La France Juive (édition populaire)/Livre 2/Chapitre 5

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Victor Palmé (p. 126-133).


CHAPITRE CINQUIÈME


LA DEUXIÈME RÉPUBLIQUE ET LE SECOND EMPIRE


Crémieux et Goudchaux au pouvoir. — Rothschild sauvé de la banqueroute. — Le règne des Juifs du Midi. — Pereire, Mirés et Solar. — Retour offensif des Juifs allemands. — L’organisation de la guerre. — L’impératrice Eugénie. — Mgr Bauer, — Le Juif allemand est partout à la fin de l’Empire. — Le colonel Stoffel et Bleichrœder. — La dépêche de l’agence Wolff et la déclaration de guerre.


I


La Révolution de 1848 est la seule en France qui n’ait point été agréable aux Juifs, en attendant celle qui leur sera infiniment moins agréable encore, la bonne, celle qui sera faite contre eux.

Crémieux a joué un rôle assez important dans la Juiverie, un rôle assez néfaste dans notre histoire, pour que nous lui consacrions un chapitre spécial.

Goudchaux, son compère, tripotait dans la petite banque : il exploitait les commerçants parisiens gênés, avec l’aide secrète de Rothschild ; il escomptait ce qu’on nomme, je crois, des broches. C’était une manière de Tirard. Du fabricant de bijoux faux, ministre des finances de la troisième République, qui égare si facilement cent millions, au prêteur sur gages de la deuxième, la différence est peu sensible.

Lamartine, devant les périls de la patrie, s’écria : « Sauvons la France ! » Goudchaux s’écria : « Sauvons Rothschild ! »

La situation de Rothschild était critique : il emplissait les antichambres de lamentations, non sur ce qu’il perdait, mais sur ce qu’il manquait de gagner. Il avait soumissionné, en 1847, un emprunt de 250 millions ; de novembre 1847 à février 1848, il avait pu placer cet emprunt, en réalisant même — les cours en font foi — un bénéfice modeste de 18 millions.

Avec l’avidité qui le distinguait. Rothschild n’avait pas trouvé ces 18 millions dignes de lui : il avait gardé les titres en portefeuille. Quand la révolution éclata, il refusa cyniquement de verser les 170 millions qu’il devait encore ; il fit purement et simplement banqueroute. Il n’est point nécessaire, en effet, d’être très versé dans les questions financières, pour comprendre que la chance de gagner implique qu’on accepte le risque de perdre.

La conduite du gouvernement était toute tracée : il n’avait qu’à empoigner ce banqueroutier et qu’à le déposer à Mazas, qui justement venait d’être construit.

Le bon Goudchaux, vous le devinez, se garda bien d’agir ainsi : il considérait comme valable la théorie de Rothschild, que la parole donnée au goy n’engage pas le Juif. Non seulement il admit en secret cet homme, qui venait de manquer à ses engagements envers l’État, à une nouvelle émission de 13 millions de rente 5 pour cent à d’excellentes conditions, mais encore il poussa l’amabilité jusqu’à lui fournir les fonds nécessaires au service de l’emprunt grec.

Dans l’histoire, je connais peu d’épisodes plus amusants. Le peuple est tout noir de poudre, il meurt de faim sur les pavés qu’il a remués ; tous les ateliers sont fermés ; enfin il est vainqueur, il est émancipé, il a assuré la liberté du monde, il a réussi… à quoi ? A mettre au ministère des Finances un obscur escompteur juif, Goudchaux. Au milieu de tant de misères suppliantes, une misère seule frappe l’âme sensible de l’enfant d’Israël : dans le Trésor à sec, il trouve moyen de ramasser quelques fonds, et il les porte lui-même… à Monsieur de Rothschild !

Voilà, Lockroy, la comédie que tu aurais dû faire : tu nous aurais divertis davantage qu’avec le Zouave est en bas

Au début de l’Empire, la Juiverie allemande, représentée par Rothschild, s’effaça un peu pour laisser le champ libre à la Juiverie bordelaise, représentée par les Pereire, les Millaud, les Solar. Le Juif Mirés entre en scène.

Les Juifs du Midi déployèrent les qualités particulières à leur race : le brio, le bagout, le mouvement. Avec eux, l’or, qui s’entasse lugubrement dans les caves de Rothschild comme ramené par le râteau silencieux d’un croupier invisible, sonna, tinta, brilla avec des splendeurs de féerie et des bruits de chansons ; il accompagna la période joyeuse de ce règne qui devait finir dans d’épouvantables catastrophes.

Au roulement des écus s’unissaient les ronflantes déclamations sur le règne de la civilisation, l’ère des progrès, l’amélioration des cités et la moralisation des individus par le gaz.

Contents de vivre, ils faisaient construire des palais et restauraient de vieux châteaux, lorsque les Juifs allemands frappèrent à la porte de la salle du banquet et leur dirent : « Frères, il y a dix ans que vous êtes à table : vous devez être rassasiés ; si vous nous laissiez entrer à notre tour ? »

Pour les inviter au départ, on pressa légèrement sur la place à l’aide des capitaux allemands. Pereire, qui avait écrasé Mirés, fut à moitié écrasé par Rothschild, et l’on vit intervenir sur le marché les banquiers d’outre-Rhin.

Pour remuer les grosses affaires il faut un levier, un thème. Les Rothschild, à leur première manière, avaient joué des emprunts d’État ; les Pereire et les Mirès, en faisant appel aux souscriptions publiques, avaient vidé les petites bourses.

Les Juifs allemands, comme base d’opérations, prirent la guerre ; ils organisèrent, sous des apparences militaires, la plus vaste et la plus admirable spéculation financière qui ait jamais été essayée et réussie.


II


A partir de 1865, tout est envahi par le Juif allemand ; le Juif allemand est le maître en tous les endroits où la vie sociale se manifeste. Le Juif Offenbach, uni au Juif Halévy, raille dans le général Boum les chefs de l’armée française. L’excellent père Kugelmann tient cette imprimerie incessamment traversée par les allants et venants, qui causent tout haut et qui livrent toujours, à des oreilles toujours tendues, une nouvelle intéressante, un renseignement utile. Son voisin, Schiller, a à lui des organes plus sérieux, comme le Temps ; Wittersheim a l’Officiel ; Dollingen et Cerf, deux Juifs, tiennent les journaux par les annonces. Les correspondants juifs, les Lewita, les Levysohn, les Deutsch, arrivent à l’heure de la mise en pages dans les cabinets de rédaction, s’installent dans un bon fauteuil, lisent les épreuves avant les écrivains, et recueillent tranquillement sur leurs carnets tout ce qu’on dit de vive voix et ce qu’on n’écrit pas.

Regardez vers le quartier où l’on travaille : le Juif Germain Sée démoralise la génération qui grandit, en enseignant le matérialisme à la jeunesse. Tournez-vous vers les endroits où l’on s’amuse, et, sous les palmiers en zinc de Mabille, vous apercevrez le Juif Albert Wolff, causant familièrement avec le colonel Dupin et se faisant expliquer, par l’ancien chef des guerrilleros au Mexique, les côtés faibles de l’armée française.

Entrez aux Tuileries : c’est Adrien Marx qui occupe l’emploi de Racine et qui est historiographe de France ; c’est Jules Cohen qui dirige la musique de la chapelle ; c’est Waldteufel qui conduit l’orchestre des bals de la Cour.

Pénétrez dans la retraite sacrée dont nul, pas même l’empereur, ne franchit le seuil : vous y verrez une femme agenouillée devant un prêtre, et lui confiant ses anxiétés de souveraine et de mère à propos de la guerre qui se prépare. Ce prêtre est le Juif allemand Jean-Marie Bauer. Jamais, depuis Cagliostro, l’interlopisme juif, qui produit cependant de si curieuses figures, n’a produit un type aussi complet, aussi digne d’intéresser l’écrivain qui, plus tard, s’efforcera de peindre notre siècle étrange.

Un beau matin, ce converti suspect arrive dans cette France dont le clergé, par la hauteur de son esprit, la profondeur de sa science, la dignité de sa vie, est l’admiration du monde entier. Il se met en tête de supplanter le vénérable abbé Deguerry, aumônier de l’impératrice depuis de longues années, d’occuper ce poste de confiance de préférence à tous les prêtres du pays, et il réussit…

Parvient-il à son but à force d’hypocrisie, en affichant d’apparentes vertus ? Nullement : sa devise à lui, comme à tous les Juifs, est qu’on peut tout se permettre avec les Français ; il organise ces fameux lunchs ecclésiastiques où assistent les futurs conseillers de Paul Bert.

Habillé par Worth, il porte un costume de charlatan, il étale un luxe de dentelles qui fait rêver les femmes.

Le siège commence : cet acrobate à bas violets chausse les bottes à l’écuyère, il est aumônier général des ambulances, il galope aux avant-postes, et ses cavalcades l’entraînent toujours si près de l’ennemi, qu’il aurait le temps de lui jeter quelques renseignements utiles sur la ville assiégée.

Quand tout est fini, il éclate de rire au nez de ceux qu’il a dupés ; il jette sa robe de monsignor dans les coulisses d’un petit théâtre ; il inspire des publications pornographiques sur les cocodettes du second Empire ; il parade à l’Opéra, où les plus grands seigneurs admettent ce prêtre indigne dans leur loge ; l’après-midi, vous le rencontrez à cheval au bois de Boulogne, où il fait le salut militaire au général de Galliffet, qui, d’un geste de la main, lui renvoie une bénédiction épiscopale. Enfin, légèrement démonétisé, il finit par aller se marier, de la main gauche, à Bruxelles[1].

En choisissant un pareil intrigant pour confesseur, la pauvre femme, qui a payé si cruellement tant d’imprévoyance, obéit au sentiment général qui éloigne de plus en plus ceux qui ont une action sur les affaires du pays de tout ce qui est Français, de tout ce qui sort du sol.

La confiance de tout ce monde vis-à-vis du Juif était inimaginable. Savez-vous à qui le colonel Stoffel, qui cependant connaît les Juifs, s’adressait pour faire parvenir aux Tuileries les dépêches secrètes, ses rapports militaires ? Au Juif prussien Bleichrœder.


Il faut absolument, écrit-il à Pietri à la date du 20 novembre 1868, que vous me fassiez savoir, par deux mots jetés à la poste, si vous avez reçu un envoi jeudi dernier 19, dans la soirée. C’était un travail pour l’empereur et un autre pour le ministre, tous deux contenus sous un même pli a cinq cachets, que j’avais confié à M. Bleichrœder, banquier de Berlin, se rendant à Paris.


Dans de telles conditions, l’écroulement n’a rien qui puisse surprendre : il fut un coup de Bourse, comme la catastrophe de l’Union générale. Tous les appuis étaient sciés d’avance, et, la Juiverie européenne étant d’un côté et la France de l’autre, il était facile de prévoir qui succomberait.

Tout faillit cependant manquer au dernier moment. Souverain humanitaire, homme au cœur profondément bon, être doué d’une faculté de voyant que neutralisait l’absence de volonté, aggravée cette fois par une maladie terrible, Napoléon III résistait tant qu’il pouvait à la pression de l’impératrice, qui, aiguillonnée par le Juif Bauer, s’écriait : « C’est ma guerre ! »

Monarque chrétien, Guillaume sentait sa conscience troublée en pensant aux cent mille hommes qui, aujourd’hui, cultivaient la terre tranquillement, et qui, dans un mois, quand une parole aurait été prononcée, seraient couchés morts sur les champs de bataille.

Guillaume fit ce que certes l’empereur n’aurait pas fait ou plutôt n’aurait pu faire à sa place : la candidature du prince Hohenzollern au trône d’Espagne fut retirée.

Les Juifs allemands, désespérés, tentèrent le coup de la fausse nouvelle, qui leur a presque toujours réussi, le coup du Tartare, comme on dit chez Rothschild. Une agence juive, l’agence Wolff, annonça que notre ambassadeur avait été grossièrement insulté par le roi de Prusse, et vous voyez d’ici l’entrain avec lequel la presse juive française renvoya le volant.

« On a manqué de respect à notre ambassadeur, on a souffleté la France, mon sang bout dans mes veines ! » ainsi s’écriaient ces républicains qui, aujourd’hui, reçoivent tous les coups de pied diplomatiques en disant : Grand merci !

Quoiqu’il ne soit que le prélude des choses étonnantes que nous allons désormais recueillir à chaque instant dans cette histoire de France, qui n’est plus que l’Histoire juive en France, le fait de cette guerre, déclarée sur une dépêche de Bourse, mérite d’attirer l’attention.

Il dit bien l’état psychologique de ce pays, qui n’a plus pour base des institutions traditionnelles ; qui est en l’air, soumis à toutes les influences atmosphériques, tantôt montant en haut comme un ballon que le vent soulève, tantôt tombant à plat comme une baudruche dégonflée…

  1. Le frère de ce Bauer remplit à Madrid le rôle que remplit en Belgique le nommé Lambert, qui a épousé une Rothschild : il est l’agent général de la Juiverie en Espagne. Le vicomte Bresson, premier secrétaire de l’ambassade de France et maintenant chargé d’affaires à Belgrade, venait avec sa femme jouer la comédie de société chez lui, tantôt du Feuillet, tantôt du Gozlan. Vous devinez le mépris qu’inspirait aux Espagnols, si fiers et ai dignes, l’avilissement devant un Juif du représentant officiel de cette France d’où sont sortis les Bourbons d’Espagne.