Le Zend-Avesta (trad. Darmesteter)/Volume III/Chapitre VII/II

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Traduction de James Darmesteter

Édition : Musée Guimet. Publication : Ernest Leroux, Paris, 1893.
Annales du Musée Guimet, Tome 24.


INTRODUCTION
CHAPITRE VII
Rédaction de l’Avesta
II
Le zend était une langue morte quand les Gâthas ont été écrites. — Le zend est la langue ancienne d’une province autre que la Perse. — Affinité étroite du zend et de l’afghan. Le zend est la langue, soit de la Médie, soit de l’Arachosie. — Les Gâthas supposent l’existence d’une littérature zende antérieure qui a fourni les matériaux des textes dont le fond est ancien : mais il n’en reste pas une page reproduite littéralement. — De l’existence d’une littérature religieuse en langue vulgaire, le palhavîk ou zend.


II


Si les Gâtlias oui été écrites au luiiiou du i" siècle de notre ère, il suit que les Gâthas el à plus forte raison le reste de l’Avesta ont été écrits dans une langue morte. Au i" siècle de noire ère, le zend, on le voit par les formes Vaninda, Oado, Shahrèvar, n’était plus une langue vivante. On sait d’ailleurs que, quatre siècles auparavant, sous Arlaxerxès Mnémon (404-361), le perse, qni est si élroitemenl apparenté au zend, se mourait déjà. On ne peut, il est vrai, conclure absolument de la chronologie du zend à celle du perse : mais la ressemblance des deux dialectes est telle qu’il serait surprenant que l’un eût survécu de quatre siècles à l’autre. D’ailleurs une religion qui sn renouvelle écrit rarement ses monuments dans la langue populaire el vivante ; elle s’adresse, par une préférence qui est presque une nécessité, à la langue du passé : c’est un signe extérieur de son aulhenticilé. Je crois donc que l’Avesta, dès son texte le plus ancien, a été écrit dans une langue savante, dans la langue ancienne d’une des provinces de l’Iran, probablement de la province où il a été écrit ou de la province à laquelle appartenait le théologien qui a écrit les Gàthas.

Quelle fut celle province ? La seule que l’on puisse exclure à coup sûr, c’est la Perse : car entre ses deux langues anciennes, le perse des .chéménides cl le pehlvi des Sassanides, il n’y a pas place pour lezeml. L’hypothèse que le zond est la langue ancienne de la .Médie ’ s’appuie surtout sur le fait que la .Médie est le berceau du Zoroaslrisme, l’ait dont le .éo-Zoroastrisme n’a pas perdu conscience, car il met en Médie le berceau même de son prophète-, et c’est au bord de la Vanuhi DAitya, c’esl-à-dire t. /.’Indes iraniennes, I, 10-14.

2. II est ué dans lir ;ii-véj, au liord de la rivière Darcja (Ruiid. , 3’2 ; WIV, 15 ; Vd. XIX, i ; XIX. H). Le Vcndidad pclilvi a conservé une tradition selon laquelle Zoroastrc naquil à liagha (I, IC), qui est " soit Rai (le Pa-’a' ! des (u-ecs soit RAk de l’Adartiaidjàii ». Le lUnlutrl, Vil, t’ait naili’e la mère de Zoroaslre, Duglullio, à T. ni. ’ de l’Araxe, que Zoroasire offre son premier sacrifice’. Mais la distinction essentielle qu’il nous faut à présent établir entre le Zoroastrisme ancien et le Zoroastrisme moderne, le premier seul étant certainement médique et n’ayant laissé aucun texte, enlève à cette conclusion beaucoup de sa force. Nous avons montré ailleurs que le représentant moderne du zend est l’afghan, c’est-à-dire la langue de l’Arachosie. La famille zende pouvait sans doute s’étendre bien plus loin que ce rameau moderne et aller jusqu’en Médie : cependant le rôle historique que joue dans l’Avesta la région de l’Helmend, qui fournit à l’Iran la dynastie des Kéanides et qui donnera au monde les trois Messies de l’avenir, les trois fils à naître de Zoroasire, laisse croire que cette région avait pour les rédacteurs de l’Avesta un intérêt particulier et que le zend pourrait bien avoir été la langue de la région sud-est de l’Iran, de la région voisine de l’Inde. On comprend mieux ainsi la prompte expansion des divinités zoroastriennes dans le royaume indoscythe : elles n’avaient qu’une rivière à passer. Sans doute, on concevrait mieux, en retour, en Mésopotamie et en Médie, les rencontres avec la Grèce d’Alexandrie el avec les écoles juives : mais dans une œuvre individuelle et personnelle comme celle des auteurs du Néo-Zoroastrisme, la géographie perd beaucoup de ses droits : les Mages étaient une secte voyageuse, toujours sur les chemins", en quête les uns de prébonde, les autres d’instruction, et c’est sur les grandes routes que les systèmes se sont toujours élaborés dans l’Orient.

Médie ou Arachosie, quelle que soit la province à laquelle appartenait primitivement celte langue ancienne, comment la tradition s’en était-elle conservée pendant quatre siècles ? La tradition d’une langue ne peut se Arâl< qui est clairement le Râk du Vendîdad, bien que dans le Shah Nâmak, Aràk (Haràk) soil un nom de lierai : mais la Iradilion du moyen ftge (Shahristani) qui fait nailro Dughdhô à liai prouve l’identité de l’Arâk du Dinkart avec le Ràk en AdarbaijiVu du Vendidad. Que Ragha soil Rai ou Ràk, dans l’une ou l’autre hypothèse, nous nous trouvons en Médie (cf. W. Jackson, Where ivas Zoroasler’s native place).

1. Buiid. XXXIl, :i ; cf. Yl. V, 104. — l.a Iradilion du inoytMi âge (Kazviui) lui faisait recevoir les révélations d’Ormazd sur le SuliUàn, haute montagne à l’esl de Shiz el du Caécasta (lac Urumia). Le feu royal des Sassanides était à Shiz. 2. Voir vol. 1, 9i-, n. 75. mainlenir que par la lil(»^ralurc. PiesqiK ! toute la littrrutun- sanscrite a été écrite dans une langue morte, puisque le sanscrit avait déjà fait place aux pracrils sous Açoka, c’est-à-dire au m siècle avant notre ère : mais c’est parce qu’on avait des modèles datant de l’époque où le sanscrit était encore une langue vivante qu’on a pu continuer à l’écrire comme langue morte durant vingt siècles. iJc même les Gàlhas, écrites dans une langue morte, sii|)j)()senf l’existence de textes zends écrits dans une langue vivante. (Juels étaient ces textes ?

M. Opperl a retrouvé dans les inscriptions du premier Darius le nom primitif de l’Avesta : âbashtâ. « Si Auramazda m’a porté secours, dit Darius, lui ainsi que les autres dieux, c’est que je n’étais point médian !, ni mcnli’iii-, ni oppresseur, ni moi. ni ma race, .le gouvernais suivant l’Abashtà (upariy Abashtâm upariyâya)’ ». Serait-ce là déjà le prototype de notre Avesta ? Non : carie mot ne désigne pas un livre. La version assyrienne traduit ina dênâlu, « selon les lois», c’est-à-dire qu’elle le prend pour un terme général ; et la version médique, qui use et abuse de la transcription pour rendre les termes techniques du perse, ne transcrit pas le mol, mais le traduit comme nom commun, ce qui confirme que l’Abashtà n’était pas pour lui le nom d’un Code. Nousconcluerons donc que l’inscription ne se rapporte pas à un livre religieux et que l’on ne peut s’appuyer sur ce passage pour établir sous Darius l’existence d’un livre analogue à notre Avesla. Mais il ne serait pas moins téméraire de nier l’existence d’une littérature zoroastrienne quelconque, soit sous Darius, soit sous ses successeurs ; et puisque l’apparition des Gâthas zendes au i" siècle de notre ère prouve l’existence de textes zends antérieurs qui leur ont fourni leur langue, on doit supposer que ces textes antérieurs, quant au fond, résumaient plus ou moins complètement les principes, les lois, les légendes du Zomastrisme ancien.

-Mais quels qu’aient étéle caractère et l’étendue de celte littérature, sacrée ou non sacrée, officielle ou non officielle, systématique ou fragmentaire, on peut affirmer qu’il n’en reste pas une page reproduite littéralement dans l’Avesla. Les théoyonies que les Mages d’Hérodote chantaient au sacrifice 1. /iahlstûn. IV, 64. n’onl rien de commun avec nos Gâthas, puisque les Gàlhas sont le développement de concepli-ons qui n’ont pénétré la pensée iranienne que des siècles après Hérodote. Elles ne ressemblaient pas même à nos Yashts, bien qu’il n’y eût pas là la même antinomie dans le fond, parce que la rédaction de nos Yashts est dominée par un principe emprunté à la Bible, le principe historique et chronologique. Ces énumérations de héros qui viennent tour à tour, suivant l’ordre des temps, offrir le sacrifice à Anâhita ou à Drvàspa, n’ont pu être rédigées que quand les écoles eurent jeté l’ensemble flottant de l’épopée dans un cadre d’une chronologie rigide. Seules les lois du Vendidad, qui, pour la plupart’, sont pour le fond aussi anciennes que le premier Zoroastrisme, peuvent être la reproduction de lois anciennes et nous rendre partiellement un vieil Avesta ; mais elles-mêmes se présentent à nous sous une forme qui suppose l’évolution nouvelle : un Mage d’autrefois défendait aussi énergiquement qu’un Alhravan des temps nouveaux de souiller la terre : mais il ne défendait pas de souiller Spenta Armaili. 11 nous est impossible de suivre et de décomposer le travail de composition et de coordination qui aboutit à l’Avesta sassanide. Nous savons par le Dinkart qu’il se fil à plusieurs reprises’. Nous n’essaierons pas de distinguer l’apport de chaque époque : la tentative serait illusoire, puisque nous ne possédons qu’une partie de l’Avesta. Par exemple, nous savons par le Dinkart qu’une masse de textes d’un intérêt purement scientifique, d’origine grecque et indienne, ont été incorporés dans l’Avesta sous Sapor ": mais comme nous ne connaissons presque rien des Nasks du Hadhamàthra, qui contenaient la plus grande partie de cet apport, nous sommes à peu près réduit à constater le fait sans pouvoir en faire un instrument d’analyse de matériaux perdus’. La rédaction d’ailleurs s’étend sur une 1. I-<’s lois relalives aux élcments el à la pureté ; non pas les lois civiles (Vd. IV], (jui, me dit.M. d’Arbois de.lubairiville, représentent une conception juridique moderne et n’ont rien des législations primitives.

2. Pages.xi-x.vvi.

3. Il Taudrail i^u’un homme de science étudiât de près tout ce qui nous reste de la médecine, de la physiologie et de l’aslronomie zoroastriennes dans l’Avesta el les livres qui en dérivent directement..le signalerai seulement la théorie de l’identité du sperme et de la moelle (Vd. Xlll, 50 ; liund. XVI), théorie de Platon repoussée par Aristote {l’hiirr, LXXIX, 94 ; cf. Pliit.R()Ue, /)e ptacids pliilos., V, 3. 4; Aris- durée relativement limitée, deux ou trois siècles au )h>, et les couclies successives, si on pouvait les séparer, marqueraient, non pas des époques de créations successives, mais les extensions successives d’une compilation qui essaie de tout embrasser et afTocte de plus en plus les proportions de rencyclopédic. 11 v a seulement deux faits (ju’il importe de mettre en lumière :

1" Une partie de l’AvesIa en prose a pu être écrite en même temps que les Gâthas. Les termes du Din/airl, qui fait réunir par Vologèse les fragments transmis par écrits ou oralement, supposent ime œuvre plus variée que les seules Gâthas. D’autre pari la présence d’une divinité abstraite comme Vaninda, l’Ascendant victorieux, sur les monnaies de Huvishka, prouve que ce panthéon abstrait qui donne son caractère au Néo-Mazdéisme existait déjà en partie, ce qui suppose l’existence d’une littérature, car ces divinités sont des créations de l’école. Les listes divines de l’Avesta ont pu être élaborées à l’époque dos Gâlhas. Il ne faut pas se laisser tromper par l’archaïsme de la langue desGAlhas comparée à celle de l’Avesta en prose : cet archaïsme est apparent et voulu, il n’y a pas de différence essentielle entre les deux langues : les différences sont toutes extérieures. Les différences de style et de lexique résultent nécessairement de celle des idées, qui sont là d’un ordre plus relevé, plus abstrus et plus solennel : la langue des Prophètes n’est point celle du livre des Rois ou du Lévitique. Les différences apparentes de phonétique et de morphologie se ramènent à des particularités d’orthographe ’.

TOTE, De partihus anim., III, 7). — (’.T. les idées de IWvesta et d’. axagore sur les

dimensions du soleil [iiifra. Fragments, p. 17, noie 1). I. La seule difTércnce morphologique qu’il semble difficile d’expllquerainsi esl celle du génitif archaïque en ahyà comparé au génitif vulgaire de ahù : faut-il supposer que ê final peut se lire ya ? 11 faut se rappeler que les textes zends ont dû être écrits d’aboi-d dans le caractère pehlvi :orle pchlvia le même signe pour ’"et pour»/". Tinlériourdu mold’ailleurson a aè pour aya.ao pour a va, dans des cas où le mètre prouve une prononciation dissyllabique, ce qui établit en fait la possibilité que c final zr ya.

— Une divergence phonétique grave est celle de dregvaiit à côté de drvaiit, parallèle à celle du perse margu à côté du zend môuru. .Mais ce que nous contestons, ce n’est pas l’existence de formes archaïques et de formes récentes, — les textes qui ont servi de modèles de langue en présentaient sans doute, — c’est seulement que l’emploi de ces formes, dans la période où nous nous plaçons, suppose une dillérence de 2° La rédaction zende dans laquelle nous arrive l’Avesta en prose a probablement été faite sur une rédaction ou plutôt sur une collection de matériaux en langue vulgaire, indépendante des livrets zends légués par le Zoroaslrisme ancien. En effet, un écrivain arménien du v^siècle, Elisée, met au nombre des connaissances nécessaires à un grand prêtre le palhavik, c’est-à-dire la langue ou la littérature de l’époque parlhe, car au v« siècle le mol pehlvt avait encore son sens primitif de parthicus. Il y avait donc une littérature sacrée écrite dans une autre langue que le zend, écrite dans la langue des Arsacides, en vieux peblvi. Or le Parsisme, de son côté, divise la littérature sacrée en deux branches, Avesta et Zend, l’Avesta désignant les textes révélés rédigés dans la langue sacrée, et le Zend désignant la littérature explicative en langue vulgaire. Le Parsisme voit même dans les Gâthas des allusions à ces deux branches et, si on l’en croit, les Gâthas feraient remonter à la révélation d’Ahura à Zoroastre les deux lois, « l’Avesta et le Zend - » . Il est tout naturel d’identifier le Palhavik d’Elisée avec le Zend de la tradition ^ Ce Zend a-t-il été incorporé tout temps entre les textes qui emploient exclusivement les unes ou les autres. C’est ainsi que les derniers rois chaldéens emploient à leur choix le style arctiaïque ou le style moderne.

Quand l’écriture pehlvie, aussi claire à l’origine qu’aucune autre écriture sémitique, fut devenue indéchiffrable par la multiplication des caractères polyphones et l’abus des ligatures, il fallut créer un nouvel alphabet pour les textes sacrés. On créa l’alphabet zend, qui est l’alphabet pehlvi du vi siècle, transformé sur le modèle de l’alphabet grec. L’alphabet grec et l’alphabet zend sont les seuls en Orient qui rendent tous les sons vocaliques et qui les rendent tous par des sons indépendants : peut-être le grec a-t-il fourni le signe de l’e très bref du zend qui est un s. 1. Un Parthe se disait PaA/au (dérivé du nom primitif des Parthes, Parthava). Sous les Sassanides, la langue de la période précédente s’appelait légitimement le pehlvi : plus tard, le mot prit le sens de langue ancienne et c’est ainsi qu’il en est venu au moyen âge à désigner la langue des Sassanides. 2. Voir Yasna, XXX, i, n. 1 ; XXX, 1, n. 1, etc.

3. Voici le passage complet d’Elisée, d’après la traduction littérale que veut bien me donner M. Meillet : « Il portail le nom de liamahden, ce qui est tenu pour un grand titre d’orgueil dans leur fausse religion ; il savait aussi le anparlkhash, il avait aussi appris le bozpayit, il possédait le palhavik et le parskaden ; ce sont là les cinq keshl qui embrassent toutes les lois du Magisme. En dehors des précédents, il y en a un sixième que l’on nomme le mogpel ». Elisée semble confondre des degrés de la tiiérarchie sacerdotale et des branches de la littérature sacrée. Mogpet, en tout cas, n’est qu’un titre, c’est le magû-pat des Sassanides, le mobed d’aujourd’hui. L’iiliiM’ (liins rAvrsI.i en proso’ ? A-l-il subsisté après la rédaclion en langue lill(’ !rairf’ ?Se prolongc-t-il dans une partie do. la lilléralure pehlvie ?Ce sont là autant île ([uesLions insolnhlcs à l’Iioure présente, étant donné l’élal

hamàk-dîn « toute la religion » est employé dans le Dàdistàn pour désigner le service religieux roinplcl (XLIV. 2 ; lAVI, 1, 2 ; lAXVill, 19 ; LXXXl, 14 ;, ou, comme dit Nérioscugli, sumiKjrdd’iuèv ejuiiam, « la célébralioii di’ tout le culte ■> (ad Mit}okhard, IV, 5) : selon le Dastur l’eshotan, c’est l’ensemble des cérémonies que tout fidélo est tenu do faire accomplir en son nom par des prêtres engagés à cet objet (llapilliwaii. (jAliàuliàrs, )arvardigàn, fêles des mois, etc. : West, l’afilaci Texts, II, 146, note 2). l’eut-être le mot étail-il employé aussi pour désigner le prêtre capable d’accomiilir le haiiink-dîn (Miama-dacna), d’où la confusion d’Klisée. Les quatre termes suivants sont évidemment des noms de choses et non d’hommes : je ne puis retrouver les mois donl tniparlhhash cl hozpaijil sont la transcription ou la corruption. — Palhavik est la littérature pehlvie, c’est-ii-dire ce que l’on appellerait en pehlvi le Zand. — Dans un passage du Vispéred (Vp. .XIV, 1, u. 4), leZand est meutionnéen compagnie des Nirangs : les expressions du texte sont âzaiàti et peresvipaitipercsvi qui sont glosées znnd et uîran ;/. Je ne sais pas comment du sens de demande, qui est le sens apparent de pcresvi {pûjsishnîh, npàj-pûrsishnih), on peut passer à celui de rite cérémoniel (cf. Nîrangishhi, 84, n. 7) : mais parsknden, c’est-à-dire pa)’4'a/i-(/< ;«, présente le même sens radical (la partie de la daêna, de la religion qui consiste en demande) et le Palhavik et le l’arskaden seraient la littérature traditionnelle (le Zand) et le cérémonial (le Nirang). — Le terme keshi est le zend (kaèsha, la loi.

1. Peut-être en trouvc-l-ou la trace dans la forme liés déchue de certains noms géographiques. Il y a longtemps qu’on a signalé la forme étrange que le nom de Bactres a dans r.vesta. Au temps de Darius la ville s’appelait Bikhtri, transcrit en grec Mr/.-px : la forme persane est /htlk/i j^.. simple inversion de la forme pehlvie liàklil, transcrite dans les textes indiens liahlu : or le zend a BikhJhi qui dilTei’e à peine du pehlvi liâkld, car dli, qui est généralement la spirante de d et dans ce cas aboutit à /(, semble avoir lUé aussi quelquefois un des signes employés par le zend pour rendre le son l (cf. madhakha, sauterelle, persan mnlukh). Le nom zend de la Margiane. Môuru, est aussi plus près du nom moderne Mùrv que du nom acliéménidc Margu.

Les données de Pline sur le Magisme confondent sans cesse la religion des Mages et la science des magiciens et l’on ne peut les rattacher ni à ce zi^ud pehlvi. ni aux textes zends propremenls dits que nous supposons dans la période antérieure aux Gàthas. Ses sources sont des apocryphes comme ceux que l’on attribuait à Osthanès et à Démocrite (XXX, 1). On voudrait avoir plus de détails sur l’analyse faite par llcrmippe do 2,fl0l>,000 de vers allrihués à Zoroasire. Si cet Hermippe est le disciple de Callimaque et n’est pas un prête-nom, comme Démocrite, il aura vécu vers l’an 220 avant notre ère, époque où n’existait pas encore notre Avesta. Comme nous ne savons rien de >on livre, nous ne pouvons décider s’il re- fragmentaire où se présente l’Avesla et la perte de la plus ancienne littérature pohlvie.

Les deux premiers siècles de notre ère furent remplis par un travail religieux intense. La restitution, c’est-à-dire la composition de l’Avesta, était à l’ordre du jour. Il y avait sans doute plus d’une version, plus d’une collection, qui se disputait le privilège d’authenticité. Quand Ardashîr, autorisant le grand prêtre Tansar à l’exclusion de tous autres, donna valeur uflicielle à la collection formée ou recommandée par le vieux Platonicien, il créa l’orthodoxie zoroastrienne ’.