Les Gaietés/Le Lit

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Les Gaietés Aux dépens de la Compagnie (pp. 94-95).


LE LIT.

Air : Eh ! lon lan la, que n’étais-je là.


Je n’ai, disait Lucrèce,
Qu’mon lit pour tout trésor,
Encor,
Tout qu’il vienn’ d’un’ princesse,
Ou d’quelqu’ fill’ d’Opéra
Comm’ça,
Mon lit cri’par-ci, mon lit craqu’par-là,
Eh ! lon, lan la,
L’vilain lit qu’c’est là.

Fi de là chicorée ;
Du raisin j’n’aim’ pas trop
L’sirop ;
D’café, peur d’êtr’ sevrée,
Faut qu’j’me donn’ diablement
D’mouvement ;
Mon lit cri’, etc.

Un vieux qu’j’avais en vue,
Sans m’avertir, un soir,
Vient m’voir ;
Il entend que je r’mue,

Écoute et dit : J’en sais
Assez.
Son lit cri’, etc.

J’suis bien loin d’êtr’ bégueule,
Mais j’crève, en vérité,
D’santé ;
Aussi, quand je suis seule,
Et qu’certain mal trop grand
Me prend,
Mon lit cri’, etc.

Quoique j’loge au cinquième,
L’portier n’entend-il pas
D’en bas ;
L’voisin du quatrième
À frapper au plafond
S’morfond.
Mon lit cri’par-ci, mon lit craqu’par là,
Eh ! lon lan la,
L’vilain lit qu’c’est là.