perpétuelles ou variables. Tout le monde sait que dans la zone équatoriale, il existe toujours une ceinture de nuages qui laissent tomber chaque jour une certaine quantité de pluie sur les contrées qu’ils surplombent, tempérant ainsi les ardeurs d’un soleil tropical. La carte canadienne indique avec une clarté merveilleuse ces différences de température et de pluie et grave ce fait géographique d’une façon indélébile dans la mémoire des élèves. Ce sont de petits détails sans doute, mais l’enseignement ne se compose-t-il pas de petits détails ? En tous cas, il est bon de-les noter et peut-être de les imiter.
Quant aux travaux cartographiques des écoliers, il y en à un certain nombre qui ne sont pas assurément des chefs-d’œuvre comme j’en ai vu dans d’autres expositions scolaires, mais ils ont à peu près tous le mérite de l’exactitude. De fait, ce que nous devons demander aux enfants de nos écoles primaires, c’est de pouvoir faire presque à main levée la carte de leur commune, de leur arrondissement, etc. Ils n’ont donc besoin la plupart du temps que de faire un croquis cartographique, et c’est précisément ce que nous présentent ces essais des jeunes Canadiens. Ainsi nous avons sous les yeux, tantôt des cartes de toute la colonie, ou plus souvent des croquis de la province d’Ontario, de Québec, du Nouveau-Brunswick, etc.
Cette esquisse serait par trop incomplète si je ne disais quelques mots des modèles de salle d’école exposés par le Canada. Il y en a une qui m’a particulièrement frappé ; elle appartient à la ville de Québec. À l’entrée se trouve un vestiaire fourni de deux lavabos qui paraissent parfaitement installés pour la commodité des élèves. L’école est divisée en deux salles, la principale destinée à recevoir de trente à quarante élèves, à en juger par le nombre de siéges qui s’y trouvent. Chaque enfant est isolé devant une petite table sous laquelle se trouve une planche destinée aux livres. El y a donc beaucoup de place pour circuler, mais un semblable système ne pourrait évidemment s’appliquer à des groupes scolaires nombreux, comme ceux.qui existent à Paris et dans beaucoup de grandes villes. Les Canadiens ont imité ici l’organisation des écoles américaines. La seconde salle est en gradins et par conséquent appropriée à des leçons de choses, de géographie ou d’autres branches où le tableau noir est nécessaire. Elle n’offre rien qui la distingue de ce que nous connaissons d’analogue.
Voilà pour l’intérieur, mais nous avons aussi le modèle de l’extérieur. C’est un grand bâtiment plus ou moins gothique, genre d’architecture dont les Anglais abusent aujourd’hui, surtout en ce qui concerne les écoles. Lés Canadiens paraissent tentés de les imiter : sous ce rapport on a déjà fait ressortir dans cette revue même les graves inconvénients de ce système pour l’éclairage et l’aération des écoles ; je n’ai donc pas besoin d’insister.
Les écoles normales occupent, on le comprend, une place importante dans le régime scolaire du Canada ; elles sont au nombre de quatre et d’une création assez récente, mais le gouvernement et les citoyens ont rivalisé d’efforts pour les mettre au niveau de ce qu’exige la pédagogie moderne. La direction de ces établissements est confiée tantôt à des corporations religieuses chez les catholiques ; tantôt à des pasteurs ou à des laïques chez les protestants, mais rien n’est épargné de part et d’autre pour y former des instituteurs instruits et exemplaires dans leur conduite morale.
À chacune de ces écoles normales sont attachées des écoles annexes comme cela se pratique aux États-Unis et en Europe. Le cours d’études réglementaires est de trois années qui peuvent se prolonger d’une année si c’est nécessaire, et si j’en juge par le programme officiel et par les travaux des élèves qui figurent à l’exposition. Ces établissements peuvent déjà rivaliser avec les meilleures institutions qui fonctionnent dans notre vieux continent.
Un point important à signaler, c’est que le système scolaire du Canada admet à la fois la gratuité, l’obligation et la rétribution scolaire qui n’excluent en rien les subventions annuelles du gouvernement. De fait, les habitants de cette puissante colonie n’ont voulu se priver d’aucune ressource ni d’aucun avantage.
L’enseignement obligatoire tout récemment adopté a augmenté le nombre des élèves, mais comme les Canadiens n’ont aucunement l’idée de faire de l’obligation une arme de guerre contre le christianisme, ils ne s’en trouvent pas mal.
Du reste je ne puis mieux faire pour résumer en quelques lignes tout ce qu’on pourrait dire sur l’ensemble de l’enseignement primaire au Canada que de citer en finissant les paroles de M. Chauveau, dans son ouvrage sur l’instruction publique. Après en avoir terminé l’historique, il ajoute :
« Cette histoire s’étend depuis l’époque des premières missions, et l’établissement d’écoles pour les enfants des sauvages (il en existe encore quelques-unes entretenues par le gouvernement aux portes de Québec et de Montréal), jusqu’à l’organisation et le développement d’un système d’instruction publique presque aussi complet que celui des pays les plus avancés en civilisation ; depuis les origines canadiennes sous Henri IV et Louis XIII, Louis XIV et Louis XV, jusqu’à la reine Victoria ; depuis le grand roi qui disait : l’État c’est moi, jusqu’au régime constitutionnel le plus libéral qu’il y ait au monde. Elle montre comment des populations différentes de langage, de religion, de mœurs sociales ont pu s’entendre et trouver la solution jusqu’ici la plus heureuse des rapports de l’Église avec l’État, et des divers cultes les uns avec les autres. Comme nous lavons vu, l’action du clergé catholique et des communautés religieuses d’hommes et de femmes, qui se trouve à la base du système, ne s’est point déconcertée ni amoindrie par tous les changements qui ont eu lieu. Elle s’est étendue au contraire, et s’est développée en parfaite harmonie avec les nouvelles institutions.
« … L’humble école ouverte à Montréal en 1657, dans une étable, est devenue le point de départ d’un apostolat religieux, moral et littéraire, qui s’étend aujourd’hui sur une grande partie de l’Amérique. »
Directeur de l’Éducation.
- ↑ Voir sur notre plan scolaire les parties teintées qui portent les nos9, 10 et 11.