Le Zend-Avesta (trad. Darmesteter)/Volume II/Vendidad/Fargard 13

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Traduction de James Darmesteter

Édition : Musée Guimet. Publication : Ernest Leroux, Paris, 1892.
Annales du Musée Guimet, Tome 22.


VENDIDAD
Fargard 13
13.
Le chien.

I a (1-4). Sainteté du chien Vañhàpara (le hérisson) : le crime d’attenter à sa vie.
I b (5-7). Le Zairimyañura (la tortue) : le mérite qu’il y a à la tuer.
II (8-l6). Les diverses espèces de chiens : pénalités pour le meurtre du chien.
III (17-19). Fonctions du chien de berger (Pasush-haurva) et du chien de garde (Vish-haurva).
IV (20-28). De la nourriture due au chien.
V (29-38). Du chien enragé ou malade ; comment le rendre inoffensif et le soigner.
VI (39-40). De l’excellence du chien.
VII (41-43). Le chien-loup : combien dangereux : le tuer.
VIII (44-48). Psychologie du chien, comparé au prêtre, au guerrier, au laboureur, au musicien ambulant, au voleur, au disu, à la courtisane, à l’enfant.
IX (49). Éloge du chien.
X (50-54). Le chien d’eau : le grand crime qu’il y a à le tuer (cf. le Fargard suivant).


FARGARD 13

« Sans le chien de berger et le chien de garde, dit Ahura, nulle maison n’aurait pu subsister » (§ 49). Ce Fargard est tout entier un hommage éclatant rendu aux vertus et aux services du chien, à part les deux premiers morceaux (§§ 1-7) qui traitent d’ailleurs un sujet de la même famille. Ce Fargard est le seul morceau complet qui nous reste de la lilléralure canine qui était beaucoup plus étendue : toute une section du Nask Ganbd .ra/’-«/ ;’ff/ était consacrée au chien de berger [Pusûsh-haùrvaslcin ; West, Dinkarl, VIII, 23 ; cf. encore, 24, 3 ; 33, etc.). I a (1-4). Sainteté du chien Vanhâpara (le hérisson) : le crime d’attenter à sa vie.

I 6 (5-7). Le Zairimyanura (la tortue) : le mérite qu’il y a à la tuer. II (8-16). Les diverses espèces de chiens : pénalités pour le meurtre du chien.

III (17-19). Fonctions du chien de berger (Pasush-haurvô) et du chien de garde (Vish-haurvô).

IV (20-28). De la nourriture due au chien. V (29-38). Du chien enragé ou malade ; comment le rendre iuoffensif et le soigner.

VI (39-40). De l’excellence du chien. VII (41-43). Le chien-loup : combien dangereux : le tuer.

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VIII (44-48). Psychologie du chien, comparé au prêtre, au guerrier, au laboureur ; au musicien ambulant, au voleur, au disu, à la courtisane, à l’enfant.

IX (49). Éloge du chien.

X (50-54). Le chien d’eau : le grand crime qu’il y a à le tuer (cf. le Fargard suivant)’.

la.

1. Parmi les créatures du Bon Esprit quelle est la bonae créature qui, chaque nuit, de minuit au lever du soleil’, s’en va tuant un millier de créatures du Mauvais Esprit ?

2 (3). Ahura Mazda répondit :

Le chien au dos hérissé-, à la tête effilée% le chien "Vanhâpara, que 1. Nous donnons en regard l’analyse correspondante du Dtnkarl (VIII, 44, 52-56’ ! ■’ I-II-III-IV. Des diverses espèces de chiens ; de la valeur du chien de berger, du chien de garde, et autres. Comment les tenir et les entretenir ; du crime qu’il y a à les tuer et à les mal soigner, etc. (madam snràlak’t kalbâân ; arjdnlkUû kalbdi pasùskhaûrvô ii vish-haùrvô ii apârîk-ic ; cigùn ddshian, srdyis/in srdyiniian, u vinàs-î min yaktalùntan uddiilid dàshlan-ic zi/ashdn jût jût, ma dar ham bahà). Que faire du chien enragé qui commet des méfaits et comment le traiter {U-dandic aigh amat kalbn ahôn [lire abi’id] i vindskâr yalivûnêt, md Ivald kûnis/tn, cîgûnt/akhsanûnishn).

Vil Que l’on a le droit de tuer lu chien loup (T’ madam dastôbcal/id ijaklalùnlani kalbd gùrg).

VIII. Sur les trente et un points de caractère que le chien a en commun avec les trois classes et avec cinq autres {madam ’i I klûm-’i dar kalbddn-l c’igûn dnr ,’i pêshak-i mâlUfân dn dn 5 dyûinak yahvûnét).

X. Du grand crime qu’il y a à tuer le chien d’eau {madam girdn vhidsih-’i ijaklalùn- /nn-î baprak-i dptk].

1. vispem paitiusbàonliem ;c’est-i-dire à chaque Gâh Ushahin, lequel va de minuit au lever du soleil [pun nim lailyd,. — â buvalslisliat : voir aux Fragments du Nirangislân et Zand-Pahlavi Glossary, p. 77.

2. sizLdrcm ; traduction conjecturale ; le pehlvi transcrit sishd (§3, 6) et glose kôfik qui peut signilier soit « montagnard » p. ^^^, soit « bossu » (cf. z. kaofa^ ; peut-être s’agit-il de la masse des piquants qui font bosse sur son dos. 3. urvisarein, ddniiiik ( ? traduit illjU sai’ak aighash râis/id’i pôz hdrik, >• à la tèle dàrinak, c’esl-à-dire que rr’xlrémitè de son museau est effilée ». T. II. 25 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/248 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/249 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/250 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/251 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/252 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/253 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/254 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/255

selière, d’une ashti si le bois est dur, de deux s’il est tendre ; on la fixera au collier, on la fixera des deux côlt^s.

31 (86). Si on ne le fait et que le chien sans voix, dont l’intelligence est dérangée, blesse un mouton ou un homme, il sera puni pour la blessure du blessé de la peine du baodhô-varshta".

32 (88). Au premier mouton qu’il tuera, au premier homme qu’il blessera, on lui coupera l’oieille droite.

Au second mouton qu’il tuera, au second homme qu’il blessera, on lui coupera l’oreille gauche.

33 (90). Au troisième mouton qu’il tuera, au troisième homme qu’il blessera, on lui fera une entaille au pied droit.

Au quatrième mouton qu’il tuera, au quatrième homme qu’il blessera, ou lui fera une entaille au pied gauche.

34 (92). Au cinquième mouton qu’il tuera, au cinquième homme qu’il blessera, on lui coupera la queue.

On fixera donc la muselière au collier, on la fixera des deux côtés. Si on ne le fait et que le chien sans voix, dont l’intelligence est dérangée, blesse un mouton ou un homme, il sera puni pour la blessure du blessé de la prine du baodhô-varshta".

36. Entendre collier et muselière au sens étymologique et non au sens moderne : le collier est une pièce de bois (làshlem dàuru), mise au cou, et la muselière est une pièce, de bois également, qui rejoint le collier par le haut et par le bas : rien ne nous indique la forme exacte de l’un ni de l’autre objet. Le mot que je traduis muselière est stamanem, dérivé de stamaii u gueule » (Farg. XV, 4) : le pchlvi asldmak, lu a-stakmak, a été ingénieusement interprété par le ms. M’, blzulm «sans violence »

— L’ashti (ou isliti)est peut-être une épaisseur de << brique ». — Peut-être le làsliteiu dàuru a-t-il pour objet de réduire à l’immobilité le chien dangereux. .u Giijrate, pour empêcher un animal de s’enfuir, surtout un animal dangereux, on lui attache sous le cou un long bâton posant qui traîne à terre, c’est ce qu’on appelle le KiitUù. Dans la fable pehlviede l’Arbre et de la Chèvre l’arbre dit à la chèvre : « De moi l’on fait le bâton avec lequel on te fait courber le cou » [min licôp karhid man lakgrivnnmàzend). Cf. note suivante et note 40.

37. Voir note 17. C’est probablement des §^^ 3-2-3’i que dérive l’interprétation du liaodiiù-varshta comme nom d’un pénalité consistant dans la mutilation du coupable (Farg. Vil, n.47). — D’après la loi de Solon.le chien qui avait mordu un homme lui était livré attaché à un bloc de quatre coudées de long (sans doute pour l’empêcher de se mouvoir et de blesser ; Plutarque, Solon. 2i ; cf. la note précédente).

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35 (f"). Créateur du monde des corps, sainl ! Si dans la maison d’un adorateur de Mazda se trouve un chien sans flair’^ et dont l’intelligence est dérangée, que feront les adorateurs de Mazda ?

Ahura Mazda répondit :

Ils essayeront de le guérir comme on ferait pour un fidèle. 36 (100). Créateur du monde dos corps, saint ! S’ils essayent sans réussir, que feront les adorateurs de Mazda ? 37 (102). Ahura Mazda répondit :

On lui metira au col un collier de bois façonné : on y attachera une muselière, d’une ashti si le bois est dur, de deux s’il est tendre ; on la fixera au collier, on la fixera des deux côtés *". 38. S’ils ne le font pas, le chien sans flair pourra tomber dans un trou*’, dans un puits, dans un précipice, dans un ruisseau ou dans un canal *- et se blesser : et si ainsi il se blesse, par suite de cette faute ils deviennent Peshôtanu.

VI

39 (106). Moi, Ahura Mazda, j’ai créé le chien, ô Zarafhushtra, tout vêtu et tout chaussé*’ ; vigilant et éveiUé^* ; armé de dents aiguës ; nourri par l’homme pour veiller sur ses biens.

38. On lui coupe roreille ;upa-tlnverp.s ;i_ven , on ne fait qu’une entaille au pied (npa-kereùta>civ . — La Bible condamne à mort le bœul’ qui a tué un homme {Deiil .]. 39. ahàm-Itaudbcrunù va adliiut> ô-kliratiisb ; le va de ce paragraphe s’oppose à celui du § 30 ; voir note 35.

40. L’appareil a certainement pour objet de protéger le chien (§ 38, ce qui rend vraisemblable l’interprétation de la note 36, qui s’applique aux deux cas. 41. Je suis la correction de Westergaard, ma !ghè au lieu de macg^tiè : la traduction de Fràmji, khàdâ, suppose aussi celle lecture. 42. apô nàvayào, traduit {XIV, 16, 69) min ! ndiHd/ ;, kala.i t àpdân, qui est rendu par la traduction persane nhi nnvddn, kdriz, dbddn. 43. hvà-vaslpcm hvà-aotlirem ; litt. « ayant son vêtement naturel, ses chaussures naturelles ».

44. zacni-budlirem ; c’est-à-dire « qu’il dort dans la mesure voulue » [dinik khalmûnit), il ne dort que d’un œil. — « Le chien, dit le Bundahish, a reçu son nom parce qu’il a été créé supérieur à l’homme en trois choses : il a son vêlement na

Moi, Ahura Mazda, j’ai établi le chien ici-bas, dispos contre le bandil*% quand il est sain d’intelligence et capable de veiller sur les biens de l’homme.

40 (112). El celui qui s’éveille à sa voix*", ô Spitama Zarathushtra, ni voleur ni loup n’emporteront rien de sa maison sans que le chien donne l’éveil. Le loup sera tué, le loup sera mis en pièces " ; le loup sera repoussé, il fond comme neige ( ?) *’.

VII

41 fii5). Créateur du monde des corps, saint ! De ces deux loups quel est celui qui est plutôt à tuer, celui qu’un chien engendre d’une louve, ou celui qu’un loup engendre d’une chienne *^ Ahura Mazda répondit :

Des deu.x loups^", celui qu’un chien engendre d’une louve, ô saint Zarathushtra, est plutôt à tuer que celui qu’un loup engendre d’une chienne. 42 (11’ !'). Car les chiens nés de là attaquent le chien de berger, le chien de maison, le chien Yohunazga et le chien dressé ; ils ravagent les fermes et deviennent dans l’année plus funestes, plus malfaisants, plus ravageurs de fermes que tout autre chien.

turel, il a ses ctiaussures uaturelles et est d’une activité sans sommeil (akhvah u tûkhshdk ; jeu de mots sur sag considéré comme dérivé de s/ « trois ». — virô-draoiianhem : cf. note 55.

45. mazaosli, est glosé jif-vinf/, le même mol qui traduit zaèni ; tùraliè, inadain lùrdn aigh vinâskârdn lakhvâr darêt, « contre les Touraniens, c’est-à-dire qu’il tient à l’écart les malfaiteurs ».

46. Glose : « celui qui sort du sommeil quand il aboie » [amat zak îang [lire vâng^ kunadmin bûshdsp harâ yalivûnêl).

47. scàllnva : nasinishn, aigh pun 2 barû tin^hiishn, d est détruit ; c’est-à-dire est détruit en deu.’c ».

48. pôilhwa, ràninishn ; snaczliana ? traduit par conjecture d’après snizh, neiger. 49. yalha spà velirkaliè kcrenaoili yatha yat velirkô spà : litt. « quand le cliien fait (engendre) dans le loup [amal kalbd dnr gnry obdûnêl) que quand le loup dans le chien ». On attendrait sùiiô ; peut-être faut-il entendre : « que ce qu’engendrent loup (màle)e< chien (femelle) ». La louve donne au produit la méchanceté de sa race, le chien sa supériorité de force.

50. Et aussi « des deux chiens » : le produit du chien et de la louve est chien (8 42) aussi bien que loup (§ 43), mais tous deux sont également malfaisants.

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43 (121). Et les loups nés de là fondent sur les fermes elles ravagent et deviennent dans l’année plus funestes, plus malfaisants, plus ravageurs des fermes que tout autre loup.

Vlll

44 (124). Le chien à lui seul a huit caractères . 11 a le caractère d’un prêtre.

11 a le caractère d’un guerrier.

11 a le caractère d’un laboureur.

11 a le caractère d’un musicien.

Il a le caractère d’un voleur.

Il a le caractère d’un disu.

Il a le caractère d’une courtisane.

Il a le caractère d’un enfant.

45 (126). Il mange le surplus ", comme un prêtre ; il est facile à satisfaire ", comme un prêtre ; il est patient, comme un prêtre ’^ ; il ne demande qu’un pauvre morceau de pain, comme un prêtre. — C’esten cela qu’il a le caractère d’un prêtre.

Il marche en avant, comme un guerrier ; il combat pour le bœuf bienfaisant, comme un guerrier’" ; il est le premier, il est le dernier de la maison’". 51. aslita-hifrem, S barishn ; lilt. « huit laçoQS de «e comporter » ; glose : " liuit caractères » {8 kfi’im). — lùfrem, bar-ishn, semble être une forme redoublée de bar :

  • bi-br-em.

01. paili bvaretha, madam khorislin ; traductioQ coQJeclurale. Je ue comprends pas la glose : harà ijallhûnêt, « il est assis » : serait-ce « il reste assis », il attend qu’on lui donne ?

53. hu-kbsbnaothrù ; le Vd. IX, 39-iO, montre que le prêtre n’est pas si facile à satisfaire. — Glose : « les bons traitements le mettent en joie ». 54. bvàzàrô ; traduit en décomposant en bu et àzàrô. Une autre interprétation décompose en bu et vàzàrô, kliùp vdzdr.

55. aèsbo kasu-draunô ; di-aoïià est pris ici, non dans son sens liturgique de pain consacré (vol. I, lxv), mais au sens général d’aliment : il est en ellet traduit .lûr <• repas » et non darùn ; cf. virù-draonanbcui, § 39. 56. Expression presque brahmanique. Glose : « il écarte le voleur et le loup ». 57. parô pasca nuiànabù : voir note 58. Glose : «quand le bétail sort de l’établc (pâ/iisl =z pasusb-asla), il vient après lui » (lire « devant lui » ?),cf. notes 58-59.

comme un guerrier. — C’est en cela qu’il a le caractère d’un guerrier.

46 (135). Il est vigilant et ne dort qu’à demi, comme un laboureur ; il est le premier, il est le dernier de la maison, comme un laboureur ; il est le dernier, il est le premier de la maison, comme un laboureur^’. — En cela, il a le caractère d’un laboureur.

Il aime à chanter, comme un musicien^" ; il blesse qui s’approche, comme un musicien ; il est mal dressé et fantasque-, comme un musicien. — C’est en cela qu’il aie caractère d’un musicien. 47 (143). Il aime les ténèbres, comme un voleur ; il rôde dans la nuit^ comme un voleur ; il mange sans scrupule*, comme un voleur ; et par suite il est dépositaire infidèle"’, comme un voleur. 58. paru pasca nmânaLè. Glose : « quaad le bétail sort de Félable, il va en avant ». 59. pasea paru nmànabê. Glose : « quand le bétailr entre à l’étable, il va derrière •>. 60. vaèso, vés. Le sens de ménestrel est établi : 1° d’après la première épithète, Lvandrakara, khvandk-kar,i< qui fait chanson » (cf. _/^Ui-, chanteur ; de hvan, p. JX^^) ; 2° d’après la tradition postérieure qui traduit j^. Peut-être ce mot de ces nous est-it resté dans jLjT, nom pehlvi des musiciens que Bahrâm Gôr fit venir de l’Inde [x :^ J"^ iJ^, J^.’x ù^/’ ; ^iujmil ut-lêvàrikh, Journal asiatique, 1841, II, 53’t) : ce sont les Louris isj^ de Pirdausi et des modernes. « Les Louris errent dansle monde, cherchant leur vie, compagnons de gite et de rcjute des chiens et des loups et toujours sur les chemins pour voler jour et nuit » (Firdausi, ti’. Mohl, petite édition, VI, Gl).

61. Litt. « il blesse de près ». Il insulte le passant, comme un Louri. 62. zairiiiiyafsma, )iizàr patmân aigh farhangi saryn ohdûnand, « de maigre mesure, c’est-à-dire qu’il a mauvaise instruction ». afsman se dit de la mesure métrique (vol. I, p. 308, n. 75 et 477, n. 2) : l’épithète lui rcproi’he donc de mal observer la mesure dans ses chansons. Ihryafsina « qui a trois mesures » ( ? le pehlvi a r’iplak paliiidn, «à mesure mauvaise» ; 7-î/)/aA’ traduit erekbta : YasnaXXXII, 7 ; XiilV, 2) ; glose : « ce qu’il fait, vite il l’abandonne » [zak î obdûnand ziU bard sliahkûnand). 63. khshnpûj’aunù, lai/hjd âyôkhldr ; M. «j’jj i.»i,. 64. apisUmô-hvarô ; Fràmji traduit « qui mange sans repentir [la nourriture d’autrui ] » : il lit donc le pehlvi aphkmdn k/iôr el voit dans /J«(^m«n l’origine du persan pashinidn. La traduction de Munich a «Ji-’jj*- ^l»L ^^ « qui mange sans mesure », ce qui suppose la lecture apê-sdmdn khôr. Le sens général est le même d’ailleurs dans l’une et l’autre traduction et concorde avec l’épithète qui suit. 65. atliaca duzlinitlliàtô. « et ainsi mauvais dépositaire ». Le pehlvi traduit u de mauvais naturel », dûsli-khîm, nidliâto étant « ce qui est déposé [au fond du cœur] » ; c’est d’ailleurs le sens du p. jl,J. Cependant la glose qui suit semble indiquer qu’il ZEND-AVESTA : VE.NDIDAD. — KARGAIID 13 207

II aime les lénèbres, comme un disu' ; il rôde dans la nuit, comme un disu ; il mange sans scrupule, comme un disu. — C’est en cela qu’il a le caractère d’un disu.

48(153). Il aime à chanter, comme une courtisane ; il blesse qui s’approche, comme une courtisane ; il va au loin sur les routes, comme une courtisane"’ ; il est mal dresst.^ et fantasque comme une courtisane. — C’est en cela qu’il a le caractère d’une courtisane. Il dort, comme un enfant ; il fond comme neige ■ comme un enfant ; il est babillard"’, comme un enfant ; il creuse la terre avec les pattes, comme un enfant "’. — C’est en cela qu’il a le caractère d’un enfant. IX

49 (163). Quand l’un de ces deux êtres entre dans l’une de mes maisons, jamais ne les en écartez : le chien gardien de troupeau et le chien gardien de maison. Jamais mienne maison ne subsisterait sur la terre créée par .hura, n’étaient ces deux êtres, le chien gardien de troupeau et le chien gardien de maison ’-.

y avait une autre iaterprétatioa prenant le mot au sens propre : » quand on lui confie quelque chose, il le mange ».

66. disusli. dis ; Fràinjî traduit ràhznn « voleur de grand chemin », mais c’est sans doute qu’au lieu de rfw, simple tianscription dedisu-, lia i gasna sag (leSaka), qui transcrit ou traduit le zend jjadha « brigand » (Yasna IX. 21 ; cf. Yt. XI. 6). La traduction persane a «oijj « une bète féroce ». 67. La courtisane reçoit toutes les épithétes du musicien plus une, parce qu’en général toute femme vaêsa était une jabika. La prostitution en Orient se recrute surtout parmi les castes chantantes : le mot Lnuri (voir note 60) a les deux sens. — Les Afghans, qui méprisent fort les gens de Caboul, les traitent de bâtards et fils de prostituées et content qu’ils descendent des dix mille musiciens et fillos de joie amenés de l’Inde par Bahràm Gor et qu’il laissa là à son retour, étant rappelé en toute hâte dans le cœur de la Perse par une usurpation. Communiralion de Peshotanji Mihirjirana, ancien secrétaire de THmir." ! 68. airitô-pantànera, pun rrit rîk (lire rah’ik. que suppose le persan j^j). 69. snaè/.liano ? Il fuit et disparait subitement : cf. note 48. 70. Lizu-dràjô, liùzvi’m drài/nûldr ; peut-être au propre « qui lire la langue » (dU rang hùzvàn).

71. Comme l’enfant i[ui s’amuse ;i fairi’ une maison de terre Jr ;mji). paîri-taklilù, le p.payddl ;/i(an,« enlever, vider » ; paurvai-ibya, ’«avec les deuv [pattes] de devant". 72. Cf. Bund. XIX, 34. 50 (1<36). Créateur du moiide des corps, sainl ! Ouand un chien meurt, la moelle détruite et la semence épuisée", où s’en va son esprit ?

51 (167). Ahura Mazda répondit :

11 passe à la source des eaux’*, ô Spitama Zarathusbtra : là de ces chiens sont formés deux chiens d’eau ’^ : de mille chiens mâles, de mille chiens femelles, [est formé] un couple, un mâle et une femelle. 52 (1*0) ’^ Celui qui tue un chien d’eau produit une sécheresse qui détruit les pâturages.

Jusqu’alors, o Spilama Zaralliushlra, de ce lieu et de ce pays, ne venait que miel et graisse, santé et guérison ; prospérité, agrandissement et croissance, et poussée des grains et des herbes.

53 (Hi). Créateur du monde des corps, saint ! Quand reviendront en ce lieu et ce pays le miel et la graisse ; la santé et la guérison ; la prospérité, l’agrandissement et la croissance ; et la poussée des grains et des herbes ?

54 (112). Aliura Mazda répondit :

Point ne reviendront en ce lieu et en ce pays le miel et la graisse ; la santé et la guérison ; la prospérité, l’agrandissement et la croissance ; et la poussée des grains et des herbes ;

73. nashlà-zemanasca, ozlûnt mazg (le Commentaire et le Glossaire zeud-pehlvi ponctuent à tort mzd. Cf. Fragments du Nirangistàn. pairislità-klisliudrasca ; selon le Bundahish le sperme vient de la moelle (XVlj ; c’est la théorie des Indous qui l’appellent majjd-samudbhava, et de Platon {limée, 7i,91. Cf. Censorinus, De dienalali,5).

74. Probablement à la source d’Ardvi Sûra Anàhita : cf : Yl. V, 129. 75. dva udra upàpa, « deux udras aquatiques » ; il s’agit sans doute de la loutre, voir rintroduclion au Fargard suivant. L’udra semble la métamorphose et l’apothéose du chien ; il vaut mille chiens : de là les peines extravagantes dont est puni son meurtrier.

Saddar, LXX.WI : « On ne doit pas tuer un chien d’eau [sagl àbï) : si on en voit un (juclquc part, il faut le porter dans l’eau courante. Car le Zend du Vendidad considère comme un grand crime [de le tuer] et qui tue un chien d’eau perd la source de virilité « (tuk/ima-dànash namânad). Ces dei’niers mots sont probablement ici par fausse interprétation du S 50.

76. §§52-5G = Farg. IX, 53-57. Voir là le commonlaiic ZEND-AVESTA : VENDIDAD. — FARGARD i :^ 209 55 (173). que l’impie Ashemaoglia u’ait été tué sur place et qu’on n’ait ollerl sacrifice en ce pays au saint Sraosha trois jours et trois nuits durant, avec feu allumé. Baresman en faisceaux, Haoma préparé. 56 (174). Alors reviendront en ce lieu et en ce pays le miel et la graisse ; la santé et la guérison ; la prospérité, l’agrandissement et la croissance ; et la poussée des grains et des herbes.

Ashem vohû.

-2.1