La Vieille Chanson

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La Vieille Chanson, chantée sur l’ « air du Mirliton » datant de 1700-1750.[1] [2]



1
Par une nuit bien froide et sombre,
C’était en mil six cent et deux,
Les Savoyards en grand nombre,
Commandés par Brunaulieu,
S’en vinrent pour pour prendre la vieille Genève,
Qui dormait bien fort des deux yeux.

2
Dans les fossés, Père Alexandre,
Encourageait les plus peureux,
Qui par ce soir de décembre
Grelotaient à qui mieux mieux,
Et n’osaient point prendre la vieille Genève,
Qui dormait bien fort des deux yeux.

3
Déjà les échelles dressées
Voient grimper les plus courageux ;
Les murailles sont passées,
Et les Savoyards joyeux
Croient enfin tenir notre vieille Genève
Qui dormait toujours des deux yeux.

4
Mais voici la ronde qui passe
Près du mur où ces vaillants preux,
Cachés en étroit espace,
Attendaient que Brunaulieu
Leur eût crié : "Sus à la vieille Genève,
Tandis qu’elle dort des deux yeux".

5
Aussitôt l’on donne l’alarme,
Et les citoyens valeureux,
Saisissant leurs bonnes armes
Chassent l’ennemi honteux
De n’avoir pu prendre la vieille Genève,
Qui ne dormait plus des deux yeux.

6
Charles-Emmanuel aux Tremblières,
Attendait le succès heureux
De l’attaque aventurière
Qui devait combler ses vœux
Mais il n’eut point l’heur de venir dans Genève,
Et s’en fut colère et piteux.

  1. Paroles extraites de : Charles Pesson, Vieille Chanson in Recueil de l’Escalade, 1954. Recueil édité par la Compagnie de 1602, Genève. p. 108.
  2. 400e de l’Escalade : Chansons des XVIe, XVIIe, XVIIIe et XXIe siècles. Edité par le Département de l’instruction publique, Genève 2002.