La Tulipe noire/XX

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Calmann Lévy (p. 186-197).


XX

CE QUI S’ÉTAIT PASSÉ PENDANT CES HUIT JOURS.


Le lendemain en effet, à l’heure habituelle, van Baerle entendit gratter à son guichet comme avait l’habitude de le faire Rosa dans les bons jours de leur amitié.

On devine que Cornélius n’était pas loin de cette porte à travers le grillage de laquelle il allait revoir enfin la charmante figure disparue depuis trop longtemps.

Rosa, qui l’attendait sa lampe à la main, ne put retenir un mouvement quand elle vit le prisonnier si triste et si pâle.

— Vous êtes souffrant, monsieur Cornélius ? demanda-t-elle.

— Oui, mademoiselle, répondit Cornélius, souffrant d’esprit et de corps.

— J’ai vu, monsieur, que vous ne mangiez plus, dit Rosa ; mon père m’a dit que vous ne vous leviez plus ; alors je vous ai écrit pour vous tranquilliser sur le sort du précieux objet de vos inquiétudes.

— Et moi, dit Cornélius, je vous ai répondu. Je croyais, vous voyant revenir, chère Rosa, que vous aviez reçu ma lettre.

— C’est vrai, je l’ai reçue.

— Vous ne donnerez pas pour excuse, cette fois, que vous ne savez pas lire. Non seulement vous lisez couramment, mais encore vous avez énormément profité sous le rapport de l’écriture.

— En effet, j’ai non seulement reçu, mais lu votre billet. C’est pour cela que je suis venue pour voir s’il n’y aurait pas quelque moyen de vous rendre à la santé.

— Me rendre à la santé ! s’écria Cornélius, mais vous avez donc quelque bonne nouvelle à m’apprendre ?

Et en parlant ainsi, le jeune homme attachait sur Rosa des yeux brillants d’espoir.

Soit qu’elle ne comprît pas ce regard, soit qu’elle ne voulût pas le comprendre, la jeune fille répondit gravement :

— J’ai seulement à vous parler de votre tulipe, qui est, je le sais, la plus grave préoccupation que vous ayez.

Rosa prononça ce peu de mots avec un accent glacé qui fit tressaillir Cornélius.

Le zélé tulipier ne comprenait pas tout ce que cachait, sous le voile de l’indifférence, la pauvre enfant toujours aux prises avec sa rivale, la tulipe noire.

— Ah ! murmura Cornélius, encore, encore ! Rosa, ne vous ai-je pas dit, mon Dieu ! que je ne songeais qu’à vous, que c’était vous seule que je regrettais, vous seule qui me manquiez, vous seule qui, par votre absence, me retiriez l’air, le jour, la chaleur, la lumière, la vie.

Rosa sourit mélancoliquement.

— Ah ! dit-elle, c’est que votre tulipe a couru un si grand danger.

Cornélius tressaillit malgré lui, et se laissa prendre au piège si c’en était un.

— Un si grand danger ! s’écria-t-il tout tremblant, mon Dieu ! et lequel ?

Rosa le regarda avec une douce compassion, elle sentait que ce qu’elle voulait était au-dessus des forces de cet homme, et qu’il fallait accepter celui-là avec sa faiblesse.

— Oui, dit-elle, vous aviez deviné juste, le prétendant, l’amoureux, le Jacob ne venait pas pour moi.

— Et pour qui venait-il donc ? demanda Cornélius avec anxiété.

— Il venait pour la tulipe.

— Oh ! fit Cornélius pâlissant à cette nouvelle plus qu’il n’avait pâli lorsque Rosa, se trompant, lui avait annoncé quinze jours auparavant que Jacob venait pour elle.

Rosa vit cette terreur, et Cornélius s’aperçut à l’expression de son visage qu’elle pensait ce que nous venons de dire.

— Oh ! pardonnez-moi, Rosa, dit-il, je vous connais, je sais la bonté et l’honnêteté de votre cœur. Vous, Dieu vous a donné la pensée, le jugement, la force et le mouvement pour vous défendre, mais à ma pauvre tulipe menacée, Dieu n’a rien donné de tout cela.

Rosa ne répondit point à cette excuse du prisonnier et continua :

— Du moment où cet homme, qui m’avait suivie au jardin et que j’avais reconnu pour Jacob, vous inquiétait, il m’inquiétait bien plus encore. Je fis donc ce que vous aviez dit, le lendemain du jour où je vous ai vu pour la dernière fois et où vous m’aviez dit…

Cornélius l’interrompit.

— Pardon, encore une fois, Rosa, s’écria-t-il. Ce que je vous ai dit, j’ai eu tort de vous le dire. — J’en ai déjà demandé mon pardon de cette fatale parole. Je le demande encore. Sera-ce donc toujours vainement ?

— Le lendemain de ce jour-là, reprit Rosa, me rappelant ce que vous m’aviez dit… de la ruse à employer pour m’assurer si c’était moi ou la tulipe que cet odieux homme suivait…

— Oui, odieux… N’est-ce pas, dit-il, vous le haïssez bien cet homme ?

— Oui, je le hais, dit Rosa, car il est cause que j’ai bien souffert depuis huit jours !

— Ah ! vous aussi, vous avez donc souffert ? Merci de cette bonne parole, Rosa.

— Le lendemain de ce malheureux jour, continua Rosa, je descendis donc au jardin, et m’avançai vers la plate-bande où je devais planter la tulipe, tout en regardant derrière moi si, cette fois comme l’autre, j’étais suivie.

— Eh bien ? demanda Cornélius.

— Eh bien ! la même ombre se glissa entre la porte et la muraille, et disparut encore derrière les sureaux.

— Vous fîtes semblant de ne pas la voir, n’est-ce pas ? demanda Cornélius, se rappelant dans tous les détails le conseil qu’il avait donné à Rosa.

— Oui, et je m’inclinai sur la plate-bande que je creusai avec une bêche comme si je plantais le caïeu.

— Et lui… lui… pendant ce temps ?

— Je voyais briller ses yeux ardents comme ceux d’un tigre à travers les branches des arbres.

— Voyez-vous ? voyez-vous ? dit Cornélius.

— Puis, ce semblant d’opération achevé, je me retirai.

— Mais derrière la porte du jardin seulement, n’est-ce pas ? De sorte qu’à travers les fentes ou la serrure de cette porte vous pûtes voir ce qu’il fit, vous une fois partie.

— Il attendit un instant sans doute pour s’assurer que je ne reviendrais pas, puis il sortit à pas de loup de sa cachette, s’approcha de la plate-bande par un long détour, puis arrivé enfin à son but, c’est-à-dire en face de l’endroit où la terre était fraîchement remuée, il s’arrêta d’un air indifférent, regarda de tous côtés, interrogea chaque angle du jardin, interrogea chaque fenêtre des maisons voisines, interrogea la terre, le ciel, l’air, et croyant qu’il était bien seul, bien isolé, bien hors de la vue de tout le monde, il se précipita sur la plate-bande, enfonça ses deux mains dans la terre molle, en enleva une portion qu’il brisa doucement entre ses mains pour voir si le caïeu s’y trouvait, recommença trois fois le même manège, et chaque fois avec une action plus ardente, jusqu’à ce qu’enfin, commençant à comprendre qu’il pouvait être dupe de quelque supercherie, il calma l’agitation qui le dévorait, prit le râteau, égalisa le terrain pour le laisser à son départ dans le même état où il se trouvait avant qu’il ne l’eût fouillé, et tout honteux, tout penaud, il reprit le chemin de la porte affectant l’air innocent d’un promeneur ordinaire.

— Oh ! le misérable, murmura Cornélius, essuyant les gouttes de sueur qui ruisselaient sur son front. Oh ! le misérable, je l’avais deviné. Mais le caïeu, Rosa, qu’en avez-vous fait ? Hélas ! il est déjà un peu tard pour le planter.

— Le caïeu, il est depuis six jours en terre.

— Où cela ? comment cela ? s’écria Cornélius. Oh ! mon Dieu, quelle imprudence ! Où est-il ? Dans quelle terre est-il ? Est-il bien ou mal exposé ? Ne risque-t-il pas de nous être volé par cet affreux Jacob ?

— Il ne risque pas de nous être volé, à moins que Jacob ne force la porte de ma chambre.

— Ah ! il est chez vous, il est dans votre chambre, Rosa, dit Cornélius un peu tranquillisé. Mais dans quelle terre, dans quel récipient ? Vous ne le faites pas germer dans l’eau comme les bonnes femmes de Harlem et de Dordrecht, qui s’entêtent à croire que l’eau peut remplacer la terre, comme si l’eau, qui est composée de trente-trois parties d’oxygène et de soixante-six parties d’hydrogène, pouvait remplacer… Mais qu’est-ce que je vous dis là, moi, Rosa !

— Oui, c’est un peu savant pour moi, répondit en souriant, la jeune fille. Je me contenterai donc de vous répondre, pour vous tranquilliser, que votre caïeu n’est pas dans l’eau.

— Ah ! je respire.

— Il est dans un bon pot de grès, juste de la largeur de la cruche où vous aviez enterré le vôtre. Il est dans un terrain composé de trois quarts de terre ordinaire prise au meilleur endroit du jardin, et d’un quart de terre de rue. Oh ! j’ai entendu dire si souvent à vous et à cet infâme Jacob, comme vous l’appelez, dans quelle terre doit pousser la tulipe, que je sais cela comme le premier jardinier de Harlem !

— Ah ! maintenant, reste l’exposition. À quelle exposition est-il, Rosa ?

— Maintenant il a le soleil toute la journée, les jours où il y a du soleil. Mais quand il sera sorti de terre, quand le soleil sera plus chaud, je ferai comme vous faisiez ici, cher monsieur Cornélius. Je l’exposerai sur ma fenêtre au levant de huit heures du matin à onze heures, et sur ma fenêtre du couchant depuis trois heures de l’après-midi jusqu’à cinq.

— Oh ! c’est cela, c’est cela ! s’écria Cornélius, et vous êtes un jardinier parfait, ma belle Rosa. Mais j’y pense, la culture de ma tulipe va vous prendre tout votre temps.

— Oui, c’est vrai, dit Rosa ; mais qu’importe, votre tulipe, et c’est ma fille. Je lui donne le temps que je donnerais à mon enfant, si j’étais mère. Il n’y a qu’en devenant sa mère, ajouta Rosa en souriant, que je puisse cesser de devenir sa rivale.

— Bonne et chère Rosa ! murmura Cornélius en jetant sur la jeune fille un regard où il y avait plus de l’amant que de l’horticulteur, et qui consola un peu Rosa.

Puis, au bout d’un instant de silence, pendant le temps que Cornélius avait cherché par les ouvertures du grillage la main fugitive de Rosa :

— Ainsi, reprit Cornélius, il y a déjà six jours que le caïeu est en terre ?

— Six jours, oui, M. Cornélius, reprit la jeune fille.

— Et il ne paraît pas encore ?

— Non, mais je crois que demain il paraîtra.

— Demain soir, vous me donnerez de ses nouvelles en me donnant des vôtres, n’est-ce pas, Rosa ? — Je m’inquiète bien de la fille, comme vous disiez tout à l’heure ; mais je m’intéresse bien autrement à la mère.

— Demain, dit Rosa en regardant Cornélius de côté, demain, je ne sais pas si je pourrai.

— Eh ! mon Dieu ! dit Cornélius, pourquoi donc ne pourriez-vous pas demain ?

— Monsieur Cornélius, j’ai mille choses à faire.

— Tandis que moi je n’en ai qu’une, murmura Cornélius.

— Oui, répondit Rosa, à aimer votre tulipe.

— À vous aimer, Rosa.

Rosa secoua la tête.

Il se fit un nouveau silence.

— Enfin, continua van Baerle interrompant ce silence, tout change dans la nature, aux fleurs du printemps succèdent d’autres fleurs, et l’on voit les abeilles qui caressaient tendrement les violettes et les giroflées se poser avec le même amour sur les chèvres-feuilles, les roses, les jasmins, les chrysanthèmes et les géraniums.

— Que veut dire cela ? demanda Rosa.

— Cela veut dire, mademoiselle, que vous avez d’abord aimé à entendre le récit de mes joies et de mes chagrins ; vous avez caressé la fleur de notre mutuelle jeunesse ; mais la mienne s’est fanée à l’ombre. Le jardin des espérances et des plaisirs d’un prisonnier n’a qu’une saison. Ce n’est pas comme ces beaux jardins à l’air libre et au soleil. Une fois la moisson de mai faite, une fois le butin récolté, les abeilles comme vous, Rosa, les abeilles au fin corsage, aux antennes d’or, aux diaphanes ailes, passent entre les barreaux, désertent le froid, la solitude, la tristesse, pour aller trouver ailleurs les parfums et les tièdes exhalaisons.

Le bonheur, enfin !

Rosa regardait Cornélius avec un sourire que celui-ci ne voyait pas ; il avait les yeux au ciel.

Il continua avec un soupir :

— Vous m’avez abandonné, mademoiselle Rosa, pour avoir vos quatre saisons de plaisirs. Vous avez bien fait ; je ne me plains pas ; quel droit avais-je d’exiger votre fidélité ?

— Ma fidélité ! s’écria Rosa tout en larmes, et sans prendre la peine de cacher plus longtemps à Cornélius cette rosée de perles qui roulait sur ses joues, ma fidélité ! je ne vous ai pas été fidèle, moi !

— Hélas ! est-ce m’être fidèle, s’écria Cornélius, que de me quitter, que de me laisser mourir ici.

— Mais, monsieur Cornélius, dit Rosa, ne fais-je pas pour vous tout ce qui pouvait vous faire plaisir, ne m’occupais-je pas de votre tulipe ?

— De l’amertume, Rosa ! vous me reprochez la seule joie sans mélange que j’ai eue en ce monde.

— Je ne vous reproche rien, monsieur Cornélius, sinon le seul chagrin profond que j’aie ressenti depuis le jour où l’on vint me dire au Buytenhof que vous alliez être mis à mort.

— Cela vous déplaît, Rosa, ma douce Rosa, cela vous déplaît que j’aime les fleurs.

— Cela ne me déplaît pas que vous les aimiez, monsieur Cornélius, seulement cela m’attriste que vous les aimiez plus que vous ne m’aimez moi-même.

— Ah ! chère, chère bien-aimée, s’écria Cornélius, regardez mes mains comme elles tremblent, regardez mon front comme il est pâle, écoutez, écoutez mon cœur comme il bat ; eh bien, ce n’est point parce que ma tulipe noire me sourit et m’appelle ; non : c’est parce que vous me souriez, vous, c’est parce que vous penchez votre front vers moi ; c’est parce que — je ne sais si cela est vrai — c’est parce qu’il me semble que, tout en les fuyant, vos mains aspirent aux miennes, et que je sens la chaleur de vos belles joues derrière le froid grillage. Rosa, mon amour, rompez le caïeu de la tulipe noire, détruisez l’espoir de cette fleur, éteignez la douce lumière de ce rêve chaste et charmant que je m’étais habitué à faire chaque jour, soit ! plus de fleurs aux riches habits, aux grâces élégantes, aux caprices divins, ôtez-moi tout cela, fleur jalouse des autres fleurs, ôtez-moi tout cela, mais ne m’ôtez point votre voix, votre geste, le bruit de vos pas dans l’escalier lourd, ne m’ôtez pas le feu de vos yeux dans le corridor sombre, la certitude de votre amour qui caressait perpétuellement mon cœur ; aimez-moi, Rosa, car je sens bien que je n’aime que vous.

— Après la tulipe noire, soupira la jeune fille, dont les mains tièdes et caressantes consentaient enfin à se livrer à travers le grillage de fer aux lèvres de Cornélius.

— Avant tout, Rosa…

— Faut-il que je vous croie ?

— Comme vous croyez en Dieu.

— Soit, cela ne vous engage pas beaucoup de m’aimer ?

— Trop peu malheureusement, chère Rosa, mais cela vous engage, vous.

— Moi, demanda Rosa, et à quoi cela m’engage-t-il ?

— À ne pas vous marier d’abord.

Elle sourit.

— Ah ! voilà comme vous êtes, dit-elle, vous autres tyrans. Vous adorez une belle : vous ne pensez qu’à elle, vous ne rêvez que d’elle ; vous êtes condamné à mort, et en marchant à l’échafaud vous lui consacrez votre dernier soupir, et vous exigez de moi, pauvre fille, vous exigez le sacrifice de mes rêves, de mon ambition.

— Mais de quelle belle me parlez-vous donc, Rosa ? dit Cornélius cherchant, mais inutilement dans ses souvenirs, une femme à laquelle Rosa pût faire allusion.

— Mais de la belle noire, monsieur, de la belle noire à la taille souple, aux pieds fins, à la tête pleine de noblesse. Je parle de votre fleur, enfin.

Cornélius sourit.

— Belle imaginaire, ma bonne Rosa, tandis que vous, sans compter votre amoureux, ou plutôt mon amoureux Jacob, vous êtes entourée de galants qui vous font la cour. Vous rappelez-vous, Rosa, ce que vous m’avez dit des étudiants, des officiers, des commis de la Haye ? Eh bien, à Loevestein, n’y a-t-il point de commis, point d’officiers, point d’étudiants ?

— Oh ! si fait qu’il y en a, et beaucoup même, dit Rosa.

— Qui écrivent ?

— Qui écrivent.

— Et maintenant que vous savez lire…

Et Cornélius poussa un soupir en songeant que c’était à lui, pauvre prisonnier, que Rosa devait le privilège de lire les billets doux qu’elle recevait.

— Eh bien ! mais, dit Rosa, il me semble, monsieur Cornélius, qu’en lisant les billets qu’on m’écrit, qu’en examinant les galants qui se présentent, je ne fais que suivre vos instructions.

— Comment, mes instructions ?

— Oui, vos instructions ; oubliez-vous, continua Rosa en soupirant à son tour, oubliez-vous le testament écrit par vous, sur la Bible de M. Corneille de Witt. Je ne l’oublie pas, moi ! car, maintenant que je sais lire, je le relis tous les jours, et plutôt deux fois qu’une. Eh bien ! dans ce testament, vous m’ordonnez d’aimer et d’épouser un beau jeune homme de vingt-six à vingt-huit ans. Je le cherche, ce jeune homme, et comme toute ma journée est consacrée à votre tulipe, il faut bien que vous me laissiez le soir pour le trouver.

— Ah ! Rosa, le testament est fait dans la prévision de ma mort, et, grâce au ciel, je suis vivant.

— Eh bien ! donc, je ne chercherai pas ce beau jeune homme de vingt-six à vingt-huit ans, et je viendrai vous voir.

— Ah ! oui, Rosa, venez ! venez !

— Mais à une condition.

— Elle est acceptée d’avance !

— C’est que de trois jours il ne sera question de la tulipe noire.

— Il n’en sera plus question jamais si vous l’exigez, Rosa.

— Oh ! dit la jeune fille, il ne faut pas demander l’impossible.

Et, comme par mégarde, elle approcha sa joue fraîche, si proche du grillage que Cornélius put la toucher de ses lèvres.

Rosa poussa un petit cri plein d’amour et disparut.