Predit me fut, que deuois fermement…

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Predit me fut, que deuois fermement…
Élégies et Sonnets, Texte établi par Tancrède de VisanSansot (p. 84).

XX



Prédit me fut, que deuoit fermement
Un iour aymer celui dont la figure
Me fut descrite : et sans autre peinture
Le reconnu quand vy premierement :

Puis le voyant aymer fatalement,
Pitié ie pris de sa triste auenture :
Et tellement ie forçay ma nature,
Qu’autant que lui aymay ardentement.

Qui n’ust pensé qu’en faueur deuoit croitre
Ce que le Ciel et destins firent naitre ?
Mais quand ie voy si nubileus aprets,

Vents si cruels et tant horrible orage :
Ie croy qu’estoient les infernaus arrets,
Qui de si loin m’ourdissoient ce naufrage.