Le Vœu (O. C. Élisa Mercœur)

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Œuvres complètes d’Élisa Mercœur, Texte établi par Adélaïde AumandMadame Veuve Mercœur (p. 287-288).


LE VŒU [1].
COUPLETS.

I.

Lorsque tu ne sens plus la flamme
Qui dévore mon faible cœur ;
Lorsque tu m’as repris ton âme,
Qu’une autre fasse ton bonheur !
Qu’elle ignore, heureuse et charmée,
Ce qu’on souffre en perdant ta foi…
On meurt quand on n’est plus aimée…
Puisses-tu l’aimer plus que moi !

II.

Non, je ne puis, de la vengeance
Éprouvant le besoin fatal,
Lui désirer ton inconstance !
Ton oubli cause trop de mal !
De regrets mon âme abîmée,
Fait des vœux pour elle et pour toi…
On meurt quand on n’est plus aimée…
Puisses-tu l’aimer plus que moi !

III.

De douleur lorsque je succombe,
Adieu ! toi qui m’as pu trahir.
Ton abandon creusa ma tombe ;
J’y descendrai sans te haïr.
Dans un froid cercueil enfermée,
J’oublîrai… même jusqu’à toi…
On meurt quand on n’est plus aimée.
Puisses-tu l’aimer plus que moi !


(1829.)
  1. Mademoiselle Dellatore, maîtresse de musique de Mademoiselle, avait fait demander à Élisa quelques vers par le docteur Alibert.