Le Meneur de loups/Chapitre 6

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Michel Lévy frères (p. 92-104).


VI

le cheveu du diable


Les valets, tranquillisés désormais sur la santé de leur maître, partirent à la recherche des chiens, que l’on avait laissés continuer leur chasse.

Ils les trouvèrent couchés et dormant à un endroit où la terre était rouge.

Il était clair qu’ils avaient forcé, pris et mangé le daim, et, s’il leur fût resté aucun doute, ce doute leur eût été enlevé par la présence des bois avec un reste de mâchoire, seules parties du corps qu’ils n’eussent pas pu broyer et faire disparaître.

Quoi qu’il en semblât, ils étaient les seuls qui eussent lieu d’être satisfaits de leur journée.

On les enferma dans l’étable de Thibault, et, comme le baron reposait toujours, les veneurs songèrent à souper.

Ils s’emparèrent de tout ce que la huche du pauvre diable contenait de pain, firent rôtir la chèvre et invitèrent poliment Thibault à partager ce repas, dont il avait un peu fait les frais.

Thibault refusa, sous le prétexte plausible qu’il n’était pas encore remis de la profonde émotion que lui avaient causée la mort de Marcotte et l’accident du baron.

Il rassembla les débris de son beau vidercome, et, après s’être bien assuré qu’il était inutile de songer à les rapprocher, il se mit à réfléchir sur ce qu’il pourrait bien faire pour sortir au plus tôt de la vie misérable que les deux jours qui venaient de s’écouler lui rendaient plus insupportable que jamais.

La première image qui se présenta à son esprit fut celle d’Agnelette.

Comme les enfants voient en rêve passer de beaux anges, il la vit toujours, toute vêtue de blanc, glisser sur un ciel bleu avec de grandes ailes blanches.

Elle semblait bien heureuse, et, lui faisant signe de la suivre :

– Ceux qui viendront avec moi seront bien heureux, disait-elle.

Mais, à cette charmante vision, Thibault répondait par un mouvement de tête et d’épaules qui voulait dire :

— Oui, oui, l’Agnelette, je te reconnais bien, c’est toi. Mais c’était bon pour hier, de te suivre ; aujourd’hui que, comme un roi, j’ordonne à la vie et à la mort, je ne suis pas un homme à faire de déraisonnables concessions à un amour né de la veille et balbutiant à peine son premier mot. Devenir ton mari, ma pauvre Agnelette, au lieu de nous affranchir des dures nécessités de la vie, ne serait-ce pas un moyen de doubler et tripler le fardeau sous lequel nous succombons chacun de notre côté ? Non ! l’Agnelette, non ! Vous feriez une charmante maîtresse ; mais, pour femme, il faut quelqu’un qui apporte en écus dans le ménage l’équivalent de ce que j’y apporte en pouvoir.

Sa conscience lui disait bien qu’il y avait engagement pris entre lui et l’Agnelette. Mais il se répondait que, s’il rompait l’engagement, c’était pour le bien de la douce créature.

– Je suis honnête homme, murmurait-il tout bas, et je dois immoler mes satisfactions personnelles au bonheur de la chère enfant. D’ailleurs, elle est assez jeune, assez jolie et assez sage, pour trouver un sort bien meilleur que celui qui l’attendrait quand elle serait la femme d’un simple sabotier.

La conclusion de toutes ces belles réflexions fut pour Thibault qu’il fallait laisser emporter à la brise les ridicules promesses de la veille et oublier des fiançailles qui n’avaient eu pour témoins que les feuilles tremblotantes des bouleaux et les fleurs roses des bruyères.

D’ailleurs, il y avait au moulin de Coyolles une belle meunière dont l’image n’était pas tout à fait étrangère au nouveau parti que prenait Thibault.

C’était une jeune veuve de vingt-six à vingt-huit ans, fraîche et dodue, aux yeux malins et agaçants.

Elle passait, en outre, pour le plus riche parti des environs ; car son moulin ne chômait guère, et, sous tous les rapports, comme on voit, c’était bien mieux l’affaire de Thibault.

En d’autres temps, jamais Thibault n’eût osé élever ses visées jusqu’à la riche et belle madame Polet.

C’était ainsi que s’appelait la meunière, et voilà pourquoi son nom se trouve pour la première fois sous notre plume.

En effet, pour la première fois, celle que l’on désignait par ce nom se présentait sérieusement à l’esprit de notre héros.

Il était tout étonné lui-même de n’avoir pas pensé plus tôt à la meunière, et il se disait qu’il y avait bien pensé autrefois, mais sans espoir, tandis qu’aujourd’hui, avec la protection du loup, et fort du pouvoir surnaturel qu’il tenait de lui et avait déjà eu l’occasion d’exercer, il lui paraissait facile d’écarter tous ses concurrents et d’en arriver à ses fins.

Les mauvaises langues disaient bien la meunière de Coyolles quelque peu méchante et acariâtre.

Mais le sabotier pensa qu’avec le diable dans sa manche, il ne devait guère se soucier du malin esprit, pauvre petit démon secondaire qui pouvait nicher dans le corps de madame veuve Polet. Or, lorsque le jour vint, il était décidé à se rendre à Coyolles ; car toutes ces visions, naturellement, se passaient la nuit.

Le seigneur Jean se réveilla avec le premier chant de la fauvette. Il se sentait tout à fait remis de son indisposition de la veille ; il fit lever tout haut son monde à grands coups de houssine, et, après avoir expédié le corps de Marcotte au château de Vez, il décida qu’il ne rentrerait pas bredouille au logis et qu’il chasserait un sanglier, comme si rien d’extraordinaire ne lui fût arrivé le jour précédent.

Enfin, vers six heures du matin, il quitta la maison de Thibault, après avoir assuré à celui-ci qu’il était bien reconnaissant de la bonne hospitalité que lui, ses chiens et ses gens avaient trouvée dans cette pauvre hutte ; en considération de quoi, il jura d’oublier complètement les petits griefs qu’il pouvait avoir contre le sabotier.

On devine si Thibault vit partir sans regret seigneur, chiens et gens.

Puis seigneur, chiens et gens partis, il contempla pendant quelques instants sa demeure saccagée, sa huche vide, ses meubles brisés, son étable solitaire, le sol jonché de débris.

Mais il se dit que c’était là le résultat naturel du passage d’un grand seigneur, et l’avenir lui apparaissait trop lumineux pour qu’il s’arrêtât longtemps à ce spectacle.

Il revêtit ses hardes du dimanche, s’attifa de son mieux, mangea sur son dernier morceau de pain le dernier lopin de sa chèvre, but un grand verre d’eau à la source, et se mit en route pour Coyolles.

Thibault avait résolu de tenter fortune, dès le même jour, près de madame Polet.

Il partit donc vers les neuf heures du matin. Le chemin le plus court pour aller à Coyolles était par la queue d’Oigny et Pisseleu.

Maintenant, comment se fit-il que Thibault, qui connaissait toute la forêt de Villers-Cotterêts comme un tailleur connaît les poches qu’il a faites, comment se fit-il que Thibault prit l’allée de la Chrétiennelle, qui devait l’allonger d’une bonne demi-lieue ?

C’est que cette allée de la Chrétiennelle le rapprochait de l’endroit où il avait vu Agnelette pour la première fois et que, tout en allant par calcul au moulin de Coyolles, il était tiré par le cœur du côté de Préciamont.

Et, en effet, un peu au-delà de la Ferté-Milon, il aperçut au bord du chemin la jolie Agnelette, qui faisait de l’herbe pour ses chèvres.

Il eût pu passer sans qu’elle le vît ; la chose lui était facile : elle lui tournait le dos.

Mais le démon le tenta et il marcha droit à elle.

Elle, de son côté, penchée pour couper de l’herbe avec sa faucille, entendant venir quelqu’un, leva la tête et reconnut Thibault. Elle rougit.

Mais, en rougissant, un joyeux sourire se répandit sur toute sa physionomie ; ce qui prouvait bien que cette rougeur n’avait rien d’hostile à Thibault.

– Ah ! dit-elle ; vous voilà ; j’ai bien rêvé à vous et bien prié pour vous cette nuit.

Thibault, en effet, se rappela qu’il avait vu dans ses rêves, à lui, Agnelette passant dans le ciel les mains jointes avec une robe et des ailes d’ange.

– Et à quel propos avez-vous rêvé de moi et prié pour moi, la belle enfant ? demanda Thibault d’un air aussi dégagé qu’eût pu le faire un jeune seigneur de la cour du prince.

Agnelette le regarda avec ses grands yeux couleur de ciel.

– J’ai rêvé de vous parce que je vous aime, Thibault, dit-elle ; j’ai prié pour vous parce que j’ai vu l’accident arrivé au seigneur Jean et à son piqueur, ainsi que tout l’embarras qui en était résulté pour vous… Ah ! si je n’en avais cru que mon cœur, j’aurais vivement couru à vous pour vous aider.

– Il fallait venir, Agnelette ; vous eussiez trouvé joyeuse compagnie, je vous en réponds !

– Oh ! ce n’est pas cela que j’eusse cherché, monsieur Thibault ; j’eusse cherché à vous être utile pour la recevoir. Oh ! mais qu’est-ce donc que cette belle bague que vous avez au doigt, monsieur Thibault ?

Et la jeune fille désignait l’anneau que Thibault avait reçu du loup.

Thibault sentit un frisson lui courir dans les veines.

– Cette bague ? dit-il.

– Oui, cette bague.

Agnelette, voyant que Thibault hésitait à lui répondre, détourna la tête et poussa un soupir.

– Sans doute un cadeau de quelque belle dame, murmura-t-elle.

– Eh bien, reprit Thibault avec l’assurance d’un menteur consommé, voilà ce qui vous trompe, Agnelette : c’est l’anneau de nos fiançailles, l’anneau que j’ai acheté pour vous le passer au doigt le jour de notre mariage. Agnelette secoua tristement la tête.

– Pourquoi ne pas me dire la vérité ; monsieur Thibault ? demanda-t-elle.

– Je vous la dis, Agnelette.

– Non.

Et elle secoua la tête plus tristement encore.

– Et qui vous fait croire que je mens ?

– C’est que cette bague est large à y fourrer deux de mes doigts.

En effet, le doigt de Thibault faisait bien deux des doigts de la jeune fille.

– Si elle est trop large, Agnelette, dit-il, nous la ferons resserrer.

– Adieu, monsieur Thibault.

– Comment ! adieu ?

– Oui.

– Vous vous en allez ?

– Je m’en vas.

– Et pourquoi, Agnelette ?

– Parce que je n’aime pas les menteurs.

Thibault chercha un serment pour rassurer Agnelette, mais il n’en put trouver.

– Écoutez, dit Agnelette les larmes aux yeux, car elle ne s’éloignait pas sans faire un grand effort sur elle-même, si cette bague m’est vraiment destinée…

– Agnelette, je vous le jure.

– Eh bien, donnez-la-moi à garder jusqu’au jour de notre mariage, et, ce jour-là, je vous la rendrai pour que vous la fassiez bénir.

– Je ne demande pas mieux que de vous la donner, Agnelette, reprit Thibault ; mais je veux la voir à votre jolie main. Vous m’avez fait une observation très juste : c’est qu’elle était trop large pour vous. Je vais aujourd’hui à Villers-Cotterêts : nous allons prendre la mesure de votre doigt, et je la ferai scier par M. Dugué, l’orfèvre.

Le sourire reparut sur les lèvres d’Agnelette et les larmes se séchèrent subitement dans ses yeux. Elle tendit sa petite main à Thibault. Thibault la prit un instant dans les siennes, la tourna et la retourna, puis il y appliqua un baiser.

– Oh ! dit Agnelette, ne baisez donc pas ma main ainsi : elle n’est pas assez belle, monsieur Thibault.

– Alors, donnez-moi autre chose.

Agnelette lui donna son front. Puis, avec une joie enfantine :

– Voyons, dit-elle, voyons la bague.

Thibault tira la bague de sa main, et, en riant, voulut l’essayer au pouce d’Agnelette.

Mais, à son grand étonnement, la bague se trouva trop étroite et ne put passer la seconde phalange.

– Tiens ! fit Thibault, qui jamais aurait dit cela ?

Agnelette se mit à rire.

– En effet, dit-elle, c’est drôle !

Thibault essaya l’anneau au doigt indicateur d’Agnelette.

L’anneau refusa d’entrer, comme il avait fait pour le pouce.

Alors Thibault essaya du médium.

On eût dit que l’anneau se rétrécissait de plus en plus, comme s’il craignait de souiller cette main virginale.

Après le médium, Thibault voulut passer la bague à l’annulaire.

C’était le même doigt auquel il la portait lui-même.

Même impossibilité que pour les autres.

Au fur et à mesure que l’expérience se faisait, Thibault sentait trembler la main d’Agnelette dans les siennes, et la sueur tombait de son front, à lui, comme s’il eût accompli la plus fatigante besogne.

Il sentait qu’il y avait là-dessous quelque chose de diabolique.

Enfin, il l’essaya au petit doigt d’Agnelette.

Ce petit doigt, frêle et transparent, autour duquel l’anneau devait jouer aussi facilement qu’un bracelet eût joué à celui de Thibault, ce petit doigt, malgré les efforts que fit Agnelette, ne put entrer dans l’anneau.

– Ah ! monsieur Thibault, s’écria l’enfant, que veut donc dire cela, mon Dieu ?

– Anneau de Satan, retourne à Satan ! s’écria Thibault.

Et il jeta l’anneau contre un rocher, dans l’espérance de l’y briser.

L’anneau fit feu comme si Thibault eût donné un coup de pied contre le granit, rejaillit vers lui, et, en rejaillissant, rentra de lui-même à son doigt.

Agnelette vit cette évolution étrange de la bague et regarda Thibault avec effroi.

– Eh bien, demanda Thibault essayant de payer d’audace, qu’y a-t-il ?

Agnelette ne répondit pas.

Seulement, elle regardait Thibault d’un œil de plus en plus effaré. Thibault ne savait pas ce qu’elle regardait.

Mais elle leva lentement la main jusqu’à la tête de Thibault, et, le doigt étendu :

– Oh ! monsieur Thibault, dit-elle, oh ! monsieur Thibault, qu’avez-vous donc là ?

– Où ? demanda Thibault.

– Là ! là ! dit Agnelette pâlissant de plus en plus.

– Mais, enfin, où ? s’écria le sabotier en frappant du pied la terre. Dites ce que vous voyez.

Mais, au lieu de répondre, Agnelette ramena ses mains sur ses yeux ; puis, en poussant un cri de terreur, se mit à fuir de toutes ses forces.

Thibault, tout abasourdi de ce qu’il lui arrivait, n’essaya pas même de la suivre. Il resta au même endroit, immobile, muet, interdit.

Qu’avait donc vu Agnelette de si effrayant, et que désignait-elle du doigt ?

Était-ce le sceau que Dieu avait imprimé au premier meurtrier ?

Pourquoi pas ? Comme Caïn, Thibault n’avait-il pas tué un homme, et, au dernier prêche d’Oigny, le curé n’avait-il pas dit que tous les hommes étaient frères ?

Ce doute dévorait Thibault.

Il fallait avant tout savoir ce qui avait si fort épouvanté Agnelette.

Thibault eut l’idée d’entrer à Bourg-Fontaine et de se regarder dans une glace.

Mais, s’il était véritablement marqué du signe fatal, et si ce signe fatal était vu par une autre qu’Agnelette !

Non, il fallait trouver un autre moyen.

Il y avait bien celui d’enfoncer son chapeau sur son front, de s’en retourner tout courant à Oigny et de se regarder dans un fragment de miroir.

Mais c’était bien long.

Il y avait, à cent pas de là, une source transparente comme un cristal, qui alimentait l’étang de Baisemont et ceux de Bourg.

Thibault pouvait s’y mirer comme dans la plus fine glace de Saint-Gobain.

Thibault s’agenouilla au bord de la source et se regarda.

Il avait toujours les mêmes yeux, le même nez, la même bouche, et pas le plus petit signe au front.

Thibault respira.

Mais, enfin, il fallait bien qu’il y eût quelque chose. Agnelette n’avait évidemment pas pris peur pour rien.

Thibault se pencha un peu plus vers le cristal de la fontaine. Alors il aperçut au milieu de ses cheveux quelque chose de brillant qui scintillait dans leurs boucles noires et retombait sur son front.

Il se pencha davantage encore.

C’était un cheveu rouge qu’il avait aperçu.

Mais d’un rouge singulier, qui ne tenait ni du blond ardent, ni du blond carotte, ni de la nuance sang de bœuf, ni de la nuance ponceau.

C’était un rouge sanglant, ayant la couleur et l’éclat de la flamme la plus vive.

Sans chercher par quel phénomène un cheveu d’une couleur aussi insolite avait poussé là, Thibault tenta de se l’arracher.

Il fit pendre à la surface de l’eau la boucle dans laquelle flamboyait le terrible cheveu rouge, le saisit délicatement entre le pouce et l’index et lui imprima une vigoureuse secousse.

Le cheveu résista.

Thibault alors jugea que la pince n’avait pas été assez serrée, et essaya d’un autre moyen.

Il enroula le cheveu autour de son doigt et fit un violent effort.

Le cheveu entama l’épiderme du doigt plutôt que de céder.

Thibault enroula le cheveu récalcitrant autour de deux doigts et tira.

Le cheveu souleva le cuir chevelu et ne bougea pas plus que si le sabotier se fût escrimé sur le chêne qui étendait ses rameaux ombreux au-dessus de la source.

Thibault songea d’abord à continuer sa route vers Coyolles, se disant à lui-même qu’après tout, ce ne serait probablement pas la nuance équivoque d’un cheveu qui ferait avorter ses projets de mariage.

Mais cependant ce misérable cheveu le taquinait, l’obsédait, lui papillotait devant les yeux avec les mille éblouissements que donne la flamme quand elle court de tison en tison.

Enfin, s’impatientant et frappant du pied :

– Mille noms d’un diable ! s’écria Thibault, je ne suis pas encore si loin de chez moi, et je veux avoir raison de ce cheveu damné.

Il revint sur ses pas tout courant, entra dans sa hutte, retrouva son cheveu en se regardant dans son fragment de glace, prit un ciseau de menuisier, l’appuya sur le cheveu le plus près de la tête qu’il lui fut possible, plaça cheveu et outil dans cette position sur son établi et donna une vigoureuse impulsion du manche du ciseau.

Le ciseau entailla profondément le bois de l’établi, mais le cheveu resta intact.

Il renouvela la même manœuvre ; mais cette fois, s’armant d’un maillet et élevant le bras au-dessus de sa tête, il frappa à coups redoublés sur le manche du ciseau.

Il n’en fut pas plus avancé. Il remarqua seulement qu’il y avait au tranchant de son outil une petite brèche juste de la largeur d’un cheveu.

Thibault soupira ; il comprit que ce cheveu, prix du souhait qu’il avait fait, appartenait au loup noir, et il renonça à son entreprise.