Le Monde de Mr. Descartes, ou Le Traité de la lumière/AV LECTEVR

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AV LECTEVR.



CE Monde d’un des grands Philoſophes qui ait écrit, ne ſeroit pas encore en vôtre poſſeſſion, ſi Monſieur D. A. n’en avoit voulu faire une liberalité publique ; Et que la paſſion qu’il a pour tous les ſentimens veritables & utiles, jointe aux demandes des Savans, ne l’eut obligé de tirer de son Cabinet cét ouvrage, qu’il avoit envoyé chercher preſqu’à l’extremité des Terres Septentrionales. Celuy qui en eſt Auteur, ne l’a pas ſeulement laiſſé entre ſes autres minutes moins correctes ſans doute & moins importantes, il l’a eſtimé aſſez, pour le donner luy-méme à ſes plus conſiderables amis. Et quoy qu’en divers endroits, il le nomme ſon Monde, icy neantmoins, où il ne parle que du Monde viſible, je n’ay vû dans l’Original que ces môs, Traité de la Lumiere, à quoy la verité des choſes, m’a fait encore ajoûter, Et des autres principaux objets des ſens. Mais ſi avec cela vous exceptez les titres des Chapitres, la verſion des mots Latins, & quelques fautes qui ont pû ſe gliſſer dedans ou dehors les Figures, le reſte appartient à Monſieur Deſcartes. Et les particularitez que j’en raporte font voir, que comme je croy que ceux qui cachent ſes ſentimens, ſont en quelque ſorte receleurs, ceux qui luy en ſubſtituënt d’autres ſont fauſſaires. Pour les Chapitres que je disois, quoy que je les aye trouvez dãs le Manuſcrit, neantmoins à voir de quelle façon l’auteur quelquefois les commence, je juge que son deſsein étoit de faire ſans interruption un Diſcours, ou une Hiſtoire : & mémes depuis le Chapitre ſixiéme, une Hiſtoire de Roman. Il ſavoit que ſi quelque part, on defendoit de parler du Syſteme de Copernic, comme d’une verité, ou encore comme d’une hypotheſe : on ne deffendoit pas d’en parler comme d’une Fable. Mais c’eſt une Fable, qui non plus que les autres Apologues ou Profanes ou Sacrés, ne repugne pas aux choſes, qui ſont par effet. **

D. R.