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Le Château de la Belle-au-Bois-Dormant/07

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BERLIN
VU DE LA MER DES INDES

Novembre 1899.

De loin et par contraste, des choses, des lieux, que l’on avait assez distraitement vus en passant, vous réapparaissent quelquefois en souvenir, sous leurs définitifs aspects, et l’on en demeure obsédé. Ainsi aujourd’hui, au milieu de tout ce bleu de la mer des Indes — où je m’en vais doucement, bercé sous le soleil — l’image d’une ville du Nord, que je visitai il y a vingt jours à peine, revient me poursuivre. Oh ! l’oppressante et triste ville !…

Je ne sais quelle curiosité me prit de la connaître, cette capitale allemande, que je me refusais à croire ennemie, et c’est à la veille même de mon départ pour l’Inde profonde que brusquement je décidai de l’aller voir.

Le trajet, par l’express de Liège, fut déjà pour me serrer le cœur. Octobre finissait, sur notre Europe effeuillée, — et il y a toujours une mélancolie à s’en aller, les soirs d’automne, très vite vers le Nord : on sent baisser d’heure en heure la lumière, non pas seulement parce que le jour décline, et aussi la saison, mais parce que l’obliquité du soleil augmente et que ses rayons se décolorent dans de plus hâtifs crépuscules.

Donc, je roulais vers la Prusse, vers Berlin. Au milieu des campagnes belges, de plus en plus dénudées, passaient les villes et les villages, en briques rouges et ardoises, avec force tuyaux d’usine, — tout cela d’une couleur si sombre, après les maisons blanches de mon sud-ouest français ! La lumière baissait, baissait ; on percevait aussi raccourcissement de la journée, dû à ces latitudes plus hautes ; le soleil, paiement rose, semblait s’enfoncer avant l’heure dans des brumes déjà hivernales. Et, de s’en aller si vite, si vite, à la façon moderne, ne m’était point la notion de toute la distance parcourue vers les régions grises ; alors, dans l’engourdissement d’un demi-sommeil, me venait presque une anxiété nerveuse — oh ! tout à fait enfantine, je le reconnais — à l’idée que, si cette vitesse extrême faisait défaut, allait se détraquer avant le retour, il faudrait beaucoup de temps ensuite pour rebrousser chemin vers mon pays plus clair…

La Belgique et la moitié de l’Allemagne, franchies à toute vapeur, en pleine nuit, à grand fracas de sifflets et de ferraille : un voyage de cauchemar, eussent dit nos pères, mais cette façon de voyager devient universelle, à notre époque affolée. Parfois, aux instants d’arrêt, des milliers de feux, reflétés dans de l’eau noire, indiquaient la grandeur et le pullulement des villes fluviales, au milieu de régions sans doute humides et grasses. Je me rappelle surtout — quand des voix germaniques crièrent un nom de ville dont nous avons fait en français « Cologne », — je me rappelle les alignements infinis de lampes qui se répétèrent en traînées dans le Rhin. Mon Dieu, que de feux allumés sur le monotone parcours : même au milieu des campagnes, des lampes électriques éclairaient blême et froid dans le brouillard obscur, des séries de hauts fourneaux lançaient vers les ténèbres du ciel leurs flammes rouges, — tout cela révélant une vie nocturne anormale, surmenée, fébrile, épuisante. En vérité, ce coin de notre pauvre petite Europe, déjà si usée partout et défraîchie, semblait plus particulièrement travaillé par le microbe humain…

Oh ! les nuits limpides et silencieuses en Orient, les nuits où les hommes sommeillent, rêvent et font leur prière !…

Repassant ensuite en plein jour, pour revenir vers la France, je les vis, ces usines, ces manufactures allemandes, monstrueuses bâtisses en briques, rougeâtres ou charbonnées sous le gris des nuages, — et d’ailleurs toutes neuves, car la fièvre de l’industrie est dans ce pays-là un mal récent. J’avais envie de leur crier, à ces pauvres ouvriers conduits en troupeau : « Vous vous trompez, ou l’on vous trompe. Le bonheur n’est point dans le surmenage des fabriques ; ni la prospérité durable, dans l’excès de produire. Bientôt, inévitablement, vous connaîtrez de terribles lendemains. Retournez donc plutôt dans les champs, où vos pères travaillaient. »

Je dis cela… mais c’est peut-être moi, l’égaré. J’avoue ne point connaître grand’chose aux questions sociales. En ce moment surtout, je suis quelqu’un qui s’en va vers l’Inde, vers la paix de l’Inde, — autant dire quelqu’un qui n’y est plus…



Berlin, où j’arrivai au petit jour, me surprit dès l’abord par son luxe étourdissant, tout flambant neuf, son luxe de parvenu, si l’on peut dire ainsi lorsqu’il s’agit d’une ville.

Sur l’avenue des Tilleuls — qui était le centre élégant d’autrefois, avant le grand empire, et qui a conservé, au milieu du clinquant des rues nouvelles, un certain air de discrétion comme il faut, — le hasard me fit loger dans un hôtel genre vingtième siècle, où sévit d’une façon intolérable la tyrannie de l’électricité, du soi-disant confort, des trop ingénieuses petites inventions. Et je passai là trois ou quatre jours de morne ennui, m’évertuant à m’intéresser à quelque chose, et n’y arrivant jamais. On me disait : « Visitez les musées, les palais. » Mais qu’est-ce que ça pouvait me faire, ces musées garnis de tableaux venus d’ailleurs, ces palais en style de partout, sans une note d’art local nulle part ? Et j’errais au milieu des foules, par les rues où l’on respirait du froid. Bien inélégantes, ces foules, mais polies et bonnes personnes. Des femmes au frais visage, d’un rose exquis d’hortensia, mais portant des chapeaux mal emplumés et des bottines à élastiques, avec des chaussettes cachou. — Mon Dieu, combien je trouve puéril que ce détail de leurs chaussettes cachou vienne me faire sourire jusqu’ici, dans la sérénité hautaine de la mer ! — Malgré la brume pénétrante et mauvaise, les passants — qui avaient l’air de fort braves gens, je le reconnais — s’exclamaient entre eux sur la clémence du ciel : « Ah ! le beau temps, l’incomparable automne que nous avons !… Mais, par exemple, si le vent de Russie vient à souffler… » Et l’envie me prenait de m’en aller plus vite, pour éviter ce vent-là.

Cependant, par exception, il ne gelait pas encore, c’est vrai. Et dans ce grand bois de chênes, qui est une surprise et un repos en plein centre de la ville, on pouvait presque se promener sans hâte, sous la pluie des feuilles jaunes et des feuilles rousses : un lieu charmant, malgré la pauvreté de sa flore et malgré l’invasion un peu barbare des statues neuves ; des recoins tranquilles et quasi sauvages, jouant les dessous de forêt, à deux pas des tramways, des brasseries, — et, le soir, comme on n’éclaire point, des amoureux partout, dans le brouillard glacé.

Il y avait aussi pour moi, à l’entrée de ce bois, un petit coin de patrie, où je revenais d’instinct, comme un exilé : l’ambassade de France, avec son square où des rosiers du Bengale fleurissaient encore, grâce à la douceur inusitée de la saison. Et je me rappelle, sur ces fleurs, un matin de soleil, le passage d’un pauvre grand papillon, engourdi et lent, qui semblait s’étonner de si longtemps vivre… Un papillon sur des roses, à Berlin, en novembre, on sentait l’anomalie de cela, et je ne saurais vraiment dire pourquoi c’était si mélancolique.

Et, quand je m’étais longtemps ennuyé dans les rues, je remontais, au déclin du jour, m’ennuyer dans ma chambre, que des radiateurs avaient clandestinement chauffée sans y amener de gaieté. Accoudé à ma fenêtre, derrière les vitres doubles, je regardais le va-et-vient de l’avenue des Tilleuls, les piétons, les cavaliers, les voitures. Quelle lugubre lumière, à cette tombée de jour !… Au-dessus des maisons, là-bas, la coupole du Reichstag allemand, lourde et magnifique, toute dorée, toute neuve, l’air dominateur. Plus loin, toute neuve aussi et toute dorée, une Victoire géante, sur une colonne, ouvrait ses ailes dans le ciel pâle. Mais de hideux tuyaux d’usine, soufflant des fumées sombres, montaient plus haut que ces choses somptueuses, et d’innombrables réseaux d’électricité couraient au-dessus de tout cela, enveloppant ces toits, ces monuments, cette ville, de leurs écheveaux sans fin, comme si des tisserands fantastiques ou des araignées avaient travaillé dans l’air pour emprisonner Berlin dans leurs milliers de fils. Et le soleil du Nord mourait avec lenteur sur les cheminées de l’usine colossale, sur le dôme du Reichstag allemand, sur la grande femme aux ailes d’oiseau déployées dans le ciel incolore. Il était si tristement rose, ce soleil oblique, et il semblait venir de si loin !…

Et, quand je m’étais longuement ennuyé dans ma chambre, je redescendais, à la nuit, m’ennuyer par les rues, où les myriades de lampes faisaient un semblant de jour blême sur les visages, sur les boutiques, les cabarets à bière et les restaurants à choucroute. Le grouillement de cette ville de près de deux millions d’âmes, poussée en hâte comme un champignon, emplissait les larges voies droites, sillonnées de rails de fer, et, grâce au jeu de ces lampes dans la brume, les maisons à cinq ou six étages — en fonte, il est vrai, et en carton-pâte, mais bariolées, dorées, surchargées de clochetons et de moulures — simulaient une vraie magnificence, écrasante pour nos maisons parisiennes, moins hautes, qui gardent des lignes plus sobres, avec le ton gris des pierres. Jusque dans les faubourgs extrêmes, habités par les ouvriers socialistes, toujours la même prétention des façades ; pas de vieux quartiers, pas de maisonnettes, rien que des bâtisses énormes, ultra-modernes et saturées d’électricité. — J’avais dès le premier jour appris qu’ici, où tout est réglé d’une façon pratique et militaire, il y a le haut du trottoir pour les promeneurs qui vont dans un sens, le bas pour ceux qui vont dans l’autre, et machinalement je suivais, sans me tromper, les sillages humains.

La nuit, quand des souffles plus froids s’engouffraient aux carrefours, la lourde gaieté de la bière s’épandait sur la ville. Que de brasseries partout, que de brasseries à musiquettes et à tambourinages de foire ! Et tant de sortes de bière : la pâle, la blonde, la brune ou la noirâtre, servies chacune dans des chopes de forme spéciale, même dans des pots en sapin pour donner un goût de résine ! Tous les sous-sols du « métropolitain » berlinois, aménagés en interminables séries de lieux à boire, s’éclairaient pour la fête nocturne : sous le va-et-vient des locomotives, cabarets bas, à plafond de tôle et de fonte, à décoration simili-orientale ou pseudo-japonaise ; chanteurs genre tyrolien, orchestres s’efforçant de paraître tziganes. Et, de minute en minute, ébranlant tout, couvrant d’un roulement de tonnerre les violons et les cuivres, des trains en marche au-dessus de la tête des buveurs… Pauvres gens, dont le seul plaisir des soirs est de s’entasser là, quand il vente ou qu’il neige ! Petits bourgeois, ouvriers trop endimanchés, dépensant dans ces dessous irrespirables du chemin de fer toute leur paye, et n’épargnant point, entraînés par la nouveauté du faux confort qui leur est venu et du faux luxe… De là bière et de la bière !… De grosses filles rougeaudes, naïvement costumées en bergères des Alpes, vendant des tranches de raifort qui excitent à boire. Et, dans les recoins discrets, de petits « vomitorium » adossés au mur, avec une inscription de peur des méprises sur l’usage à en faire… Pauvres buveurs ! Leur licence un peu étalée n’avait point notre désinvolture, et l’attitude des amants à côté des amantes se montrait plutôt sentimentale ; sans doute ils entendaient autrement que chez nous l’amour — sous l’égide des lois allemandes, plus favorables que les nôtres à l’éclosion des petits soldats pour l’armée, des petits ouvriers pour l’usine…

Pauvres buveurs entassés ! D’ici surtout, d’ici où l’on vit dans l’air et la lumière, leur cas paraît lamentable. Mais ils n’étaient point antipathiques ; ils avaient plutôt la bonhomie au visage et témoignaient même d’une certaine politesse inconnue chez nous : les hommes restaient découverts, après avoir, en arrivant, distribué à la ronde des petits saluts qu’on leur rendait soigneusement… Nos ennemis, ces gens-là ! Mais pourquoi donc ? Que de malentendus intéressés au fond des haines nationales, et quelle absurdité que les frontières, pour qui les regarde de loin et de haut !…



Et cependant… je me souviens de mon émotion soudaine et de ma révolte, en apercevant, un matin, sur une place de cette ville, un canon français exhibé comme un trophée. Je m’étais arrêté court, devant cette silhouette aussitôt reconnue. Un canon de marine, hélas ! amené du Mont-Valérien pour parader là, entre des obusiers de chez nous, sur cette place prussienne !… Un canon pareil à ceux de certaine corvette, dont j’eus l’honneur autrefois de commander la batterie pendant un bombardement… Ce mécanisme de combat, jadis si familier, vieilli aujourd’hui, semi-barbare à côté des perfectionnements nouveaux et devenu objet de curiosité chez des Allemands, attestait pour moi le recul de mes jeunes années, — ce qui était déjà nostalgique, par ce matin brumeux de novembre. Mais surtout un sentiment d’un ordre moins personnel m’avait pris au cœur — et mes yeux s’étaient voilés tout à coup…

Oui, je crois bien que tout à l’heure je me trompais ; il y a des frontières encore, et, malgré mon détachement de voyageur qui s’en va vers les dédaigneuses sérénités bouddhiques, comme je reviendrais vite, à l’appel de guerre ! Quel effondrement, en ce cas-là, n’est-ce pas, de toutes nos fraternelles théories ! De longtemps encore, on aura beau faire, le vieux mot de patrie ne sera pas remplaçable, et un drapeau de certaines couleurs gardera le mystérieux pouvoir, rien qu’en apparaissant, d’entraîner nos âmes et de les grandir. C’est suranné, si l’on veut ; c’est absurde tant qu’on voudra ; mais c’est irrésistible et peut-être sublime.



Un quartier, dans ce Berlin, arrive toutefois à une certaine beauté inquiétante, dont j’ai gardé l’image : celui des palais, des arsenaux et des musées. Une rivière l’entoure, la Sprée froide et noire, que traversent en ce lieu des ponts à balustres de marbre ou de porphyre, bordés de statues ou de grandes urnes à trépieds de bronze. Les voies y sont moins peuplées, il y règne un certain silence et, parmi de massives constructions en pierres uniformément sombres, on se repose du clinquant, des boutiques et des bariolages. Toutefois, rien de local, pas plus ici qu’ailleurs ; toujours la servile imitation de la Grèce, les colonnes doriques et les statues, — d’où ce titre d’« Athènes de la Sprée » donné par les Prussiens à leur ville. Tout cela, lourdement pompeux, accusant des prétentions, sans doute illusoires, à la souveraineté et à la durée. Trop de statues, vraiment, alignées à terre le long des rampes, ou bien perchées en haut sur les frises. C’est inimaginable, la quantité de bonshommes ou de bêtes qui se détachent sur le ciel incolore : grandes silhouettes figées, grands gestes tragiques sur les nuages, chevaux cabrés aux angles des toits, battant l’air de leurs pattes. Et aussi tant d’ailes, noires ou dorées, de Génies, de Victoires, d’aigles surtout ; d’aigles prêts à fondre et à lacérer.

Il n’est pas jusqu’à la religion protestante qui, déviée de son vrai sens, ne paraisse ici devenir ambitieuse et antichrétienne, dans cet immense temple de luxe, trop surchargé de colonnes, de coupoles, et n’ayant pas, comme les admirables cathédrales gothiques, l’excuse du temps, puisqu’il date d’hier… Oh ! les humbles temples, blancs et simples, où j’ai adoré dans mon enfance « en esprit et en vérité » !…

Le palais impérial d’autrefois, inhabité depuis le nouveau règne, se dresse sinistre, sous le revêtement noir que lui ont fait les pluies et les fumées. Sa haute porte, au blason d’or terni, est masquée à présent par le monument tout neuf élevé à l’empereur Guillaume (le grand, l’ancêtre) ; ici encore, pour immortaliser cette gloire, une débauche de statues, un amas de porphyre et de bronze ; d’énormes aigles, prêts à déchirer, du bec et de la serre ; d’énormes lions, la griffe ouverte et les dents montrées…

Toujours l’oiseau de proie, toujours la bête de proie, en des attitudes de provocation, de rapt et de conquête. Est-ce bien le génie de cette race de poètes, de penseurs, de calculateurs, que symbolisent ces marbres et ces bronzes ? Ou bien n’y a-t-il pas ; malentendu encore là-dessous, et incompréhension du peuple par les chefs qui le mènent ?…



Mon Dieu, que de soldats à Berlin, surtout dans ce quartier des palais ! Des factionnaires partout, des postes partout, des fusils dehors étalés en faisceaux : petits soldats tout jeunes et roses, aux figures d’anodines poupées sous le casque, ayant un geste irréprochablement machinal pour porter ou présenter les armes, du matin au soir, aux officiers qui ne cessent de passer, en cette ville ultra-militaire, encombrée d’uniformes. Oh ! ils n’ont rien de l’aigle ni du lion, ces bons petits soldats aux yeux naïfs. Et là encore, n’y aurait-il pas malentendu peut-être ?… Tel paysan bavarois ou wurtembergeois, père d’une bande de ces enfants-là, n’aimerait-il pas mieux s’arranger avec quelque puissance voisine afin d’avoir plus de colonies où s’en iraient prospérer ses fils, que de les envoyer à la frontière, dans le troupeau innombrable et merveilleusement automatique, et de les faire tuer là, pour qu’on ajoute ensuite quelques nouvelles bêtes féroces en métal autour du palais des rois de Prusse ?…

Je dis cela… Après tout, je n’en sais rien. Et, pour l’heure, je me sens détaché de ce problème ; je suis quelqu’un qui s’en va vers l’Inde, chercher la paix religieuse auprès des vieux sages, dans des régions hautes, où n’atteint point le vol des pauvres petits vautours de bronze qui déploient leurs ailes là-bas au bord de la Sprée dans le ciel septentrional…

Non, je n’en sais rien… Mais, ce que je sais par exemple, c’est qu’en rentrant dans mon pays, ma joie fut immense de réentendre tout à coup des voix françaises. J’aurais embrassé les douaniers de chez nous, par qui je fus réveillé à la frontière, — et pourtant je ne suis pas suspect de partialité envers ce corps-là. — Jamais, au retour des plus longues campagnes dans les plus lointains pays, jamais je n’avais connu tel soulagement à me retrouver en France.

C’est que sans doute, malgré mon parti pris de fraternité, malgré la nature si visiblement débonnaire du peuple berlinois, malgré la courtoisie des grands et l’aimable accueil, un sûr instinct m’avait avisé : je revenais de chez l’ennemi.