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La Harpe de Rumengol/Une mère et son enfant

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(p. 57-63).


UNE MÈRE ET SON ENFANT


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À MON FILS CHÉRI, PAUL-MARIE LESCOUR




Dieu de Grallon et de Guénolé, jetez un regard de bonté sur mon enfant nouveau-né, afin qu’il vous aime toujours !

Je vous le consacre, ô mon Dieu ! ainsi qu’à la Vierge de Rumengol ; Elle est la reine de l’Univers et elle l’empêchera d’aller se perdre.

Mon petit ange, mon ange de Dieu, mon doux ange, mon amour, tu es charmant dans ton berceau, charmant et joyeux comme un ange !

Cette vie est amère, chargée de peines et de larmes ; Que Dieu te donne, mon pauvre enfant, foi, espérance, un cœur d’or !

Un cœur d’or et la charité, pour passer loyalement ta vie ! Sois toujours charitable, ainsi que l’enfant Jésus !

Que seras-tu dans ce monde ? comme ton père, un homme de peine ! Seras-tu barde ou prêtre, soldat, marin ou laboureur ?

Dieu seul le sait, que sa volonté soit faite ! Dans la joie et dans la peine, mon fils, sois fidèle à sa loi.

Sous la verge du châtiment, il faudra souvent te courber ; le bonheur ne se trouve pas dans la vie de ce monde.

Supporte ta peine de bon cœur ; ris avec des larmes dans tes yeux, lorsque viendra le jour où tu seras frappé par le malheur et le mépris du monde.

Quand tu seras délaissé de tous, quand ton pauvre cœur sera meurtri, noyé dans une mer de douleur, regarde, mon fils, regarde le mont du Calvaire !

Dors là gentiment, tu es encore petit, tu ne sais pas encore ce que c’est que la peine ; à ton âge le monde est un paradis. L’homme sait cela, quand il est vieux.

Aime ta mère, mon ange de Dieu ; pour toi elle donnerait sa vie. Dans sa vieillesse, dans ses peines, mon fils, tu sécheras ses larmes.

Quand tu seras grand, elle sera vieille ; quand elle sera morte, fais qu’elle repose son corps à l’ombre, dans le saint cimetière de Rumengol.

Aime et prie le bon Dieu, ainsi que ses amis, les saints de Bretagne. Aime et prie la Vierge de Rumengol et jamais tu n’iras te perdre.


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