La Religion du Capital/4D

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C. Devoirs du capitaliste La Religion du Capital
4. L’Écclésiaste ou le livre du capitaliste
D. Maximes de la sagesse divine
E. Ultima Verba


1. - Le matelot est assailli par la tempête ; le mineur vit entre le grisou et les éboulements, l’ouvrier se meut au milieu des roues et des courroies de la machine de fer ; la mutilation et la mort se dressent devant le salarié qui travaille : le capitaliste qui ne travaille pas est à l’abri de tout danger.


2. - Le travail éreinte, tue et n’enrichit pas : on amasse de la fortune, non pas en travaillant, mais en faisant travailler les autres.


3. - La propriété est le fruit du travail et la récompense de la paresse.


4. - On ne tire pas du vin d’un caillou, ni des profits d’un cadavre : on n’exploite que les vivants. Le bourreau qui guillotine un criminel fraude le capital d’un animal à exploiter [1].


5. - L’argent et tout ce qui rapporte n’ont point d’odeur.


6. - L’argent rachète ses qualités honteuses par sa quantité.


7. - L’argent tient lieu de vertu à celui qui possède,


8. - Un bienfait n’est pas un bon placement portant intérêt.


9. - En se couchant mieux vaut se dire j’ai fait une bonne affaire qu’un bonne action.


10. - Le patron qui fait travailler les salariés quatorze heures sur vingt-quatre ne perd pas sa journée.


11. - N’épargne ni le bon, ni le mauvais ouvrier, car le bon comme le mau­vais cheval a besoin de l’éperon.


12. - L’arbre qui ne donne pas de fruits doit être arraché et brûlé ; l’ouvrier qui ne porte plus de profits doit être condamné à la faim.


13. - L’ouvrier qui se révolte, nourris-le avec du plomb.


14. - La feuille du mûrier prend plus de temps à se transformer en satin que le salarié en capital.


15. - Voler en grand et restituer en petit, c’est la philanthropie.


16. - Faire coopérer les ouvriers à l’édification de sa fortune, c’est la coopération.


17. - Prendre la plus grosse part des fruits du travail, c’est le participation.


18. - Le capitaliste, libertaire fanatique, ne pratique par l’aumône; car elle enlève au sans-travail la liberté de mourir de faim.


19. - Les hommes ne sont rien de plus que des machines à produire et à consommer : le capitaliste achète les uns et court après les autres.


20. - Le capitaliste à deux langues dans sa bouche, l’une pour acheter et l’autre pour vendre.


21. - La bouche qui ment donne la vie à la bourse.


22. - La délicatesse et l’honnêteté sont les poisons des affaires.


23. - Voler tout le monde ce n’est voler personne.


24. - Démontre que l’homme est capable de dévouement ainsi que le cani­che, en te dévouant à toi-même.


25. - Méfie-toi du malhonnête homme, mais ne te fie pas à l’homme hon­nête.


26. - Promettre prouve de la bonhomie et de l’urbanité, mais tenir sa pro­messe dénote de la faiblesse mentale.


27. - Les pièces de monnaie sont frappées à l’effigie du souverain ou de la République, parce que, comme les oiseaux du ciel, elles n’appartiennent qu’à celui qui les attrape.


28. - Les pièces de cent sous se relèvent toujours après être tombées, même dans l’ordure.


29. - Tu t’inquiètes de beaucoup de choses, tu te crées bien des soucis, tu t’efforces d’être honnête, tu ambitionnes le savoir, tu brigues les places, tu recherches les honneurs ; et tout cela n’est que vanité et pâture de vent ; une seule chose est nécessaire : le Capital, encore le Capital.


30. - La jeunesse se fane, la beauté se flétrit, l’intelligence s’obscurcit, l’or, seul, ne se ride, ni ne vieillit.


31. - L’argent est l’âme du capitaliste et le mobile de ses actions.


32. - Je le dis en vérité, il y a plus de gloire à être un portefeuille bourré d’o., et de billets de banque, qu’un homme plus chargé de talents et de vertus que l’âne portant des légumes au marché.


33. - Le génie, l’esprit, la pudeur, la probité, la beauté n’existent que parce qu’ils ont une valeur vénale.


34. - La vertu et le travail ne sont utiles que chez autrui.


35. - Il n’y a rien de meilleur pour le capitaliste que de boire, manger et paillarder : c’est aussi ce qui lui restera de plus certain quand il aura terminé ses jours.


36. - Tant qu’il demeure parmi les hommes qu’éclaire et que réchauffe le soleil, le capitaliste doit jouir, car on ne vit pas deux fois la même heure et on n’échappe pas à la méchante et à la vilaine vieillesse qui saisit l’homme par la tête et le pousse dans le tombeau.


37. - Au sépulcre où tu vas, tes vertus ne t’accompagneront pas ; tu ne trouveras que des vers.


38. - Hors un ventre plein et digérant gaillardement et des sens robustes et satisfaits, il n’y a que vanité et rongement d’esprit.


  1. L’Ecclésiaste nous révèle la raison capitaliste de la campagne pour l’abolition de la peine de mort menée avec tant de fracas par Victor Hugo et les autres charlatans de l’humanitarisme.