La Petite aux grelots ou La Tour de cristal (Imagerie d’Épinal — Estampe 1854)
LA PETITE AUX GRELOTS ou LA TOUR DE CRISTAL.
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Le bon Aymar, surnommé le Gentil Aymar à cause
de sa bonne mine, était resté veuf avec sa
fille Belle-Orange qu’il chérissait.
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Gentil Aymar avait encore sa vieille mère qui
l’aidait à élever Belle-Orange, qui croissait
en attraits, en talents et en bons sentiments.
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Il y avait dans les environs une méchante fée,
nommée la fée Rousse, qui était folle d’Aymar ;
elle résolut de l’épouser de gré ou de force
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Un jour, cette méchante fée emporta Gentil
Aymar dans un char traîné par deux scorpions
ailés, et l’enferma dans son palais de cristal.
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La pauvre grand’mère et Belle-Orange se
désolaient sur le bord d’un étang ; un brochet
s’approche, et dit que Belle-Orange avait seule
le pouvoir de sauver son père.
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Aussitôt Belle-Orange se dévoue pour sauver
son père, et malgré les pleurs de sa grand’mère,
elle part pour le château de la fée Rousse.
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Le château de la fée était surnommé le château
du Sommeil ; tous ceux qui s’en approchaient
éprouvaient l’irrésistible envie de dormir.
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Belle-Orange, pour ne pas succomber au sommeil,
revint chez sa grand’mère, et se fit attacher
à ses vêtements une grande quantité de grelots.
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Puis elle prit deux petits bâtons, et les
frappant l’un contre l’autre, tique tique tac,
elle arrive au pied de la tour où gémissait
son père.
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Belle-Orange vit, à travers les murs de cristal,
la fée qui tourmentait son père ; elle lui envoya
mille baisers ; mais de peur de s’endormir, elle
s’en retourna en faisant tique tique tac.
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Le lendemain en retournant, Belle-Orange vit
un joli petit garçon qui, en jouant, était tombé
dans un puits ; elle parvint à le retirer.
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Le petit garçon était le fils d’une bonne fée,
qui, par reconnaissance, lui demanda ce qu’elle
désirait. Belle-Orange demanda à être changée en
hirondelle, pour voler près de son père.
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Belle-Orange, changée en hirondelle, se fait
reconnaitre de son père, qui la comble de
caresses.
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Belle-Orange et son père cherchaient un moyen
de fuir, mais la fée Rousse qui écoutait, veut
s’emparer de l’hirondelle, qui n’a que le temps
de s’envoler.
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La fée, irritée, lance après l’hirondelle un dragon
ailé ; mais l’hirondelle prononce trois mots
cabalistiques que lui a enseignés la fée son amie,
et le dragon tombe mort.
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La fée Rousse, outrée de colère, lance après
l’hirondelle la bête du Gévaudan ; l’hirondelle
répète les trois mots cabalistiques, et l’affreuse
bête tombe sans mouvement.
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La fée Rousse renvoie après l’hirondelle un
serpent ailé qui vomit des fusées par la gueule.
L’hirondelle répète ses trois mots, et le serpent
tombe foudroyé.
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La fée Rousse écume de rage ; elle court
chercher une carabine qui porte à cinquante
lieues. Prends garde, pauvre hirondelle !…
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Mais la courageuse hirondelle saisit une pierre
énorme, et s’élevant bien haut dans les airs, elle
la laisse tomber sur le château de cristal, qui est
fracassé en mille morceaux.
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Après avoir brisé le château de la fée Rousse,
Belle-Orange reprend sa première forme, et
ramène en triomphe son père à la maison.