La Figure de proue/Crépusculaire

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Eugène Fasquelle (p. 104-105).

Crépusculaire

        Le jour s’en va. Monte ta bête !
Le plateau s’ouvre au bout du chemin malaisé…
Dans l’obscurcissement de la nuit qui s’apprête,
Les lacs lointains sont des coupes de lait.
        Est-ce le feu dans la forêt ?
Le plateau s’ouvre au bout du chemin malaisé…
Monte ! Tu pâliras en détournant la tête,
Devant le déploiement du couchant biaisé.

Qui donc glorifiera le ciel de sa blessure ?
De ton silence ou de ton chant
Seras-tu triomphale ou sombre ?
Vas-tu t’attarder debout sur ton ombre ?
Qui donc glorifiera le ciel de sa blessure ?
Ah ! dis ! que tes talons éventrent ta monture,
Et puisses-tu, saignant, écumant, trébuchant,
Bondir des quatre pieds au travers du couchant !