100%.png

Le Diogène français

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche


Le Diogène françois, ou les facetieux discours du vray anti-dotour comique blaisois.

1615



Le Diogène françois1, ou les facetieux discours du vray anti-dotour comique blaisois.
Jouxte la coppie imprimée à Limoge, par Guillaume Bureau, imprimeur et libraire, près l’église Sainct-Michel.
M. DC. XVII.
In-8.

AUX LECTEURS.

Les subjects trop serieux se convertissent le plus souvent en un ennuy qui nous rend paresseux à la lecture ; par divertissement, et pour les heures moings occupées, j’ay fagoté ce paradoxe facetieux, pour servir d’apozeme cordial aux esprits melancholiques et moins curieux. Les matières graves temperées par la consolation de quelque gaillardise ne sont que plus agreables, de mesme que le printemps plus récréatif par les froidures d’un importun hyver. Il vaut mieux rire franchement et avecques ses amis, et sans crainte, que faire la chattemitte et estre du nombre de ceux qui furtim coëunt et sua furta regunt.

À CE LIVRET.

Passe, tu es assez fort,
Ton humeur est ta conduite,
L’on ne te peut faire tort,
Tes ennemys sont en fuite.

PARADOXE
SUR LES CHOSES PETITES.

Parvi parva decent, à petit mercier petit pannier. Voyons d’où vient la cause efficiente de ceste matiere. Hier justement à deux heures et demye deux minutes, et un moment après midy, estant au jour d’une vieille fenestre casuellement trivialle, appuyé comme un Astrophile, j’entendy deux grosses chambrières grasses, grosses et rebondies, dont l’une complaignante disoit : Hélas ! qu’il m’ennuye en ceste ville ! Les hommes y sont si petits qu’il n’y a ny sel ny saulce. Comment! lui respondit sa camarade ; il en arrive tous les jours de si grands, de si gros et de si longs à votre logis, que n’en prenez-vous quelqu’un pour le prix de vostre argent ? Sur ce discours, la ratelle s’esmeut de telle sorte, que je fus sur l’après de passer le pas, comme celuy qui mourut à force de rire voyant un âne qui mangeoit des figues sur sa table. Cela fut cause que tout aussitôt je mis la main à la plume, et qu’à chapeau relevé je resoluz de rembarrer cette insatiable caqueterie, et qu’en despit de sa langue jasarde, je decrete la manutation, le support et protection des choses petites, que je concluds, di-je, à sourcil refrongé, de les mettre en lustres et frontispice.

Primo. Est-il rien plus petit que l’amour ? plus poupin que l’amour ? plus mignard que l’amour ? plus abrégé que l’amour ? C’est luy toutefois qui premier fendit le chaos, et qui premier mit la réunion entre les choses confuses : voyez, de grace, les forces, la vertu et l’energie de ce petit babouin d’amour ! Aussi dit-on : Omnia vincit amor.

Secundo. Lors qu’une beauté veut emprisonner quelque amoureux trancy, par où fait-elle sa capture ? Par les yeux, la partie la plus delicatte de ceste masse de chair : c’est pourquoy Ovide tient que oculi sunt in amore duces. Tous les philosophes assemblez, voulant signifier ce que c’estoit que de l’homme, l’ont appelé microcosme, tanquam parvus mundus ; l’ont, dis-je, deffini par ce mot de petit monde, pour notifier que les choses petites ont je ne sçay quoy de plus que les grandes, et igitur aures arigite, admiranda canam. Il est certain qu’Apulée, ayant mangé un petit bouton de rose, laissa sa forme asinaire et reprit sa premiere. Un bon orateur se recognoist lors qu’il parle en peu de mots, succinctement et laconiquement, au contraire de nos procureurs, chicaneurs, appariteurs et garde-nottes, qui estendent et pourfillent le miserable cahyer, pour faire valoir leurs escritures. Juxta illud odor lucri bonus est ex re qualibet, que quelque maleficié et morfondu presente une pistole à son medecin pour son ordonnance, jaçoit qu’elle soit petite et rongnée contre la reigle hic et hac et hoc nimis, au diable s’il en fait refus : donum quodcumque sumendum. Voylà, voilà : les maximes d’accipe, sume, cape, sont cejourd’huy si ressentes et familières, qu’on est contrainct d’avouer à monsieur le bachelier, pour la peine de ces recipez, materiam non formam, si mieux il ne vouloit recevoir du febricitant stercus aureum en champ de gueule.

N’en déplaise à messieurs nos courtisans, ils ayment aussi les choses petites, le chapeau petit, la barbe petite en queue de canard, le petit manteau à la clisterique2, la petite espée, et, foy de Platon, le plus souvent la bourse si petite, qu’il ne se trouve rien dedans, suivant ces mots : À demain, je n’ay point de monnoye, les pistoles me font ombre. Que feroit-on là ? Il faut confesser qu’aujourd’huy vanitas vanitatum et omnia vanitas. Leurs lettres amoureuses s’appellent poulets, in diminutivo, et non pas chappons3, où avecque peu de discours ils font espanouyr ceste rose qui fleurit tous les moys.

Pour crayonner une belle Heléne, il faut qu’elle aye un petit sorcil à perte de veüe, une petite bouche, un petit manton, un petit tetin rondelet, blanchelet et mignardelet, et non point de ces poupes et tetasses à la perigourdine, propres à charger sur l’espaule comme une besace ; il faut, di-je, qu’elle aye une petite main potelée et caillotée, absque fuco et cerusa, un petit pied, et un petit, petit, petit, etc.

Appelles, voulant dépeindre une beauté parfaite, emprunta les attraits plus beaux des plus gratieuses filles de la ville de Crotone, par le moyen desquelles il se fit un petit tableau soubz le nom de madame Venus, l’une des merveilles du monde, et dit-on que ceste bonne dame avoit les talons si petits et si courts, qu’à toute heure elle tomboit à la renverse. Pour moy, je n’en parle que par ouyr dire ; je m’en rapporte à Flore et Laïs, ses compagnes.

Hippocrate nous advertit que les bonnes drogues se mettent ordinairement ès petites boëtes, et ses disciples par succession tiennent qu’une petite mouche fait souvent peter et vessir un grand ase. S’il est ainsi, nous aurons besoing cest an nouveau de forces queües pour les chasser, si mieux on ne fait inhibitions et défences à ces taons et frelons du repos public de passer les portes de la ville en ces mots :

Troupe picquante et du tout vile,
Des asnes le vray chastiment,
Nous vous faisons commandement
De reculer de nostre ville.

Et si, par le moyen de la prosopopée, ces guespes vouloient s’arraisonner et contester leur antienne liberté, espouventez-les en ceste façon, comme Ænée parlant à Turne :

Nos Arcades à ceste fois
Ont sur vous un tel advantage
Qu’ils naissent soubz humain visage,
Comme les feuilles par les bois.

Les maistres des sales noires qui percent le vent avecque la boure4 tiennent que les meilleurs joueurs de paulme se recognoissent quand à frise corde et à fauciles imperceptibles ils mettent dans les petits troux ; il en est ainsi des champions d’amour : les grands troux leurs sont odieux, desplaisants et desagréables. Prenons-les doncques petites et jeunes, vertes et tendres comme la fleur en son matin, selon Virgile : collige, virgo, flores, dum flos novus et nova pubes : una dies aperit, deperit una dies.

Un jour, appuyé sur la boutique d’un tisseran en cuir, après plusieurs discours sur les guerres d’Ostande, de Juilliers, de Hongrie, de Flandres5, je luy demanday : À qui est ce petit soullier si bien fait, si bien coupé, si bien cousu et si bien paré ? Il me répondit : À une jeune damoyselle, miste, belle, gaillarde, dispose, gratieuse et affaitée, qui ne chausse qu’à trois petits points, mais il est bien vray qu’elle couche à douze grands, mesure de Saint-Denis en France ; et qu’ainsi ne soit, me dit-il, considerez ce satyre, in laudem ex parte cujusdam amasi irritati : car il parloit latin, le drôle, et s’il m’affirma ne l’avoir jamais apris qu’au siége des Toopinambous, près de Marathon, soubz l’equateur oriental.

Petite, que vous estes sotte,
Dans ceste robe de prix !
Je n’ayme point le mespris.
Quitez-la, qu’on la décrotte.
Je n’ayme point que l’on trote
Pour efforer les esprits :
Cela ressent sa Cypris
Lorsqu’à Mars on la garote.
Que si vous craignez les loix
De la courrière des mois
Et de mort estre ferue,
Sans bruit accourez à moy :
Avecq’ un bon pied de roy :
Vous serez tost securüe.

Je recognus par ce sonnet que nostre tireur de rivet vouloit rapporter ses douze grands points à ce bon pied de roy, gaige suffisant pour contenter les plus degoustez : o parva iterum quam excellentissima ! Que dirons-nous de plus ? Si nous sommes à quelque sympose ou banquet françois, est-il pas plus beau de voir sur notre assiette des os de perdriaux, de cailles, de faisandeaux, d’alloüettes, d’ortolans, de pigeonneaux, de poulets, de ramiers, de palombes, de tourterelles, de grives, de levraux, que non pas ceux d’un bœuf, d’une vache, d’un pourceau, d’une truye, d’un bouc, d’une chèvre et autres bestes puantes, grossières et massives ? Baste, baste, in parvis virtus, in magnis virus. Par comparaison, qu’on demande à quelque pucelle de vingt ans estant à table : M’amye, voulez-vous manger de ces fricandeaux ? de ces petits gougeons ? de ces lamperons ? de ces loches frites6 ? de ces barbillons ? de ces soles à la gibelote ? de ces brochetons ? de ces grenouilles à la saulce blanche ? Sage et civilisée, elle respondra : Un petit, s’il vous plaist, monsieur. Je remets à vos jugements quelle grace si elle disoit : Les plus gros et les plus longs me sont les meilleurs. Quid magis ? Si quelque amoureux, pour favoriser sa maistresse et parvenir au but de ses bonnes graces, luy présentoit un bouquet composé d’une fleur de pavot, de chardon, d’herbe au soleil, de lys champestre, avec une feuille de choux ou de boüillon blanc à l’entour, se rendroit-il pas ridicule et stupide par devant les plus idiots de sa jurisdiction ? Comment agencerons-nous donc ce bouquet pour sa grace et perfection ? Avec une fleur de violette, de giroflée, de pensée, de jasmin, de jacinthe, de narcis, de paquerette, d’œillets, de boutons de rose, avec le myrthe plus petit et la marjolaine plus franche qu’il se pourra trouver : voylà la gloire et l’immortalité des choses petites. Entre les oyseaux, l’on se plaist à nourrir un tarin, un rossignol, un serin, un lynot, un pinçon, un passereau, un chardonneret, un verdier, une alloüette et autres petits animaux plaisans à la veue et à l’ouye. Il semble que la cour de nos princes sembleroit nüe et sans ornemens si elle ne s’accommodoit d’un pigmée, d’un nain, d’un mysantrope prodigieux et contrefaict, tant l’esprit de l’homme est agité de divers appetits changeans et variables ! Voyons ce quatrain fait sur l’un des plus petits frantaupins de l’Europe :

La doubleure d’une baguette
Dessoubz la peau d’une belette
Suffit pour luy faire en tout point
Le bas, la trousse et le pourpoint7.

Il est à suposer que ce petit botiné estoit bastant de s’embarquer vers le nord pour boire du fleuve Strymon, en despit des grües ennemyes maistresses de ce rivage. Attendant mieux, soustenez et cherissez les choses petites, et j’auray occasion d’en loüer le premier dessein. Valete et plaudite.

Suite des Choses petites.

Je ne puis oublier les choses petites, tellement insculptées, enracinées, caracterées, cizelées, imprimées, voyre s’il faut dire infuses dans le cerveau de mon intellect, que deum timo pascentapes, dum rore cicadæ, toujours, toujours j’auray en reverence le fond de la cause du subject de ceste matière, tant opulentissime et tant excellentissime ! O parva turturella ! parva colombella ! parva muliercula ! parva filiola! parva puella ! Je maintien à visage refrongné, à poil hérissé et à barbe partialisée, qu’il n’est rien de plus poupin, de plus mignon et de mieux calamistré (ce mot est bon jaçoit que pedentesque, calamistro, as, âre, penultima longa ; il passera en despit du censeur) ; est-il rien, dis-je, de plus poly que la chose petite ?

Margoton sans fin m’agite
En son giron arresté,
Non pas tant pour sa beauté,
Que pour ce qu’elle est petite.

Commençons donc par ce syllogisme parodoxiquement formé à la ciceroniène: La lune est plus grande que la terre ; la lune nous semble plus petite : ergo, la chose petite nous doit sembler plus grande que toute la terre. Et bien ! bouches antiperistasées, qui, comme les Thyades, Menades et Bacchantes, forcenez contre les choses petites, avez-vous jamais ouy dire qu’à petit chien grande queüe ? à petit rouet bon ressort ? et à petite braguette grand engin ? Ouvrez les yeux, testes degoustées, et aprenez que soubz un petit buisson gist un grand lièvre, que dans une petite cheminée on y faict un grand feu, et que dans une basse maison la vertu le plus souvent y séjourne. Parvus et pauper scientiarum magister. Le nombre des sages est petit, celuy des foux universel ; un seul Platon suffit pour user la vie à une iliade de bouriquets, officiers sedentaires, arcades de Mirebeau. Que dirons-nous de ce petit poisson Remora, qui, malgré toute tempeste, arreste les plus grands vaisseaux en plaine mer ? D’où ceste vertu occulte et cachée ? Aristote, lisant sur sa vertu, Aristote, lequel envoya dans Euripe pour un semblable subject. Aristo non Euripium, imo Eurip. Aristo. Cela me fait souvenir de ce grand Hercul, qui se laissa embabouiner par Omphale, petite femelette, afin d’esteindre sa chandelle et exterminer son chaud et bouillant desir au monument du tambour de nature. Avoit-il raison, le compagnon, de tourner le fuseau et soubs l’habit de femme chanter toute la nuit ! Et compressa fuit Omphale. Quel dompteur de monstres ! quel officier d’amour ! il aymoit mieux un dedans que trois dehors. Que dirons-nous de ce petit animal que nos cosmographes appellent Ichneumô, lequel, espiant l’absence du crocodil, destruict et ronge ses œufs, et par ce moyen delivre l’Egipte d’une mortelle apprehension ? Que dirons-nous de l’abeille, dont Virgile a voulu enrichir son quatriesme des Georgiques, le commençant par ces mots : Protinus aris mellis celestia dona exequar, où il est descript si amplement ses roys, ses loix, son peuple, ses bornes, sa coustume et tout ce qui dépend d’une vraye republique ? Que dirons-nous du mouscheron dont le même Virgile a faict le tombeau, Parve culex pecudum custos, etc., sinon advouer les choses grandes inferieures aux petites ? Silene, monté sur son asne, eust perdu la bataille contre les Indiens sans le secours d’une guespe, qui, tenant son asne aux fesses, le picqua si vivement qu’il passa tout au travers des ennemys, lesquels, espouvantez des eslancs prodigieux de ceste furieuse beste, prindrent la fuitte à la gloire de ce bon vieillard. C’est pourquoy Bacchus, en commémoration d’un tel benefice, par sentence donnée sur le pressoir, tous les tonneaux, muids, poinssons et bariques assemblez, ordonna que lesdites guespes et freslons repaistroient doresnavant et sans contredict des raisins blancs et noirs, et assisteroient prerogativement à la vendange. Voyez quel privilége, pour faire bien contre sa volonté ! Si tels freslons alegoriques ne vivoient que de moust, le vin seroit à meilleur prix et le pain à plus juste compte. Nec est omnibus adire Corinthum. Que dirons-nous de plus ? Le coq, par le trechat de son chant, faict fuir le lyon ; une grenouille fut bastante d’arrester dernièrement en Antioche, quinze jours devant la canicule, le coche du colonel des bons beuveurs, cosmographe des pantagones, lignes diagonales et accens circomflets, lors assisté de Robinette, du Filoux et de la Gazette normande ; une damoyselle soubz-riant sur son petit mestier, ou soit qu’elle fust pressée du derière, ou qu’elle fust subjecte à telles ventositez, ou que l’exez de la faculté du ris la portast à ceste gaillarde action, fit un petit pet tellement parfumé, que toutes les cassolettes, parfums, oyselets de cipre8 musquadins, n’eussent pas eu plus competiteurs poursuivans que ce sonnet invisible, spirituel et organisé.

Femme qui pète, ce dit-on,
N’est pas signe qu’elle soit morte,
Quand le cul parle, dit Platon,
Le ... voisin se reconforte.

Par experience, et pour maintenir la grandeur des choses petites, quel plaisir d’entendre le murmur d’un petit ruisseau, de voir bondir et sauteler le chevrel, l’aignelet et autres petits fans, compagnons des forests et des bruyères ! La grâce, en effect, n’ayme point la chose grande ; la femme, pour sa propreté, doit porter un petit estuy, de petits cizeaux, de petits cousteaux, un petit drajouer, un petit manchon et un petit chien, pour servir de couverture aux exhalaisons du ventricule, suyvant ce proverbe (Chassez ces chiens, ces femmes vessent). Quelqu’un, ruminant soubz son bonnet, me pourra objecter qu’aujourd’huy la plus grande part de nos courtisanes portent de grands patins. Il est vray, mais telles femmes sont sujettes à glisser et à mesurer le pavé avec le cul, suyvant ce quatrain :

Ceste femme qui, si debille,
Se fait porter dessoubz les bras,
Si elle estoit entre deux draps,
Elle en lasseroit plus de mille.

M’objecteront davantage qu’elles portent de grandes vertugades. De rechef je leur respondray que c’est la verité ; mais Lycurgue appelle tels lève-culs cages de Taurus et Geminj, où tous bons colliers peuvent aprendre la règle de Rectum persæpe tacemus, joint que le naturel de la femme est tel, qu’il se passeroit plustôt de chemise que de bourrelet.

Les masques et vertugades
D’un tel crédit se sont ornez,
Que les femmes seroient malades
Sans leur culz et cachenez.

Non, non, par necessité necessitante, il faut advouer que les merveilles sont incluses parmy les choses petites. Que dirons-nous d’un grain de froment qui jaunit tous les ans les guerets de l’Europe et de la Thessalie, d’un grain de mil, de panis et autres semences, la recource annuelle de tant de sortes de nations ? Un bon cappitaine se recognoist lors qu’avecque une poignée de gens il deffaict et met en fuite une puissante armée ; un sergent avec un petit bout de plume faict autant d’execution au logis d’un pauvre homme qu’un maquignon parmy un haras pour un quart d’escu. Je n’aurois jamais faict sur les choses petites ; je les finiray jusques au premier jour, avec une reverence du costé gauche à la pedentesque. Valete et iterum valete.



1. Il ne faut pas confondre ce livret avec un autre paru sous le même titre en 1615, réimprimé dans l’un des volumes du recueil A. Z, et le même dont Malherbe écrivoit à Peiresc, le 13 février 1616 : « Il s’est fait un Diogène françois, mais ridicule et impertinent ; et, hormis trois ou quatre mots où il contrefait le baragouin d’un certain homme et bouffonne sur la physionomie d’un autre, je n’en donnerois pas un clou à soufflet. »

2. La forme écourtée des manteaux dont on parle ici, et qui, ne descendant guère plus bas que les reins, eussent été si favorables aux apothicaires qui poursuivoient Pourceaugnac, fait comprendre de reste le sens de ce mot clistérique.

3. On avoit dit aussi chappons pour lettres galantes ; on les écrivoit surtout en vers. Il s’en trouve plusieurs dans les poésies de Christophe de Beaujeu. « On conçoit aisément, est-il dit à ce propos dans les Mélanges d’une grande bibliothèque, tome VII, pag. 297, que les poulets galants sont des diminutifs de ces chapons-là. »

4. Périphrase pour désigner les maîtres paumiers.

5. Ce sont les événements qui, de 1614 à 1617, devoient le plus préoccuper les esprits.

6. C’étoit la friture à la mode depuis que Henri IV, pour répondre à cette rodomontade de l’ambassadeur d’Espagne : « Votre Paris danseroit dans notre Gand », lui avoit dit : « J’ai une Loche (il parloit de cette ville de Touraine et de sa grosse tour) si grosse et si grande que tout le beurre d’Espagne ne suffiroit pas pour la frire. »

7. Ce quatrain rappelle les nombreuses facéties et chansons qui furent faites au XVIe siècle contre la milice si promptement discréditée des Francs-Taupins. La plus curieuse chanson sur ce sujet se trouve dans le recueil Maurepas, avec son refrain :

Deriron, vignette sur vignon.

M. L. de Lincy l’a aussi donnée dans ses Chants historiques du XVIe siècle, mais c’est Le Duchat qui l’imprima le premier, dans sa note sur le passage de Rabelais ayant trait à « Bon Joan, capitaine des Franc-Topins. » (Liv. I, ch. 35.)

8. Il est parlé de ces oyselletz de Chippre dans la plaisante chronicque du petit Jehan de Saintré, chap. 43. « C’étoient, lit-on dans le Ducatiana (t. I, p. 39), de petites balottes de toutes grandeurs remplies de parfums exquis, et qu’on joignoit ensemble avec de la gomme, pour leur faire prendre la forme de certains petits oiseaux de la peau desquels on les composoit, afin de les faire crever à propos. Un ancien inventaire, inséré t. II, p. 921, de l’Histoire de Bretagne de D. Lobineau, contient : Deux cagettes d’argent veirrées pour mettre oyseletz de Chypre. »