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Le Député d’Arcis/Partie 2/Chapitre 15

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Librairie nouvelle (p. 254-263).


CHAPITRE XV

MARIE-GASTON À LA COMTESSE DE L’ESTORADE


Arcis-sur-Aube, 13 mai 1839.
Madame,

La fièvre électorale vous a gagnée aussi, et vous voulez bien vous charger de nous faire passer de la part de monsieur de l’Estorade un certain nombre de découragements qui, à coup sûr, méritent d’être pris en considération. Je dois le dire, cependant : ces confidences ne me paraissent pas avoir toute la portée que l’on pourrait croire, et, même avant votre officieux avis, les difficultés de notre situation n’avaient pas manqué de nous être révélées.

Nous savions la mission de haute confiance dont s’est chargé monsieur Maxime de Trailles, mission que pendant quelques jours il a assez malheureusement essayé de dissimuler sous le semblant d’un intérêt industriel. Nous savions même, et vous, madame, semblez l’ignorer, que cet habile agent de la pensée ministérielle a trouvé le moyen de combiner avec les soins de la politique générale ceux de sa politique particulière.

Monsieur Maxime de Trailles, si nous sommes bien informés, aurait été récemment sur le point de succomber à un dernier et redoutable accès de la maladie chronique dont il est affligé depuis longtemps. Cette maladie, c’est sa dette, car on ne dit pas les dettes, on dit la dette de monsieur de Trailles, comme on dit la dette de l’Angleterre. Dans cette extrémité, ce gentilhomme, décidé aux remèdes les plus désespérés, se serait arrêté à la ressource d’un mariage qu’on pourrait bien qualifier de mariage in extremis, puisque ledit gentilhomme côtoie, dit-on, d’extrêmement près la cinquantaine.

Fort connu, ce qui pour lui veut dire fort décrié à Paris, il aurait fait comme les marchands dont les articles sont démodés, il se serait expédié en province et aurait déballé à Arcis-sur-Aube, juste au moment de la foire électorale, estimant avec raison que le mouvement toujours un peu tumultueux de ces sortes de Beaucaires politiques ne pouvait qu’être favorable à la nature légèrement ténébreuse de ses opérations.

Le calcul était bon ; la mort inopinée du jeune Charles Keller, candidat sur le choix duquel s’était d’abord arrêté la pensée du gouvernement, avait jeté dans tout l’électorat d’Arcis une perturbation profonde. Pêchant dans cette eau trouble, monsieur Maxime de Trailles est parvenu à y harponner un candidat que recommandent deux natures de mérites et de convenances bien distinctes.

Au point de vue de la chose publique, monsieur Beauvisage, dont vous vous êtes, madame, très-bien rappelé le nom, a l’inestimable avantage d’avoir battu en brèche et fait crouler la candidature d’un petit avocat du nom de Simon Giguet, qui, au grand scandale du gouvernement, aurait eu l’audace d’aller s’asseoir au centre gauche. Cette exclusion donnée à un impertinent de l’opposition dynastique a paru d’un prix tellement inestimable, qu’elle fait passer sur l’ineptie bien notoire et bien caractérisée du sieur Beauvisage, en même temps que sur la considération du ridicule dont sa nomination ne pourrait manquer de couvrir ceux qui se seront prêtés à la patronner.

Au point de vue de la chose privée, j’entends celle de monsieur de Trailles, monsieur Beauvisage a le mérite d’avoir une fille unique, passablement jolie, laquelle, sans exagération aucune de ses avantages, paraît devoir apporter à son mari une dot de cinq cent mille francs, amassée dans le commerce de ces bonnets de coton dont ma dernière lettre se permettait de parler si peu respectueusement. Maintenant, le mécanisme de l’affaire se comprend de lui-même : faire naître et attiser chez le père, qui jamais ne s’en serait avisé lui-même, l’ambition et l’espérance d’être envoyé à la Chambre ; pour prix de ses soins et débours, insinuer qu’on vous donne la fille et la dot, cela s’entend ; éblouir la première par un restant de jeunesse teinte, par une suprême élégance de manières et par le titre de comtesse ; commencer fort habilement par avoir l’air d’hésiter entre la fille et la mère, et enfin donner de son désintéressement et de la solidité de sa réforme une rassurante idée, en demandant contre soi-même, dans le contrat, toutes les garanties les plus extrêmes dont la loi dispose ; voilà quel était le jeu, et aussi le travail vraiment herculéen accompli par monsieur de Trailles en moins de deux semaines ; — mais sur ce, nous intervenons.

Par le nom qui nous tombe un matin des nues, nous sommes Champenois ; nous nous faisons Champenois, plus encore en nous rendant propriétaires dans le pays ; et il se trouve justement que le pays s’est buté, pour l’élection qui se prépare, à n’envoyer à la Chambre qu’un enfant du cru.

Justement ! me direz-vous, à ce titre, Beauvisage ne peut manquer d’être préféré ; c’est un produit local plus franc, plus direct. Cela vous semble ainsi, madame, mais nous ne sommes pas tout à fait si bêtes que Beauvisage ; nous ne prêtons pas à rire de nous ; nous ne faisons pas de bonnets de coton, il est vrai, mais nous faisons des statues ; des statues pour lesquelles nous avons été décorés de la Légion d’honneur ; des statues religieuses que l’on inaugure en grande pompe, devant monseigneur l’évêque, qui daigne prendre la parole, et devant les autorités constituées ; des statues que toute la population de la ville, j’entends celle qui n’a pu être admise à la cérémonie, s’empresse d’aller admirer chez mesdames les Ursulines, assez coquettes du magnifique ornement ajouté à leur bijou de chapelle, pour tenir, pendant une journée entière, leur maison et leur oratoire ouverts à tout venant, et tout ceci ne laisse pas de nous populariser un peu.

Ce qui nous popularise encore mieux, c’est de n’être pas des ladres comme Beauvisage, de ne pas thésauriser notre revenu, sou sur sou, d’occuper dans notre château trente ouvriers, peintres, maçons, vitriers, jardiniers, treillageurs, et tandis que le maire de la ville s’en va piètrement à pied, de nous montrer tout à coup, dans Arcis, avec une calèche élégante et deux chevaux fringants que notre père, qui n’est pas aux cieux, mais à Paris, voulant se montrer plus aimable de loin que de près, nous a envoyés d’urgence, pour en écraser, je pense, le tigre et le tilbury de monsieur de Trailles ; deux choses dont avant notre venue il avait été énormément parlé.

Ce soir, madame, pour couronner la cérémonie de l’inauguration de notre sainte Ursule, nous donnons en notre château un repas de cinquante couverts où nous avons eu la malice de convier, avec les notables habitants du pays, tous les fonctionnaires inamovibles ou amovibles, indistinctement. Vu notre candidature déclarée nous sommes bien assurés d’avance que cette dernière classe de convives ne répondra pas à notre appel. Tant mieux, vraiment ! il y aura d’autant de place pour d’autres, et les défaillants dont les noms seront tous connus demain seront constitués dans un flagrant délit de servilisme et de dépendance qui portera, nous l’espérons bien, un terrible coup à leur influence sur la population.

Hier, madame, nous sommes allés dans notre calèche au château de Cinq-Cygne, où Darthez nous a d’abord présentés à la princesse de Cadignan. Cette femme est vraiment merveilleuse de conservation, et il semble qu’elle soit embaumée par le bonheur de sa liaison avec le grand écrivain. (Voir les Secrets de la princesse de Cadignan.) « C’est le plus joli bonheur que j’aie jamais vu, » disiez-vous, madame, en parlant de monsieur et madame de Portenduère ; ce mot il faut le répéter à l’adresse de Darthez et de la princesse, en modifiant toutefois l’épithète de joli qui serait peut-être un peu jeune, appliquée à leur été de la Saint-Martin. Avec ce que j’ai su d’une scène qui eut lieu, il y a déjà longtemps, chez madame d’Espard à l’époque où commença cette liaison, j’étais bien sûr de ne pas trouver monsieur Maxime de Trailles très-bien installé à Cinq-Cygne ; car, dans la scène à laquelle je fais allusion, il s’était efforcé d’être blessant pour Darthez, et Darthez, en se contentant de le faire ridicule, le trouva méprisable ; or, c’est un sentiment dont il n’y a pas à revenir avec cette intelligence noble et élevée.

À son début dans le pays, muni de quelques lettres d’introduction, l’agent de la politique ministérielle commença par recevoir une ou deux politesses à Cinq-Cygne ; mais c’était un bâton flottant, et, de près, Darthez eut bientôt fait de le couler à fond. Notre homme, qui se flattait de trouver à Cinq-Cygne de l’appui pour son intrigue, est aujourd’hui si loin de compte, que c’est de la bouche du duc de Maufrigneuse, auquel monsieur de Trailles s’était ouvert assez effrontément de tous ses projets, comme à son camarade du Jockey-Club, que nous avons recueilli les renseignements consignés au commencement de cette lettre, pour être retournés à monsieur de l’Estorade, si vous voulez bien vous charger de ce soin.

Madame de Maufrigneuse et la vieille marquise de Cinq-Cygne ont été, madame, d’un accueil merveilleux pour Dorlange, pour Sallenauve, voulais-je dire, mais j’ai de la peine à m’y habituer ; comme elles n’ont pas votre humilité, elles n’ont pas, ainsi que vous, été effrayées de ce qui peut se rencontrer de haut chez notre ami, et lui, de son côté, dans cette rencontre vraiment difficile, a été d’une convenance parfaite. On ne sait vraiment comment, ayant vécu si seul, il a pu du premier coup se faire si complètement présentable. Serait-ce que le beau, dont il a fait jusqu’ici l’étude de sa vie, comprend le joli, l’élégant, le convenable qui s’apprennent en quelque sorte d’occasion et par-dessus le marché ? Mais cela ne doit pas être vrai, car j’ai vu des artistes très-éminents et des sculpteurs surtout, une fois sortis de leur atelier, n’être pas des hommes seulement supportables.

J’interromps ici ma lettre, madame ; les faits me manquent et je me sens tomber dans le bavardage ; demain j’aurai à vous faire le compte-rendu de notre grand banquet qui sera peut-être plus intéressant que mes aperçus philosophiques et moraux.


10 mai.

Le dîner a eu lieu, madame ; il était magnifiquement servi, et il en sera, je pense, parlé longtemps à Arcis.

Sallenauve a dans cet organiste, qui, par parenthèse, hier, à la cérémonie de l’inauguration, avait fait preuve sur l’orgue de ces dames d’un talent admirable, une, façon d’intendant et de factotum qui laisse bien loin de lui tous les Vatels du monde. Ce n’est pas là un homme qui se passerait son épée au travers du corps pour un peu de marée en retard. Lampions, verres de couleurs, guirlandes et draperies pour décorer la salle du banquet, voire même un joli petit feu d’artifice que nous avions trouvé emballé dans les coffres de la calèche par le soin de ce père bourru et invisible, mais qui pourtant a du bon, rien n’a manqué à la fête : elle s’est prolongée jusqu’à une heure assez avancée, dans les jardins du château, où la plèbe avait été admise à danser et à s’abreuver très-abondamment.

Nous avions presque tous nos convives, moins ceux que nous avions voulu seulement compromettre. Les invitations ayant été faites à très-bref délai, brièveté qui du reste était excusée par la circonstance, c’était chose plaisante de voir, jusqu’au moment de se mettre à table, défiler les lettres d’excuses que Sallenauve avait ordonné de lui apporter au salon, à mesure de leur arrivée. À chaque lettre qu’il décachetait il avait soin de dire à haute voix : c’est monsieur le sous-préfet, c’est monsieur le procureur du roi, c’est monsieur son substitut qui m’expriment leur regret de ne pouvoir se rendre à mon invitation. Tous ces refus de concours étaient accueillis par les sourires et chuchotements de l’assistance, mais quand parut la lettre de Beauvisage, et que Dorlange annonça l’impossibilité où se trouvait monsieur le maire de correspondre à sa politesse, autant pour le fond que pour la forme, l’hilarité devint bruyante et générale, et elle ne fut suspendue que par l’entrée d’un monsieur Martener, juge d’instruction, qui faisait, en venant dîner, un acte de haut courage. Il faut remarquer cependant que, de sa nature, un juge d’instruction est quelque chose de divisible. Par le côté du juge il est inamovible, et il n’y a en lui de sujet au changement que son titre, le léger supplément de traitement qui lui est alloué et le privilège de décerner des mandats et d’interroger les voleurs, droits superbes qui, d’un trait de plume, peuvent lui être retirés par la chancellerie. Enfin, mettons qu’au moins monsieur Martener est un demi-brave ; du reste il fut accueilli comme une lune tout entière.

À côté de la présence du duc de Maufrigneuse, de celle de Darthez et de celle surtout de monseigneur l’évêque, qui est pour quelques jours au château de Cinq-Cygne, une absence qui fit une sensation profonde, quoique l’excuse, envoyée dès le matin, n’ait pas été proclamée en séance publique, ce fut celle de l’ancien notaire Grévin. Pour le comte de Gondreville, aussi délinquant, il n’y avait rien à dire : la perte toute récente de son petit-fils, Charles Keller, ne lui permettait pas de se trouver à la réunion, et en lui adressant une invitation conditionnelle, Sallenauve avait eu soin dans sa lettre de se faire à lui-même le refus ; mais Grévin, le bras droit du comte de Gondreville pour lequel il a eu des dévouements, certes plus compromettants et plus difficiles que celui de dîner en ville, Grévin, ne venant pas, ne semblait-il pas témoigner par là que son patron tenait encore pour la candidature aujourd’hui à peu près désertée de Beauvisage ? et cette influence qui se dérobait, comme on dit dans la langue du sport, était vraiment pour nous d’assez grande considération.

Maître Achille Pigoult, le successeur de Grévin, essaya bien d’objecter que le vieillard vivait dans une retraite absolue et qu’à grand’peine, deux ou trois fois par an, on pouvait l’avoir à dîner chez son gendre. Mais on rétorqua vivement l’argument, en faisant remarquer qu’à un dîner donné par le sous-préfet, pour mettre en rapport la famille Beauvisage avec monsieur Maxime de Trailles, Grévin avait parfaitement accepté d’être l’un des convives. Nous aurons donc encore, du côté du château de Gondreville, un certain tirage, et il faudra, je crois, que la mère Marie-des-Anges se décide à user de sa botte secrète.

Le dîner ayant pour prétexte l’inauguration de la sainte Ursule, qui, chez les dames ursulines, ne pouvait être célébrée par un banquet, Sallenauve l’avait belle, au dessert, pour porter un toast : « À la mère des pauvres ; à la sainte et noble intelligence qui, depuis cinquante ans, rayonne sur toute la Champagne, et à laquelle doit être attribué le nombre prodigieux de femmes distinguées et accomplies qui font l’ornement de celle belle contrée ! »

Si vous saviez comme moi, madame, quelle contrée c’est que la Champagne pouilleuse, vous vous diriez, en lisant la phrase que je vous reproduis, ou à peu près, que Sallenauve est un grand misérable, et que la passion d’être député peut rendre un homme capable des plus effroyables énormités.

Est-ce donc la peine, pour un homme qui ordinairement se respecte, d’assumer sur lui le courage d’un mensonge assez gros pour arriver à la dimension d’un crime, quand, mieux que son infâme toast, une petite chose à laquelle il n’a pas pensé, qui n’est pas de son fait, et dont tout l’honneur doit être reporté à la capricieuse agrégation des atomes crochus, allait, mieux que tous les discours du monde, le recommander à la sympathie des électeurs !

Vous-même m’avez dit, madame, que votre fils Armand trouvait à Sallenauve une grande ressemblance avec les portraits de Danton ; mais c’est qu’il paraît que cette remarque est juste, car elle était faite aussi autour de moi, non pas sur des portraits mais sur le vivant, par plusieurs des convives qui avaient connu et pratiqué le grand révolutionnaire.

Laurent Goussard, comme chef de parti, n’avait pas manqué d’être convié. Il n’a pas seulement, ainsi que je vous le disais l’autre jour, été l’ami de Danton ; il aurait été aussi quelque peu son beau-frère : Danton, qui fut assez vert galant, ayant pendant quelques années courtisé une sœur de l’honnête meunier, et, comme dit la chanson, vu la meunière.

Eh bien ! il faut que la ressemblance soit très-frappante, car, après le dîner, pendant qu’on prenait le café, comme le digne homme avait la tête un peu échauffée par les fumées du vin du pays qui n’avait pas été ménagé, vous l’imaginez bien, il s’approche de Sallenauve et lui demande tout cru s’il ne se serait pas par hasard trompé de père et s’il pourrait affirmer que Danton ne fût pas pour quelque chose dans sa façon ?

Sallenauve prit gaiement la chose, et fit simplement ce calcul : « Danton est mort le 5 avril 1793. Pour être son fils il faudrait que je fusse né au plus tard en 94, j’aurais donc aujourd’hui quarante-cinq ans. Or, l’acte de l’état civil où j’étais inscrit comme né de père et mère inconnus, et j’espère aussi un peu mon visage, me font naître en 1809, et ne m’accordent que juste trente ans. »

— Vous avez raison, répondit Laurent Goussard, les chiffres aplatissent mon idée ; mais c’est égal, nous vous nommerons tout de même.

Et je crois que cet homme a raison ; ce caprice de ressemblance sera dans l’élection d’un poids immense. Il ne faut pas croire en effet, madame, que, malgré les funestes souvenirs qui entourent sa mémoire, Danton soit pour les gens d’Arcis un objet d’horreur et d’exécration. D’abord le temps l’a épuré ; alors est resté un grand caractère et une forte intelligence dont on est fier d’être le compatriote ; à Arcis, les raretés et les curiosités sont rares, et l’on vous y parle de Danton comme à Marseille on vous parle de la Cannebière : heureuse donc la ressemblance avec ce dieu, dont le culte n’est pas borné à l’enceinte de la ville, mais s’étend aussi à sa banlieue et environs !

Ces électeurs extra muros sont parfois d’une naïveté curieuse, et les contradictions ne les gênent guère. Quelques agents, dépêchés dans le pays circonvoisin, ont déjà exploité cette lointaine parité de traits ; et comme, dans la propagande champêtre, la question est bien moins de frapper juste que de frapper fort, la version de Laurent Goussard, tout apocryphe qu’elle soit, est colportée dans les communes rurales avec un aplomb qui ne trouve pas un contradicteur. Pendant que cette prétendue origine révolutionnaire fait les affaires de notre ami, on les fait encore, d’un autre côté, en disant aux braves électeurs qu’on veut embaucher, quelque chose de plus vrai et qui ne frappe pas moins leurs esprits. C’est ce monsieur, va-t-on leur répétant, qui a acheté le château d’Arcis ; et comme le château d’Arcis, qui plane au-dessus de la ville, est connu de toute la contrée, c’est à ces bonnes gens comme un point de repère ; mais, en même temps, toujours prêts à retourner aux vieux souvenirs du passé, bien moins morts et enterrés qu’on ne pourrait se le figurer : Ah ! c’est le seigneur du château, disent-ils, en donnant de l’idée qu’on leur présente une traduction respectueuse et libre.

Et voilà, madame, sauf votre respect, comment se traite la cuisine électorale et la manière dont s’opère la cuisson d’un député.