La Négresse blonde (recueil)/Le Cid

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La Négresse blondeA. Messein (p. 79-82).


CARNAVAL DE CHEFS-D’ŒUVRE


        I hope, it is no crime
To laugh at all things. For I wish to know
What, after all, are all things but a show ?

Lord Byron.


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LE CID


Va, je ne te hais point.
P. Corneille


Le palais de Gormaz, comte et gobernador
est en deuil : pour jamais dort couché sous la pierre
l’hidalgo dont le sang a rougi la rapière
de Rodrigue appelé le Cid Campeador.

Le soir tombe. Invoquant les deux saints Paul et Pierre,
Chimène, en voiles noirs, s’accoude au mirador
et ses yeux dont les pleurs ont brûlé la paupière
regardent, sans rien voir, mourir le soleil d’or…


Mais un éclair, soudain, fulgure en sa prunelle :
sur la plazza Rodrigue est debout devant elle !
Impassible et hautain drapé dans sa capa

le héros meurtrier à pas lents se promène :
« Dieu ! » soupire à part soi la plaintive Chimène
« qu’il est joli garçon l’assassin de Papa ! »