Le Jardin des dieux/Le Chapelet de jasmin/Flûte arabe

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Le Jardin des dieuxEugène Fasquelle (p. 63-64).



FLÛTE ARABE



Vénus, limpide et claire, au bord de la vallée,
Glisse comme une larme au visage du soir.
Voici l’heure divine où tu viens m’émouvoir,
Ô ma douce Arabie, ô flûte inconsolée !

Tu trembles toute ainsi que la nuit étoilée
Sous ces arbres d’argent où je ne puis te voir
Et je ne sais quel tendre et secret désespoir
Anime ta chanson, note à note envolée…


Tu mêles au grelot des ânes poussiéreux
Un accent si profond, un air si douloureux
Qu’il faut que je résiste et que je me contienne,

Cependant que ta voix plus rauque s’élevant
Gémit, supplie, atteste et rend plus émouvant
Ce crépuscule où tinte une cloche chrétienne.