Le Nouveau Spectateur, 01 avril 1776/Annonces
Les Œuvres complettes de Piron se vendent à Paris, chez Michel-Lambert, rue de la Harpe. huit vol. in-8o 48 liv.
Cette édition a été faite avec le plus grand soin. On y a rassemblé tous les bons mots & toutes les pièces fugitives de cet original écrivain, qui probablement survivra à M. de la Harpe.
Les deux premiers volumes de la Traduction nouvelle du fameux Shachespear viennent de paraître. Ils se délivrent à Paris, chez Musier fils, rue du Foin Saint-Jacques 18 l. les deux vol. in-8o.
Nous en rendrons compte, quand nous saurons le jugement du public.
Didon heureuse, Tragédie bonne à être mise en musique par qui voudra. Elle est précédée d’un discours qui est la plus belle chose du monde. Il est de nous. Prix, 1 liv. 4 s.
Les à propos de société ou Chansons de M. Laujon, trois vol. grand in-12. Chez tous les libraires qui vendent les nouveautés.
L’auteur a eu bien raison de donner ce titre à son ouvrage. Telle chanson est dénuée de tout mérite aux yeux de l’indifférent lecteur, qui paraît charmante à la société qui en est l’objet. Quoi qu’il en soit, nous en avons beaucoup trouvé dans ce recueil qui sont naïves, ingénieuses, piquantes & bien écrites. L’auteur d’Églé, de Sylvie & de l’Amoureux de quinze ans est encore plus avantageusement connu par ses À propos de société, que par ses ouvrages dramatiques qui paraissent cependant fixer les suffrages.
Attilie, Tragédie de M. Le Gouvé, se vend à Paris, chez F. A. Quillau, rue du Fouarre.
Un Journaliste à qui personne ne peut refuser beaucoup d’esprit, d’imagination & de génie, a cherché à ridiculiser cette Tragédie.
La seconde édition du Célibataire de M. Dorat, précédée d’un Discours & d’une réponse aux critiques ; chez Delalain, rue de l’ancienne Comédie Française, à Paris.
La Fille de trente ans, Comédie ; à Paris, chez Clousier, rue Saint Jacques.
Tous les Journalistes ont fait avec raison l’éloge de cette pièce. Nous avons su qu’elle avait été refusée par la Troupe des Comédiens Français, le jour même qu’ils reçurent le Roi Pétaud avec tant d’empressement. On sait quel fut le succès de cette derniere Comédie.
Si un homme inconnu se présentait devant la Troupe avec une pièce telle que le Misantrope, je ne doute pas un instant qu’il n’eût les deux tiers des voix contre lui. On ne juge pas l’Auteur par l’ouvrage qu’il présente, mais bien par ceux qu’il a faits.
J’ai lu, par ordre de Monseigneur le Garde des Sceaux, le premier Cahier du Nouveau Spectateur, ou Examen des Pièces nouvelles de Théâtre. Cet Ouvrage, utile & amusant, nous a paru écrit avec goût & impartialité. Il ne peut qu’être favorablement accueilli du Public.
Crébillon.
