La Harpe de Rumengol/Notre-Dame de Rumengol et ses pèlerins

Pélerins, mes enfants, vous êtes agenouillés dans mon église,
Et j’ai jeté sur vous mes regards les plus tendres.
Jésus, mon fils, vous a accordé votre demande,
Et notre amour et notre bénédiction resteront sur vos familles.
Je suis la Dame de tout Remède, Patronne de vos aïeux.
Je les ai aimés, ils sont au Paradis :
Grallon, Guénolé, Corentin, Tugdual, Paterne et Melaine,
Tous, grand saints Bretons, aimaient à me prier.
Vos pères étaient chrétiens et vous, leurs enfants,
Je le vois bien, êtes chrétiens comme eux.
Conservez toujours la foi de votre pays, aimez la Vierge de Rumengol,
Venez la voir chaque année et jamais vous ne vous perdrez.
Petits enfants, je suis votre mère, mère remplie de tendresse ;
Je ne cesse de veiller sur vous le jour, la nuit, en tout lieu ;
Lorsque la mort viendra balancer sa faux sur vos têtes,
Je vous présenterai à Jésus et vous n’aurez nulle crainte.
Merci à vous ! Vierge sainte, j’étais aveugle-né ;
Je suis veau nu-pieds aujourd’hui à votre pardon ;
Mille bénédictions à vous. Vierge Marie, j’ai obtenu de voir ;
Et maintenant je vais seul, je vois le soleil béni.
Je marchais clopinant et chagrin vers votre maison,
Et aussitôt que je vous ai priée, j’ai obtenu de marcher.
Je n’ai plus aucun mal, mes jambes sont solides,
Et mon bonheur sur la terre sera de vous louer.
Ma pauvre mère m’avait vouée à vous, Vierge de Rumengol ;
Et moi, loin de la Bretagne, hélas ! je me suis égaré.
Je vous ai priée au milieu de mes désordres et, grâce à Dieu, me voilà converti ;
Aujourd’hui revenu avec foi, je verse des larmes dans votre maison.
Ma tendre épouse est morte du choléra ;
Elle était sage, belle comme le jour, elle faisait mon bonheur.
Vierge, à votre église bénie je viens verser des larmes,
Et prier pour mon épouse et mes petits enfants.
Dernièrement mon père et ma mère sont tous deux allés à Dieu ;
Je suis venue pieds nus, prier pour eux, bonne Vierge.
Écoutez la prière d’une petite fille, comme vous nommée Marie,
Et mon père et ma mère iront vous louer au Paradis.
J’étais malade sur le lit, condamné à mourir,
Et je serai mort depuis longtemps sans vous, Vierge sainte.
J’ai maintenant une santé aussi parfaite que possible,
Devant le peuple dans votre église, je puis le proclamer
hautement.
Mon fils était à la guerre exposé au feu des canons ;
Souvent je vous ai priée pour lui ;
Vous m’avez exaucée, bonne Vierge, et le jour de votre pardon,
Mon fils est avec moi et mon cœur est heureux.
J’ai été souvent ballotté par la mer en fureur,
Battu du vent et de la pluie, en danger de perdre la vie :
Alors pour vous prier, étoile de la mer, je m’agenouillais
Sur le pont du navire et aujourd’hui, bonne Vierge, je porte dans votre église la croix d’honneur.
Je suis une fille abandonnée n’ayant ni père ni mère ;
Tout enfant, les larmes coulaient de mes yeux.
Ma confiance était en vous seule, Vierge, mère des orphelins,
Et partout et toujours vous m’avez préservée de mal.
Merci à vous, Vierge Marie, nos cœurs vous le jurent.
Vous serez en tout temps notre Dame, notre Patronne,
Et Jésus, notre Dieu, nous vous le jurons encore ;
Jusqu’à la fin du monde, la Foi sera la loi de nos enfants.
