La France Juive (édition populaire)/Livre 2/Chapitre 4

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Victor Palmé (p. 116-125).


CHAPITRE QUATRIÈME


LA RESTAURATION ET LA MONARCHIE DE JUILLET


Le compte de liquidation. — L’avènement des Rothschild. — La Restauration reste étrangère à tout sentiment de justice et de prévoyance. — Les banquiers français conspirent contre eux-mêmes. — Le chef-d’œuvre de Toussenel : les Juifs rois de l'époque. — Le saint-simonisme. — Les frères Pereire. — Le Prince Impérial et les Juifs. — Mépris du duc d’Orléans pour les Juifs.


I


En 1790, le Juif arrive ; sous la première République et sous le premier Empire, il entre, il rôde, il cherche sa place ; sous la Restauration et la monarchie de Juillet, il s’assied dans le salon ; sous le second Empire, il se couche dans le lit des autres ; sous la troisième République, il commence à chasser les Français de chez eux ou les force à travailler pour lui. En 1890, si, comme je veux l’espérer quand même, il y a encore chez nous assez de force cachée pour nous arracher à la mort, il sera revenu à son point de départ, et aura restitué en bloc tout ce qu’il avait pris en détail à des gens trop hospitaliers et trop confiants.

En 1815, tous les discours superbes prononcés depuis 89 ; tout le sang versé sur les échafauds et sur les champs de bataille ; les belles morts des hommes politiques, des héros, des héroïnes, des Girondins, des Montagnards, des Vendéens ; le courage des soldats de Sambre-et-Meuse, des chouans, des grognards, des hussards de Lutzoff, des milices écossaises, des Vergniaud, des Saint-Just, des Charette, des Cathelineau, des Stofflet, des Lannes, des Davout, des Bessières, des Charlotte Corday, des Mme Roland ; les capitales de l’Europe prises tour à tour ; les charges irrésistibles de cavalerie que menaient, l’éclair aux yeux, les Murat, les Lassalle, les Montbrun, les Nansouty, les Blücher, les Ziëthen, les Platow ; Valmy, les Pyramides, Marengo, Austerlitz, Waterloo ; le génie de Napoléon, la rouerie de Talleyrand, la ténacité de Wellington : — tout cela aboutissait à un compte de liquidation.

Ce formidable mouvement humain venait finir dans la Judengasse de Francfort. L’homme du moment était un Juif servile et rampant encore, qui disait : Y affre moyen, ou y affre bas moyen.

Les Aryens s’étaient entre-tués pendant vingt-cinq ans pour mettre au pinacle un Sémite à mine abjecte, qui, pendant qu’on se battait, rognait paisiblement des ducats.

Le compte de liquidation est le triomphe du Juif. En faire ouvrir un est le rêve qu’il caresse sans cesse. Tant qu’un compte comme celui-là dure, on peut être relativement tranquille ; dès qu’il est clos, il faut s’attendre à voir recommencer une nouvelle période de guerre, qui en ouvrira un autre.

Centralisant entre ses mains toutes les créances particulières d’Allemagne et d’Angleterre, Rothschild mettait en même temps ses fonds à la disposition du gouvernement français ; il fournissait l’argent qu’il réclamait, et réclamait l’argent qu’il fournissait. Comme le maître Jacques de Molière, il changeait de rôle selon les circonstances : il était tour à tour le plus implacable des créanciers et le plus complaisant des préteurs. Comment discuter la validité d’une créance avec quelqu’un qui vous oblige ?

Sous la pression de ce Shylock serviable, la France dut payer jusqu’au dernier sou les réclamations les plus improbables, les réparations les plus fantastiques, les dettes les plus chimériques. Tout ce que des armées de 1,500,000 hommes avaient pu causer de dommages réels ou imaginaires, dans leur promenade à travers l’Europe, revenait à la Restauration, mais grossi par la crasse des mains de Juifs subalternes, par lesquelles ces créances avaient passé avant d’arriver aux mains déjà plus propres, mais toujours aussi avides, de Rothschild. A l’appel d’Israël, le Passé même sortait du tombeau, et la France dut acquitter la solde d’un régiment de reîtres allemands qu’un principicule quelconque avait fourni à Henri IV.

Ces trafics, en apparence exclusivement financiers, avaient l’avantage en outre de servir puissamment l’idée juive. Les Juifs disséminés dans toute l’Europe, et auxquels on reprenait avec un bénéfice les créances qu’ils avaient achetées pour un morceau de pain, savaient qu’il y avait en France un des leurs qui traitait d’affaires d’État directement avec les ministres.

James de Rothschild, qui s’était installé rue de Provence, n’était déjà plus le petit compagnon d’autrefois ; il était baron autrichien, s’il vous plaît, grâce à M. de Metternich. Si la duchesse d’Angoulême, saisie de surprise à la proposition, s’écriait : Fi donc ! lorsqu’on lui parlait d’admettre Mme de Rothschild en sa présence, le Nucingen qui traversé l’œuvre de Balzac avec son baragouin tudesque, était devenu une manière de personnage.

Les Juifs d’outre-Rhin, qui s’essayaient, timidement encore, il est vrai, à prendre pied à Paris, s’habituaient à regarder la maison de Rothschild comme la maison mère du judaïsme français. Avec l’esprit de solidarité qui anime la race, les Rothschild aidaient les nouveaux arrivants, leur fournissaient des fonds pour faire la petite usure ; en même temps ils recevaient d’eux de précieux renseignements, et organisaient cette police qui est sans égale dans le monde entier[1].

La Restauration ne vit pas le danger de cette invasion juive, que Napoléon avait si bien discerné. La royauté n’avait plus, depuis plus d’un siècle, le sens de la France : elle ne comprit rien à la Révolution, ni avant ni après ; il lui manqua précisément ce qui, à l’origine, avait fait la grandeur et la puissance de cette monarchie, confinée au début dans l’Ile-de-France.

La force des premiers Capétiens avait été de s’identifier avec le génie français, de protéger les intérêts économiques du pays, en même temps que d’agrandir son territoire et d’augmenter son prestige par les armes. Les derniers Bourbons n’avaient pas le goût belliqueux.

Ce qui manquait chez eux plus que tout le reste, ce qui manqua d’une façon si funeste pour nous aux monarchistes de l’Assemblée de 1871, ce fut le principe sans lequel toute monarchie chrétienne est un nonsens : l’esprit de justice. Discite justitiam moniti, dit le doux Virgile, dans lequel on semble parfois entrevoir comme un reflet de la sagesse des Écritures… Les Bourbons avaient été avertis, mais ils n’en aimaient pas davantage la justice. S’ils avaient été justes, ils auraient fait fusiller, pour venger la conscience humaine, une douzaine de conventionnels, parmi ceux qui avaient montré le plus d’acharnement contre le malheureux Louis XVI, et ils n’auraient jamais touché à un soldat de la Grande Armée.

Le Juif encombrant et bruyant d’aujourd’hui n’existait pas encore. Il n’était question alors ni d’insulter les Chrétiens ni de frayer avec les ducs. Autant, depuis 1870 surtout, affolés par le triomphe et s’imaginant déjà être complètement nos maîtres, ils ont été cyniques, grossièrement blasphémateurs, impitoyables persécuteurs ; autant, sous la Restauration, ils prouvèrent qu’ils étaient capables de savoir attendre.

Le nombre des banquiers d’origine française était, à cette époque, assez restreint à Paris. En face des Rothschild, des Hope, des Baring, les Casimir Périer, les Laffitte, les Ternaux, les Delessert, occupaient cependant dans le monde financier une situation considérable ; réunis, ils auraient pu empêcher à jamais la banque juive, la banque allemande, de s’emparer des finances, d’introduire le vol sur le marché et de ruiner notre pays. Ils avaient été traités avec considération, comme ils le méritaient pour leur probité, par cette royauté imprévoyante sans doute, aimant trop les Français pour soupçonner les haines que la Franc-Maçonnerie attisait autour d’elle, mais si droite, si pure, si irréprochable au point de vue de l’honnêteté ! Ils étaient en relation avec des ministres qui n’étaient point encore, comme ceux d’aujourd’hui, des faiseurs de coups de Bourse et des lanceurs de mines sans minerai, mais des hommes irréprochables, qui sortaient pauvres des affaires, en gardant souvent pour tout patrimoine un nom autour duquel ne s’élevait aucun soupçon.

Quelques mesquines rancunes, le désir ardent de jouer un rôle étouffèrent chez ces banquiers tout patriotisme : ils commanditèrent l’opposition ; ils renversèrent une royauté dont l’histoire peut sans doute juger sévèrement les faiblesses, mais qui était l’honneur même, si on la compare aux gouvernements qui suivirent ; qui assurait à notre nation le premier rang en Europe ; qui personnifiait par tant de beaux côtés la grande et noble France des ancêtres, cette France dont le vieux roi avait mis les couleurs sur Alger conquise, avant de partir pour l’exil.


II


Avec le gouvernement de Louis-Philippe, le règne du Juif commence.

De ce règne des Juifs pendant dix-huit ans, un chef-d’œuvre impérissable est sorti : les Juifs rois de l'époque. Pamphlet, étude philosophique et sociale, œuvre de poète, de penseur, de prophète, l’admirable livre de Toussenel est tout cela à la fois ; et ma seule ambition, je l’avoue, après de longues années de labeur littéraire, serait que mon livre pût prendre place près du sien, dans la bibliothèque de ceux qui voudront se rendre compte des causes qui ont précipité dans la ruine et dans la honte notre glorieux et cher pays.

En ce livre éloquent repasse tout le régime philippiste, plus décent d’apparence que notre République, au fond presque aussi pourri qu’elle. Tous les sales marchandages sont là ; le journal des Rothschild y est raconté dans ses cuisines malpropres, et l’on y rencontre les Léon Say, les John Lemoinne, les Aron, les Charmes, les Berger, les Raffalowich, les Jacquot du temps, se faisant donner des candidatures officielles, des directions, des consulats, des concessions, en menaçant toujours de refuser leur précaire appui, en se fâchant quand on propose de les payer non pas ce qu’ils s’estiment, mais ce qu’ils valent.

Nul mieux que Toussenel n’a signalé la conquête de tous les États chrétiens par le Juif.


Le Juif, écrit-il, a frappé tous les États d’une nouvelle hypothèque, et d’une hypothèque que ces États ne rembourseront jamais avec leurs revenus. L’Europe est inféodée à la domination d’Israël ; cette domination universelle que tant de conquérants ont rêvée, les Juifs l’ont entre leurs mains. Jérusalem a imposé le tribut à tous les États ; le produit le plus clair du travail de tous les travailleurs passe dans la bourse des Juifs, sous le nom d’intérêts de la dette nationale.


Si les Juifs allemands, représentés par Rothschild, avaient si vite réussi à accaparer la majeure partie de la fortune publique, il convient de reconnaître qu’ils avaient été puissamment aidés par les Juifs portugais.

Les Rothschild, spéculateurs peu spéculatifs de leur nature, s’étaient gardé, on le comprend, de suivre les Juifs de l’école saint-simonienne dans leurs tentatives pour régénérer le monde. Dans l’immense Paris des idées et des utopies, ils ont toujours été les mêmes que dans leur maison de bois à grillage épais de la Judengasse de Francfort : ils attendent qu’on frappe à la porte, pour entr’ouvrir le judas et demander quel gage on apporte.

A la vieille usure, les Rothschild avaient substitué les emprunts d’État. Les Pereire créèrent tout un système financier nouveau : bienfait du crédit, roulement incessant de l’argent, circulation des capitaux, ils enveloppèrent le tout d’un simulacre de philosophie et d’un soupçon de littérature ; rapprochement des peuples, amélioration, suppression du paupérisme…

Cette mise en scène n’était pas inutile.

L’envahissement du Juif, en effet, subi docilement aujourd’hui, soulevait alors de violentes protestations.

L’école romantique, qui avait ressuscité littérairement l’ancienne France, redressé beaucoup d’idées fausses, reconstitué avec leur couleur et leur relief les mœurs d’autrefois et l’existence des générations disparues, avait pu se rendre compte, dans son étude du passé, des raisons qui justifiaient la répulsion de nos aïeux pour le Juif.

Dans Victor Hugo, l’épithète d’immonde est presque toujours accolée au nom de Juif.

La société française protestait énergiquement contre l’ennemi qui allait la détruire par la ruse. Tout Paris, révolté par le luxe de mauvais goût que commençait à afficher Nucingen, battait frénétiquement des mains à la scène de Marie Tudor où Fabiani-Delafosse disait à Gilbert-Lockroy : « Ils sont tous ainsi, ces Juifs. Le mensonge et le vol, c’est tout le Juif. »

A Versailles, la foule s’amassait, en éclatant de rire, devant la Smalah d'Abd-el-Kader, où Vernet avait représenté Fould sous les traits d’un Juif s’enfuyant avec la cassette.

En ce temps-là, on osait ce que personne n’oserait maintenant : on attaquait ouvertement Rothschild, on publiait et on vendait à 75,000 exemplaires des brochures amusantes et spirituelles, qui contiennent d’étonnants détails sur les tripotages de la Juiverie.

Il y eut là un mouvement très curieux de défense contre le Sémitisme.

Quand on étudiera ce point, la plupart des journalistes du règne de Louis-Philippe, à quelque opinion qu’ils appartiennent, apparaîtront dans un beau rôle, très prévoyants, très perspicaces, très politiques, absolument dédaigneux de l’argent que les députés et les hommes d’État acceptaient sans honte des Rothschild et des Fould.

Le duc d’Orléans était très frappé aussi de cette invasion d’un nouveau genre, et se proposait d’y mettre ordre. Ce prince, d’un abord si facile, si affable pour tous, et qui traitait les artistes en camarades, ne voulut jamais recevoir Rothschild à sa table. En 1842, quand le baron manifesta le désir d’assister aux courses de Chantilly, le duc d’Orléans refusa de l’admettre dans sa tribune.

Un passage très significatif de l’éloquent auteur des Juifs rois de l'époque nous montre quels étaient les sentiments du Prince Royal sur ce point[2].


Sire, le Prince Royal, votre fils bien-aimé, gémissait amèrement des empiétements de cette puissance insatiable des Juifs ; de ces Juifs, disait-il, qui violentent le pouvoir, écrasent le pays, et font remonter vers le trône innocent les malédictions du travailleur obéré.

Il songeait, dans ses rêves de royauté future, à s’affranchir d’un honteux vasselage, à briser cette nouvelle féodalité, si pesante pour les rois et pour les peuples ; mais il ne se dissimulait pas les périls de la lutte. « Peut-être la royauté succombera-t-elle en cette lutte, disait-il un jour à l’un de nous : car ces banquiers se feront longtemps encore, contre le Roi, une arme de l’ignorance de ce même peuple que le Roi aura voulu servir. Ils irriteront ses souffrances par leur presse menteuse, ils videront de nouveau leurs ateliers sur la place publique, ils lanceront contre le palais leurs serfs inoccupés ; et, pour endormir la fureur de ce peuple, après qu’ils l’auront déchaîné, ils lui jetteront à dévorer une royauté de plus. Je sais que de rudes éventualités nous attendent ; mais il n’y a déjà plus à reculer devant les dangers de la guerre... Il faut que, sans plus tarder, la royauté d’aujourd’hui reprenne le peuple aux Juifs, sinon ce gouvernement périra par ses Juifs. »


Le comte de Paris connaissait-il ces nobles paroles, lorsqu’il s’asseyait avec sa famille à la table de Rothschild, lorsque sa fille faisait ses premiers pas dans le monde à Ferrières ?

Quel début pour une fille de France !

  1. Voir à ce sujet le livre de Capefigue : Histoire des grandes opérations financières, que l’avenir, plus juste que le présent, mettra parmi les rares œuvres de ce temps destinées à survivre.
  2. L’héroïque Prince Impérial, que le franc-maçon Carrey fit tomber dans une embuscade et assassiner au Zouzouland, affirmait hautement la nécessité de protéger le travailleur contre l’exploitation juive, de défendre l’épargne contre les manœuvres des financiers. Dans le Mémoire pour servir d’introduction à la rédaction d’une constitution impériale, on lit :
      « A côté de ces tribuns pour qui la popularité est une carrière, il existe, à l’état d’influence sociale et politique considérable, une classe de faiseurs d’affaires, Juifs riches à millions, pour qui la spéculation est une carrière.
      « Ces hommes n’ont pas de religion, pas de patrie, pas de devoirs ; et cependant ils ont la puissance que donnent d’immenses capitaux. Il faut la ruiner. Tant qu’elle sera debout, l’immoralité et l’envie qu’inspire au peuple la fortune mal acquise du riche, rongeront la France comme une lèpre. »