La Harpe de Rumengol/À Notre-Dame de Rumengol

En corps de chemise, pieds nus
Et le front dans la poussière,
Je viens aujourd’hui vous voir.
Ainsi que je vous l’avais promis.
J’entends les petits oiseaux
Qui vous chantent gaiement leurs petits cantiques ;
Et moi, ici à votre porte,
Je n’ose pas vous demander à l’ouvrir.
Le pauvre Barde de Rumengol, pèlerin,
Est ici à genoux ;
Daignez lui jeter un regard
Et lui ouvrir la porte de votre église.
Salut, Vierge, ma tendre mère,
Voici le jour de votre beau pardon,
Dans votre église on ne voit
Que l’or, briller de tous côtés.
Le soleil n’est pas encore levé
Et, votre maison remplie de pèlerins,
Fait dire à tout le monde
Que vous êtes la Vierge de tout Remède.
Les pèlerins accourent à votre sanctuaire
Par longues files, en chantant vos louanges ;
Celui qui vient en pleurant,
S’en retourne en chantant.
Avant de vous faire mes adieux,
J’ai une grâce à vous demander :
Maintenez toujours votre main sacrée
Étendue sur les habitants de la Bretagne !
Je ne peux pas quitter d’ici.
Je voudrais toujours y rester ;
Cependant, il faut que je m’en aille.
Prenez moi la main pour me conduire !