La statistique, ses applications, les problèmes qu'elles soulèvent

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La statistique, ses applications, les problèmes qu’elles soulèvent
1935

PUF

LA STATISTIQUE, SES APPLICATIONS, LES PROBLEMES QU’ELLES SOULEVENT

1935

  • Fondation « Pour la science »
  • Centre international de synthèse
  • Exposés et discussions
  • M. Huber

Directeur de la statistique générale de la France

(Sorbonne)

  • A. Piganiol

(Sorbonne)

  • Ed. Esmonin

(Faculté des lettres de Grenoble)

(Faculté des lettres de Strasbourg)

  • H. Lévy-Bruhl

(Faculté de droit de Paris)

  • P. Van Tieghem

(Sorbonne)

(Sorbonne)

  • G. Teissier

Sous-directeur de la station biologique de Roscoff

(Université de Cambridge)

(Collège de France)

  • Appendice : la statistique en démographie
  • A. Landry

(Ecole des Hautes-Etudes)

  • Questionnaire
  • PUF

AVANT-PROPOS

La statistique n’est pas une science : c’est une méthode, — une méthode applicable aux objets les plus divers. On peut dire que l’application croissante qu’en fait notre époque témoigne des progrès de l’esprit scientifique. C’est la précision du chiffre partout introduite : la substitution du nombre exact à « impression » plus ou moins vague, à l’approximation plus ou moins fondée. C’est aussi, par les régularités — de répétition ou d’évolution — que la statistique fait apparaître, l’invite à chercher les causes (car la loi n’est pas cause, mais manifestation de cause). C’est enfin la possibilité de prévoir, — toutes choses égales ou compte tenu de la complexité des causes (Voir La Synthèse en Histoire, pp. 136, 182-184.). Consacrer à la statistique une de nos Semaines nous a paru une bonne occasion de réunir, conformément à notre objet, des savants venus d’horizons divers, de rapprocher toutes sortes d’esprits. Nos premières séances ont été consacrées a l’histoire de la statistique, à son organisation en France et à l’étranger, puis à l’instrument en lui-même, à cette sorte de construction abstraite qui — comme tout ce qui est mathématique — permet, en s’appliquant au réel, de le mieux connaître et de le dominer : il s’agissait, ici, du calcul des probabilités. Le probable est un possible qui a plus de chances d’être que de ne pas être (Goblot) : le calcul des probabilités est la mesure des possibilités, du degré de possibilité : il repose sur la statistique, et sa valeur dépend de celle des statistiques. Une seconde série de séances nous a fait passer en revue les différentes sciences dans leur rapport avec cet instrument. Et notre étude nous a amenés, en conclusion, au problème, non pas du déterminisme (tout phénomène a une cause), mais du mécanisme. Quand l’application de la statistique aux choses humaines fait apparaître des régularités, des simili-lois, l’impersonnalité du résultat procuré par les grands nombres n’élimine pas la personnalité des individus : une certaine contingence subsiste, qui enlève à la prévision quelque peu de sa certitude. En physique, l’emploi récent de la statistique a une portée considérable. On a pu dire que son introduction en ce domaine est « un événement dans l’histoire de l’esprit humain ». Si, dans l’ordre des phénomènes macroscopiques, la loi implique nécessité au moins apparente ou provisoire, la statistique, dans le monde des atomes, implique, là aussi, une certaine contingence. Le profond, le passionnant exposé qui a clos notre Semaine a montré que « par l’admission explicite de notre ignorance des comportements moléculaires individuels », la nouvelle physique, renonçant à cet « idéal inaccessible de prévoir instantanément à distance », ne permet que des « prévisions de probabilité ». Le déterminisme « de proche en proche » donne ainsi « la possibilité d’échapper au fatalisme impliqué dans le mécanisme absolu ». « La Science, sans rien perdre de sa grandeur et de sa majesté, consent à cesser de vivre chez les dieux » et prend désormais un caractère plus humain. Des circonstances diverses, dont certaines sont d’ordre général, ont retardé la publication de notre Semaine de 1935. Toutefois, non seulement les communications des savants éminents dont nous avions obtenu le concours ont été, pour la plupart, révisées et mises au point, mais nous avons profité du délai pour compléter notre étude. Comme la démographie a pris, dans ces dernières années, une importance toujours plus grande, — aussi bien en ce qui concerne la connaissance du passé que la vie présente des sociétés, — nous joignons à notre Semaine une séance consacrée en 1942 à « la statistique dans ses rapports avec la démographie ». La brillante communication qui nous a été faite et la discussion qui a suivi nous ont fourni de précieux éléments pour un questionnaire démographique, que nous reproduisons ici. Il a été adressé à des historiens d’époques et de domaines divers. Nous avons reçu déjà des réponses, dont nous pourrons tirer de précieux résultats. Nous espérons que de nouvelles réponses nous viendront de lecteurs du présent fascicule. A nos collaborateurs du passé et de l’avenir, merci.

Henri BERR

  • TABLE DES MATIERES
  • Avant-propos, par Henri Berr
  • La statistique, son histoire, son organisation, par M. Huber

Discussion (Hadamard, Huber, Berr, Fréchet, Lenoir)

Discussion (Langevin, Matisse, Fréchet, Risser, Paul Lévy, Nahas, Rougier)

  • La statistique en histoire :
  • Histoire ancienne, par A. Piganiol

Discussion (Febvre, Piganiol, Nahas, De Pange, Bourdon)

  • Histoire Moderne, par E. Esmonin

Discussion (Berr, Bourdon, Matisse, Bauer, Risser)

  • Note sur la statistique et le droit, par H. Lévy-Bruhl
  • La statistique en histoire littéraire, par P. Van Tieghem

Discussion (Berr, Hadamard, Febvre, Esmonin, Clavery, Varagnac, Halbwachs, Langevin)

Discussion (Piéron, Hadamard, Wallon, Fessart, Darmois, Bauer)

  • La statistique en biologie, par G. Teissier

Discussion (Caullery, Darmois, Berr)

Discussion (Langevin, Metzger, Paul Lévy, Brillouin, Bauer, Solomon, Darmois, Born)

Discussion (Rey, Matisse, Langevin, Born, Brillouin, Hadamard, Ullmo, Solomon, Elsaesser)

  • La statistique en démographie, par A. Landry

Discussion (Berr, Huber, Landry, Bunle, Sauvy, Depoid, Maunier, Roy, Weill, Serrus, Mouy, Toledano)

  • Questionnaire pour une enquête du Centre de Synthèse relative à la démographie historique

Source : « La statistique, ses applications, les problèmes qu’elles soulèvent », PUF

Mise en page par Paul-Eric Langevin