Langue Internationale Esperanto/Court Aperçu
COURT APERÇU.
La première brochure sur la langue Esperanto[1] a paru à La fin de 1887. Depuis, cinq ans à peine se sont écoulés et, en ce court espace de temps, la langue a fait d’immenses progrès, en dépit des circonstances défavorables contre lesquelles elle a dû lutter et malgré l’absence totale d’un soutien matériel quelconque. Sans bruit comme sans réclame, elle s’est répandus, en si peu d’années, dans le monde presque tout entier, en sorte qu’il ne reste plus maintenant que bien peu de pays dans lesquels on ne rencontre au moins quelques Espérantistes, Il y a cinq ans, ce ne fut qu’à grand peine que l’auteur de cette langue put faire éditer sa première brochure, et aujourd’hui l’Esperanto possède déjà une littérature assez étendue qui croît et s’enrichit sans cesse. Il y a cinq ans, la plupart des hommes sages levaient dédaigneusement les épaules à l’annonce de l’Esperanto, et « convaincus que c’était une utopie irréalisable », ils ne trouvaient même pas nécessaire de jeter un coup d’œil sur la brochure qui venait de paraître. Aujourd’hui, beaucoup de ces leveurs d’épaules sont devenus des amis et des propagateurs ardents de notre langue, et l’on trouve parmi eux nombre de gens dont le nom est connu dans le monde entier.
La Russie possède actuellement la majorité des Espérantistes ; l’Allemagne et la Suède ont la seconde place sous ce rapport ; viennent ensuite les divers autres pays. La diffusion plus ou moins grande de la langue Esperanto, dans telle on telle contrée, dépend, non point de conditions particulières, mais simplement du plus ou moins de zèle des adeptes et de la proportion dans laquelle la langue y est connue. On peut dire dès maintenant, avec certitude, que Le jour où lui viendra quelque gros appui financier, elle ne tardera pas à remplir le monde entier.
Peu de temps après la publication de la première brochure relative à l’Esperanto, commencèrent à paraître, en divers pays, des ouvrages édités par différents auteurs sur ou dans la langue. Puis, vers La fin de 1889, fut fondé, à Nuremberg, le premier journal en Esperanto, Actuellement il existe déjà 36 différents manuels et dictionnaires de la langue, en divers idiomes. Nous possédons des traductions Esperanto tirées de Andersen, Byron, Delvig, Dickens, Dilling, Ésope, Goldoni, Göthe, Halek, Heine, Hugo, Krylov, Lamenmais, Lermontov, Lesage, Longfellow, Lucien, Mickiewicz, Prus, Puŝkin, K. R.*, Sienkiewicz, Weinberg etc., et déjà quelques œuvres originales ont été écrites immédiatement dans la langue même.
Des clubs d’Espérantistes existent maintenant dans différentes villes, notamment à Göteborg, Malaga, Munich, Nuremberg, Schalke, Schweinfurt, Sofia, St. Petersbourg (où la société « Espero » est officiellement reconnue), Upsala, Vilno etc. Ces clubs, comme aussi beaucoup de particuliers de divers pays, entretiennent entre eux, dans la langue, une correspondance des plus suivies. Enfin, les amis de l’Esperanto « travaillent et espèrent. »

- ↑ Les adeptes de la langue du docteur Zamenhof ont fini par la désigner à l’aide du pseudonyme (« Esperanto ») sous lequel si l’avait fait paraître, et qui veut dire : l’espérant, celui qui espère.