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Le Palmier (Leconte de Lisle)

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La Revue des revues (1890-1900)1899, Tome 3 (p. 498-499).

LE PALMIER


Svelte palmier,
Arbre léger,
Dont verte branche
En éventail,
Au frais travail,
Longue s’épanche,
Quand le soleil
Jaunit du ciel
La draperie
Pure, arrondie,
Qui dans le loin
Lasse la vue
D’une étendue
Bleue et sans fin ;
Oriental,
Original,
Féérique même !
Si moelleux,
Si gracieux !
Que vent caresse

Tel qu’un soupir
De doux loisir…
De gentillesse
Et de fierté,
Libre, aéré,
Ton front s’élance
Et se balance
Avec plaisir
Et noble grâce
Pour rafraîchir
Celui qui passe ;
Et puis encor
Comme un point d’or,
Comme un prestige
Qui luit, voltige,
Illusion
Et fiction !
L’aile enflammée
Et contractée
Du cardinal[1],
Rouge spiral[2]
Semble au feuillage
Un peu volage !
Novembre 1848.

  1. Cette expression est très juste. Ce petit oiseau des îles est très batailleur, très fort et très nerveux. On se rappelle les vers de la Ravine Saint-Gilles :
    Le cardinal vêtu de sa plume écarlate,
    En leurs nids cotonneux trouble les colobris.
  2. Banville dit qu’il n’y a pas de licences poétiques !