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L’héritière d’un millionnaire/18

J.A. David, éditeur,  (p. 49).


IX.


1608-1628. — M. de Monts qui ne s’était guère occupé des affaires du Canada depuis qu’il s’était vu enlever le monopole de la traite, ayant été réinstallé dans ses privilèges, en 1608, équipa deux vaisseaux avec le secours de ses anciens associés, au commandement desquels il préposa Champlain.

Le 3 juillet de la même année, le lieutenant de M. de Monts débarqua sur l’emplacement actuel de la Basse-Ville, à Québec, et commença bientôt l’œuvre du défrichement, après s’être préalablement fortifié.

Champlain organisa une discipline ferme et énergique, ce qui mécontenta plusieurs colons. À la tête des mécontents se trouvait un serrurier normand nommé Jean Duval. Ce dernier forma le plan diabolique de se débarrasser du chef de la colonie en l’assassinant. Mais un des conspirateurs dénonça le complot quelque temps avant son exécution. Duval fut jugé et condamné à mort.

Champlain trouva le Canada habité par des races de sauvages autres que celles qui le peuplaient, lors des voyages de Jacques Cartier. Les bourgades Stadaconé et Hochelaga n’existaient plus. Les Iroquois avaient refoulé et pourchassé les anciennes tribus. Ces peuples du désert accoururent au devant de Champlain et lui demandèrent son alliance contre leurs terribles ennemis.

On reproche à Champlain d’avoir acquiescé, d’une manière apparemment précipitée, à une alliance aussi compromettante.

La première bataille que Champlain livra aux Iroquois, eût lieu le 29 juillet 1609, sur les bords du lac auquel il donna son nom. Ces barbares passèrent la nuit qui précéda le combat à danser, à chanter et à se provoquer, un peu à la manière des héros d’Homère. La première décharge de nos armes les saisit d’épouvante et les dispersa. Deux des chefs Iroquois, ainsi que plusieurs autres combattants tombèrent frappés par nos balles.

L’année suivante eut lieu une nouvelle campagne contre les Iroquois. Le combat se livra à l’embouchure de la rivière Richelieu. Ils furent également repoussés.