Le Zend-Avesta (trad. Darmesteter)/Volume II/Vendidad/Fargard 18

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Traduction de James Darmesteter

Édition : Musée Guimet. Publication : Ernest Leroux, Paris, 1892.
Annales du Musée Guimet, Tome 22.


VENDIDAD
Fargard 18
18.
I (1-12). Du prêtre indigne qui ne se conforme pas aux rites orthodoxes (1-4) ; qui ne veille pas pour étudier et pratiquer la loi (5-6) ; qui enseigne de fausses doctrines (7-10) ; — du mal qu’il attire sur ceux qui remploient.

II (13-29). De la sainteté du coq, l’oiseau de Sraosha, qui éveille le monde pour la prière (15-16, 24-25 ; et pour que le fidèle entretienne le feu que le démon Azi menace d’éteindre. Trois fois la nuit, le feu crie au secours ; à la troisième fois, Sraosha éveille le coq et le coq éveille le fidèle.
III (30-59). Des quatre péchés qui rendent la Druj enceinte d’une progéniture de démons : comment en détruire l’effet.
IV (60-65). Du mal causé par la Jahi (la femme de mauvaise vie) ; elle mérite la mort.
V (66-76). Expiation du péché commis en ayant commerce avec une femme dashtân.


FARGARD 18

I (1-12). Du prêtre indigne qui ne se conforme pas aux rites orthodoxes (1-4) ; qui ne veille pas pour étudier et pratiquer la loi (5-6) ; qui enseigne de fausses doctrines (7-10) ; — du mal qu’il attire sur ceux qui l’emploient. II (13-29). De la sainteté du coq, l’oiseau de Sraosha, qui éveille le monde pour la prière (15-16, 24-25) et pour que le fidèle entretienne le feu que le démon Âzi menace d’éteindre. Trois fois la nuit, le feu crie au secours ; à la troisième fois, Sraosha éveille le coq et le coq éveille le fidèle. III (30-59). Des quatre péchés qui rendent la Druj enceinte d’une progéniture de démons : comment en détruire l’effet. IV (60-65) . Du mal causé par la Jahi (la femme de mauvaise vie) ; elle mérite la mort.

V (66-76). Expiation du péché commis en ayant commerce avec une femme dashtdn.

1. Il en est plus d’un, ô saint Zarathushtra, qui porte un Paitidâna irrégulier’ et n’est pas ceint de la Religion. Il ment quand il prend le 1. p.iitidànem ainlui, padtim zakdi [zakâi = : autre ; cf. Eludes iraniennes, I, 171) ; un padùm autre qu’il ue faudrait. Le sens général de tout le morceau est donné Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/295 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/296 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/297 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/298 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/299 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/300 Page:Annales du Musée Guimet, tome 22.djvu/301 Druj misérable et bonne à rien*^ ! Est-il vrai que, seule du monde vivant, lu enfantes sans que le mâle approche de toi ? 31 {"4). La Druj démoniaque répondit :

saint Sraosha, à la belle taille ! >'on, il n’est point vrai que, seule du monde vivant, j’enfante sans que le mâle s’approche de moi. 32 (77). Car j’ai quatre mâles qui me rendent enceinte, aussi bien que les autres mâles rendent enceintes les femelles en déposant leur germe en elles ".

33 (78). Le saint Sraosha, assénant sa massue, demanda à la Druj : Druj misérable et bonne à rien, quel est le premier de tes mâles ? 34 (79). La Druj démoniaque répondit :

saint Sraosha, à la haute taille ! Le premier de mes mâles, c’est l’homme qui, prié par un fidèle, refuse de lui donner en charité si peu que ce soit des biens qu’il a amassés**.

35 (82). Cet homme me rend enceinte, aussi bien que les autres mâles rendent enceintes les femelles en déposant leur germe en elles. 36 (83). Le saint Sraosha, assénant sa massue, demanda à la Druj : Druj misérable et bonne à rien ! Comment défaire la chose ? 37 (84). La Druj démoniaque répondit :

saint Sraosha, à la haute taille ! Ce qui défait la chose, c’est quand 42. everezikè, auavzis/in, u qui ne fais l’ieii », c’esl-à-dire « qui ne fais rien île bon ».

43. Dinharl, 71 : » Sur quatre péchés dont la Druj reçoit vigoureuse conception, et comment en défaire TefTet pour chacun d’eux » {madam nnmcnslilîk 4 vinds-î Drîij ajash n’irûk âpûsihpatlrêt, vijârishn-i jiU jùl.). Le péché donne à la Druj une progéniture spontanée, le pécheur étant «l’engeance de la Druj », clrùjù hunusli (Yasna LXI, dO, note 31), Un des Nasks gàthiques, le Sûtkar, avait un développement analogue à celui-ci : il traitait du démon femelle qui devient enceinte par 1 homme qui boit ou mange en parlant (au lieu de garder le ùdj], qui fait de l’eau debout (cf. infra, § 40) ou se pollue (§ 46 ; madam dpùsUi-i s/u’dâ min olâ man vashtdtnûnt khôrdat Amùrdal pun vhiàskdrîh drâyèt ; u-inan i/akôyamûnân mézél ; u-man s/tùsr avèn vênêt ; West, Dinkart, W, 19, 1). 44. kasvikàinoitia yaùnliiiyunàm avarelanàm, kûtak ic zak kart kkwhlak. 11 s’agit ici surtout du don de vêtements (Parg. V, note 991 : pour le don de noui’riture, cf. §29. — Cf. Farg. m, 34. ZEND-AVESTA : VENDIDAD. — FARGARD 18 249

l’homme, sans qu’on le prie, donne en charité à un fidèle si peu que ce soit des biens qu’il a amassés.

38 (87). 11 détruit ainsi ma grossesse, comme ferait un loup quadrupède qui arrache l’enfant du ventre de sa mère. 39 (88). Le saint Sraosha, assénant sa massue, demanda à la Druj : Druj misérable et bonne à rien I Quel est le second de tes mâles ? 40 (89). La Druj démoniaque répondit :

saint Sraosha, à la haute taille ! Le second de mes mâles, c’est l’homme qui, faisant de l’eau, en laisse tomber tout le long du cou-depied

  • ^

41 (92). Cet homme me rend enceinte, aussi bien que les autres mâles rendent enceintes les femelles en déposant leur germe en elles. 42 (93). Le saint Sraosha, assénant sa massue, demanda à la Druj : Druj misérable et bonne à rien ! Comment défaire la chose ? 43 (94). La Druj démoniaque répondit :

saint Sraosha, à la haute taille ! Ce qui défait la chose, c’est que l’homme, se relevant, et allant trois pas plus loin, récite trois Ahuna "Vairya, deux humatanâm^", trois hukhshathrôtemâi^’, puis chante l’ Ahuna "Vairya ’- et offre un Yêrihê hâtàm ^’. 44 (98). 11 détruit ainsi ma grossesse, comme ferait un loup quadrupède qui arrache l’enfant du ventre de sa mère. 45 (99). Le saint Sraosha. assénant sa massue, demanda à la Druj : Druj misérable et bonne à rien I Quel est le troisième de tes mâles ? 45. Il est défendu d’uriner debout, c’est un péché d’un lândfûhr {amat laid siin mêzêl ash tdnâfùhr 6 bùn ; cf. Ammien .Marcf.llin, XXIIl, 6 : wc stando mingens ... facile visilurPersa ; Arda Vhdf, XXIV ; Minôhhavd, 11,39 ; Sarfrfar, LVI ; Polak, Persien, I, 67). On doit s’accroupir de ?orte que l’eau tombe entre les talons et Textrémité des doigts : si elle tombe plus loin, pour chaque goutte il y a un lândfûhr (Saddar, LVIj.

46. Yasna XXXV, 2 ; un des bishàmrùta (Farg. X, 4). 47. Yasna XXXV, 5 ; un des tbrishâmrùta [ihid., 8). 48. Ce qui fait en tout quatre Ainin.-t V.iirj-a {ibid., 12). 49. Voir Yasna XXI.

T. II. 32

46 (100). La Druj démoniaque répondit :

saint Sraosha, à la haule faille ! Le troisième de mes mâles, c’est l’homme qui laisse tomber son germe dans son sommeil ^°. 47 (102). Cet homme me rend enceinte, aussi bien que les autres mâles rendent enceintes les femelles en déposant leur germe en elles. 48 (103). Le saint Sraosha, assénant sa massue, demanda : Druj misérable et bonne à rien ! Comment défaire la chose ? 49 (104). La Druj démoniaque répondit :

saint Sraosha, à la haute taille ! Pour défaire la chose, il faut que l’homme, en se réveillant, dise trois Ahuna Vairya, deux humatanâm ", trois hukhshathrôtemâi*’, puis chante l’ Ahuna Vairya*’ et offre un Yêiihê hâtâni*^

50 (107). Il détruit ainsi ma grossesse, comme ferait un loup quadrupède qui arrache l’enfant du ventre de sa mère.

Si (108). lit alors il dira à Spenla Ârmaiti : Spenta Armaiti ! Je te confie cet homme : rends-moi cet homme à l’heure de l’heureux nouveau monde*’. Rends-le-moi connaissant les Gâlhas, connaissant le Yasna°- et les Réponses aux Questions’-, sage et plein de talent, incarnation de l’Obéissance. 52 (112). Et tu lui donneras le nom d’Atare-dâta, d’Atare-cithra, Atare zantu, Atare-dahyu, ou tout autre nom dérivé de Atar (le Feu)=’.

50. Bùshasp ’^Bùsbyàsta) ou Shaïlân bâzi.

51. A la résurrection (cf. Yasna IX, note 81 ; LXII, 3). C’est ainsi que Spenta Ârmaiti — le Génie de la terre — reçut le germe de Gayô Maretan mourant, et de ce germe sortit, comme une plante, le premier couple humain, Mashya et Mashyàna (au bout de quarante ans, selon le Bundahish, XV, 1-2 ; au bout de neuf mois, selon ALBiRÙNi, Cki’onology, 108 ; cf. vol. I, p. 128-129). 52. 11 s’agit sans doute, non de notre Yasna qui contient les Gàthas et qui est une formation artificielle, mais du Yasna IIaptaiih ;iti, qui est désigné à lui seul du nom de Yasna (West, Dhikart, IX, 12, 1 ; 35, 1 ; 57, 1). paitiparslilô-sravanbeni ; le pellivi correspondant est tombé. Voir Yt. V, 91, note 111.

53. Alarc-dàla, donné par .tar ; Alarc-ciilira, germe d’.lar ; Alarc-zafilu, de la province d’Alar ou de la race d’Atar ; le nom propre Atûrzandàn i>% rencontre dans ZEND-AVESTA : VENDIDAD. — FARGARD 18 251

53 (il3j. Le saint Sraosha, assénant sa massue, demanda à la Druj : Druj misérable et bonne à rien ! Quel est le quatrième de tes màles ? 54 (114). La Druj démoniaque répondit :

saint Sraosba, à la haute taille !

Le quatrième de mes mâles, c’est celui qui, homme ou femme, étant âgé de plus de quinze ans, va sans porter la ceinture et la chemise sacrées^*. 55 (115). Au quatrième pas, nous, Daêvas, nous mettons en lui la mort jusque dans la langue et la graisse , et il va désormais détruisant le monde du Bien, il va portant la destruction, comme les Yàlus et les Zandas ^^ dans le monde du Bien.

56 (117). Le saint Sraosha, assénant sa massue, demanda à la Druj : Druj misérable et bonne à rien ! Comment défaire la chose ? 57 (118). La Druj démoniaque répondit :

saint Sraosha, à la haute taille ! 11 n’y a rien qui puisse défaire la chose.

le Code civil autographié par Tahmuras, p. 4 ; Atare-dahju, du pays dWtar. Atare, le Feu, devient le père idéal du fils à venir, comme Armaiti est sa mère, car le feu est mâle [Dhikart, ap. West, Pahlavi Texts, II, 410j et sous forme d’Apàm Napàt il a formé l’homme (Yt. XIX, 5"21. — Le Shdyast là Shàija.it, X, 19, conclut de tout ce passage que la femme qui garde le célibat est plus coupable que le célibataire homme, car elle n’a qu’un moyen d’avoir descendance, qui est l’union sexuelle, tandis que l’homme n’est pas réduit à cet unique moyen. 54. anaiwjàstù, non ceint et ne portant pas le Kôsti. — anabdàto ; la traduction pehlvie est perdue ; le mot suppose un primitif an-ailùdàtô, « non vêtu », ne portant pas d"aiwidàna^ ou an-lidàto, de *l)dà, inversion de baûd, « n’étant pas lié » ; dans le premier cas, le mot signifierait : « n’ayant pas le Sadéré » (v. note 13) ; dans le second cas : « n’ayant pas lié le Kôsti » et anabdàto serait le complément de anaiwyàslo. — Marcher sans Kosli ni Sndéré est un gros péché, appelé kitsfuid duvdnshnlh, « courir délié » {Arda Vlrâf, XXV, 6 ; Mhiôkhard, II, 35. — frapalaiti, le verbe démoniaque pour « aller » (cf. vol, I, p. 94, n. 74). « Faire 3 pas sans Kôsti est un péché de 3 Srôshcaranâm ; à partir du quatrième pas, c’est un Tanâfûhr ».

55. ava-mivàmalii, hnrd v’indsîm frinasim’ !) : nous détruisons. bizva.spa pivasoa, hûzvdn paskanjis/in ; ce dernier mot parait ailleurs comme traduction de pivati (V, 27, note 54 , et désigne clairement une forme de l’infection : ici pourtant pivasca est non moins clairement construit en parallèle fi hizvasca et doit désigner une partie de la personne. Nous le traduisons par u graisse », d’après le persan p^h, sscr. pîvan, et pivati sera l’impureté graisseuse (cf. p. 93, note 34). 56. yàlu, magicien, sorcier ; zaùda, apôtre d".hriman (vol. I, p. 384, n. 8).

58 (120). Quand un homme ou une femme ’ âgé de plus de quinze ans, marche sans porter la ceinture et la chemise sacrées ; 59 (i2i). au quatrième pas, nous, Daêvas, mettons en eux la mort jusque dans la langue et la graisse, et ils vont désormais détruisant le monde du Bien, ils vont portant la destruction, comme les Yâlus et les Zandas, dans le monde du Bien.

IV

60(122). Interroge-moi, ô homme pur, moi le Créateur, le très bienfaisant, le très savant, qui sais le mieux donner réponse aux questions ; interroge-moi, pour en être meilleur ; interroge-moi, pour en être plus heureux.

61 (123). Zarathushtra demanda à Ahura Mazda : Ahura Mazda, qui l’afflige de la pire affliction ? Qui te fait souffrir la pire souffrance ?

62 (121). Ahura Mazda répondit :

Spitama Zarathustra, c’est la Jahi ^^ qui mêle en elle la semence des bons ou des méchants, des idolâtres ou dos non-idolâtres, des pécheurs ou des non-pécheurs "",

63 (1-5). Son regard dessèche un tiers des eaux puissantes, qui coulent 58. jahilia, mauvaise femme ; cf. vol. I, p. 94, n. 74. 59. La femme de mauvaise vie. Dlnkart, 72 : « Du grand péché, du maL... du dommage qui procèdent de la Jai, et comme elle mérite d’être tuée » {madam girdn vinâsih, ranj naplltih (lire nd-pâkîh ?) u zydn min jai sagîlùnël, zanishn arjâniklh). 60. I-ia religion n’importe pas [kâr luit) ; la femme qui se livre à plusieurs hommes, quels qu’ils soient, « à la troisième fois devient margm’zdn ». Le Saddar, ch. lxvii, paraphrase comme il suit le développement des §§ 63-65 : « Toute femme qui a commerce avec deux étrangers m’afflige, moi, Hôrmazd. Si elle jette le regard sur un ruisseau d’eau, elle le fait baisser ; si elle jette le regard sur plantes et arbres, ils se rabougrissent ; si elle parle avec un juste, la vertu et la pureté de cet homme baisseront >>. Et Zartusht demanda à Hôrmazd : «Que faire de cette femme » ? Le créateur Hôrmazd répondit : « 11 faut la tuer plus vite qu’un dragon [azhdahn] ou (jue toute béte fauve [ddm dql]. car elle fait plus de mal à ma création ».

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des montagnes", ô Zarathushtra ; son regard frappe dans leur croissance un tiers des belles plantes aux couleurs d’or qui poussent, ô Zarathushtra. 64 (127). Son regard fait disparaître un tiers de la vigueur" de Spenta Ârmaili, ô Zarathushtra. Son approche fait disparaître dans le fidèle un tiers de ses bonnes pensées, de ses bonnes paroles, de ses bonnes actions , un tiers de sa force^ de sa vigueur victorieuse, de sa sainteté. 65 (129). Je te le dis, ô Spitama Zarathushtra, de pareilles créatures sont à tuer plus que les vipères-’, plus que les loups hurlants", plus que la louve sauvage ^^ qui fond sur la ferme, plus que la grenouille"^, avec ses mille petits, qui fond sur les eaux.

66(133). Interroge-moi, ô homme pur, moi, le Créateur, le plus bienfaisant, le plus savant des êtres, qui sais le mieux donner réponse aux questions. Interroge-moi, pour en être meilleur ; interroge-moi, pour en être plus heureux.

67. Zarathushtra demanda à .hura Mazda :

Si un homme a commerce avec une femme qui aies fleurs blanches, ou qui a ses règles et voit le sang", lui le faisant en pleine connaissance et conscience, et elle en ayant pleine connaissance et conscience, quelle sera la pénitence ? Quelle sera l’expiation ? Comment expiera-t-il le péché commis ?

61. Ihraolô-slàcriiu, traduit girân-tacishn ; mais il est probable ijiie le sens propre est « de rivière courante », thraosfas-tàc (cf. sscr. srotas). — pairishtajèiti, piittrnnhût : cf. Farg. III, 19.

62. varenào, lag’th.

63. azhayô khshTaêwàonhô, mari slùpàk ; persan, mdrî shibd. 64. sravanhavô, traduction conjecturale, d’après sni ; Frilmji traduit de même : holndr « parleur », avec la glose pokamdr « crieur ». Le pehlvi semble corrompu : il peut se lire jahél, « il bondit ».

65. velirkàm a/rù-daidliim, v’ishknr da/tis/m ; la tradition moderne traduit vaskkar « plaine, désert ».

66. Farg. XIV, 5, note 15.

67. Cf. Farg. XVI, 1, et 14-18. 69 (136). Ahura Mazda répondit :

Si un homme a commerce avec une femme qui a les fleurs blanches, ou qui a ses règles et voit le sang, lui le faisant en pleine connaissance et conscience, et elle en ayant pleine connaissance et conscience"* ; 70 (137). il immolera mille têtes de petit bétail ; de toutes ces victimes il portera pieusement au feu les entrailles, avec libalions**" ; il offrira les épaules aux bonnes eaux^".

71 (140). Avec piété parfaite, il offrira au feu mille charges de bois tendre, d’Urvàsna, de Vobti-gaona, de Vohû-kereti, de Iladhânaêpata ou de toute autre plante odorante.

72 (122). Il liera mille faisceaux de Baresman. Avec piété parfaite il offrira aux bonnes eaux mille libations, unies au Haoma et au [lait] de la vache, préparées purement et fdtrées, préparées purement par un homme de bien, filtrées par un homme de bien, et mêlées à la plante que l’on nomme Hadhànaêpata".

73 (144). Il tuera mille serpents de ceux qui se traînent sur le ventre et deux mille de l’autre espèce ’^.

68. Pour les détails de l’expiation, comparer ceux de l’expiation pour le meurtre d’un chien d’eau (Parg. XIV, en particulier §§ 2-6). 69. Voici un débris du rituel d’un sacrifice presque tombé en désuétude, le zôkr âtash, qui est pour le feu ce que Vdh-zôhr est pour l’eau (p. 154^ note 39 et vol. 1, p. Lxni et 39). C’est le zôhr âtash que décrit Strabon quand il rapporte que les .Iages mettent sur le feu un peu de l’épiploon (toO è^fcAou ti iJ.’.-/.pov l’Man’., liç A^Y^" ’^SÇ) £w TO^Op ; XV, 13). Le D"" Gemelli, au xvii siècle, mentionne également ce sacrifice : « Ascending six sleps they showed me in a Room adjoining to the temple [VAdàran), theirFire which they fed with Wood, and sometimes burn on it the Fat of the Sheep’s Tail » (A Voyage round the World, 1694). — Le terme zend est aTsmaiiÙTâo qui peut répondre phonétiquement au latin omen-[lum), si omen est ’opes-men ; omenlum est le mol même dont se sert Catulle décrivant le sacrifice des Mages :

Accepto venerelur carminé divos

Omenlum in ftamma pingue liquefaciens (LXXXIX). Une glose cite comme définition des afsmainivâo les mots zends, yat uAtare vercdhka asmareja, « ce qui est entre les reins et le foie ». 7U. Ceci est l’offrande do Vâh-zôhr. — D’après le Shdyast, XI, 4, quand on immole un animal, le cœur est consacré au feu et l’épaule (bdzni) aux eaux. « La viande même est mangée par les fidèles » (Framji) ; cf. Hérodote, I, 13’2. 71. Cf. l’irg. XIV, 4.

72, Cf. Farg. XIV, notes 12 et 13.

ZEND-AVESTA : VENDIDAD. — FARGARD 18 255 Il tuera mille grenouilles de terre, deux mille grenouilles d’eau ’^ Il tuera mille fourmis voleuses de grain et deux mille de l’autre espèce ’ 74 (147). Il jettera trente ponts sur canaux. Il recevra mille coups d’Aspahè-ashtra, mille coups de Sraoshô-carana. 75 (H9). Telle est la pénitence, telle est l’expiation ; c’est ainsi qu’il expiera le péché commis.

76 (150 ;. S’ilia subit, il se fait un viatique pour le monde des bienheureux. S’il ne la subit pas, il se fait un viatique pour le monde des damnés, le monde ténébreux, fait de ténèbres et germe des ténèbres. 73. Cf. Far^. XIV. 5.