Le Tombeau de Jean de La Fontaine/23

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Mercure de France (p. 107-108).

LE POISSON


Que de fois dans les flots du vers libre qui chante,
Tantôt en s’étalant au milieu des prairies,
Et tantôt resserrés des collines fleuries,
J’entendis le couplet mesuré d’Amarante !

Suivant le fil des eaux qui se jettent aux mers,
Et cet instinct qui fait que le sel nous attire,
J’ouïs le large rythme où s’accorde ta lyre,
Quand la lune et le vent nous donnent leurs concerts.


Un jour que j’explorais le gouffre des sirènes,
L’une d’elles me dit : « Il chante mieux que moi ;
Des chœurs des Immortels il est passé le roi,
Si nous en sommes reines. »