Le Collage/Le Collage/XIII

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Édouard Dentu (p. 47-48).


XIII


Trois heures et demie du matin.

J’ai tressailli. Un pas de femme dans l’escalier ! Puis, rien ! un bruit de clefs. Ce n’était que la locataire du quatrième, qui rentre tard.

Le bouquet, vite flétri, n’a duré que la semaine ; je l’ai jeté. La bague est ici, blottie dans le coton de la petite boîte ; mes yeux se sont mouillés, à la vue du myosotis en turquoises, qui attendra.

J’ai d’abord cru que Célina reviendrait d’elle-même. Puis, ayant su qu’elle était retournée chez la veuve, je me suis fait violence pour ne pas aller la relancer. Puis, comprenant que c’était bien fini, cessant d’espérer, j’ai repris une femme de ménage. Vers dix heures, demain matin, des coups de balai dans la cloison vont me réveiller, et j’entendrai une voix :

— Monsieur, votre charbon brûle, votre côtelette aussi !… Moi, si vous ne vous levez pas, je file !…

Ce sera le Chaudron.