Le Zend-Avesta (trad. Darmesteter)/Volume II/Vendidad/Fargard 9

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Traduction de James Darmesteter

Édition : Musée Guimet. Publication : Ernest Leroux, Paris, 1892.
Annales du Musée Guimet, Tome 22.


VENDIDAD
Fargard 9
9.
I a (1-11). Description du lieu où a lieu la purification (le Barashnûm Gâh).

I b (12-36). Description du Barashnûm.
II a (.37-44). Honoraires du prêtre purifiant.
II b (47-57). Crime et châtiment du purificateur non qualifié.


FARGARD 9

Ce chapitre esl coasacré exclusivement à la description de la grande purification de neuf jours, Barashnùm nù-shaba, la purification par excellence. Wle est nécessaire dans les cas de souillure les plus graves, par exemple pour l’homme souillé de Nasu et pour la femme qui relève de couches ou qui accouche d’un enfant mort : elle est aussi imposée au prêtre qui veut paraître devant le feu Bahrâmou célébrer le Yasna ou le Yen didad : c’est un des éléments du grand Khôlj (vol. 1, lxxii). I a (1-11). Description du lieu oi’i a lieu la purification (le Barahsm’nn Gàh).

I b [Ït-’M). Description du Burashiuhn. II a (37-44). Honoraires du prêtre purifiant. II b (47-57). Crime et châtiment du purificateur non qualifié. I a.

1 . Zarathushtra demanda à Ahura Mazda : Ahura Mazda, Esprit très bienfaisant, créateur du monde des corps, saint !

160 A.NNALES DU MUSEE GUIMET

A qui, ici-bas, s’adresseront les hommes qui veulent purifier leur corps possédé par la Nasu, par suite de contact avec un mort ? 2 (4). Ahura 3Iazda répondit :

A un homme pieux, ô saint Spitama Zaraihusiitra, qui sait parler’, qui ne dit que la vérité’ ; qui a étudié les textes sacrés ’, qui est pieux, et qui connaît aussi bien que possible les règles de la Rehgion mazdéenne sur la purification-. Cet homme rasera les plantes à la surface de la terre’ sur une étendue de neuf vîbâzus carrés*,

3 (0). en l’endroit de celte terre où il y a le moins d’eau, le moins de plantes, où le sol est le plusnet et leplussec, et où passent le moins le petit 4. yô anliat vacô : man U [pun : M. a.J fjûflàr, a’ujhasli lavàn (jùfl, « qui est avec parole, c’est-à-dire qui sait parler » ; — arsli-vacô : rdst giiflàr, alghash kadbâ klm gîift i/nh-cU/amùnêt, « aux discours vrais, c’est-à-dire qu’il n’a point dit de mensonge » ; mfilbrô-pcrcsô : mânsar pûrsUàr, aUjhash yasiu kart yakôyamûnêt « qui interroge le màthra, c’est-à-dire qui a fait le uaslil » (qui connaît l’Avesta et sait célébrer le sacrifice).

2. « C’est-à-dire qu’il connaît les n’trangs » [agh nlrang kkavllûnrt). "Voici, d’après Mànùshcihar (blpitre I, ii, 12), les qualités essentielles du prêtre purificateur : « il est pieux, il sait bien parler, il est véridique, il sait chanter les Càthas, il connaît les Nirangs, il a l’expérience des opérations, il a bonne réputation il est bienveillant de caractère et d’àme » (afilav, gavdk /lizvdn, ràst guflàr, srùt-gâsàn, dkàs n’irang , farhakht kàr, hi’israv, khim uravândôst). I,a première partie de cette énumération suit exactement le Vendidad (cf. Saddar, XXXVI, 8). I.e Dàdistàn, du même auteur, exige du prêtre purifiant quinze qualités (Xr.Vill, 38) : « il a le cœur pur (avêzak k/iîm) et les dons de l’intelligence {dsnôlak khart, âsnô khratu) ; il est dUi aspoharakân (Tahmuras lit din aspandrgdn et traduit dîn ùrâsldr, qui sait arranger les choses de la religion) ; il songe à Dieu [yazddn minîtàr) ; il a les pensées pures [dakgà vùnishn), les pensées droites [ràsl minis/m), l’action intelligente (kkarl’ik kuiiisini], le corps purifié {gôshdùsr lan), la langue facile [veli sazdk hi’izvdn ; Tahmuras shîicd hizvân — khsbviwi-em hizvàm, Y. LXII, 4) ; il connaît les A’os/os par cœur [narm Nask), récite le texte correctement (rdst Apisldk^= arshukhdhn, Y. XVI, 1), fait les ablutions nécessaires (pdlydp sazishn), sait bien faire les actes cérémoniels {k/tiip nlrang), il est enfin avdhar uazifàn ( ? Tahmuras lit ndhar ziwdn et traduit /.i-j^i yt ;, c’est-à-dire qui mange en observant le vdj). Ajouter, pour parfaire les quinze qualités, mhiô vhihim, omis dans le Dddisldn, « qui voit les choses spirituelles ». Celte énunié ation est devenue classique : voir Avesld Tamdm, IV, 7- Taumuhas, a.sna hd ntrany, p. 24 ; Khorda Avesla de Tir .iVDAZ, 474 ; Rivdyol ..T) , 11,40.

IJ. norellnva anhào zem«», lilt. « sur le passage do celle terre », c’est-à-dire dans un lieu plat oii l’on circule sans peine (i)ehlvi in[lavgômandzamtk). 4. Neuf brasses. VoirFarg. VU, 34.

ZEND-AVESTA : VENDIDAD. — lARGAUn 9 161

bétail et le gros bétail, et le P"( ;u, fils d’Ahura Mazda, les faisceaux consacrés de Baresman, et le fidèle ^

4 iii). A quelle distance du feu ? A quelle distance de l’eau ? A quelle distance des faisceaux consacrés de Baresman ? A quelle distance du fidèle ? 5 (i2). Ahura Mazda répondit :

A trente pas du feu ; à trente pas de l’eau ; à trente pas des faisceaux consacrés de Baresman ; à trois pas du fidèle. 6 (13). Tu creuseras un premier trou, profond de deux doigts si l’été est venu, el de quatre doigts si l’hiver et la glace sont venus". 7. Tu creuseras un second trou, profond de deux doigts si l’été est venu, et de quatre doigts si l’hiver et la glace sont venus. Tu creuseras un t^oi.■^iènle trou, profond de deux doigts si l’été est venu, et de quatre doigts si l’hiver et la glace sont venus. Tu creuseras un quatrième trou, profond de deux doigts si l’été est venu, et de qualre doigts si l’hiver et la glace sont venus. Tu creuseras un cinquième trou,, profond de deux doigts si l’été est venu, el de quatre doigts si l’hiver et la glace sont venus. Tu creuseras un sixième trou, profond de deux doigts si l’été est venu, et de quatre doigts si l’hiver et la glace sont venus. 8 (14). A quelle distance l’un de l’autre ? . la dislance d’un pas.

Combien vaut ce pas.’

Trois pieds".

9(16). Tu creuseras ensuite trois autres Irous’, profonds de deux doigts si l’été est venUj et de quatre doigts si l’hiver et la glace sont venus.

quelle dislance des précédents ? 

A trois pas’.

5. Voir Farg. lit, 15.

6. Ces trous, sur lesquels se tient le puriliaut, sont destinés à l’ecevoir le liquide qui retombe de son corps. Ils sont moins profonds en été, le sol et l’air étant plus secs, de sorte que l’on est sûr qu’il y aura de la place pour le liquide. — Aujourd’hui, au lieu de creuser neuf trous, on dispose neuf pierres sur lesquelles le purifiant s’assied pour recevoir l’ablution. Cf. Farg. XIX, note 49. 7. acTo-çàim, valant tbrl-p.idhem : un jjâja (probalilement un grand {fàya’ valant trois padba : cf. Farg. Vil, note 39.

8. Les six précédents sont pour recevoir le gomèz, ceux-ci pour recevoir l’eau de purification, le niràng db. Pour la préparation de l’un el de l’autre, voir Farg. XIX, note 49.

9. thri-{jâini, trois gâya.

T. II. 21

1G2 ANNAI.KS DU MUSKK (iUlMET

Combieu valeul ces trois pas ?

La valeur d’une enjambée ’".

<Jue vaut une enjambée ?

Neuf pieds.

lu (22). Tu tireras alors un sillon alentour avec un couteiiu de Khshalhra Vairya".

A ([uelle distance des trous ?

A trois pas.

Combien valent ces trois |ias ?

Une enjambée.

Oue vaut une enjambée ?

Neuf pieds’-.

Ensuite lu tireras douze sillons ; lu lii’ci’as li’ois sillons qui enlourenl et séparent trois des trous ; lu tireras trois sillons qui entourent et séparent six des trous" ; lu tireras trois sillons qui enlourenl el séparent les neuf trous ’ ' ; lu tireras trois sillons entourant les trous inférieurs, en dehors [des six autres]’".

10. yatha jfîiiQàn liaùca^ula : cand gâmàn (jdindiici haincisknUi ijansagûnêt ( ?j aiiakhiûnùl ; ce qui revicnl à dire : autant ((u’on embrasse quand le pied se lève et se pose.

11. lijrhi’a Itlisliallira Vairja ; c’csl-à <lire un CDuleau de inélal ; lill. « avec (tu ivlisliattira Vairya (vol. 1, 24) Iruuclianl ». 12. Il s’agit sans doute du pied pris en largi’ur, non pas en longueur. 13. Ihrâyô yim aùtare vita antarc llirâyô ma^,’lia ; litt. « trois [sitlons] à l’inlérienr desquctssont séparésintérieuremenltrois Irons» ;it s’agitdela première série detrois sillons — les sillons marqués en rouge sur le plan IV — qui enveloppe ol isole les trois premiers iroas kgùinfiz.

14. Les trois sillons noirs qui enveloppent la [tremière série de sillons el la seconde série de Irous à fjôinêz ; bref qui contiennent tous les trous à. gômdz. IT). Les trois grands sillons extérieurs ({ui enferment tous les antres. 10. llirûyù aùlarcca ava afitare pîiceritarc luajjlia ; .’( min andarg avarûiUnr lire avec K" avaitare ?)/j«H viià parùntar î pun gômèz dur ’i magli : « trois [sillons] ; l’intérieur, au-dessous, contenant l’eau, en debors de ceux conlonantle gômêz ; avec trois trous ».

— La sens de pâreillare » en debors » est donné par IX, 33. — 11 s’agit des trois sillons, marqués en bleu, qui entourent les trois trous îi eau. — Les Parsis de l’Inde répartissent autrement les sillons et les trous : voir le plan dans Anquotil, 11, 546 ; mais ce plan ne se concilie pas avec les indications de l’Avesta et l’on sait que les l’arsis de l’erse suiv( !nt un autre plan ipii est probablement celui du Vendidad.

l.,’ol)jet de CCS sillons, observe .M. West [l. /., page i3(), note 1), ([ui sont creusés
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Annales du Musée Guimet Tome XXII.


PLAN DU BARASHNÛM GÂH


d’après le Vendidad, IX, 6-11.


e. leroux Éditeur Imp Monrocq à PARIS
ZKND-AVESTA : VENDinAU. — l’AnGARD 163

Et à chacun de ces trois intervalles de neuf pieds tu mettras des pierres sur lesquelles marcher vers les trous, ou des tessons, ou du dâdara, du zem-vareta, ou lout autre terre dure’".

11^.

12 CM), Alors l’homnio souillé par le contact du mort se dirigera vers les trous ; et toi. Zarathushtra. lu te tiendras près du sillon’*, et tu déclameras les mots Nemascâ yâ ârmaitish îzhâcâ’" et l’impur répétera après toi Nemascâ yâ ârmaitish îzhâcâ.

13 (35). Et la Druj perd de sa force-’- à chacune de ces paroles, qui servent à frapper Angra Mainyu, le mauvais ; à frapper Aêshma à l’arme meurtrière-’ ; à frapper les démons du .Mâzana", à frapper tous les démons.

14 (40). Ensuite tu prendras une cuiller de fer ou de plomb pour l’urine de bœuf-^ ; lu prendras pour asperger l’impur, ô Zarathushtra, un bâton à neuf nœuds" et tu allongeras au bout antérieur cette cuiller de plomb. 15 (43). On lui lavera les mains en premier heu ; s’il ne se lave pas les mains en premier lieu, il se rend tout le corps impur. Quand il se sera lavé en récitant la formule la plus puissante contre le démon, l’Aliuna Vairya (cf. Yasna XIX), est d’empêcher la Nasu de passer de l’impur aux fidèles en dehors du sillon. Et comme la Nasu est dans toute sa force au début de l’opération, c’est autour des trois premiers trous qu’est l’enceinte la plus forte. 17. Surcroit de précaution pour protéger la terre. — safem, khumb ; peut-être faut-il lire siimb, « corne » (d’un pied d’animal), qui ailleurs traduit saf.-i et en est le représentant étymologique. — I^es mots dâdara et zem varcta sont rendus en pehh i par deux expressions obscures : bandvar fnrpâi, zaïniki vislilàap, que M. Wesl traduit knoUij and matisive [ô/ocÂ-.v], or n [clod of t/ie]fiarth of Vhhiri.sp. 18. Prés du sillon extérieur, en dehors.

19. Citation de la (làlha Spefifa Mainyu, Yasna XIJX. 10 /■ : ov vol. I, 3’25- et note 32.

20. avàstryèitè, ahdr ynhvùnri ; dénominatif formé de ’a-vàstrya. 21 Voir vol. I. 100, n. 22.

22. Voir Yt. V, 22, texte et note.

23. (faomaèzein est pris ici comnu ! adjectif, se rapportant à upanliare/.cm. 24. nava-piktiPHi, 9 pêxholi (ou 9 pêli/iak), glosé !) f/rîs (•_ ;5 , iKPud).

164 ANNALES DU MUSEE GUIMET

les mains trois fois, ses mains une fois bien lavées, tu Taspergeras-’ sur le sommet de la tête, par devant ; alors la Druj Nasu se précipite par devant entre les deux sourcils.

16 (50). Tu l’aspergeras par devant entre les deux sourcils : la Druj Nasu se précipite sur l’arrière de la lèlc. Tu l’aspergeras sur l’arrière de la tête : la Druj Nasu se précipite par devant sur la mâchoire.

Tu aspergeras la mâchoire : la Druj Nasu se précipite sur l’oreille droite.

17 (56). Tu aspergeras l’oreille droite : la Druj Nasu se précipite sur l’oreille gauche.

Tu aspergeras l’oreille gauche : la Druj Nasu se précipite sur l’épaule droite.

Tu aspergeras l’épaule droite : la Druj Nasu se précipite sur l’épaule gauche.

Tu aspergeras l’épaule gauche : la Druj Nasu se précipite sous l’aisselle droite.

18 (64). Tu aspergeras l’aisselle droite : la Druj Nasu se précipite sous l’aisselle gauche.

Tu aspergeras l’aisselle gauche : la Druj Nasu se précipite par devant, sur la poitrine.

Tu l’aspergeras par devant, sur la poitrine : la Druj Nasu se précipite sur le dos.

19 (76). Tu aspergeras le dos : la Druj Nasu se précipite sur le sein droit. Tu aspergeras le sein droit : la Druj Nasu se précipite sur le sein gauche. Tu aspergeras le sein gauche : la Druj Nasu se précipite sur la côte droite.

20 (76). Tu aspergeras la côte droite : la Druj Nasu se précipite sur la côte gauche.

Tu aspergeras la côle gauche : la Druj se précipite sur la hanche droite. 25. Avec flu gômêz aux six premiers trous, de l’eau du nîrang aux trois autres.

— Pour le commentaire des §§ 15-27, voir Parg. Vlll, 41-72 dont la formule seule diffère.

ZEND-AVESTA : VENDIDAD. — FARGARD 9 165 Tu aspergeras la hanche droite : la Druj se précipite sur la hanche gauche.

21 (82). Tu aspergeras la hanche gauche : la Druj Nasu se précipite sur la région sexuelle.

Tu aspergeras la région sexuelle ; si l’impur est un homme, lu aspergeras d’abord la partie postérieure, puis la partie antérieure ; si c’est une femme, lu aspergeras d’abord la partie antérieure, puis la partie postérieure : — la Druj Nasu se précipite sur la cuisse droite. 22(88). Tu aspergeras la cuisse droite : la Druj Nasu se précipite sur la cuisse gauche.

Tu aspergeras la cuisse gauche : la Druj Nasu se précipite sur le genou droit.

Tu aspergeras le genou droit : la Druj Nasu se précipite sur lo genou gauche.

23 (94). Tu aspergeras le genou gauche : la Druj Nasu se précipite sur la jambe droite.

Tu aspergeras la jambe droite : la Druj Nasu se précipite sur la jambe gauche.

Tu aspergeras la jambe gauche : la Druj Nasu se précipite sur la cheville droite.

Tu aspergeras la cheville droite : la Druj Nasu se précipite sur la cheville gauche.

24(102). Tu aspergeras la cheville gauche : la Druj Nasu se précipite sur le cou-de-pied droit.

Tu aspergeras lo cou-de-pied droit : la Druj Nasu se précipite sur le coude-pied gauche.

Tu aspergeras le coup-de-pied gauche : la Druj Nasu tourne sous la plante du pied : on croirait voir une aile de mouche. 25 (1081. L’homme presse l’orteil, lève le talon et lu asperges la plante du pied droit : la Druj Nasu se précipite sur la plante du pied gauche. Tu aspergeras la plante du pied gauche : la Druj Nasu tourne sous l’orteil : on croirait voirune aile de mouche. 26 (113). L’homme presse le talon, lève l’orteil et tu asperges l’orteil droit : la Druj Nasu se précipite sur l’orteil gauchp.

Tu aspergeras l’orleil gauche : alors la Druj Nasu se précipite par les régions du Nord, sous la forme d’une mouche furieuse, genoux courbés en avant, queue en arrière, avec des bourdonnements sans fin, et semblable aux plus infects Khrafstras.

27 (H8). Et tu déclameras ces paroles, les plus victorieuses et les mieux guérissantes de toutes :

Yiillià aliù vairyô : « I^e désir du Seigneur est la règle du bien ’< i-es biens de Vohu Mano aux «euvres faites en ce monde pour Mazda ! <( 11 fait rogner Ahura, celui qui secourt le pauvre. » Kém-uà Mazdâ : k Quel protecteur m’as-tu donné, ô Mazda, à l’heure où le méchant m’enveloppe de sa haine ? Quel autre que ton Feu et Yohu Manô par l’œuvre desquels j’entretiens le Bien, ô Ahura ? Révèle-moi donc la Religion comme ta règle ! Ké veretbreui-jà : « Quel est le victorieux qui protégera ta doctrine ? Manifeste clairement que je^suis le guide pour les deux mondes. Que mon Sraosha vienne avec Vohu Manô, pour [protéger] moi et quiconque tu veux, ô Mazda I » <( Protégez-nous de celui qui nous torture, ô Mazda et Spenta Armaiti ! Péris, Druj démoniaque ! Péris, source des démons ! Péris, créatrice des démons ! Péris, toi qui fais grandir les démons ! Péris et disparais, ô Druj ! Précipite-toi et disparais ! l^éris et disparais pour toujours par les régions du Nord et ne livre plus à la mort le monde corporel du Bien ! »

28 (110). Au premier trou-", l’homme se dégage de la JNasu’-' : alors tu déclameras ces paroles, les plus victorieuses et les mieux guérissantes de toutes : Yathâ ahû vairyô, etc.

.u second trou, l’homme se dégage de la Nasu : alors tu déclameras ces paroles, les plus victorieuses et les mieux guérissantes de toutes : Yatlià ahù vairyô, etc. Au troisième trou, l’homme se dégage de la Nasu : alors tu déclameras ces paroles, les plus victorieuses et les mieux guérissantes de toutes : Yathâ ahû vairyô, etc. .u quatrième trou, l’homme se dégage de la Nasu : alors tu déclameras ces paroles, les plus victorieuses et les mieux guérissantes de toutes : Yathâ ahù vairyô, etc. Au cinquième trou, l’homme se dégage de la Nasu : alors tu déclameras ces paroles, les plus victorieuses et les mieux guérissantes de toutes ; Yalhà ahù vairyô, etc. Au sixième trou, l’homme se dégage de la Nasu : alors tu déclameras ces paroles, les plus victorieuses et les mieux guérissantes de toutes : Yathâ ahù vairyô, etc. 20. Au premier trou où il so lave avec le gomc :.

27. frâ nasush narciii havaiti, traduit fi’âj min nasiish gabrd yahiiûnèl, « l’homme est dégagé de la Nasùsh " ; naroiii, au lieu de nâ, est amené par l’idée transitive contenue dans liavaiti, l’idée de l’opération (jui le rend pur : cf. § 42 : aètcin... frânasùm kercnaoili.

ZEND-AVESTA : VE.NUIDAI). — KAKCARD ’,' 167

29 (1-iO). Après cela l’homme souillé par le cootact avec le mort s’assiéra daus l’intervalle [des deux séries] de trous, en dehors des six premiers trous-’, à la distance de quatre doigts, et se lavera à pleine poignée de terre.

30 (1^3). On ramassera de la terre quinze l’ois à cet effet et l’on attendra jusqu’à ce qu’il soit sec jusqu’au dernier cheveu de la tète. .31 (125). Ouand son corps sera sec, l’homme souillé passera ensuite aux autres trous". Au premier trou il se lavera une fois le corps avec de l’eau ; au second trou, il se lavera deux fois le corps avec de l’eau : au troisième trou, il se lavera trois fois le corps avec de l’eau. 32 (130). Puis il se parfumera le corps avec de l’Urvàsua, du Vohù-gaona, du Vohù-kereli, du Hadhànaèpala ou toute autre plante odorante " : puis, il revêtira ses vêtement et rentrera daus la maison. 33 (133). Là il restera assis dans le lieu de réclusion , à l’intérieur de la maison, séparé des autres adorateurs de Mazda. 11 ne pourra a])procher ni le feu, ni l’eau, ni la terre, ni le bœuf, ni l’arbre, ni le fidèle, homme ou femme : cela, jusqu’à ce que trois nuits se soient écoulées. Les trois nuits passées, il se lavera le corps, il lavera ses vêtements : on le purifiera ave cde l’urine de bœuf et de l’eau de la même façon ’*.

34 (io7). Lt il restera assis dans le lieu de réclusion. ;i l’intérieur de la maison, séparé des autres adorateurs de Mazda. 11 ne pourra approcher ni le feu, ni l’eau, ni la terre, ni le bœnif, ni l’arbre, ni le fidèle, homme ou femme : cela, jusqu’à ce que six nuits se soient écoulées. Les six nuits passées, il se lavera le corps, il lavera ses vêlements : on le purifiera avec de l’urine de bœuf et de l’eau de la même façon ’.

35 (141). Et il restera assis dans le lieu de réclusion, à l’intérieur de la maison, séparé des autres adorateurs de Mazda. Il ne pourra approcher ni le feu, ni l’eau, ui la terre, ni le bœuf, ni l’arbre, ni le tidèle, homme ou femme : 28. pàrcnlure Laça anyaèiliya iuagLacil>ya ; litt. « eu delioi’s de ces autres trou» », où il vient de se laver, « les trous à gômêz » {pun gôméz). 31. Une fois tout le gômêz essuyé, il se lavera à l’eau : voir Far^’. Vlll, iiole 00. 32. Voir Farf,’. VIII, 3, note 2.

33. L’niriinè-|ràtu, avmiHhUin f/iili : voir Farg. V, noir 117. 34. IJc la nii’nic faroii f[ue précédemincnl.

cela, jusqu’à ce que neuf nuits se soient écoulées. Les neuf nuils passées, il se lavera le corps, il lavera ses vêlements : on le purifiera avec de l’urine de bœuf et de l’eau de la même façon ". 36 (i^ô). Il pourra désormais approcher du feu, approcher de l’eau ^ approcher de la terre, approcher du bœuf, approcher des arbres, approcher du fidèle, homme ou femme.

II «.

37 (146). Tu purifieras un prêtre pour une bénédiction de juste ". Tu purifieras un chef de pays pour un chameau mâle de première qualité.

Tu purifieras un chef de district pour un étalon de première qualité. Tu purifieras un chef de bourg pour un taureau de première qualité. Tu purifieras un chef de maison pour une vache de trois ans^. 38 (loi ;. Tu purifieras la femme d’un chef de maison pour une vache de labour^’.

Tu purifieras le serviteur de la maison pour une vache de trait ’^ Tu purifieras un petit enfant pour un agnelet ^^ 39 (loi). Telles sont les têtes de petit ou de gros bétail que les adorateurs de Mazda offriront en retour à cet homme, s’ils le peuvent^. S’ils ne peuvent lui offrir ces têtes de petit ou de gros bétail, ils lui offriront quelque 35. I^e prêtre dira au purificateur ahlav yahvûnê ; <c cela vaut autant qu’une somme d’argent infinie ; selon quelques-uns il paye avec une bénédiction quand it n’a pas 3,000 stirs ». Cf. Farg. VII, 41, note 50. 36. Pour une vache azi, la vache de trois ans (vol. I, 216, note 24), qui porte et qui nourrit.

37. La vache fravaili ; traduit par conjecture ; c’est la seule fonction qui reste entre azi et vazî.

38. I..a vache vazi ; li-auscril vaz (cf. vaz-idaii, vchere) ; le bétail allelé aux voilures et charrettes. — vacscush pairi-aètaréush, vis pardslak (lire paraslakl), pairiavtaru sera " le serviteur ", et vacsu sera « domesticus ». Frâmji traduit mohaldnà pavasUir klu’wandnu parastdr, cdkav « serviteur du nuiitre de maison ». 39. pasriish {«-arcliush anumayèhê « le petit d’une tète de petit bétail ». 40. yèzi lavàn, s’ils en ont les moyens, « s’ils sont assez riches » [al luvànik liavdand ).

ZEMD-AVKSTA : VENDinAI). — I AliliAUD 169 autre valeur", en telle sorte que le purificateur quitte leur maison avec plaisir et sans oifense-.

40 (157). Car si le purificateur quitte leur demeure en offense et déplaisir, cette Druj iXasu, ô Spitama Zarathushtra, revient ett’ond surlui du nez, des yeux, de la langue, de la mâchoire, de l’organe viril, de l’anus [du mort] *’.

41 (159). Et la Druj Nasu se précipite sur lui jusqu’au bout des ongles et il devient impur pour toujours et à tout jamais. Car le soleil souffre, n Spitama Zarathushtra, à briller sur l’homme qui a été souillé par le mort ; la lune souffre, les étoiles souffrent. 42. Et relui qui délivre do ^a Nasu l’homme souillé par le mort, celui-là les réjouit : il réjouit le feu, il réjouit l’eau, il réjouit la terre, il réjouit le bœuf, il réjouit les plantes, il réjouit le fidèle, homme ou femme". 43 (164). Zarathushtra lui demanda :

Créateur du monde des corps, saint !

Ouolle sera la récompense, quand l’esprit aura quitté le corps, de celui qui délivre de la ^asu l’homme souillé parle mort ? 44 (166). Ahura .Mazda répondit :

Annoncez à cet homme pour récompense dansl’autre monde la graisse ’* du Paradis.

45 (167). Zarasthushtriilui demanda :

Comment lutterai-je contn^ la Druj’", qui du mort se précipite sur le vivant *■ ? Comment lulterai-je contre la iJruj, cpii (

mort va se mêlant au 

vivant ’^

40 (86ii). Ahura Mazda répondit :

41. ainùiu avaretanùii] . zal, :ul ;tii klicàslitk ; probaliluiiieut des vèleinents : cf. Farg. V, note 99.

42. Comparer les loiiiiules yezidies [Journal asialiqw, 1885, I, 88). ■i’.i. (lia yamUûnl : cf. Farg. 111, 14, texte et notps. 44. Voir l’Epilre 1 de Màni’islicihar, iv, 3. 45. vazdvare, transcrit razdvar, glosé 7iîval ;ih, le l)ien ; le .sens pni|)ie est donne par Nériosengli (Yasua XXXI, 21 : pîvarttvam ; cf. afglian vàzda). 46. pcrcnàiiê, /3a</,«)-îw ; glose : « comment la rendrai-je impuissante ? » 47. upa-dvàsaili ; elle le souille par contact direcl (/lam-rll). 48. upa-raèUnvajôili ; se rapporte à la souillure transmise par conliicl indirect.

Récite les paroles des Gàthas qui se répètent par deux fois^’. Récite les paroles des Gàthas qui se répèlent par trois fois ’■'. Récite les paroles des Gàthas qui se répètent par quatre fois . Et la Druj s’enfuit’", aussi vite que la flèche bien lancée, que le feutre de l’an passé, ou le vêtement régulier [de la terre ?] ’-. 47 (17-). Créateur du monde des corps, saint ! Et si un homme fait ces aspersions sans connaître les règles de la Religion mazdéenne sur la purification, comment pourrai-je lutter contre la Druj, qui du mort se pré’ ;ipite sur le vivant’^ ? Comment pourrai-je lutter contre la Druj, qui du mjrt va se mêlant au vivant*’ ? 48(175). Ahura .Mazd*. répondit :

La Drujs Nasu, ô Spitama Zarathushlra^ devient plus violente qu’elle n’était auparavant. Plus violentes qu’auparavant sont les maladies et la mort et les fléaux"’.

49. Créateur du monde des corps, saint ! Ouelle sera sa peine/

Ahura Mazda répondit :

Les adorateurs de Mazda le lieront de liens ; ils lui lieront d’abord les mains, lui enlèveront ses vêtements, puis lui trancheront la tête par le col" et abandonneront son corps aux plus voraces des carnivores créés 49. f^es formules Bisliâmrùta, Tlirishàinrùta,Cathrushràrarùta. éuiimérées au Vdvj ; ard suivant.

50. zag’athaitc ; cf. aff^liaii zghal-êdal, « courir ■>. 51. nematô tan» yàrc : le feulre d’une oha dressée pour la saison ? Vnii- Far.LÇ. Vlll, note 1.

5-2. ratliwya varena, frànhi laùàslùh ; désigne-t-il la verdure qui revêt la terre et ne dure qu’un instant ?

5 ;}. Voir notes 47 et 48.

54. I,a contagion est plus violente qu’auparavant. 55. Peut-être : « l’écorcheront et lui trancheront la tête » : voir Farg. lit, 20 et note 34. « F.e purificateur, dit le llivmjal Fraser, p. 397^ qui ne suit pas dans son opération les lois de la purification, sera conduit dans le désert, cloué îl quatre ZEND-AVESTA : VE.NDIDAD. — TARGARD 9 171

par le Bon Esprit, les vautours, en disant ces mots : « Cet homme se repenl de tout ce qu’il a pensé de mal, dit de mal, l’ait de mal. » 50 (183). Et s’il a commis d’autres actions mauvaises, elles sont expiées par son repentir. S’il n’a pas point commis d’autres actions mauvaises, son repentir vaut pour toujours et à tout jamais^*. o (187). Quel est l’homme, ô Ahura Mazda, qui pourrait" bien emporter la prospérité et l’agrandissement, apporter la maladie et la mort ? 52 (188 ;. Ahura Mazda répondit :

C’est l’Ashemaogha impie, ô saint Zarathushtra, qui, dans ce monde des corps, fait les aspersions sans connaître les règles de la Religion mazdéenne sur la purification.

53 (190). Jusqu’alors, ô Spitama Zarathushtra, de ce lieu et de ce pays ne venait que miel et graisse ; santé et guérison ; prospérité, agrandissement et croissance ; et poussée des grains et des herbes. 54 (191). Créateur du monde des corps, saint ! Quand reviendront en ce lieu et ce pays le miel et la graisse ; la santé et la guérison : la prospérité, l’agrandissement et la croissance ; et la poussée des grains et des herbes ?

55 (192). Ahura Mazda répondit :

Point ne reviendront en ce lieu et en ce pays le miel et la graisse ; la santé et la guérison ; la prospérité, l’agrandissement et la croissance ; et la poussée des grains et des herbes,

56 (liHii. que l’impie .shemaogha n’ait été tué sur place et qu’on n’ait (îlous, écorchié vif el décapité. S’il a fait le Patet, il sera acquitté de son crime [dans l’autre monde] ; s’il ne l’a pas fait, il restera dans l’enfer jusqu’à la résurrection » 0-_y3 jùo IfT* jU. Ijjl M ^ji^ jj jj. a,) XS yjijj : °j° dr-’ --r- a a * _^j^-jy 0’ 56. asadayat ; lill. madammûnist, « semble, a l’air de » : cf. Yt. XI, 7. — §§ 51- 57 = Vd. Xv ! 5t> 5G.

57. Le faux purificateur est puni de mort, comme le sérail un médecin qui apporterait l’épidémie dans le pays. 11 subit la même peine que ’iv<il ;-liar (Farg. lit, 14-21), mais sans les atténuations apportées dans le sort de ce dernier [iliid., %% 15- 19), parce que son usurpation est sacrilège.

offert sacrifice en ce pays au saint Sraosha "" trois jours et trois nuits durant", avec feu allumé, Baresman en faisceau, llaoma préparé^’. 57 (106). Alors reviendront en ce lieu et en ce pays le miel et la graisse ; la santé et la guérison ; la prospérité, l’agrandissement et la croissance ; et la poussée des grains et des herbes.

Ashem vohû.

58. lie sacrifice à Srosh, offert, pendant les trois jours et les trois nuits qui suivent un décès, pour le salut de l’âme du mort. Ce sacritice est offert, d’après Fràmji, pour le salut du coupable repentant, qui vient d’expier son crime par le Patet et par la mort.

59. C’est-à-dire nn Yasna en règle. — uzdâtàt paiti Haoïuàt. Idlii duhis/iniht inadam Hôiii : Inlà i/n/ihnni = mkhi (Y. XXII, 1. 2V