Le Viol de Lucrèce/Argument

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Le Viol de Lucrèce Trad. F.-V. Hugo
Œuvres complètes de Shakespeare , Pagnerre, 1872, 15 (pp. 207-208).
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ARGUMENT.

Lucius Tarquin, surnommé le Superbe à cause de son excessif orgueil, après avoir fait assassiner cruellement son beau-père Servius Tullius, et, contrairement aux lois et coutumes romaines, s’être emparé du trône, sans demander ni attendre les suffrages du peuple, vint mettre le siège devant Ardée, accompagné de ses fils et d’autres nobles romains. — Durant ce siège, les principaux chefs de l’armée, étant réunis un soir dans la tente de Sextus Tarquin, fils du roi, et causant après souper, exaltèrent tous les vertus de leurs femmes ; entre autres, Collatin vanta l’incomparable chasteté de son épouse Lucrèce. — Dans cette humeur joyeuse ils coururent tous à Rome, prétendant, par cette arrivée secrète et soudaine, établir la preuve de ce qu’ils venaient d’affirmer ; seul, Collatin trouva sa femme (quoiqu’il fût tard dans la nuit) en train de filer au milieu de ses servantes ; toutes les autres dames furent surprises occupées de danses, de fêtes et d’autres divertissements. Sur quoi les nobles romains décernèrent à Collatin la victoire, et à sa femme tout l’honneur. — Alors, Sextus Tarquin, enflammé par la beauté de Lucrèce, mais étouffant sa passion pour le moment, retourna au camp avec les autres. Bientôt après il repartit secrètement, et fut (conformément à son rang) royalement reçu et logé par Lucrèce à Collatium. — La même nuit il se glisse traîtreusement dans sa chambre, la viole et s’enfuit de grand matin. Lucrèce, dans ce lamentable état, dépêche vite deux messagers, l’un à Rome vers son père, l’autre au camp vers Collatin. — Le père et Collatin arrivent, l’un accompagné de Junius Brutus, l’autre de Publius Valerius, et, trouvant Lucrèce vêtue de deuil, lui demandent la cause de sa douleur. Elle, tout d’abord, leur fait jurer de la venger, dénonce le coupable et tous les détails de son forfait, et immédiatement se poignarde. — Sur ce, d’une voix unanime, tous font vœu d’exterminer tout entière la famille abhorrée des Tarquins ; ils emportent le cadavre à Rome ; Brutus fait connaître au peuple le criminel et les détails de son crime infâme, terminant par d’amères invectives contre la tyrannie du roi. Le peuple en fut tellement ému que l’exil de tous les Tarquins fut décrété par acclamation générale, et le gouvernement transféré des rois aux consuls.