Le Mespris de la vie et consolation contre la mort/« Le jeune homme mourant au joueur est semblable »

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Le Mespris de la vie et consolation contre la mort
Le Mespris de la vie et consolation contre la mortNicolas de Moinge (p. 30).
XI.


Le jeune homme mourant au joueur est semblable
Qui pert le dé glissant eschappé de sa main,
Il estoit de la perte aussi pres que du gain,
Incertain s'il eust heu la chance favorable :

Mais si nous comparons à nostre àge peu stable
L'infinité du tems, nous treuverons soudain
Que le mol enfancon qui doit naistre demain
Seroit au froid viellard en àge comparable.

Nostre vie est un point qui se doit mesurer
Non pas selon le tems quelle pourroit durer,
Mais selon son effect vicieus ou louable.

Voilà comme, ô mortel, il n'importe combien
Tu vive ou peu ou trop, mais que tu vives bien,
Mais las ? à vivre bien trop vivre est dommageable.